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Full text of "Ambroise Paré; d'après de nouveau documents découverts aux Archives nationales et des papiers de famille"

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111 



AMBROISE PARÉ 



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AMBROISE PARE 



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AMBROISE PARE 

D'APRÈS DE NOUVEAUX 

DOGUiAIENÏS 

DÉCOUVERTS AUX ARCHIVES NATIONAUES 

ET DES PAPIERS DE FAMILLE 
PAK C^^ 

(LE DOCTEUR LE PAULMIER 

/ AVEC UN POKTRAIT INKDIT DE PARK 




PARIS 

LIBRAIRIE ACADÉMIQUE DIDIER 

PERRIN ET C'% LIBRAIRES-ÉDITEURS 

Sr., QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS, 35 

1887 
Tous droits réserYés. 



R 

501 



A M. EMILE CAMPARDON 



Mon cher ami, 



C'est à vous que je dois l'idée de ce livre; 
acceptez-en la dédicace comme un témoignage de 
ma vive reconnaissance et de ma sincère affection. 

Le Paulmier. 



AVERTISSEMENT 



La vie d'Ambroise Pare, comme celle de beaucoup d'hom- 
mes célèbres, esl fort mal connue. Les diverses particularités 
de son existence sont tombées peu à peu dans l'oubli par la 
négligence de ses contemporains, en sorte qu'il est devenu 
très difficile de reconstituer sa biographie. 

Pour écrire l'histoire de l'illustre chirurgien, il faudrait résumer 
Letat de la chirurgie dans les temps qui Tout précède, présen- 
ter le tableau de cette science à l'époque où il a vécu, entin, 
montrer les progrès qu'il a fait faire à cette branche de l'art 
de guérir. Cette tâche a été magistralement accomplie par le 
professeur Malgaigne dans sa savante introduction aux Œ.iivres 
complètes d^ Ambroisc Paré, et il y aurait témérité à l'entre- 
prendre de nouveau. 

Mon rôle est plus modeste. Ce travail ii'cbL que la mise en 
œuvre de documents recueillis de différents côtés, et grâce aux- 
quels on pourra enfin connaître d'une façon certaine la famille, 
les alliances, les amis de Paré, et pénétrer en quelque sorte 
dans sa vie intime. 

Les sources auxquelles j'ai puisé sont nombreuses; ce sont 
d'abord les Œuvres du grand chirurgien, et surtout la relation 
de ses voyages dans laquelle se trouvent beaucoup de faits 
particuliers. 

Le Dictionnaire de Jal m'a fourni sur ses enfants de pré- 



O AiMBROISE PARE 

cieuses indications complétées par les auteurs de la France 
protestante, et par i\I. le D'' Chéreau dans les Vies des Savants 
illustres de la Renaissance qu'a publiées M. Figuier. 

J'ai rencontré dans les Commentaires de la Faculté de méde- 
cine de Paris des renseignements restés inédits jusqu'à ce jour 
sur l'admission d'Ambroise Paré au grade de barbier, sur son 
procès avec les médecins de l'époque, etsursonprojetde subor- 
dination des chirurgiens. 

Le III^ volume manuscrit de l'Histoire de la chirurgie, par 
Peyrilhe, que possède la bibliothèque de l'Académie de méde- 
cine, renferme des détails très circonstanciés et jusqu'ici in- 
connus sur sa réception à la maîtrise ; je les ai scrupuleusement 
reproduits. 

J'ai emprunté à la Bibliothèque nationale diverses pièces 
intéressantes parmi lesquelles il faut citer surtout un mémoire 
justificatif paru en 1576 à l'occasion du procès avec la Fa- 
culté, et qui m'a permis de fixer définitivement la religion à 
laquelle appartenait notre chirurgien. J'ai cru devoir publier 
cette curieuse plaquette dont il ne semble exister qu'un seul 
exemplaire. 

Mais c'est surtout dans le riche dépôt des Archives natio- 
nales que j'ai découvert les documents les plus nombreux con- 
cernant les deux mariages, les filles, les gendres, le neveu et la 
nièce d'Ambroise Paré. 

En outre, dans les archives du château de Paley figurent des 
pièces originales d'une importance capitale pour cette étude, 
et un volume manuscrit contenant l'histoire détaillée des des- 
cendants de Catherine Paré et de Claude Hédelin. son mari. 
J'ai eu également la bonne fortune de découvrir dans ce châ- 
teau le seul autographe d'Ambroise Paré que l'on connaisse, 
et son portrait authentique, — unique également, — peint peu 
après son second mariage. L'un et l'autre sont reproduits dans 
ce travail. Je saisis avec empressement cette occasion d'ex- 



AVERTISSEMENT 9 

primer a Madame la marquise Le Charron ma vive reconnais- 
sance pour la bienveillance avec laquelle elle a mis à ma dis- 
position ces précieux documents, et m'a permis d'en faire pro- 
fiter mes lecteurs. 

Dans les mêmes archives, se trouve l'étiquette d'un dossier 
sur laquelle on lit cette annotation bien faite pour piquer la cu- 
riosité : « Tiltres et enseignements concernant la famille d'Am- 
broise Paré, — deuxième liasse, — dans laquelle sont les pro- 
cédures dudit sieur Paré contre les chyrurgiens de Paris pour 
l'impression de son livre et pour son rang. » Malheureusement 
ces papiers ont disparu ; espérons qu'on les retrouvera quel- 
que jour. 

M. le D'' Emile Bégin, dans plusieurs feuilletons et dans une 
lecture faite à TAcadémie de médecine, a fait connaître qu'il a 
en sa possession des copies de papiers de famille relevées au 
siècle dernier pour Louis, le célèbre secrétaire de l'Académie 
de chirurgie, par Roze, chirurgien à Nemours. Il est regret- 
table qu'elles n'aient point encore été publiées. 

D'autres actes existent vraisemblablement dans l'étude du 
successeur des six ou sept notaires employés par Ambroise 
Paré et par sa famille. Malgré leur intérêt purement historique, 
l'autorisation d'en faire la recherche m'a été impitoyablement 
refusée sous prétexte qu'ils ne sont pas classés. Ce refus 
prouve une fois de plus la nécessité d'une loi ordonnant le dé- 
pôt aux Archives nationales des actes de date ancienne qui se 
détériorent dans les greniers des notaires; l'histoire n'aurait 
i|u'à gagner à une semblable mesure. 

Enfin, on trouvera dans l'Appendice qui termine ce volume, 
des détails sur deux personnages que leurs relations avec Paré 
m'ont seules engagé à étudier. L'un, Julien Le Paulmier, mé- 
decin célèbre de l'époque, eut avec lui une grave querelle mé- 
dicale : l'autre, Antoine Portail, chirurgien distingué, fut allié à 
sa famille. 



lO A.MBROISE PARE 

Les pièces justiticatives ont été collationnees par MM. 
Campardon et Tuetey, des Archives nationales ; c'est dire 
qu'elles présentent toutes les garanties de fidélité et de cor- 
rection que ces cminents paléographes apportent dans leurs 
travaux. Je leur adresse ici mes remerciements pour le con- 
cours éclairé qu'ils n'ont cessé de me prêter. 

La critique la plus sévère a présidé à l'examen des détails 
que j'ai admis ; les faits douteux ont été signalés, les anecdotes 
apocryphes écartées ; j'ai surtout visé à la simplicité et à la 
concision du récit, au risque de lui donner plus de sécheresse. 
Malgré mes efforts, ce travail demeure imparfait ; de plus au- 
torisés le reprendront quelque jour, et sauront mieux se ser- 
vir des documents nombreux qui sont ici mis pour la première 
fois en lumière. 



AMBROISE PARÉ 



AMBROISE PARÉ 



Ambroise Paré est né au Bourg-Hersent (i), vil- 
lage situé aux portes de Laval dont il fait aujour- 
d'hui partie. L'époque de sa naissance est incertaine. 
Une tradition locale, fondée sur on ne sait quels 
manuscrits (2), la place en 1509; d'un autre côté, 
Malgaigne, d'après une communication de M. le doc- 
teur E. Bégin (3), la fixe en l'année 15 17, ce qui 
rajeunit Paré au-delà de toute vraisemblance. 
M. Bégin se trompe certainement en attribuant au 
grand chirurgien l'inscription de cette date en marge 
d'un mémoire de Bautru. L'erreur serait plus évi- 
dente encore si l'on admettait l'authenticité du 

(i) Hameau de la commune d'Avenières (Mayenne). Hersendis burç^um, 
en ii5o, d'après un manuscrit de la Bibliothèque nationale, fonds latin, 
5^41. 

(2) Discours du D'' Hubert, dans Notice sur le moujimenl élez'é ^ la nié- 
tnoire d'A. PanK Laval, 1840, in-S», page 27. 

(3) Œuvres complètes d'A. Paré, édition Malgaigne, I. Introduction , 
p. ccxxvi. 



14 AMBROISE PARE 

« journal rempli d'une infinité de notes sur diffé- 
rents sujets, écrites de la main de Paré, et chargé 
de nombreuses ratures •>, que paraît posséder ce 
médecin (i). On y lirait, en effet, qu'Ambroise apprit 
pendant neuf à dix années la chirurgie dont il aurait 
ainsi commencé l'étude à l'âge de neuf ou dix ans. Il 
nous semble inutile d'insister sur ce point. 

Les différents portraits datés, publiés de son 
vivant, ne s'accordent pas davantage à cet égard. 
Celui de Léonard Gaultier (2), d'après lequel il 
aurait eu 68 ans en 1581, le fait naître en 15 13. Le 
portrait d'Etienne Delaulne (3) dont il existe trois 
états, et qui lui attribue 72 ans en 1582, recule sa 
naissance jusqu'en 15 10. Il en est de même de celui 
de A. Vallée (4), suivant lequel il avait 75 ans en 1585. 
Enfin, d'après Giullis Horbeck (5), qui lui donne 
75 ans en 1584, il serait né en 1509. L'indication la 
plus précise est fournie par un auteur contempo- 
rain; Pierre de l'Estoile (6) dit positivement que 

(i) A. Paré, édit. Malgaigne, I. IntroJ., p. ccxxix. — Bégin, La France 
médicale, 1878, n" 47. 

(2) Dessinateur et graveur au burin, né vers i552 ou i56(>, travailla à 
Paris, et mourut en 1641. Ses œuvres, très nombreuses, se recommandent 
par la délicatesse et la correction du dessin. 

(3) Etienne Delaulne, dessinateur et graveur français, né à Orléans 
en i5i9, mort à Paris le jour de la Pentecôte i583, habita Augsbourg et 
Strasbourg. Il a gravé un nombre considérable de pièces remarquables 
par la finesse et la précision du dessin. Il fit le portrait de Paré un an 
avant de mourir. 

(4) Alexandre Vallée, dessinateur et graveur à Teau-forte et au burin, 
né àBar-le-Duc (Meuse) vers i558, mort dans le xvii'^ siècle, brilla surtout 
de i583 à 1610. 

(5) On ne connaît rien de sa vie, sinon qu'il existait en i585. 

(6) Né à Paris en 1540, mort en 1611, grand audiencier en la chancel- 
lerie de France, a composé un Journal des règnes de Henri III et de 
Henri IV. 



AMBROISK PARÉ l5 

Paré mourut le 20 décembre 1590, âgé de quatre- 
vingts ans(i). 

Dans ses écrits, notre chirurgien fait rarement 
allusion à son âge. Il se borne à dire qu'il était fort 
jeune pendant la campagne du Piémont (2) ; dans la 
dédicace à Henri 111, placée en tête de ses Œuvres 
complètes, édition de 1575, on lit qu'il travaille 
depuis <■< plus de quarante ans sur l'éclaircissement 
et la perfection de l'art de chirurgie (3), » et plus loin, 
s'adressant au lecteur, il ajoute qu'il y a quarante- 
cinq ans ou plus qu'il traite et pratique la chi- 
rurgie (4). Ces deux derniers passages marquent 
l'époque à laquelle finirent ses études chirurgicales 
qu'il ne pouvait guère avoir terminées avant l'âge 
de vingt-cinq ans; aussi, d'accord avec L'Estoile, 
Delaulne, Vallée et Paré lui-même, nous adoptons 
la date de 15 10, comme étant le plus en rapport 
avec les divers actes de sa jeunesse. 

La profession de son père n'est pas mieux connue. 
La tradition citée plus haut rapporte qu'il était atta- 
ché à la maison du comte de Laval en qualité de 
valet de chambre barbier; M. Bégin dit qu'il était 
coffretier (5). La carrière suivie par deux de ses fils 
pourrait aussi bien faire adopter la première opi- 
nion. 

Outre Ambroise, il avait trois enfants : une fille, 

(i) Journal, édition CliampoUion, t. V, page 65. 

(2) Paré, édit. Malgaigne, t. III, p. tx)2. Voyage de Turiu. 

(3) Paré, I. p. 2. 

(4) Id. I. p. i!. 

(5) La France médicale, 1870, a" 47. 



l6 AMBROISE PARÉ 

que M. Bégin appelle Catherine (i), laquelle épousa 
Gaspard Martin, maître chirurgien barbier à Paris, 
encore vivant en septembre 1530 (2), et auquel Paré 
« coupa la jambe et voulut faire essay de sa manière 
d'arrester le sang, laquelle lui succéda si mal que, 
faute de bon appareil ou autrement, il mourut 
bientôt après (3). » De ses deux autres fils l'un, 
Jehan, maître barbier chirurgien à Vitré, dont Paré 
nous a conservé le souvenir dans deux observations 
qui témoignent d'une grande sagacité, épousa Char- 
lotte David (4), et en eut un fils nommé Bertrand 
dont nous parlerons plus loin. Ce frère ne vivait 
plus en 1549(5). L'autre, appelé aussi Jehan (b), vint 
s'établir à Paris rue de la Huchette, en qualité de 
maître coffretier malletier. Il épousa en premières 
noces Marie Périer, décédée vers la fin de l'an- 
née 1549 (7), et dont il n'eut pas d'enfants. Son com- 
merce ne semble pas avoir été très prospère, car au 
mois de janvier 1550, (n. st.) ses trois beaux-frères 
Jehan Nauquier, maître éperonnier et Catherine 
Périer sa femme, Jehan Mignon, maître peintre et 
Barbe Périer sa femme, et François Périer, aussi 
maître peintre à Paris, abandonnèrent à Jehan Paré 



(1) La France médicale, \Q~2, n" 47. 

(2) Jal. — Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, 2" édition. 
Article Paré. Gaspard Martin fut parrain d'une fille d'Ambroise Paré. 

(3) Compérat. — Réplique à une apologie publiée soubz le nom de 
M. Ambroise Paré, page 33. 

(4) Pièces justificatives, N" VI. 

(5) Idem Id. 

(6) Idem No VII. 

(7) Idem Id. 



AMBROISE PARÉ 17 

leurs droits dans la succession de leur sœur (i). 
Celui-ci se remaria avec Marie de Neufville (2), et 
en eut une fille nommée Jeanne, encore mineure 
en 1577, et dont il sera souvent question dans la 
suite. L'époque de la mort de ce second frère est 
inconnue; nous savons seulement qu'il n'existait 
plus en janvier 1560 (3). Quant à Marie de Neuf- 
ville, elle était décédée avant Tannée 1577 (4). 

Dans un baptistaire relevé par Jal sur un des re- 
gistres de la paroisse de Saint-Séverin, il est ques- 
tion d'un troisième Jean Paré que M. Bégin a cru à 
tort être le même que celui dont nous venons de par- 
ler, (5) et qui n'appartient pas à la famille de notre 
chirurgien, ^i Die mercurii x-' die octubris 1548. Ho- 
norabilis virmagister Symon Michel, presbiter, Ste- 
phana Deschamps et Guillemeta Philippestenuerunt 
super sacros fontes Stephanam filiam Johannis Pare 
et Perette Riollet ejus vxoris. » (0) Cette Etiennette 
n'était certainement pas la fille du coffretier Jean 
Paré, dont nous avons vu que la femme, alors exis- 
tante, s'appelait Marie Périer. 

L'enfance d'Ambroise s'écoula vraisemblablement 
dans la maison paternelle. Nous ne rappellerons pas 
les historiettes rapportées par Percy(7)etVillaume, (8} 

(i) Pièces justificatives Nos VII. VIII. IX. 

(2) Idem No XXIII. 

(3) Idem X» XV. 

(4) Idem No XXVIII. 

(5) La France médicale, 1873, n" 64. 

(6) Jal, art. Paré. 

(7) Biographie universelle. 

(8) Rcch. biog. Inst, etméd. sur A. Paré. Epernay, 183?. 



lo AMBROISE PARE 

et dont Malgaigne a démontré la fausseté. Il est cer- 
tain que ses premières études furent très élémen- 
taires. « Je ne veulx m'arroger, — dit-il, — que 
j'aye leu Galien parlant grec ou latin : car n'a plu à 
Dieu tant faire de grâce à ma jeunesse qu'elle aye 
esté en l'une ou l'autre langue instituée. >> (i) Il fut 
cependant mis à même d'entrer chez un barbier ; 
mais on ne possède aucun renseignement sur le lieu 
ni sur la date de ses débuts. 

En 1525, il était à Angers observant, le jour du 
Vendredi-Saint, l'artifice d'un « gueux de l'ostière, » 
qui avait attaché à son pourpoint le bras puant et 
infect d'un pendu, et demandait l'aumône à la porte 
du Temple, et un an après, il remarqua au même en- 
droit, un gros maraud qui contrefaisait le ladre (2). 
Par suite de quelles circonstances se trouvait-il 
alors dans cette ville où l'on voit que son séjour se 
prolongea pendant plus d'un an ? Son frère l'habi- 
tait-il avant d'aller se fixer à Vitré, ou bien son père 
l'avait-il placé en apprentissage chez un autre bar- 
bier ? 

On ne sait au juste en quelle année il vint à Paris. 
Il entra, en qualité de compagnon chirurgien à l'Hô- 
tel-Dieu où il demeura trois et même quatre (3) an- 
nées, ainsi qu'il le dit lui-même, suivant les cours 
d'anatomie et de chirurgie, disséquant, soignant les ma- 

(i) Paré, Briefve collect. de l'adminish-. anatomiqiie, i5.5o. Aux lecteurs. 

(2) Paré, III. p.p. 46 et 47. Des inonstrcs et prodiges. Chap. XXI et 
XXIII. On voit ici une indication de la religion à laquelle appartenait la 
famille Paré. 

(3) Paré. La manière de traicter les playes par hacquebutes,\557. Dédi- 
cace. 



AMBROISE PARÉ IÇ 

lades, recueillant des observations, et pratiquant quel- 
ques opérations. Ainsi, pendant un hiver rigoureux/dl 
faisait si grand froid, — dit-il, — qu'à aucuns malades 
couchés audit Hostel-Dieu, l'extrémité du nez se 
mortifia sans y avoir aucune pourriture : à quatre 
d'iceulx, je feis amputation de ladite partie, desquels 
deux guérirent ; les autres moururent. » (i) A quelle 
époque se rapporte son séjour dans cet établisse- 
ment ? Il s'y trouvait certainement en 1533, (2) lors 
de l'épidémie de peste dont il cite quelques cas, et 
qu'il rappelle en plusieurs endroits. Il est à remar- 
quer qu'il n'indique ni le chirurgien ni les médecins 
de cet hôpital, ni ses condisciples, ni aucun des 
maîtres sous lesquels il a étudié. Une seule fois il 
parle du chirurgien de l'Hôtel-Dieu sans le nommer. 
Ses études terminées, il lui fallait passer des exa- 
mens pour obtenir le titre de barbier sans lequel il 
ne pouvait exercer en ville ; mais les ressources lui 
faisant probablement défaut, il dut aviser aux 
moyens de sortir d'embarras. En cestemps de guerres, 
les capitaines ne manquaient jamais de s'assurer, 
avant la campagne, un chirurgien attaché, non à 
leur compagnie, mais à leur personne. Grâce à ses 
protecteurs, Paré partit en 1537, (4) en qualité de 



(i) Paré, II. p. 2i5. Des contusions, combustions, et gangrènes. 

(2) Dès la fin de i5.32, la ville fut obligée d'acheter cinq à six arpents de 
terre à Grenelle afin d'y faire un cimetière pour les pestiférés. Le i3 sep- 
tembre i533, on ordonna que les maisons des malades auraient deux croix 
de bois, à la porte et sur le lieu le plus apparent. (Félibien. i//s/o/?eie 
Paris, II. p. 994.) 

(3) Paré, IL p. 2i5. 

(4) Et non en i536, comme il le dit, III. p. 689. 



20 AMIiROISE PARE 

chirurgien de M. de Montejan, (i) colonel général 
des gens de pied, lequel, après avoir été fait prison- 
nier à Brignoles au mois de septembre de Tannée 
précédente, venait de reprendre son commande- 
ment. Il assista, à la fin d'octobre 1537, au combat du 
Pas-de-Suse, (2) après lequel manquant d'huile bouil- 
lante de Sambuc, (3) il fut réduit à appliquer sur 
les plaies l'onguent digestif simple dont elles se 
trouvèrent si bien qu'il renonça dès lors à '< brusler 
ainsi cruellement les pauvres blessés des harque- 
busades. /> (4) Heureuse innovation, que la ligature 
des artères devait compléter dans la suite ! Il fit un 
grand nombre d'opérations, et pratiqua la première 
désarticulation du coude que Ton connaisse. 

Montejan étant mort à la fm de Tannée 1338, Paré 
refusa de rester auprès du maréchal d'Annebaut(5) 
son successeur dans le gouvernement du Piémont, 



(i) René de Montejan, seigneur de Montejan, en Anjou, de Sillé et de 
Beaupréau, fait prisonnier à Brignoles, en i536, nommé gouverneur du 
Piémont en décembre i537, et maréchal de France en février i538, mourut 
sans enfants, vers la fin de la même année. 11 avait épousé Philippes de 
Montespedon, dame de Beaupréau, qui se remaria avec Charles de Bour- 
bon, prince de la Roche-sur-Von, et fut marraine d'un fils de Paré, le .3o 
mai 1576. Elle mourut le 3i octobre 1577. 

(2) Défilé des Alpes, à l'entrée duquel se trouve la ville de Suse, en Pié- 
mont. Ce passage avait déjà été franchi par Tarmée française en mars 
i536, sans effusion de sang. 

(3) Sambucus nigra, sureau. 

(4) Paré, III, p. 691. Voyage de Turin. 

(5) Claude d'Annebaut, baron de Retz conseiller, chambellan du Roi, 
bailli et capitaine d'Evreux, chevalier de l'ordre de St-Michel, prisonnier 
a Pavie, commanda l'armée française en Piémont, et s'empara de Turin. 
Lieutenant général en Normandie avec l'amiral Chabot, le 7 Mars i536, 
maréchal de France on i53îi, gouverneur général du Piémont, ambassadeur 
à Venise, i53q, il fut nommé amiral de France en 154.1. 1' mourut à la 
Père, en novembre i552. 



AMBROISE PARE 21 

et rentra à Paris au commencement de i^'^t;. Il rap- 
portait de sa campagne le secret de la fameuse huile 
de petits chiens, acheté à grand'peine d'un chirur- 
gien de Turin, la recette des oignons crus piles avec 
du sel contre les brûlures, que lui apprit une vieille 
femme, et un nouveau procédé de réduction du para- 
phimosis. 

A son retour, il visita ses amis, et fut invité à dî- 
ner chez Sylvius (i) qui avait été vraisemblablement 
son maître, et lui faisait faire ses saignées en ville. 
Il lui exposa sa nouvelle théorie des plaies d'arque- 
buses, expliqua l'importance de la position dans la 
recherche des projectiles, et s'engagea à publier ses 
découvertes. (2) Malgaigne place à tort cette entre- 
vue après le voyage de Perpignan, où ce dernier 
moyen réussit sur le maréchal de Brissac. Il n'a pas 
remarqué dans le récit de Paré le mot <" incontinent >/ 
13) qui montre clairement qu'il y avait déjàréfléchi. 
D'ailleurs ce dernier dit positivement que cet en- 
tretien eut lieu à son retour d'Italie. 

Paré se prépara alors à passer les examens de 
barbier. En compagnie de son ami Thierry de 



(1) Jacques du Bois, dit Sylvius, célèbre médecin, né en i-[~'oà Louvilly, 
au diocèse d'Amiens, de Nicolas Dubois, ouvrier eu camelot. Il étudia 
l'anatomie sous Tagault, se Ht recevoir docteur à Montpellier, et revint à 
Paris, où il professa la médecine au collège de France, et eut une clien- 
tèle étendue. Maître de Vésale, il devint son ennemi acharné. Il mourut 
à Paris, le i3 janvier i5.")5, et fut enterré au cimetière des pauvres écoliers. 
On lui a reproché son avarice. Henri Estienne a publié un dialogue entre 
Sylvius, Caron, Montanus et Rabelais, intitulé Sylvius ocrcalus ; W y est 
dit que, au moment de mourir, ce médecin se lit mettre ses bottes pour 
passer le Styx à gué, sans payer l'obole a Caron. 

(2) Paré, II. p. 128. 

(3) Paré, III. p. (194. Voyiisc de Perpignan. 



22 AMBROISE PARE 

Héry (i), il subit le premier à la fm de Fan 1540 ou 
au commencement de 1541 ; cette dernière année, 
la deuxième du décanat de Claude Roger, ils furent 
de nouveau examinés, et payèrent à la Faculté de 
médecine chacun la somme de soixante-douze sols, 
six deniers parisis(2). Dès lors, ils furent incorporés 
dans la communauté des barbiers (3). 

(i) Barbier-chirurgien, né à Paris. On ne connaît de sa vie que ce qu'il 
eu rapporte lui-même : après avoir étudié à l'Hôtel-Dieu, il suivit l'armée 
française en Italie, l'an i537, en qualité de chirurgien. S'étant rendu à 
Rome, il observa la syphilis à l'hôpital Saint- Jacques. A son retour en 
France, il suivit les cours de Jacques Houllier et d'Antoine Saillard. En 
1541 et 1542, sous le décanat de Claude Roger, ainsi qu'on le voit dans la 
note suivante, il subit deux examens, et reçut la maîtrise |de barbier. Il 
disséqua avec Ambroise Paré aux écoles de médecine. Au mois d'août 
1544, il se trouvait au camp de Jalons, entre Châlons et Epernay; enfin, 
il fut nommé lieutenant du premier barbier. Paré dit qu'il était bien 
exercé à la chirurgie. Il amassa une fortune considérable, et publia La, 
Méthode ciiratoirc de Li maladie vénérienne, etc. Paris, i552, in-8. On voit, 
par un passage de Paré, qu'il était mort avant i56i. (Voir L'anatomie de la 
tête humaine, i56i, p. cxxxv, v"). 

(2) A Razoribus de novo examinatis : 

A duobus rasoribus qui anno prœterito e.xaminati fuerant, Aidelicet, ab 
Ambrosio Parré (sic), 72 sols 6 deniers parisis. 

Theodorico de Héri, 72 sols 6 deniers parisis. 

(Commentaria Fac. medic. Paris, t. V. fol. 171.) 

(3) La communauté des barbiers était aussi ancienne que celle des chi- 
rurgiens ; il en est fait mention en i3oi, dans une sentence du pré- 
vôt de Paris. Les plus anciens statuts furent donnés par Charles V, en dé- 
cembre 1371. Les barbiers reconnaissaient pour chef le premier barbier du 
Roi. Ils se réunissaient dans l'église du Sépulcre, rue Saint-Denis; leurs 
patrons étaient Saint-Come et Saint-Damien. En 1572, les études duraient 
quatre ans; à chaque examen, les élèves donnaient un écu à chaque docteur 
examinateur ; ils payaient à la Faculté de médecine soixante-douze sols 
pour la maîtrise, s'engageaient à faire les dissections dans les Ecoles de 
médecine, et renouvelaient tous les ans, à la Saint-Luc, un serment de 
soumission. Leurs fonctions chirurgicales étaient très limitées ; aussi em- 
piétèrent-ils souvent sur le domaine des chirurgiens avec lesquels ils 
eurent de fréquentes querelles. La Faculté les soutint souvent contre ces 
derniers. En i656, le premier barbier était parvenu à réunir sous son 
autorité les chirurgiens et les barbiers ; mais, en 1668, le dernier titulaire, 
Jean de Réty, céda cette charge avec tous les droits qui en dépendaient, 
à Féli.x, et, depuis lors, le premier chirurgien eut sous sa domination, les 
barbiers et les chirurgiens. 



AMBROISE PARÉ 33 

Paré était rentré depuis deux ans et demi à Paris, 
lorsqu'il épousa Jeanne, fille de feu Jean Mazelin, 
valet chauffe-cire de la Chancellerie de France, et de 
Jeanne de Prime, remariée avec Etienne Cléret (i), 
marchand et bourgeois de Paris. Suivant contrat 
passé le 30 juin 1541, par devant maîtres Jehan 
Dupré et Rémon d'Orléans, notaires du Roi au Châ- 
telet, Etienne Cléret et sa femme promirent de 
donner aux futurs époux la somme de six cents livres 
tournois avec les « habillements filleaulx» de Jeanne 
Mazelin. En outre, Paré reconnaissait à sa future la 
somme de deux cents livres tournois qu'elle devait 
reprendre ainsi que ses bijoux par préciput lors du 
décès de son mari, lequel, de son côté, reprendrait au 
jour du trépas de sa femme ses habillements, bagues 
et instruments de chirurgie. Quant aux droits suc- 
cessifs qui pourraient revenir à Jeanne du chef de 
son père ou de ses frères et sœurs décédés, les 
futurs conjoints y renonçaient et les transportaient 
à Etienne Cléret et à sa femme. Les témoins de la 
future étaient Marguerite Choisel, veuve de Odo 
de Prime, maître barbier chirurgien à Paris, ses 
ayeux maternels, et Méry de Prime, marchand et 
bourgeois de Paris, son oncle maternel ; ceux de 
Paré furent Etienne de la Rivière (2) et Louis 

(1) Devenu veuf à sou tour, Et. Cléret se remaria avec Marguerite N. 
qui fut marraine en i56o de Catherine, ire du nom ; il était mort à cette 
dernière date. (M. Chéreau, cité par M. Figuier dans Vies des savjiits illus- 
tres de la Renaissance). 

(2) Né à Paris, d'abord barbier, devint maitre en chirurgie, chirurgien 
du Roi et juré au Châtelet. Il eut en i54i quelques démêlés avec Charles 
Etienne, docteur régent, au sujet d'un ouvrage d'anatomie qu'ils avaient 
composé en commun, et que ce médecin avait publié sous son nom seul. 



24 AMDROISE PARE 

Drouet (i), aussi maîtres barbiers chirurgiens à 
Paris, ses amis (2). 

On sait qu'à l'exception de sa signature, on ne 
connaît aucun autographe du grand chirurgien. 
Nous avons eu la rare fortune de découvrir un spé- 
cimen de son écriture. Derrière l'expédition de son 
premier contrat de mariage faite spécialement pour 
lui, on lit : « Traicté de mon mariaige premier ». 
Ainsi que nous l'expliquons aux pièces justificatives, 
ces mots n'ont pu être écrits que par Ambroise Paré 
lui-même ; nous en donnons ici la reproduction 
exacte. 

L'année suivan- 



te,i542etnoni545 -/^..^t^C'-^ -^^^ 

comme il l'indi- C ^' 

que à tort, Am- /^y^-^^:^v»<«.4^-<— 3^ vi^^ 

broise Paré, quit- ' ^ t 

tant sa jeune fem- 
me, partit en poste avec M. de Rohan(3) pour se ren- 
dre à Perpignan, ville occupée par les Espagnols. 
Arrivé à Lyon, il fut pris d'hématurie pour être 



De La Rivière mourut le 5 juillet icôc;; sa femme, Jeanne Fourgonneau, 
décéda le 9 décembre i5..;tous deux furent inhumés dans l'église des 
Saints-Innocents. 

(1) « Homme bien exercité et .irrandement expérimente en l'art de chirur- 
gie. » (Paré, L2 manière de traiter les playcs dluirquebiites. t55;, f" 78). 
Il n'existait plus en iS52. 

(2) Archives du château de Paley. 

(3) René de Rohan, premier du nom, vicomte de Rohan, comte de Por- 
rhoët, de la Garnache, de Beauvoir-sur-Mer, et de Carentan, prince de 
Léon, marié en u'S^ avec Isabelle d'Albret, fille de Jean, roi de Navarre, 
et de Catherine de Foix, fut tue le 1 novembre i552 à Saint-Nicolas, près 
de Nancy (Vieilleville, Y, 5.) 



AMBROISE PARÉ 25 

resté trop longtemps à cheval (i), et put néanmoins 
continuer son voyage. L'investissement de Perpi- 
gnan, retardé jusqu'au 26 août, ayant été infructu- 
eux, on leva le siège le 4 septembre, à cause de 
l'inondation de la vallée de la Têt. Sous une pluie 
battante, l'arrière-garde suivit à la nage ; une partie 
des bagages fut perdue, et quelques hommes noyés ( 2 ). 

C'est devant cette ville que Paré appliqua pour la 
première fois son principe de la position dans la 
recherche des projectiles. Le maréchal de Brissac (3) 
avait reçu près de l'omoplate droite une balle que 
les chirurgiens ne pouvaient découvrir. Paré, envoyé 
par M. de Rohan, plaça le blessé comme il l'était au 
moment où il avait été atteint, et leur fit sentir le 
corps étranger qui fut extrait par Nicollc Lavernot 
(4), chirurgien du Dauphin. 

DeretouràParis, AmbroiseParéydemeurajusqu'au 
mois de juin 1543. Les troupes françaises venaient 
d'entrer dans le Hainaut; M. de Rohan emmena de 
nouveau son chirurgien, et tous deux rejoignirent 
François P"^ au camp de Maroilles (5). Sur ces entre- 

(i) Pare, II, p. 5œ. 

(2) Paré, III. p. 6g5, Voyage de Perpignan. 

(.3) Charles de Cossé, comte de Brissac, appelé le beau Brissac. fut suc- 
cessivement nommé colonel de l'infanterie, colonel général de la cavalerie 
légère, grand-maître de l'artiilerie. maréchal de France, puis gouverneur 
delà Picardie. 11 se maria avec Charlotte d'Esquetol, et on eut quatre enfants 
dont Diane qui épousa Charles de Mansfcld. Il mourut de la goutte, le 3i 
décembre i563, à l'àgc de S" ans. 

(4) Il figure en 1547 parmi les chirurgiens auxquels on donna du drap de 
deuil pour les funérailles de François I"", fut chirurgien ordinaire de Henri 
H et de François II, et, en ifÔg, devint premier chirurgien de Charles IX. 
(Différents mélanges pour l'histoire des médecins, mss. Bibl. delà Fac. I. p. 
293). Il mourut vers la fin de i56i. 

(5) Village situé à i3 kilom. 0. d'Avesnes (Nord). 



20 AMBROISE PARÉ 

faites, M. d'Etampes ( i), gouverneur de la Bretagne, 
prévint le Roi que les Anglais se disposaient à 
opérer une descente sur les côtes de cette province, 
et le pria de lui envoyer MM. de Laval (2) et de 
Rohan . Paré suivit ce dernier jusqu'à Lander- 
neau (3). Les Anglais ayant abandonné leur dessein, 
notre chirurgien rentra à Paris comblé de présents. 
M. de Rohan lui donna cinquante doubles ducats et 
une haquenée ; M. de Laval, un courtaut pour son 
domestique, et M. d'Etampes, un diamant valant 
trente écus. C'est probablement au retour de cette 
expédition qu'il s'arrêta à Vitré, où son frère lui 
rapporta les deux observations auxquelles nous 
avons fait allusion. 

Ces séjours à l'armée ne laissaient pas que de 
causer quelque inquiétude au jeune ménage dont 
l'avenir était à la merci d'une blessure. Aussi, par 
un acte que nous reproduisons plus loin, et qui fut 
passé le 21 octobre 1543, par devant maîtres 
Ambroise Evyn (4) et Robert Decombes, notaires 
du Roi au Châtelet, Ambroise Paré et Jeanne 

(i) Jean de Brosse, duc d'Etampes, lils de René de Brosse, partisan du 
connétable de Bourbon, et de Jeanne, fille de Philippe de Commines, épousa 
Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes, favorite de François I'^^'". C'est pour 
cette dernière que ce roi fit restaurer, vers i53o, le Palais d'Amour, 
dont on voit encore quelques vestiges dans la rue de l'Hirondelle, n"* 20 
et 22. 

(2) Claude, dit Guy, XVP du nom, comte de Laval, fils de Guy XV, et 
d'Anne de Montmorency, épouse de Claude de Foix, fille d'Odet de Foix, 
seigneur de Lautrec, et de Charlotte d'Albret, et mourut sans enfants, le 
25 mai 1547. Sa veuve se remaria avec Charles de Luxembourg, vicomte de 
Martigues. (P. Anselme, VIL p. 76). 

(3) Port à l'embouchure de l'Elorn, à 25kil. de Brest (Finistère), ancienne 
place forte. 

(4) Mort en mars 1548. Pièces justif. N° IL 



AMBROISE PARÉ 27 

Mazelin se donnèrent réciproquement tous les biens 
qu'ils posséderaient au moment du trépas du premier 
décédé, à la condition que le survivant paierait au 
plus proche parent du défunt la somme de vingt 
écus d'or soleil. Ils n'avaient point encore d'enfants 
à cette époque. 

Cet acte signé, Paré partit pour Landrecies (i), 
qu'assiégeaient cinquante mille Impériaux. Le Roi 
étant parvenu à ravitailler la place le i*^*" novembre 
1543, se retira le surlendemain à Guise (2), d'où son 
chirurgien s'empressa d'accourir auprès de s-a femme. 
11 passa deux années à Paris. 

'K Le 4 juillet 1545, fut baptisé en Téglise Saint- 
André-des-Arts (3), François, fils d'Ambroise Paré, 
barbier, et de Jeanne Maselin, sa femme. Les par- 
rins furent maistre François de Villeneuve, médecin, 
et Loys Drouet, barbier. La marrine fut Jehanne de 
Pryme (4).» Les frères Haag qui ont aussi relevé ce 
baptistaire (5), appellent les parrains : François de 
Villemousseux, médecin, et Louis Drouat, barbier, 
et la marraine, Suzanne de Piguier. Ils se trompent 
évidemment; nous connaissons les noms de Drouet 
et de Prime, amis de Paré; les frères Haag ont 
commis, d'ailleurs, de fréquentes erreurs de ce genre. 



(i) Place de guerre sur la Sambre, (Nord) arr. d'Avesnes. 

(2) Place de guerre (Aisne), ch. 1. de canton, arr. de Vervius. 

(3) Cette église, située à l'endroit où est aujourd'hui la place de ce 
nom, fut construite vers 1212, après l'achèvement de l'enceinte de Phi- 
lippe-Auguste. 

(4) Jal. 

(5) La France protestante, article Paré. 



28 AMBROISE PARÉ 

Cet enfant n'existait plus le s août 1349, ainsi que 
cela résulte d'un acte transcrit plus loin (i). 

Dans ces temps troublés, Paré ne pouvait de- 
meurer longtemps en repos. Après le baptême de 
son fils, il rejoignit l'armée du Roi qui assiégeait 
Boulogne. Devant cette place, en août 1545, il 
guérit François de Lorraine, duc de Guise (2), 
d'une terrible blessure de la face, dont celui-ci con- 
serva une large cicatrice qui lui valut le surnom 
glorieux de Balafré (3). 

Dans l'intervalle de ses campagnes, notre barbier 
ne restait pas inactif. Fidèle à sa promesse, il ras- 
sembla ses observations, et publia La Méthode de 
traicter les playes faictes par hacqttebutes et auJ- 
tres bastons à feu : et de celles qui sont faictes par 
Jlèches, dard^, et semblables : aussi des combustions 
spécialement faictes par la pouldrc à canon, com- 
posée par Ambroyse Paré, maistrc Barbier, Chi- 
rurgien à Paris, avec privilège du 20 août 1545. 
Cet ouvrage fut dédié à M. de Rohan. 

Pendant les années qui suivirent, il se prépara 
par des dissections privées et publiques faites 
avec Thierry de Héry et Jean Colombier (4) aux 
écoles de la Faculté, à la publication de la Briefve 
collection de l'administration anatomique : Avec la, 
manière de conjoindre les os : Et d'extraire les 



(1) Pièces justificatives. X" \\. 

(2) François de Guise, duc d'Aumale, priuce de Joinville, dit le Balafré, 
ué en iSig, fut tué à Orléans par le protestant Poltrot de Méré, en i563. 

(3) Paré, II. page 25. — III. page 6<jO. 

(4) Parc, Briefve collection de l'administration analoniique, i55o, f" 14, v» 



AMBROISE PARE 29 

enfants tant morts que vivans du ventre de la mère, 
lorsque nature de soy ne peult venir à son ejfet. 
A Paris, en la boutique de Guillaume Cavellat, 
libraire iuré, à ï enseigne de la Poulie grasse, 
devant le colege de Cambray, J$49. Dans son aver- 
tissement, Paré prévient le lecteur que ce livre, 
dédié encore à M. de Rohan, fut imprimé pendant 
qu'il était au camp de Boulogne, et que de nom- 
breuses fautes s'y étant glissées, il les a fait cor- 
riger à la plume. Ce détail prouve, qu'au moins à 
cette époque, il n'avait chargé personne du soin de 
revoir ses épreuves. Le privilège est du 6 juillet 1549 ; 
quelques exemplaires de cet ouvrage portent ce mil- 
lésime : nous en connaissons un ; les autres sont 
datés de 1550. Les fautes et l'avertissement sub- 
sistent dans ces derniers. 

C'est vers cette année qu'il prépara, pour le con- 
server dans son cabinet, le corps d'un supplicié 
dont une moitié était disséquée de façon à lui per- 
mettre de repasser l'anatomie en vue des opérations 
qu'il avait à faire. Il habitait alors au bout du pont 
St Michel, {i) 

Au milieu de ses travaux, Paré ne négligeait pas 
sa famille. Son frère, le barbier, était mort, laissant 
un fils majeur et orphelin ; il le fit venir à Paris. 
Suivant acte du 5 août 154Q. transcrit plus loin. Paré 
donne, conjointement avec sa femme, à son neveu 
Bertrand, fils de feu Jean Paré, son frère, en son 
vivant maître barbier-chirurgien, demeurant en la 
ville de Vitré, en Bretagne, et de Charlotte David, 

(1) Pièces justificatives, X" X. 



30 AMBROISE PARÉ 

jadis sa femme, ledit Bertrand à ce présent et ac- 
ceptant, la somme de quarante livres tournois de 
rente annuelle et perpétuelle, à prendre au jour de 
son trépas sur les biens du donateur, à la condi- 
tion que celui-ci mourrait sans enfants (i). Cet acte 
prouve que le jeune François n'existait plus à cette 
date. 

M. Bégin a vu dans les papiers de Roze que Jean 
Paré, fuyant son pays comme huguenot, se serait 
réfugié à Paris avec sa famille. Il ne paraît pas que 
le barbier de Vitré, ville calviniste, ait dû s'en éloi- 
gner pour cause de religion ; le dernier acte que 
nous venons de citer semble établir qu'il est mort, 
ainsi que sa femme, dans cette ville. Quoi qu'il en 
soit, Ambroise aurait fait entrer son neveu à Saint- 
Côme (2) où il ne travailla point. Il le plaça ensuite 

(i) Pièces justificatives, X" VI. 

(2) Communauté des chirurgiens ainsi nommée de leurs patrons, Saint- 
Côme et Saint-Damien, frères nés en Arabie au m™'' siècle, et tous les 
deux médecins. On prétend faire remonter son origine à Saint-Louis. 
Sauvai, {Antiquités 1e Paris), rapporte qu'elle fut érigée par ordonnance 
du 25 février I255. Philippe-le-Bel rendit, en novembre i3ii, un édit éta- 
blissant pour son chef Jean Pitard, chirurgien-juré du Roi au Châtelet de 
Paris. Charles V en fit partie; Louis XIII s'y fit agréger, parce qu'il était 
né le jour de la Saint-Côme. 

Cette confrérie fut fondée à Paris dans l'église Saint-Côme et Saint- 
Damien, rue de la Harpe, et en l'église Saint-Côme de Luzarches (Seine- 
et-Oise) ; le recteur, le prévôt et le collège des maîtres chirurgiens jurés 
de Paris en faisaient partie : plus tard, on y adjoignit les licenciés et les 
bacheliers. Lors de la translation des reliques des saints Côme et Damien 
à Luzarches, le 3 octobre 1820, les chanoines de cette église demandèrent 
aux chirurgiens de Paris de réunir leurs deux confréries, à condition 
qu'aux fêtes de Saint-Côme et Saint-Damien, de Saint-Simon et de Saint- 
Jude, deux maîtres chirurgiens de Paris viendraient à Luzarches assister 
à l'office, visiter les pauvres malades, et percevoir les aumônes des con- 
frères, ce qui fut accepté. 

Les chirurgiens visitaient à l'entrée de l'église le premier lundi de 
chaque mois, les pauvres malades qui ne pouvaient entrer dans les hôpi- 



AMBROISE PARÉ 3l 

chez Jean de Saint-Germain, apothicaire ; mais bien- 
tôt Bertrand déclara qu'il ne pourrait jamais ap- 
prendre à connaître les drogues et leurs propriétés. 
Paré lui écrivit alors la lettre suivante : 

^< Mon nepveu, je veulx vous conduire ainsy que 
» je meine les jeunes cyrugiens, mes enfans. Vous 
» este jeune et sans espérience et sapience. Afin 
» que vous ne vous ecartiés pas de l'homme 
» d'honour, je veulx vous mettre soubs les ïeulx 
» ceulx qui voulloient remplir une phiole trop à 
» coup aïant la gueule trop estroite. Il s'en espan- 
» cha cent fois plus qu'il n'en mist dedans. Mais, si 
» vous imités celui là qui prins la patience de rem- 
» plir ladicte phiole peu à peu, il en vint à bout, 
» sans rien espancher. Voilà, mon nepveu. Dieu 
» vous rende sage, coment l'apprenti doict faire 
» pour apprendre son art et industrie ; par l'esti- 
» mation (des aultres) il se fera parfaict en Testât 
» qu'il désire exercer. En voici un exemplaire en- 
» core. Ne voyons-nous pas des grosses pières du 
» Louvre estre couppées et sciées? Ne voit-on pas 



taux. En i554, un appentis fut construit pour les abriter. Leur nombre 
étant devenu plus considérable, on fut obligé de bâtir une salle plus grande, 
en i6i5. Les réunions des chirurgiens eurent souvent lieu dans d'autres 
églises : à Notre-Dame, à Saint-Jacques de la Boucherie, à Saint-Yves, à 
Sainte Geneviève des Ardents, aux Mathurins. 

Les statuts de la confrérie furent souvent remaniés ; ils réglaient les 
conditions des examens, les obligations de ses membres, et veillaient à ce 
que personne ne pratiquât sans titre la chirurgie à Paris. 

Les armoiries des chirurgiens étaient d'azurâ trois boîtes d'or. Louis XIII, 
par lettres patentes du i5 juillet 1611, y ajouta une fleur de lys d'or ray- 
onnée. 

Les cours de chirurgie se faisaient dans Taraphithéàtre construit â côté 
de l'église ; les chirurgiens y tinrent leurs assemblées, et le nom de Saint- 
Côme s'appliqua également et à la communauté et â l'école de chirurgie. 



32 AMBROISE PARÉ 

» aussi l'eau qui tombe goûte à goûte sur une pière 
2> dure, la caver dadvantage ? On voit que {sic) les 
» petits fourmis, bestioles légères, en continuant à 
» passer et repasser par dessus, les caver et y lais- 
» ser des petites voyes et chemins. Ces exemples, 
/> mon nepveu, vous donnent à cognoistre que si 
» vous vouliez, avec le tems vous apprendrés à 
» estre bon apoticaire. A ceste cause, pensés-y bien. 
» Dieu vous garde de libertinage et vous éclaire 
» sapiensement. 

» Je suis votre oncle aymant. » A. P. {i) 

Cette lettre nous semble absolument fausse, par 
le style comme par le ton. A la vérité, on achevait 
le Louvre en 1548, et l'exemple des fourmis se lit 
au chapitre VIII du Livre des animaux publié en 
1579. Mais est-il admissible que Paré, alors à Paris, 
et ayant auprès de lui son neveu, ait préféré lui 
écrire plutôt que de lui adresser directement ses re- 
proches et ses conseils? 

D'autres ennuis de famille le préoccupaient 
alors. Le 8 septembre 1550,11 fit vendre au Châtelet 
les biens saisis sur Antoine Mazelin, commis de 
la Chancellerie de la Cour, demeurant à Tours, et 
frère de sa femme. Ces biens comprenaient : i" Le 
quart indivis d'une maison située à Paris, rue de 
l'Hirondelle, où pendait l'enseigne de Ja Vache, et 
consistant en un corps d'hôtel, cave, sallette, au 
rez-de-chaussée, chambres hautes, grenier, cour 
derrière avec deux appentis, le tout couvert en 
tuiles. Cette maison tenait, d'un côté, à Méry de 

yi) Gazette hebdomadaire de médecine, 1878, n» 41. 



AMBROISE PARÉ 33 

Prime, vendeur juré de vins ; d'autre part, à une 
autre maison où pendait l'enseigne des Trois Mores, 
appartenant aux héritiers de feu Jean Mestreau ; et, 
par devant, à ladite rue de l'Hirondelle. Paré ache- 
ta cette maison, se remboursant ainsi de quarante 
écus d'or que lui devait Mazelin, et désintéressa les 
autres créanciers. 

L'acte porte que cette vente fut faite à la requête 
d'Anthoine Parey, « maistre barbier et chirurgien 
à Paris. » Il est évident que le scribe, qui venait 
d'écrire le nom d'Antoine Mazelin, a répété par er- 
reur ce prénom d'Antoine. La suite de l'acte prouve, 
ainsi qu'on le verra, qu'il s'agit bien d'Ambroise. 
La même erreur existe dans l'acte de baptême de 
Charles, fils de Catherine Paré et de François Rous- 
selet copié par Jal ; mais là, d'après M. Bordier, elle 
résulte d'une mauvaise lecture. Il n'est pas moins 
hors de doute que Antoine et Ambroise Paré ne 
font qu'une seule et même personne. 

2° Le même jour, pour se couvrir de la somme 
de vingt écus d'or soleil que lui devait encore Ma- 
zelin, Paré fit vendre et acheta le quart indivis 
d'une maison sise à Meudon (i), rue des Pierres (2), 

(i) Le château, longtemps possédé par la famille Sanguin, fut légué par 
le cardinal de Meudon à sa nièce, la duchesse d'Etampes, qui le céda, en 
i552, au cardinal de Lorraine, pour lequel Philibert de TOrrae le recons- 
truisit. En 1654, il fut acquis par Servien, surintendant des tinances, dont 
le fils le vendit en 1680 à Louvois. Louis XIV l'acheta en 1691, au prix de 
400,000 livres, et le château de Choisy-le-Roi en plus. 

(2) Cette rue existe encore. Une petite maison située au n» g, répond 
assez bien à la description ci-dessus. On y trouve un corps de logis sur la 
rue, un autre dans le fond; dans la cour, à droite, est un puits, encastré 
dans le mur de la maison du fond, avec un appentis à côté. Ce puits est le 
seul, dans cette rue, dont la situation se rapporte au plan indiqué. 

3 



34 AMBROISE PARÉ 

comprenant deux corps de logis, l'un devant et 
l'autre derrière, et consistant en cave, chambre, 
greniers, sallettes, cour avec puits et appentis cou- 
vert en tuiles, et petit jardin entre les deux bâti- 
ments ; derrière, se trouvait un jardin peuplé 
d'arbres et de treilles, le tout tenant d'une part, à 
Jean Berthelmy et Jean Lucas, dit Petit, et d'autre 
aux hoirs de feu Guillaume Parvys ; et par devant, 
à ladite rue des Pierres. 

3° Et environ dix-neuf quartiers de vignes, et une 
petite pièce de terre, situées en divers climats du 
village de Meudon, que Paré acheta également en 
payant les sommes réclamées par les créanciers de 
Mazelin, au nombre desquels se trouvaient le car- 
dinal de Meudon (i), Etienne Cléret, etc. (2) 

C'est dans une de ces vignes qu'il trouva un jour 
un crapaud vivant au milieu d'une pierre « sans ou- 
verture. » (3) 

Les trois autres quarts indivis des biens ci-dessus 
désignés appartenaient à Jeanne Mazelin épouse 
d'Ambroise Paré ; à Catherine de Prime (4), femme 

(i) Antoine Sanguin, dit le cardinal de Meudon dont il était seigneur 
fils d'Antoine Sanguin et de ?ilarie Simon, abbé de Fleuri-sur-Loire, maître 
de la chapelle du Roi, évêque d'Orléans en i533, puis archevêque de Tou- 
louse, et cardinal le 19 décembre i538, sous le titre de Sainte-Marie in 
porlicii, reçut le chapeau à Notre-Dame de Paris le jour de la Pentecôte 
de l'année suivante, des mains du cardinal Farnèse, légat en France. 
Nommé grand aumônier de France le 7 août 1548, puis gouverneur de Pa- 
ris, il se trouva à l'élection du pape Jules III, et mourut à Paris le 22 dé- 
cembre 1559. Son corps fut inhumé en l'église de Sainte-Catherine du Val 
des Ecoliers. 

(2) Pièces justificatives, N<> X. 

(3) Paré, III. p. 48. Des monstres et prodiges. 

(4) Le 9 novembre 15-9, Catherine de Prime, femme de Pierre de la Rue, 
raaitre tailleur d'habits, fait donation à Guillaume Forestier, procureur au 



AMBROISE PARE 3d 

de Pierre de la Rue (i), bourgeois de Paris ; et aune 
autre sœur, femme de Charles Fournier, bourgeois 
de Paris. 

11 est étonnant que Paré ne parle pas de Rabelais, 
dont il fut le paroissien pendant près de deux ans. 
En effet, ce dernier fut nommé le i8 janvier 1551 à la 
cure de Meudon qu'il résigna le 9 janvier 1533 ; il 
est vrai qu'il y résida fort peu. 

La guerre venait de se rallumer dans l'Est ; Paré 
se rendit, avec M. de Rohan, à Metz où le Roi fit son 
entrée le 18 avril 1552. C'est pendant cette campagne 
que notre chirurgien sauva un soldat de la compagnie 
de Rohan laissé pour mort, et auquel il « fit office 
de médecin, d'apothicaire, de chirurgien et de cuisi- 
nier. » Emerveillés et reconnaissants de cette guéri- 
son inespérée, les hommes d'armes de la compagnie 
lui donnèrent à la première revue chacun un écu, et 
les archers un demi-écu (2). 



grand Conseil. « d'une maison sise à Paris, au pont Saint-.AIicliel, où soûlait 
pendre pour enseigne l'image Saint-Antoine, tenant d'une part à la veuve 
de feu Doreau, d'autre part, au sieur Viart, chirurgien, aboutissant d'un 
bout, par devant, sur ledit pont, et d'autre bout par derrière, à maître 
Claude Boreau, notaire au Châtelet, en la censive de l'abbave de Saint- 
Germain-des-Prés, sous la réserve de l'usufruit. « (Archives Nationales. Y. 
121. f" io5. V».) 

(i). Probablement fils d'Antoine de la Rue, maître tailleur, ami et voisin 
île Paré ; il exerçait la profession de son père. C'est de lui qu'il s'agit dans 
le passage suivant : « Le 27 mai i588. deux coquins, l'un potier d'estain. 
nommé Poccart, et l'autre, Pierre de la Rue, tailleur, demeurant au coin 
"du pont Saint-Michel, poignardèrent et jetèrent à la rivière le nommé 
Mercier, pédagogue, qu'ils prirent à neuf heures du soir dans sa maison 
près Saint-André-des-Arcs. » (P. de l'Estoile, édition Champollion, tome 
III, p. i56). A la tête des habitants du pont et du quartier, de la Rue fit 
reculer une compagnie des gardes françaises envoyées contre les Guisards. 

(2) Paré. III. 697. Voyage d' Allemagne. 



36 



AMBROISE PARE 



Au retour du camp d'Allemagne, Henri II prit 
Damvillers (i), le r' juillet 1552. Ce fut pendant ce 
siège mémorable, sinon comme fait d'armes, du 
moins au point de vue chirurgical, que Paré coupa 
la jambe d'un gentilhomme de la suite de M. de 
Rohan, etpour la première fois après une amputation, 
au lieu d'employer le cautère, fit la ligature des artè- 
res (2). Cette nouvelle application d'un procédé jus- 
qu'alors réservé aux hémorrhagies résultant des bles- 
sures, fut un trait de génie, et constiue le plus beau 
titre de Paré à la reconnaissance de la postérité. Elle 
ne fut cependant pas adoptée sans luttes, et en 1593 
Jean Deshayes présentait encore cette thèse : An 
sistendo sanguinem ignis vel ligatura ? L'un des 
premiers malades qu'il opéra de cette façon fut « vn 
postillon seruiteur de Brusquet (3), nommé Pirou 
Garbier, auquel fut coupée la iambe dextre, quatre 
doigts au dessous du genoûil, pour vne Esthiomène 
qui luy estoit suruenue à cause d'vne fracture (4). » 

La campagne de Luxembourg terminée, — le 26 
juillet, — Paré rentra à Paris, quittant M. de Rohan 



(1) Chef-lieu de canton (Meuse), fortifié par Charles-Quint en i528. 

(2) Paré. III. 6g8. Voyage de Damvilliers. 

(3) Brusquet, né en Provence, succéda à Triboulet, dans l'emploi de 
bouffon auprès de François P'"", Henri II, François II, et Charles IX. 
En i536, au camp d'Avignon, il se disait médecin, et " donnait aux hommes 
de bonnes médecines de chevaux qui les envoyaient ai /"^/ré-s drus comme 
des mouches. » Le connétable de Montmorency ordonna qu'en le pendit. 
Comme on le conduisait au gibet, il rencontra le Dauphin Henri, et le fit 
tellement rire qu'il obtint sa grâce, et devint son valet de chambre. Il fut 
nommé maître de la poste aux chevaux de Paris. Soupçonné d'être 
huguenot, il dut fuir en i562, et mourut l'année suivante chez la duchesse 
de Valentinois. (Brantôme. Vie du tnarcc/ial Strozzi). 

(4) Paré. II, page 23o. 



AMBROISE PARÉ 87 

qu'il ne devait plus revoir. Ce dernier fut tué, en 
effet, le 4 novembre, à Saint-Nicolas, près de 
Nancy (i). 

A quelque temps de là, le roi de Navarre (2) étant 
à Saint-Denis, fit appeler Paré qu'il décida à le suivre 
à Château-le-Comte (3), près de Hesdin (4). Le len- 
demain de la prise de cette place, M. de Vendôme 
parla de lui au Roi qui chargea du Gauguier (5), son 



(i) Saint Nicolas du Port, ch. I. de cant.. arr. de Nancj^; ancien pèleri- 
nage encore très fréquenté. 

(2) Antoine de Bourbon frère de Condé, né en i5i8. D'abord duc de 
Vendôme, puis roi de Navarre en 1548, par son mariage avec Jeanne 
d'Albret, il fut blessé mortellement au siège de Rouen, en i562. 

(3) Contes, village au confluent de la Canche et de la Planquette (Pas-de- 
Calais), cant. d'Hesdin ; on y voit un château féodal bien conservé. 

(.() Place de guerre sur la Canche (Pas-de-Calais), rasée par Charles- 
Quint. Le duc de Savoie rebâtit et fortifia la ville en 1554. 

(5) Louis de Bourges, dit Burgensis, l'aîné des cinq enfants de Jean 
Burgensis, médecin jusqu'en i5oo du duc d'Orléans qui fut depuis Louis 
XII, naquit à Blois vers 1482, et fut tenu sur les fonts baptismaux par ce 
prince. Reçu docteur en médecine à Paris le i5 novembre i5o6, il fut 
nommé, dès l'année i5o4, médecin ordinaire de Louis XII, et en i5i5, de 
François P"" dont il devint premier médecin en 1527. Il conserva cette 
charge sous Henri II, jusqu'au ig novembre i556, qu'il mourut l'ancien 
de l'école. Burgensis épousa d'abord Marie, fille de Richard Hellain, mé- 
decin de Paris, doyen de i585 à iSSj, et en deuxièmes noces, demoiselle 
Claude, fille de Guillaume de Beaune, seigneur de Semblançay. A son 
retour d'Espagne, où il avait habilement contribué à faire rendre la liberté 
au roi François F'"', il prit le titre de seigneur du Gauguier et de Mesland, 
en Touraine. Gauguet était un fief situé au nord de la forêt de Blois, 
commune de Saint-Lubin en Verconnois, pour lequel Burgensis rendit 
hommage à Florimond Robertet, secrétaire d'Etat et seigneur de Bury ; 
et la commune de Mesland se trouve au sud-ouest de cette forêt. « Loys 
Burgensis, seigneur du Gauguier, premier médecin, » reçoit sept aunes et 
demie de drap de deuil pour les funérailles de François l". (Bibl. Nat. 
fonds français, t. 7853). Nous trouvons, à la date du r"" juillet i5SS, des 
lettres de jussion à la Chambre des Comptes de Blois, de faire délivrer 
au sieur du Gauguyer, premier médecin du Roi, trente pieds d'arbres à 
prendre dans la forêt de Blois, du côté de la Beauce. (Arch. Nat. K. 01. 
n» 3o). 

Par une déclaration du ig février i557 (n. st.) •■ les gens du Roi, par 
M" Gilles Bourdin, avocat dudit seigneur, ont dit avoir vu les deux lettres 



38 



AMBROISE PARE 



premier médecin, de l'inscrire au nombre de ses 
chirurgiens ordinaires (i), et lui fit dire de venir le 
trouver à Reims. De là, il se rendit à Tournan, en 
Brie, dont on fit sauter la grosse tour, et revint à 
Paris, très heureux de sa nouvelle situation. 

Le duc d'Albe avait mis le siège devant Metz, le 
20 octobre 1552. François de Lorraine, duc de 
Guise, inquiet de voir périr un grand nombre de 
blessés, fit demander au Roi de lui envoyer Paré. 
Celui-ci, muni de médicaments achetés chez Dai- 
gue, apothicaire de la Cour, et la bourse garnie de 
cent écus, don royal, partit pour Verdun, porteur 
d'une lettre et d'instructions pour Guise. La diffi- 
culté était de pénétrer dans Metz ; un capitaine ita- 
lien, moyennant 1,500 écus, le fit entrer de nuit 
dans la place. Il pansa et opéra un grand nombre 
de blessés, et par d'éclatantes guérisons, fit renaître 
la confiance dans le cœur des soldats. Avec quelle 
verve il raconte les souffrances des Impériaux, cou- 
chés dans deux pieds de neige et mourant de faim ! 
<< Chacun soldat auait son lict de camp et vne cou- 
patentes présentées à la Cour par M'- Pierre Haqueville, président ès- 
requétes du Palais, par lesquelles le Roi, à la requête de feu messire Loys 
Burgensis, son premier médecin, beau-père dudit de Haqueville, donne et 
octroyé à M'^ André de Haqueville, l'office de conseiller lay que tient 
et exerce ledit de Haqueville père, par sa résignation au profit de son dit 
fils. Ne veulent oublier l'heureuse et recommandable mémoire dudit mes- 
sire Loys Burgensis, sieur du Gaugnier, lequel, de son vivant, a si dili- 
gemment et avec telle intégrité et réputation usé des dons que Dieu lui 
avait fait, que certainement pour le secours qu'il a fait à une infinité de 
personnes, on pouvait dire de lui : Qiiod quasi divino consilio omnium 
saluti natits erat. <• (Arch. Nat. X'* 1584^ ii5, v».) Louis n'eut pas d'enfants 
de son second mariage. En i5:o, Léonore Breton, dame du Gauguier, 
était dame d'honneur de Marguerite de France, fille de Henri II. (Bibl. 
Nat. fonds français, t. 7854). 
(i) Paré, t. III , p. 700. Voyage de Château-lc-Comte. 



AMBROISE PARÉ 0() 

uerture toute semée d'estoiles luisantes et brillantes, 
plus claires que fin or; et tous les iours auoient 
draps blancs, et logés à renseigne de la Lune, et 
faisoient bonne chère quand ils auoient de quoy : 
et payoient si bien leur hoste des le soir, que le 
matin s'en alloient quittes secouant les oreilles. Et 
ne leur falloit nul peigne pour destacher le duuet 
et la plume de contre leurs barbes et leurs cheveux: 
et trouuoient tousiours nappe blanche, perdans de 
bons repas par faute de viandes. Aussi la plus grande 
part n auoit bottes, ny bottines, pantoufles, chaus- 
ses, ny souliers : et plusieurs aimoient mieux n'en 
point auoir que d'en auoir, pour ce qu'ils estoient 
tousiours en la fange jusques à my-iambes ; et à 
cause qu'ils alloient nuds pieds, nous les appellions 
les Apostres de l'Empereur. 7y 

Il faut lire en entier la relation, tour-à-tour 
sérieuse ou plaisante, qu'il nous a laissée de ce siège 
mémorable où les Français, commençant à manquer 
de vivres, se levaient de table avec appétit, '•< de 
peur qu'ils fussent sujets à prendre médecine. >> Déjà 
ils songeaient à recourir à la boucherie obsidionale, 
« aux asnes, mulets et chevaux, chiens , chats et 
rats, voire aux bottes et collets et autres cuirs qu'on 
eust peu amollir et fricasser, >/ lorsque l'Empereur, 
voyant la peste au camp, et désespérant de prendre 
la ville, leva le siège. Son armée quitta Metz le 
2b décembre , laissant plus de vingt mille morts, 
tant du fait des assiégés, que de la peste, de la faim 
et du froid. Paré revint alors à Paris, où le Roi, 
satisfait de la manière dont il avait rempli sa mis- 



40 AMBROISE PARÉ 

sion, lui fit donner encore deux cents écus (i). 

M. Bégin raconte ce retour avec des détails 
extraits d'un « Journal des Voyages^ >> petit in-4° de 
122 ff., écrit de la main du grand chirurgien (2). Nous 
craignons que ce médecin ne se méprenne sur l'au- 
thencité de ce recueil prétendu autographe, et nous 
attendrons pour l'admettre, qu'il ait été soumis aux 
yeux des lecteurs. 

Profitant de son séjour à Paris, Ambroise Paré 
revit son livre des Playes d'bacquebutes qu'il dédia au 
roi Henri II. Le privilège avait été signé le 4 
février 1551 (v. st.), et l'impression fut terminée le 
10 mars 1553 (n. st.). 

Six mois après, les Impériaux, après avoir ruiné 
Thérouanne (3), vinrent mettre le siège devant 
Hesdin, place réputée imprenable. Le Roi y envoya 
son chirurgien ; mais bientôt la défense fut reconnue 
impossible ; les blessés manquaient de tout, et, dans 
le conseil dont il faisait partie, Paré déclara qu'il 
fallait se rendre. 

On se rendit en effet, le 17 juillet 1553, et Paré 
fat fait prisonnier. Après avoir délibéré s'il se ferait 
connaître, ce qui mettrait sa rançon à un haut prix, 
il se décida à dissimuler. Grâce à un méchant 
déguisement qui lui donnait l'air d'un « ramoneur 
de cheminée », il put passer pour un personnage 



(l) Paré, III, p. 708. Voyage de Met\, 

(7) Gazette hebdomadaire, iPrîj n°.ii. 

(3) Sur la Lys, (Pas-de-Calais), place prise par les Anglais en i5i3, re- 
prise en 1527, fortifiée par François 1", reprise et détruite par Charles- 
Quint en i553. 



AMBROISE PARÉ 4I 

sans importance, et s'attacha à la maison de M. de 
Martigues (i), qui était blessé à mort. Ne pouvant 
se résoudre à priver de ses soins un seigneur fran- 
çais, il avoua sa qualité ; mais, ayant commis l'im- 
prudence de montrer son savoir dans une remar- 
quable consultation qu'il eut avec les chirurgiens 
envoyés par le duc de Savoie (2) afin d'essayer de 
sauver un aussi riche prisonnier, il commença à 
éveiller les soupçons. M. de Martigues mourut, et 
Paré, chargé malgré lui de l'embaumer, ne put ré- 
sister, cette fois encore, au plaisir de faire briller 
ses connaissances anatomiques. Ses confrères vou- 
lurent aussitôt s'attacher un praticien aussi capable ; 
mais ni les instances du chirurgien du duc, ni les 
offres brillantes suivies de menaces de ce prince 
lui-même, ne purent le décider à servir l'ennemi. Il 
fut enfin donné à M. de Vaudeville, gouverneur de 
Gravelines, lequel, pour prix de la guérison d'un 
vieil ulcère qu'il portait depuis six ou sept ans à la 
jambe, lui rendit la liberté sans rançon. Entre 
temps, il allait au château de la Motte-au-Bois (3), 
à Thérouanne, à Saint-Omer, observant avec soin 
l'état du camp ennemi dont il rendit plus tard 

(i) Charles de Luxembourg, vicomte de Martigues, fils de François II de 
Luxembourg, vicomte de Martigues, et de Charlotte de Brosse, se signala 
au siège de Metz en i552, et fut mortellement blessé au siège de Hesdin 
en i533. II avait épousé Claude de Foix, veuve de Guy XVI, comte de 
Laval. — (P. Anselme, III, page 737.) 

(a) Emmanuel-Philibert, dit Tête de fer, fils de Charles III, né àCham- 
bérj' en i528, mort en i58o, servit Charles-Quint, fut au siège de Metz co 
l552, gagna la bataille de Saint-Quentin en i557, et détruisit Hesdin en 
i553. En iSSg, il épousa Marguerite de France, fille de François 1", et 
rentra dans ses états. II a laissé un Journal militaire. 

(3) C»" de Morbecque (Nord), arr. de Hazebrouck. 



42 AAIBROISE PARE 

compte au Roi. Enfin, on le reconduisit jusqu'à Ab- 
beville, où il eut la satisfaction de retrouver un 
blessé d'Hesdin précédemment dirigé sur cette ville. 
De là, Paré se rendit à Offémont (i) auprès du Roi, 
qui lui fit compter deux cents écus. Après quoi, il 
rentra chez lui « fort joyeux d'estre en liberté et 
hors de ce grand tourment et bruit de tonnerre de 
la diabolique artillerie, et loing des soldats blasphé- 
mateurs et renieurs de Dieu. » (2). 

Parvenu à une haute position, possesseur d'une 
brillante clientèle assise sur une grande réputation, 
auteur de découvertes remarquables et d'ouvrages 
recherchés, chirurgien ordinaire du roi, Paré sentit 
s'éveiller en lui une ambition légitime. Ses collè- 
gues à la Cour étaient, pour la plupart, maîtres en 
chirurgie, et son titre de barbier lui créait une infé- 
riorité dont son amour-propre dut plus d'une fois 
souffrir; il résolut d'obtenir la maîtrise. Vraisembla- 
blement, grâce au crédit dont il jouissait auprès du 
Roi, il avait aidé son ami Etienne de la Rivière 
dans les services éminents qu'il venait de rendre 
au Collège des chirurgiens. Ceux-ci avaient tout 
intérêt à s'adjoindre un collègue aussi utile, et dont 
le mérite ne pouvait que jeter de l'éclat sur leur cor- 
poration ; mais il avait à compter avec l'opposition 
d'un certain nombre d'entre eux. L'influence de la 
Rivière leva tous les obstacles. Pour se conformer 
aux statuts et pouvoir subir son examen en cette 

(i) Offémont (Oise), c "'' de Saint-Crépiu-aux-Bois, c"" d'Attichy, arr. de 
Compiegne. 
(2) Paré, 111, p. 709, Voyage de Hcdiii. 



AMBROISE PARÉ 43 

langue, Paré apprit un peu de latin. Par dérogation 
à tous les usages, et afin d'écarter ses adversaires, 
on supprima les délais ; le lieu et le jour ordinaires 
des réunions furent changés, les juges choisis parmi 
ses amis, et, le i8 août 1554, sous la prépositure de 
Barnabe le Vest (i), Paré adressa à l'improviste 
aux maîtres en chirurgie sa supplique pour passer 
l'examen de tentative. 

Les registres du Collège de chirurgie ont dis- 
paru ; mais le texte des divers actes qui concernent 
Paré, nous a été heureusement conservé par Pey- 
rilhe (2) dans le IIP volume inédit de son Histoire 
de la Chirurgie, dont le manuscrit appartient à la 
bibliothèque de l'Académie de médecine. Nous pu- 
blions pour la première fois ces précieux documents, 
extraits par Peyrilhe d'un registre coté A. J. au nou- 
veau répertoire, et commençant par ces mots : Re- 
gistrum et Index actoriim. Dominorum et Magistro- 
ruin Parisiis juratorum, anni i^^o. 

« Anno praedicto, — 1554, date de l'acte qui pré- 
cède celui-ci, — die vero decimâ octavâ mensis 
Augusti, Ambrosius Paré, pluribus et multisnegotiis 



(i) Chirurgien né à Saint-Denis, mort le 5 avril 1570. 

(2) Bernard Peyrilhe, né à Perpignan en 1735, reçu docteur à Toulouse, 
fut nommé membre de l'Académie royale de chirurgie en 1759, professeur 
de chimie au collège de chirurgie en 1780, et professeur de matière médi- 
cale à l'Ecole de santé de Paris en 1794. Il mourut en 180. | dans sa ville 
natale, laissant divers ouvrages, notamment le second volume de VHistoire 
de la Chirurgie, dont Dujardin avait publié le tome premier, et le troi- 
sième, inédit, auquel nous empruntons quelques passages. Le 8 fructidor 
an IV, Peyrilhe fit don à l'Ecole de médecine de Paris, des manuscrits 
autographes de Gui Patin, contenant : i" des lettres latines adressées à 
plusieurs savants de l'Europe; 2" leurs réponses; 3" des consultations 
latines, des traités particuliers et quelques autres objets. 



44 AMBROISE PARE 

aulicis detentus ; ex arrupto (abrupto) collegium 
supplicuit ut sibi assignaretur dies tentativi examinis, 
quam quidem diem licet opporteat secundùm statuta 
nostra suprà fontes Dominorum Cosme {sic) et Da- 
miani Ecclesias (i) omnibus ac singulis congregatis 
chirurgis (rogare), nihilominus occasione légitima 
prasdictum collegium dictum Ambrosium dispen- 
savit. Et elegit ille {sic) diem examinis tentativœ 
faciendce vigesimum secundùm Augusti. Testibus 
nostris signis manualibus hic appositis. — Barnabas 
Le Vest, praspositus. » 

Le jeudi 23, au lieu du 22 du même mois, le 
candidat fut examiné, non dans le lieu ordinaire- 
ment consacré à cet usage, mais dans la maison du 
plus âgé de ses examinateurs, choisis par « le col- 
lège royal des Chirurgiens », titre brillant qu'ils 
n'avaient jamais encore osé prendre, mais pourquoi 
s'arrêter pendant qu'ils étaient en voie d'illégalités ! 
et fut reconnu capable de subir l'examen du bacca- 
lauréat. 

« Nos subsignati chirurgias magistri electi tento- 
res à regali chirurgicorum coUegio ad tentandum 
et probandum magistrum Ambrosium Paré super 
theorica et practica professionis chirurgicse : quum 
diligenter et exacte interrogavimus in domo D. Phi- 
lippi Lienini senioris tentoris, eumque invenimus 
idoneum, capacem ac sufficientem, et (ut) qui possit 



(i) L'église de Saint-Côme et Saint-Damien était placée à l'angle des 
rues de la Harpe et des CordeUers; elle bordait la rue actuelle de l'Ecole 
de Médecine à son débouché sur le boulevard Saint-Michel, tout proche 
de l'amphithéâtre dont on aperçoit encore le chevet dans la rue Racine. 



AMBROISE PARÉ 46 

subire examen chirurgias pro baccalaureatu. Qiiod 
vobis, honorandis D. D. certificamus, et verum esse 
fatemur. Testibus nostris signis manualibus hic ap- 
positis. Actum Parisiis anno D. millesimo quingen- 
tesimo quinquagesimo quarto, die xxiii Augusti. 
— Germanus Cheval (i), Robertus Gaignard (2), 
Philippus de Lienin, Nicolaus Langlois (3). » 

Le même jour, le Collège assemblé chez le pré- 
vôt Le Vest entendit le rapport des commissaires, et 
Paré fit une nouvelle supplique pour l'examen du 
baccalauréat. Celui-ci fut fixé au 27 du même miois. 
Au jour indiqué, Paré se présenta à l'hôpital des 
pauvres (4) ; il faillit être refusé. Ses réponses furent 
faibles et son langage assez barbare et corrompu, dit 
le rapport des examinateurs dans un style qui eût 
dû les rendre moins exigeants. Le candidat fut reçu, 
néanmoins, par égard pour Etienne de la Rivière, 
à la condition expresse qu'il s'appliquerait à l'étude 
de la langue latine ainsi qu'à celle de la chirurgie 
théorique et pratique, et que les épreuves suivantes 
auraient lieu dans le local accoutumé. 

« Prasdicto etiam anno, et die vigesimâ tertiâ Au- 
gusti, chirurgico collegio apud Dominum Barnabam 
(Le Vest) praepositum congregato, super aliquo 

(i) Chirurgien habile, né à Paris, mort le 21 mai 1570. 

(2) Devaux, Index funcreiis, l'appelle à tort Cagnart. 

(3) Prévôt du Collège royal de Chirurgie, né à Paris, mort le 5 septem- 
bre i588. En 15-4, il fit au Collège de Chirurgie une donation à propos de 
laquelle on modifia les statuts de la Compagnie. 

(4) L'Hôtel-Dieu, le plus ancien des hôpitaux de l'Europe, fondé, dit-on, 
vers l'an 65o par Landry, évêque de Paris, s'appela jusqu'au xii:'' siècle, hô- 
pital des pauvres de Saint-Christophe et hôpital de Sainte-Marie ; il prit 
ensuite son nom actuel. 



46 AMBROISE PARÉ 

tractando negotio, Domini tentores, Philippus Lie- 
nin videlicet, Germanus Cheval, Robertus Gaignard, 
et Nicolaus Langlois, capacitatem prsedicti Ambrosii 
retulerunt ut qui possit examen baccalaureatûs su- 
bire, et ibidem comparuit prasdictus Paré qui qui- 
dem iterum supplicuit pro examine baccalaureatûs, 
et narratâ sufficienti excusatione, fuit illi assignata 
d.ies XXVII prœdicti mensis Augusti. Quâ quidem 
die vigesimâ septimâ illi assignata comparuit et ad- 
fuit in pauperum valetudinario Parisiensi ad pro- 
bandos chirurgos loco ab antiquo deputato, quo 
in loco questionibus et chirurgicis problematibus illi 
objectis débiliter et sermone satis barbaro et corrupto 
respondit. Nihilominus, quibusdam occasionibus, 
potissimum tamen in favorem magistri Stephani Ri- 
verii, Castelletti jurati, (receptus fuit) eâ etiam lege et 
conditione quod invicem (?) in linguâ latinâ, tum 
etiam in chirurgiâ utenti et docenti paritis frequen- 
tissimè versabitur. Et quod etiam in posterum non 
supplicabit pro Licentiatûs examine, neque pro Ma- 
gisterio, quamvis narratâ excusatione, nisi in loco 
solito et a majoribus electo. Et eum in gradum bac- 
calaureatûs admisit collegium. Actum die et anno su- 
pra scriptis. — B. Le Vest, Michel Ynard, (i) La Ri- 
vière, Desneux, (2) Le Brun, (3) de Liénin, Dubois, (4) 

(i) Devaux l'appelle Yvart. 

(2) Nicole Rasse des Neux, né à Paris, fils d'un membre du collège de 
Saint-Côme, fut chirurgien des rois François II, Charles IX et Henri III. 
Devaux le fait mourir à tort le 17 novembre 1781 ; on le trouve encore 
dans la liste des chirurgiens du Roi en 15P.4. 

(3) Nicolas Le Brun, chirurgien. 

(4) Guillaume Du Bois, chirurgien ordinaire du Roi. 



AMBROISE PARÉ 47 

Le Brun, (i) >> 

Le premier octobre suivant, il présenta sa suppli- 
que pour l'acte de Licence. 

« Et eodem anno, die vero prima mensis Octobris, 
audito apud Divum Cosmam sacro, visitatisque pau- 
peribus , congregatisque ibidem omnibus chirur- 
gis, Ambrosius Paré pro licentiatûs examine suppli- 
cuit, fuitque illi assignata dies octava prsedicti mensis 
Octobris. » 

Il le subit le 8 du même mois, et fut reçu licen- 
cié par considération pour le Roi. 

« Anno praedicto, die vero octavâ mensis Octobris 
ad examinandum praedictum Ambrosium Paré loco 
solito assignata, quo in loco dictus Paré com.paruit 
à peractâ disputatione, et in favorem Régis admissus 
est in societatem Parisiensium chirurgicorum. Actum 
in valetudinario publico sub syngraphis nostris hic 
adscriptis. — Langlois, de Liénin, La Rivière, Le 
Brun, Dubois, Ynard, Le Vest. » 

Le 5 Novembre, tous les maîtres en chirurgie réu- 
nis décidèrent à l'unanimité que, trois semaines 
après, Etienne de La Rivière remettrait à Paré le 
bonnet de « Docteur ?> en chirurgie. 

« Anno 1554, die v^ mensis Novembris, débite 
convocatis omnibus et singulis chirurgie doctori- 
bus in templo D. D. Cosmas et Damiani suprà fon- 
tes etc. Dein super lis quas de laureatione 

Ambrosii Paré in médium acta sunt, consensu om- 
nium chirurgias doctorum, Magistrum Stephanum 

(i) Louis le Brun, tils de Nicolas, né à Paris, chirurgien du Roi, mort 
le 17 novembre i58i. 



48 AMBROISE PARÉ 

Riverium chirurgum regium debere doctoratûs (i) 
chirurgie! pileum ac lauream (die hinc ad très hebdo- 
madas, postridie festi Sanctae Catharinse (2) ab ipsis 
Chirurgis ascripta) illi Ambrosio conferre, quod 
nostris cheirographis certificamus et testificamur. 
Actum anno et die suprà scriptis. — Desneux, de la 
Noue, (3) Ynard, Langlois, Dubois, Le Brun, Gai- 
gnard, Le Vest. » 

D'abord fixée au 26 Novembre, cette cérémonie 
fut ajournée au 17 Décembre, et le lundi 3 Décem- 
bre, on nomma des commissaires pour y assister. 

« Eodemque die (iii^ mensis Decembris anni 1554) 
etiam ordinavit (collegium) magistrum Ambrosium 
Paré licentiatum in oratione sui magisterii faciendâ 
audiendum esse. Quod quidem magisterium remis- 
sum multis de causis in diem xvii Decembris men- 
sis etc. etc. — De la Rivière, Langlois, Gaignard, 
Ynard, Le Brun, Mormorel, (4) Du Bois, Le Brun, 
Le Gay, (5) Cheval, des Neux. » 

Le lendemain de la remise du bonnet, le nouveau 
maître prit l'engagement formel de se conformer aux 
statuts de la compagnie. 

<^ Ego Ambrosius Paré, chirurgus regius et jura- 

(i) Il convient de remarquer les mots « Docteurs » et « Doctorat » 
employés ici, au lieu de « Maîtres » et « Maîtrise », accordés seule- 
ment aux chirurgiens. 

(2) 25 novembre. 

(3) Mathurin de la Noue, chirurgien du Roi, mort le 4 septembre i555. 
{Manuscrit de Jérôme de la Xoue, B'ibl. de la Fac. de Méd.) 

(4) Jean Mormorel, maître en chirurgie. 

(5) Jean Le Gay, maître en chirurgie, reçu docteur en médecine le 
!"• décembre 1546, mort le i5 février i584, et non le i8 juillet i585, 
comme le dit Devaux, et inhumé à Saint-Séverin, ainsi que sa femme 
Jeanne Sevin décédée le 12 avril 1597. 



AMBROISE PARÉ 49 

tus Parisiis , polliceor me sancte observaturum 
omnia collegii Chirurgorum statuta , meque ante 
quadriennium non suscepturum jurisdictionis offi- 
cium nisi à prasdicto collegio dispensatum. Actum 
die XVIII Decembris, et anno Domini 1554. Teste 
meo signo hic affixo. — A. Paré (i). » 

Nous ne possédons aucun renseignement ni sur la 
thèse qu'il dut soutenir, ni sur les lettres de maîtrise 
que le Prévôt lui remit le lendemain de sa réception. 
Par une exception rare, celle-ci avait été gratuite, 
et cette faveur, ainsi que la façon dont il avait subi 
les épreuves, ne manqua pas d'être relevée contre 
lui. Vingt-trois ans plus tard, un pamphlet attribué 
à Riolan (2), rappelait encore toutes ces circonstan- 
ces. 

Muni de son nouveau titre, Paré se livra tranquil- 
lement à rétude et à la clientèle jusqu'au mois 
d'août 1557. Le connétable de Montmorency, blessé 
sous les murs de Saint-Quentin d'un coup de pistolet 
dans le dos <? dont il cuida mourir, » avait été fait 
prisonnnier à la bataille de Saint-Laurent (3). Le 
Roi lui dépêcha Paré ; mais le duc de Savoie se sou- 
venant de ses investigations dans le camp d'Hesdin, 
refusa de le laisser passer. Il resta donc à la Fère 



(i) Peyrilhe, Histoire de la chirurgie. III, mss. 

(2) Jean Riolan, né à Amiens, docteur le 26 aoiit 1574, doyen de la 
Faculté en i586, mourut le 18 octobre 1606. Gui-Patin rapporte' qu'il tra- 
vaillait en été, en plein jour, ù la lumière des bougies, portes et fenêtres 
closes. 

(3) Bataille décisive perdue par Montmorency à Saint-Quentin, le 10 
août, jour de Saint-Laurent, dont elle prit le nom. 

4 



5o AMBROISE PARÉ 

en Tardenois (i), où il pansa et opéra les blessés 
avec Rostan de Binosque (2). Delà, il rentra à Paris 
où il retrouva beaucoup de gentilshommes blessés 
qui s'y étaient retirés après la bataille. 

Il se rencontra l'année suivante à Dourlan (3), avec 
Antoine Portail (4), chirurgien ordinaire du Roi, et 
après le départ des ennemis, il revint chez lui où le 
traité de Cateau-Cambrésis lui assura quelques 
années de repos. 

On sait que les fêtes qui eurent lieu au sujet de la 
paix et à l'occasion du mariage des princesses de 
France, furent fatales à Henri II. Dans un brillant 
tournoi donné au bout de la rue Saint-Antoine, 
devant l'hôtel des Tournelles (5), le Roi, joutant 
avec Montgomery (6), fut atteint à l'œil gauche par 

(i) Bourgà24kil. de Château-Thierry (Aisne), sur l'Ourcq ; ancienne 
place forte. On y voit encore les ruines du château bâti au xiii'' siècle, par 
Robert, comte de Dreux. 

(2) Isnard Rostan de Binosque, chirurgien, né en Provence, et non à 
Citeaux, ainsi que le dit Devaux, fut le collaborateur de Paré pour son 
Anatomie tmiverselle, publiée en i56i, avec privilège daté de Blois, le 
8 octobre iSSg. C'est donc faussement que V Index funereus le fait mourir 
le 17 octobre i552 ; il faut lire i562. 

(3) Doullens (Somme), place forte, démantelée en 1867. La citadelle est 
aujourd'hui une maison de détention. 

(4) Né dans le Béarn, d'abord simple barbier, devint chirurgien juré, 
chirurgien ordinaire de Charles IX et de Henri III, et premier chirurgien 
de Henri IV. Voir notre Appendice. 

(5) Le palais des Tournelles, ancienne demeure seigneuriale qu'habitait 
le duc d'Orléans, assassiné près de là, le 23 novembre 1407, appartint pen- 
dant l'occupation anglaise au duc de Bedford, qui l'agrandit considérable- 
ment. Louis XI le donna à son médecin Jacques Coitier, sa vie durant; 
Louis XII y mourut. Un édit de i565 en ordonna la démolition. 

(6) Gabriel de Montgomery, fils de Jacques de Lorges, était capitaine 
delà garde écossaise de Henri II. Redoutant les suites de la mort du 
Roi, il passa en Angleterre, se fit protestant, combattit l'armée royale à 
la tête des calvinistes de Rouen, et vint en i573, avec une flotte anglaise, 
au secours de la Pochelle. Pris à Domfront en 1574, par Matignon, il fut 
exécuté par l'ordre de Catherine de Médicis. 



AMBROISE PARÉ 5l 

un tronçon de lance, et si rudement, qu'il en éprouva 
une violente commotion du cerveau. Vainement les 
chirurgiens les plus habiles s'empressèrent autour de 
lui, en vain Vésale (i) accourut de Bruxelles, envoyé 
par Philippe 11(2); le royal blessé succomba onze 
jours après, aux Tournelles , le lo juillet 1559. 
Paré, que le premier médecin Chapelain (3) avait, 
dans cette circonstance, appelé plusieurs fois à don- 
ner son avis, nous a conservé une courte relation de 
la blessure et de l'autopsie du Roi (4). La Cour prit 
le deuil, et nous lisons dans un compte de l'argente- 
rie (5), que Paré, de même que les autres Chirur- 



(i) André Vésale, célèbre anatomiste, né à Bruxelles, le 3i décembre 
i5i4, étudia l'anatomie sous Sylvius, à Paris, où il allait la nuit dérober 
des cadavres à Montfaucon et au Charnier des Innocents. La guerre 
l'ayant obligé de quitter la France, il servit en qualité de médecin et de 
chirurgien dans les armées impériales, de i535 à i537. Il se rendit ensuite 
à Padoue, à Bologne, à Pise, où ses cours eurent le plus grand succès. 
Appelé à la cour de Charles-Quint en qualité de premier médecin, il con- 
serva cette charge sous Philippe II. On raconte qu'en 1564, il fit l'autopsie 
d'un gentilhomme auquel il avait donné ses soins. Le cœur palpitait 
encore; Vésale fut condamné par l'inquisition comme coupable d'homicide 
et d'impiété. Le Roi fit commuer cette peine en un voyage expiatoire en 
Terre-Sainte. A. Paré rapporte autrement cette histoire dont le sujet est 
une dame de qualité. (II. p. 755). Quoiqu'il en soit, Vésale se rendit à 
Jérusalem où lui parvint la prière du Sénat de Venise de venir remplacer 
son élève Fallope qui venait de mourir. Revenant en Europe, son vaisseau 
fit naufrage; Vésale fut jeté dans l'ile de Zante, où il mourut le i5 octobre 
1564. 

(2) De Thou, Histoires de mon Temps, I. p. 762. 

(3) Jean Chapelain, fils de Jean Chapelain et de Perrette de Saint-Yon, 
docteur de ^lontpellier et de Paris, le 8 avril 1541, médecin ordinaire de 
François I", devint premier médecin de Henri II et de Charles IX. Il épousa 
Jacqueline Fonon, et mourut du pourpre le 5 décembre 1569, au siège de 
Saint-Jean-d'Angély. Le 11 mai 1549, sa mère et lui poursuivirent les criées 
de la terre et seigneurie du Tartre et du Plessis, commune de Saint-Ger- 
main-le-Gaillard (Eure-et-Loir), appartenant à Jean de Valmorin, écuyer, 
pour défaut de paiement de 66 livres tournois. 

(4) Paré, t. II, p. 25. 

(5) Pièces justificatives, No XIII. 



52 AMBROISE PARÉ 

giens, Médecins et Apothicaires, reçut à cette occa- 
sion sept aunes et demie de drap noir du prix de six 
livres l'aune. 

Quatre jours après, le 14 juillet, il fît donation à 
Olive Arnoullet, âgée de six ou sept ans, fille de 
Amy Arnoullet, docteur en médecine, demeurant à 
Sézanne (i), et de Marguerite Gommard, son épouse, 
de quinze livres tournois de rente annuelle et perpé- 
tuelle assise sur les revenus des greniers à sel de 
plusieurs villes de Normandie. En cas de décès de 
ladite Olive, cette rente devait passer sur la tête de 
son frère Christophe, et, si ce dernier mourait sans 
postérité, elle appartiendrait aux autres enfants ou 
héritiers d'Amy Arnoullet et de sa femme. 

Quelle était l'origine de cette libéralité? Paré et 
Arnoullet s'étaient-ils connus à Paris ? Plus vraisem- 
blablement, Paré, reçu et bien traité chez le médecin 
de Sézanne dans un de ses passages lors de l'expédi- 
tion d'Allemagne, avait conservé un bon souvenir 
de cette hospitalité précieuse au milieu des fatigues 
de la guerre, et voulut de la sorte témoigner sa re- 
connaissance. Ces bonnes relations continuèrent, et 
c'est probablement ainsi qu'il reçut l'observation d'un 
agneau monstrueux né à Sézanne le 13 avril 1573 (2). 

Quelques jours plus tard, A. Paré fut appelé à 
témoigner dans une affaire qui fit grand bruit à la 
Cour. Françoise de Rohan, fille de René de Rohan 
et d'Isabelle d'Albret, demoiselle d'honneur de 
Catherine de Médicis, avait été séduite par Jacques 

(i) Ch. 1. de cant. arr. d'Epernay (Marne), autrefois place forte. 
(2) Paré. Des ftionstres et prodiges. III. p. 45. 



I 



AMBROISE PARÉ 53 

de Savoie, duc de Nemours, qui lui avait promis le 
mariage. Le 24 mars 1557, elle mit au monde un fils 
appelé Henri. Abandonnée par Nemours pour Anne 
d'Esté, veuve de François de Lorraine, elle intenta 
à son séducteur un long procès dans lequel figurè- 
rent la Reine-mère, Diane de Poitiers, le conné- 
table de Montmorency, etc. Le 10 août 1559, Paré 
déposa que, M"»^ de Rohan qu'il connaissait depuis 
dix ou douze ans, l'avait mandé pour venir la sai- 
gner au Louvre où elle demeurait. Salon (i), pre- 



(i) Joachim de Salon, touchait de 1547. à i56o, comme premier médecin 
de la Reine, 40olivres. — {Diff. mél. pour Vhist. des méd.). 

II avait épousé Jeanne Machesne {sic)^ native d'Anisi, au diocèse de 
Genève, à laquelle le Roi accorda des lettres de naturalité, au mois de 
juillet i55o. — (Arch. Nat. JJ. 260 fo i25. no 200). Le ler mai 1549, par 
devant maîtres Aignan Goynel et Estienne Marchaix, notaires de la baron- 
nie et seigneurie des Essarts, fut passé le contrat de mariage de maître 
Joachim Salon , premier médecin de la Reine, et de damoiselle Jeanne 
Machetie {sic), tille de feu Pierre Machet et de Remette Gerval , demeu- 
rant au château des Essarts. Une donation de 4.000 liv. t. fut faite en 
faveur de ce mariage, par Jean de Bretagne, duc d'Estampes, baron des 
Essarts. et Charles de Luxembourg, duc de Martigues, en reconnaissance 
des services rendus par ladite Machetie àPhilippes de Luxembourg, nièce 
dudit duc d'Estampes. Une portion de cette rente était assise sur une 
rente de 266 livres i3 sols 4 deniers t. sur la seigneurie d'Angervilliers. 
En outre, le duc d'Estampes constituait sur la même terre une rente de 
166 livres i3 sols 4 deniers t., pour s'acquitter d'une dette de 2.5oo liv. t., 
tant pour argent prêté par Salon, que pour ses vacations pendant la 
maladie de Phihppes de Luxembourg. 

En cas de décès de Salon, sa femme devait prendre sur les biens de 
son mari la somme de 6.000 livres. En se mariant, Salon était tenu de 
fournir 2.000 liv. t. pour équivaloir aux meubles apportés par la future. 
En cas de mort sans enfants de ladite Machetie. les 4.000 Yw. t. et les 
meubles ci-dessus demeureraient à son mari. 

Passé le 1er mai i5_}g au château des Essarts. en présence de : Regnault 
de la Truche, seigneur de la TrUche-Limousinière; — Charles de Pisseleu, 
écuyer du seigneur d'Estampes ; — François de Lachenal, seigneur dudit 
lieu, gouverneur du seigneur de Martigues; — Louis Travers, seigneur 
d'Eschaffaulx, maître d'hostel du seigneur d'Estampes ; — Jacques de la 
Flecherie, seigneur dudit lieu; — Jean de Vienne, aumosnier du seigneur 
d'Estampes, et prévost de l'église de Soissons, et de plusieurs autres. 
(Arch. Nat. Y. 94. fo 336. vo). 



54 AMBROISE PARÉ 

mier médecin de Catherine, qu'il rencontra à la 
porte de sa chambre, lui déclara qu'elle ne serait 
point saignée, mais sans en donner la raison. Il ap- 
prit plus tard que M"*^ de Rohan était grosse du fait 
du duc de Nemours (i). 

Le même jour, sa femme mit au monde un fils, 
et le lendemain, ii août 1559, fut baptisé à Saint- 
André des Arts, Isaac, fils d'Ambroise Paré, chi- 
rurgien ordinaire du Roi. Cet enfant eut pour par- 
rains, Antoine Mazelin, clerc suivant les finances, 
son oncle, et Nicole Lambert, chirurgien ordinaire 
du Roi. La marraine fut Anne du Tillet (2), femme 
d'Etienne Lallemant, conseiller du Roi, et maître 
des requêtes de l'hôtel. Cet enfant ne vécut guère , 
et fut inhumé le 2 août 1560, âgé d'un an ou envi- 
ron (3). On voit, par cet acte, que Paré avait 
conservé auprès du nouveau Roi sa place de chi- 
rurgien ordinaire, aux appointements de deux cent 
quarante livres, ainsi qu'on le lit dans un Compte 



(i) Pièces justificatives No XII. — Françoise de Rohan perdit son procès. 
Tant que le duc vécut, elle refusa de se marier, se considérant comme sa 
femme légitime. Un an après sa mort, le 9 août i586, elle signa, au château 
de Beauvoir-sur-Mer, en Vendée, une promesse d'épouser François Le 
Pelle, seigneur de Guébriant. Elle mourut en décembre iSgi. Son fils 
décéda en 1596, sans être marié, laissant un fils naturel nommé Samuel de 
Villemare. — (Bibl. Xat. fonds franc. Vol. 32i5). Voir sur cette intéres- 
sante affaire. Une cause célèbre au xvie siècle, par M. de la Ferriere, Revue 
des Deux-Mondes, ler octobre 1882, et Le duc de Nemours et mademoiselle 
de Rohan, par M. de Ruble, Paris, i883. - 

(2) Fille de Séraphin du Tillet, président en la Chambre des Comptes de 
Paris, et de Marie Pichon, épousa Estiennc Lallemant, seigneur de Vouzay, 
nommé maitre des requêtes de l'hôtel, le 21 septembre i553, et en eut une 
fille unique, Anne Lallemant. 

(3) Jal. — Les frères Haag placent sa mort le 6 avril de la même 
année. 



AMBROISE PARÉ 55 

des officiers de la maison du Roi, du 26 décembre 

1559- 

« A M*^ Ambroise Paré, cirurgien et varlet de 
chambre du Roi, la somme de cent vingt livres 
tournois pour ses gaiges, à cause de son dict estât 
durant ladicte demie année de ce compte, pour ce 
cy par vertu dudict estât et de la quictance dudict 
Paré, signée à la requeste de M" Lallemant (i), no- 
taire et secrétaire du Roi, le 26'"" jour de décembre, 
l'an mil V*^ cinquante-neuf, cy rendu ladicte somme 
de VP^ livres. » (2) 

La maison médicale du Roi comprenait des mé- 
decins, des chirurgiens, des renoueurs, des barbiers, 
des apothicaires, qui, avec les survivanciers, compo- 
saient un nombreux personnel. Nous croyons inté- 
ressant pour rhistoire de la médecine d'en donner 
la liste complète (3). 

L'on se rappelle que Jean, le coffretier de la rue 
de la Huchette était mort, laissant sa veuve, Marie 
de Neufville, avec une fille âgée de six ou sept ans, 
nommée Jeanne, à laquelle son oncle ne cessa de 
témoigner une grande affection. Celle-ci, après 
avoir vu mourir sa mère, fut recueillie parles époux 
Paré auxquels elle tint lieu des enfants qu'ils avaient 
perdus; aussi, le 13 janvier 1500, (n. st.) ils lui 



(i) François Lallemant. sieur de Marmagnes (Cher), frère aîné d'Estienne, 
conseiller et secrétaire du Roi, épousa Jacquette Boudet, dont il eut : 
10 Jean, maitre des comptes et grand audiencier de la Chancellerie, marié 
à Marie Luillier ; 20 Marie, qui épousa Claude Daubray, seigneur de 
Bruyères le Chastel, échevin, puis Prévôt de Paris, en 1578. 

(2) Archives Nationales, K. K. 129, fol. 181. 

(3) Pièces justificatives, No XIV. 



56 AMBROISE PARÉ 

firent donation de la somme de cinq cents livres 
tournois à prendre sur les biens des donateurs, pour 
en disposer lorsqu'elle serait mariée. Toutefois, 
cette somme devait leur faire retour au cas où 
Jeanne mourrait sans enfants (i). 

Un an environ après la mort de son second fils, 
la femme de Paré donna le jour à une fille nom- 
mée Catherine, qui fut tenue sur les fonts baptis- 
maux le 30 septembre 1560, (2) par Gaspard Mar- 
tin, M^ barbier de cette ville, et beau-frère de Paré. 
Les marraines étaient Catherine Briou, femme de 
Loys Le Prince, (lisez de 't'rime) (3), marchand de 
vins, Marguerite Clairet, femme de feu Estienne 
Clairet, et Jehanne de Prime. (4) 

François II mourut le 5 décembre suivant. Le 
poison jouait alors un grand rôle en politique. Paré, 
entre autres, fut soupçonné d'avoir empoisonné le 
Roi pour sauver le prince de Condé, que les Guises 
avaient fait condamner à mort. Cette absurde accu- 
sation tomba d'elle-même, et Charles IX le nomma 
son chirurgien ordinaire, à la grande confusion de 
ses ennemis. 

Au milieu de ces événements, il poursuivait acti- 
vement ses travaux, et, le 15 avril 1561 (5), parut 

(i) Pièces justificatives. No XV. 

(2) Les frères Haag ont lu le 3o août. 

(3) Louis de Prime mourut le 21 décembre iSgg; il fut enterré ainsi que 
sa femme dans la nef de l'église Saint-Gervais. — (Bibliothèque Nationale. 
Recueil d'èpitaphcs des églises de Paris, t. II, p. 438). 

(4) M. le docteur Chéreau, cité par M. Figuier, dans Vies des sava?tts 
illustres de la Renaissance. 

(5) Pâques tomba cette année le 6 avril. 



AJIBROISE PARÉ $7 

V Anatomie universelle du corps humain, composée 
par A. Paré, chirurgical ordinaire du Roy et iuré à 
Paris : reueûe et augmentée par ledit auteur, auec 
I. Rostaing du Bignosc Provençal, aussi chirurgien 
Iuré à Paris. C'est la première fois que l'auteur 
avait pu inscrire son titre de chirurgien juré. Cet 
ouvrage est enrichi de figures que Paré avoue avoir 
empruntées en grande partie à V'ésale, dont l'anato- 
mie avait paru en 1542. Sans doute, lors de son der- 
nier voyage à Paris, à l'occasion de la blessure 
d'Henri II, l'illustre anatomiste lui avait donné les 
autorisations nécessaires. Dans sa préface, Paré re- 
connaît qu'il doit beaucoup aux dissections de son 
habile collaborateur, et dans les vers qu'il adresse 
à Caron (i) en tête du volume, il dit que cet ouvrage 
est de Binosque autant que de lui. On y lit égale- 
ment que Caron surveilla l'impression et corrigea 
les épreuves. Car Paré avait des prétentions à la 
poésie, et ornait volontiers ses œuvres de pièces de 
vers adressées au lecteur. Il a même résumé en dis- 
tiques les préceptes de la chirurgie. Nous devons 
reconnaître que ce n'est pas par ce côté qu'il s'est 
imposé à la postérité. 

Quelques mois après, le 4 mai 1561, il lui arriva 
un grave accident. Il allait, avec Nestor (2), docteur 
régent en la Faculté de Médecine, Richard Hubert (3) 
et Antoine Portail, maîtres barbiers chirurgiens, voir 

(1) Claude Caron, de Nevers, chirurgien, mort le 3o octobre i562. 

(2) Jean Nestor, né à Paris, reçu licencié le 28 mai i55o, et docteur 
en médecine le 24 septembre i55o. 

(3) Chirurgien du Roi Charles IX, mort le 7 septembre iô8i. 



58 AMBROISE PARÉ 

un malade au village des Bons-Hommes (i), près 
Paris. « Or, — raconte-t-il, — voulant passer l'eau, 
et tascher à faire entrer mon cheval en un bateau, 
je luy donnay dVne houssine sur la croupe, dont la 
beste stimulée me rua vn tel coup de pied, qu'elle 
me brisa entièrement les deux os de la jambe sénes- 
tre, à quatre doigts au-dessus de la jointure du pied. 
Ayant reçu le coup, et craignant que le cheual me 
ruast de rechef, je demarchay un pas : mais soudain 
tombant en terre, les os ja fracturés sortirent hors, 
et rompirent la chair, la chausse et la botte, dont je 
sentis telle douleur qu'il est possible à l'homme 
d'endurer ». Hubert et Portail lui firent un premier 
pansement. Rentré à Paris, il reçut les soins de son 
ami Etienne de la Rivière ; mais il lui fallut rester 
plus de trois mois au lit, et un autre mois avant que 
de pouvoir marcher sans béquilles ; enfin, il guérit 
sans boiter aucunement (2). 

Une brillante consolation lui fut, d'ailleurs, bientôt 
donnée. Dans un bureau du Roi tenu à Saint-Ger- 
main-en-Laye le i«'' janvier 1562, il prêta serment 
comme premier chirurgien, au lieu et place de feu 
M^ Nicole Lavernot, es mains du seigneur de Men- 
doce, conseiller et premier maître d'hôtel du Roi (3). 

Paré habitait alors, rue de l'Hirondelle, une mai- 
son qu'il avait achetée des héritiers Mestreau, et où 

(i) A Chaillût, où le couvent des Minimes ou des Bons-homraes fut fondé 
vers la fin du xv<= siècle, près de l'entrée actuelle de Passy. Par arrêt du 
Conseil en date du 14 octobre i656, un second bac fut établi en face d'Au- 
teuil. 

(2) Paré II. p. 329-343. 

(S) Merctire de France, octobre 1763, p. 178. 



AMBROISE PARÉ SQ 

pendait l'enseigne des Trois-Maures. Derrière, était 
une grande cour donnant sur la rue des Augustins (i). 
En reconnaissance de leurs bons procédés envers 
son frère Jean, le coffretier, il céda, le 28 janvier 
1562, à Guillaume Guéau, maître peintre, et à sa 
femme Claude Périer, belle-sœur de Jean, un empla- 
cement de neuf pieds de largeur pour y élever une 
petite maison ouvrant sur ladite rue des Augustins, 
à la condition qu'elle ne dépasserait pas le pignon 
d'une autre maison située dans la même cour, et 
dans laquelle demeurait François Périer, aussi maî- 
tre peintre, et frère de Claude. (2) Paré se trouvait 
ainsi propriétaire de cinq maisons contigùes (3). 
Nous ignorons à quelle époque moururent ses nou- 
veaux voisins, et ce qu'il advint de leurs légères 
constructions; toujours est-il, que dès 1559, comme 
en 1587, l'entrée de son « hostel » était placée rue 
du Quai-des-Augustins (4). Sans doute il y transporta 
son enseigne dont le souvenir se conserva long- 
temps dans le voisinage, car, en 1789, existait en- 
core, rue du Hurepoix (5), l'hôtel garni des Trois- 
Maures (6), où maint écolier étudia la chirurgie près 

(i) Le quai des Grands-Augustins. 

(2) Pièces justificatives N" XVI. 

(3) Voir le plan des maisons de Paré aux pièces justificativr s. 

(4) Pièces justificatives N»^ XII et XXXVII. 

(5) La partie du quai des Grands-Augustins qui s'étendait du pont 
Saint-Michel à la rue Git-ie-Cœur, s'appelait ainsi dès le commencement du 
XVI r' siècle, à cause d'une hôtellerie où descendaient les marchands venant 
du Hurepoix, petit pays de l'Ile-de-France. Après la démolition des mai- 
sons situées au bord de la Seine, en i3o6, cette rue disparut, et le quai 
commença au pont Saint- .Michel. 

(6) Cet hôtel garni était situé rue du Hurepoix, n» 14. — Almanach de 
Paris pour Vannée i'^8g. 



6o AMBROISE PARÉ 

des lieux où Ambroise Paré avait composé ses 
ouvrages. 

Le 28^ jour de février 1562, (n. st.), fut achevée 
d'imprimer La Méthode curative des playes et frac- 
tures de la teste humaine, aiiec les pourtraicts des 
instruments nécessaires pour la curation d'icelles, 
par M. Ambroise Paré, chirurgien ordinaire du 
Roy, et luré à Paris (i). Ce livre est dédié à Chape- 
lain, conseiller et premier médecin ordinaire du Roi. 
Notons, en passant, ce titre de « premier médecin 
ordinaire » donné à Chapelain, que l'on voit partout 
ailleurs qualifié de premier médecin. 

Mais bientôt il lui fallut rentrer en campagne à la 
suite de la Cour. L'armée royale dut faire le siège 
d'un grand nombre de villes tombées au pouvoir des 
protestants, et reprit successivement Poitiers, Blois, 
Tours, Bourges. On se porta sur la Normandie où 
l'on batailla tout l'été. Rouen fut investi le 29 sep- 
tembre ; le 13 octobre, un assaut vigoureux ayant 
été livré infructueusement à laplace, on recommença 
le lendemain. Le roi de Navarre atteint quelques 
jours auparavant d'un coup de feu à l'épaule gauche, 
reçut les soins de Paré qui le pansa avec Gilbert, 
chirurgien de Montpellier, et Lefèvre (2), médecin 
et chirurgien du prince de la Roche-sur-Yon, et 

(i) Bien que cet ouvrage porte le millésime de i56i, il parut en réalité 
en i562 (n. st.). Il est à remarquer que Paré prend sur le titre la qualité 
de chirurgien ordinaire, quoique, depuis deux mois, il fût pourvu de la 
charge de premier chirurgien. Peut-être ce titre avait-il été imprimé l'an- 
née précédente ; mais on doit s'étonner que Paré ait ainsi négligé une 
qualification à laquelle il devait beaucoup tenir. 

(2) Pierre Lefèvre, médecin ordinaire de Charles IX, de Henri III et de 
Catherine de Médicis. 



AMBROISE PARÉ 6l 

soutint, contre leur opinion, que la blessure était 
mortelle. Ce prince succomba, en effet, par suite de 
résorption purulente, le 17 novembre 1562, laissant 
un fils âgé d'environ neuf ans, qui fut depuis Henri 
IV. Chargé de rechercher la balle qui n'avait pu 
être extraite, Paré la trouva fixée à la partie supé- 
rieure de l'humérus, et la présenta au Roi et à la 
Reine (i). 

L'illustre chirurgien raconte qu'il échappa alors à 
un grand danger. <<. Après la prise de Rouen, dit-il, 
me trouuay à disner en quelque compaignie où en 
auoit quelques vns qui me hayoyent à mort pour la 
Religion : on me présenta des choux où il y auoit du 
sublimé ou arsenic : de la première bouchée n'en 
apperceu rien : la seconde, ie senti vne grande cha- 
leur et cuiseur, et grande astriction en la bouche, et 
principalement au gosier , et saueur puante de la 
bonne drogue : et l'ayant apperceûe, subit ie pris vn 
verre d'eau et de vin, et lauay ma bouche, aussi en 
auallay bonne quantité, et promptement allay chez 
le proche apoticaire : subit que fus parti, le plat aux 
choux fut ietté en terre. Là donc chez ledit Apoti- 
caire ie vomi, et tost après beu enuiron vn posson 
d'huile, et la garday quelque temps en mon esto- 
mach, puis derechef la vomi: ladicte huile empescha 
que le sublimé n'adhérast aux parois de l'estomach : 
cela faict, ie mangeay et beu assez bonne quantité 
de laict de vache, auquel auois mis du beurre et le 
iaune de deux œufs : et voila comme ie me garanti 
de la main de l'empoisonneur : et depuis ne voulu 

(i) Paré, III, page 728. Voyage de Rouen. 



02 AMBROISE PARE 

manger des choux, ny autre viande en ladicte com- 
pagnie. » (i). 

Ce récit fournit la preuve évidente que Paré 
appartenait à la religion réformée. 

Rentré à Paris avec la Cour, il en repartit le 20 
décembre, le lendemain de la bataille de Dreux, 
pour aller donner ses soins au comte d'Eu (2), mor- 
tellement atteint à la hanche droite. Mais bientôt, 
laissant les blessés aux soins de Pigray (3), Cointe- 
ret (4), Hubert, etc., il revint à Paris, d'où il alla au 
Havre que les Anglais rendirent sans combat, le 28 
juillet 1563. 

Il s'occupa alors de la publication des Dix livres 
de la Chirurgie avec le magasin des instruments 
nécessaires à icelle, dont l'impression fut terminée 
le 3 février 1563 (v. st.), et parut quelques semaines 
plus tard avec le millésime de 1564. Cet ouvrage, 
dédié au Roi, contient des emprunts considérables 



(i) Paré. Œuvres. Edit. i575. Des Rapports. 

(2) François de Clèves, pair de France, duc de Nevers, comte d'Auxerre, 
de Réthel et d'Eu, seigneur d'Orval, gouverneur de Champagne, né le 3i 
mars i539, fut blessé accidentellement le matin de la bataille de Dreux par 
des Bordes, un de ses gentilhommes, et en mourut le lo janvier i563. Il 
avait épousé Anne de Bourbon et Jacqueline de Longwic. 

(3) Pierre Pigray, né à Paris en i53i, d'après Peyrilhe, fut élève d'A. 
Paré, suivit les armées, et était reçu maître en chirurgie en 1564. Il fut 
chirurgien ordinaire des rois Charles IX, Henri III et Henri IV. Doyen du 
Collège en 1609, il mourut le i5 octobre i6i3. Sa chirurgie est un abrégé 
des œuvres de Paré, fort bien fait, quoique un peu sec. L'Estoile raconte 
que, passant sur le Pont-Neuf, (pont Saint-Michel), un tire-laine voulut 
lui voler son manteau. Pigray le blessa au bras, et alla lui-même le cher- 
cher le lendemain à l'Hôtel-Dieu, où il s'était retiré. Il se trouva que c'é- 
tait un coupe-bourse qui était sorti de prison depuis trois jours; on le 
pendit le 27 janvier 1604. Pigray avait alors 73 ans. 

(4) Jean Cointeret, né à Paris, chirurgien juré du Roi au Châtelet, mort 
le i3 mai 1592. 



AMBROISE PARÉ 63 

faits à Thierry de Héry, à Franco (i), et à Laurent 
Colot (2), que l'auteur ne nomme ni les uns ni les 
autres. 

Charles IX partit le 13 mars 1564 de Fontaine- 
bleau pour visiter son royaume. Ce voyage, qui 
dura près de deux ans, ne fut pas sans profit pour 
l'instruction de Paré. Avec Chapelain, premier mé- 
decin du Roi et Castellan (3), premier médecin de 
la Reine Mère, il vit un grand nombre de malades 
dont il recueillit les observations, s'enquérant soi- 
gneusement auprès des chirurgiens des cas rares 
qu'ils avaient rencontrés, «afin d'apprendre quelque 
chose de nouveau. > 

Le Roi alla d'abord à Troyes, puis auprès de sa 
sœur, à Bar-le-Duc, où Paré rencontra Nicolas 

(i) Pierre Franco, né à Turriers, près de Sisteron (Basses-Alpes), au 
commencement du xvi'^ siècle, chirurgien célèbre, exerça d'abord en Pro- 
vence, puis en Suisse, et vint se fixer à Orange. Il fit seul son éducation 
chirurgicale, et brilla surtout dans la lithotomie et la chirurgie herniaire. 
Il est l'inventeur de la taille sus-pubienne, et prépara plusieurs squelettes 
pour le musée de Berne. On ignore l'époque de sa mort. Les ouvrages 
qu'il a publiés en i556 et i56i, sont très remarquables. 

(2) Laurent Colot, médecin à Trainel, près de Troyes. en Champagne, 
apprit d'Octavien de Ville, élève de Marianus Sanctus, la méthode de la 
taille par le grand appareil. Seul héritier de cette pratique après la mort 
de sou maître, il fut appelé à Paris en i556, par Henri II qui le nomma 
son chirurgien, et créa pour lui une charge de lithotomiste à l'Hôtel-Dieu, 
qui fut possédée par ses descendants. Il fut chirurgien de François II et de 
Charles IX. 

(3) Honoré Duchastel, dit Castellanus, né à Barbentane (Bouches-du- 
Rhône), docteur de Montpellier en 1544, puis professeur, fut médecin 
ordinaire des rois Henri II, François II, et Charles IX, et premier de 
Catherine de Médicis. Il mourut le 4 novembre 1569, au siège de Saint- 
Jean-d'Angély, de la même maladie et dans la même maison que J. Cha- 
pelain. Michel de l'Hospital a composé des vers latins sur leur mort. On 
lit dans les Mélanges pour servir à Vliisloire des médecins, mss. de la 
Bibl. de la Faculté, que son fils Alexandre lui succéda, le 3 février 1570 
dans la charge de secrétaire du Roi, Sa sœur, Louise Castellan, fut la 
mère d'André Du Laurens, premier médecin de Henri IV. 



04 AMDROISE PARÉ 

Picart, chirurgien du duc de Lorraine (i), duquel il 
apprit « l'astuce et invention >> pour réduire les 
luxations de l'épaule, au moyen de l'échelle aidée 
de l'extension avec un bâton (2). 

De Bar-le-Duc, la Cour se rendit à Dijon, puis à 
Lyon, en Dauphiné, à Avignon, en Provence, et 
vint passer l'hiver à Montpellier. Dans cette dernière 
ville, examinant un jour des vipères qu'un apothi- 
caire, nommé de Farges, tenait en réserve pour 
préparer sa thériaque, Paré fut mordu à l'extrémité 
de l'index. Grâce à un traitement approprié, il gué- 
rit en peu de jours sans aucun accident. 

Le printemps venu, il suivit la Cour à Bayonne. 
Le Roi l'envoya à Biarritz pour soigner le prince 
de la Roche-sur-Yon (3). Les marins de ce port se 
livraient à la pêche des baleines, communes alors 
sur ces côtes ; il se renseigna auprès d'eux sur la 
manière dont ils prenaient ces animaux, et en rap- 
porta une vertèbre qu'il gardait en sa maison comme 
« chose monstrueuse (4). » 

Le Roi prolongea son séjour à Bayonne, où il 
eut, le 14 juin, avec sa sœur Elisabeth, reine d'Es- 

(i) Charles III, le Grand, fils du duc François I" et de Christine de 
Danemarck, né en i543 ; Henri II le fit élever à la cour de France, et lui 
donna en mariage sa fille Claude, en iSSg. Il mourut le 24 novembre 1607. 

(2) Paré. II, p. 374. 

(3) Charles de Bourbon, prince de la Roche-sur-Yon, second fils de Jean 
II de Bourbon, et d'Isabelle de Beauvau, se distingua dans plusieurs guer- 
res, fut nommé lieutenant-général des armées du Roi, le 14 août i557, 
puis, gouverneur du Dauphiné en janvier i562, et mourut le 10 octobre i565. 
Il avait épousé Philippes de Montespedon, veuve de René de Montejan, 
maréchal de France, dont il eut trois enfants. 

(4) Paré III, p. 733, Voyage de Bayonne, et p. 779, Appendice au livre des 
monstres. 



AMBROISE PARÉ 65 

pagne, une entrevue dans laquelle se décidèrent les 
mesures à prendre contre les Protestants. La Cour, 
continuant son voyage, passa à Nérac, à Bordeaux, 
à Tours, Blois, Orléans, et rentra à Paris en décem- 
bre. 

Par lettres patentes données à Cognac au mois 
d'août 1565, le Roi avait fait don à son chirurgien, 
et probablement sur sa demande, des biens de feu 
Jean Gaultier, natif de Saint-Paul (i), au diocèse 
d'Embrun, en Dauphiné, pédagogue (2) et étudiant 
en rUniversité de Paris, décédé en cette ville en 
1564, biens échus au souverain par droit d'aubaine (3), 
après une sentence des conseillers du Trésor. Le 11 
septembre suivant, une instance s'engagea entre le 
procureur du Roi et Claude Gaultier, réclamant la 
succession de son frère en vertu d'un testament fait 
à Carpentras, le b août 1531. Le 5 octobre, la cham- 
bre du Trésor, se fondant sur ce qu'il demeurait 
depuis plus de trente ans en la ville de Carpentras, 
terre papale, le débouta de sa demande. Le 26 octo- 
bre, Paré rétrocéda cettedonation^rà Claude Gaultier, 
cardeur et piqueur de laines, demeurant en la ville 
de Carpentras, aucomté de Venisse (4), près Avignon, 
pauvre homme aveugle âgé de soixante ans et plus, 
chargé de quatre enfants (3). » Quelle était l'origine 

(i) cil. I. de cant., arr. 'de^ Barcelonnette (Basses-Alpes), sur la rive 
droite de l'Ubaye. 

(2) C'est-à-dire, maitre-ès-arts, professeur d'humanités et de philosophie. 

(3) Droit en vertu ^duquel le souverain "recueillait la succession de l'é- 
tranger]décédé dans^ses ntats. 

(4) Comté de Venisse, |ou'_Comtat Venaissin. 

(5) Pièces justificatives, N»* XVII, XVIII, XIX. 



66 AMBROISE PARÉ 

des relations de Paré avec cette famille? Nous ne 
savons; toujours est-il qu'en 1587, il portait sur 
son testament un certain Denis Gaultier, qui était 
alors à son service. 

Au mois de janvier suivant, le premier chirurgien 
accompagna la Cour à Moulins, avec Lefèvre , 
docteur régent, médecin ordinaire, et Le Roy, chi- 
rurgien ordinaire. 

A quelle époque Charles IX eut-il le nerf piqué 
par « un qui auoit le bruit de bien saigner (i). » Ce 
fut certainement avant 1569, date de la mort de 
Chapelain et de Castellan, qui avaient prescrit cette 
opération. On a souvent répété, — mais nous n'avons 
pu remonter à l'origine de cette assertion, — que 
c'est à Portail qu'arriva cet accident. Paré répara la 
faute du barbier, et guérit le Roi qui demeura néan- 
moins estropié pendant plus de trois mois. Cette 
guérison ne dut pas peu contribuer à augmenter son 
crédit. 

Témoin des luttes qu'avaient à soutenir les chi- 
rurgiens, il se proposa de relever cette corporation 
de l'infériorité dans laquelle la Faculté l'avait main- 
tenue jusqu'alors. Ainsi que cela existait depuis 
longtemps pour les barbiers, il voulut faire attribuer 
au premier chirurgien la suprématie sur tous ses 
confrères, et établir sur eux sa juridiction. C'est ce 
que réalisa plus tard Félix (2), premier chirurgien 

(i) Paré, II, p. 115. 

(2) Charles-François Félix, seigneur de Stains, fils de François Félix de 
Tassy, premier chirurgien de Louis XIV, naquit à Paris. Elève de son 
père, il acquit des connaissances étendues, et obtint, en 1662, la survivance 
de l'office de son père, auquel il succéda à sa mort, arrivée en 1678. Il 



AMBROISE PARÉ 67 

de Louis XIV, lorsque, honteux de subir la domina- 
tion du premier barbier, il acheta, en 1668, la charge 
de Jean de Réty, sieur de Villeneuve, avec tous les 
privilèges qui y étaient attachés. Méconnaissant le 
véritable caractère de ce projet, les médecins, les 
barbiers et les chirurgiens eux-mêmes y virent une 
menace pour leurs privilèges ; tous se liguèrent pour 
faire échouer son dessein. 

Le 7 mai 15(37, le doyen de la Faculté de médecine 
lut en séance des lettres patentes du Roi, ordonnant 
que les docteurs, assistés de quelques chirurgiens, 
donneraient leur avis sur certains points d'une suppli- 
que de M*' Ambroise Paré. Celui-ci demandait, en sa 
qualité de premier chirurgien, à être élevé au des- 
sus de tous les autres chirurgiens, et qu'aucun de 
ceux qui s'attribuaient ce titre ou exerçaient la chi- 
rurgie ne fût toléré en France, s'il n'avait été 
approuvé par lui ou par les lieutenants qu'il aurait 
nommés, avec l'assistance de deux docteurs. Déjà 
les médecins du Roi avaient souscrit à cette préten- 
tion ; mais, comme la chose était grave, et devait 
causer un grand dommage aux chirurgiens et aux 
barbiers de Paris, que Camusat (i), premier barbier, 

accompagna le Roi aux armées dès l'année i666,lui remit le bras qu'il s'était 
démis dans une chute de cheval faite à lâchasse, et l'opéra de la fistule le 
21 novembre iôSt. En reconnaissance de ces services, le Roi lui accorda 
des lettres de noblesse au mois de mars i6go. Il mourut le 25 mai 1703. 

(i) Jean de Camusat, premier barbier et valet de chambre ordinaire du 
Roi, reçoit, le 10 mai iSôg, quarante livres t. « pour avoir, durant l'année 
finie le dernier jour de décembre dernier i568, dernière passée, faict ron- 
gner les cheveulx et lavé les testes des paiges et petits laquais dudit sieur 
Roy, estant en ses grandes et petites écuries. » Divers mélanges pour 
servir à Vliist. des méd., I, p. 479. Il était encore pourvu du même titre en 
1572. Piècesjustificatives, N» XX. 



68 AMBROISE PARÉ 

se sentait menacé, et que les chirurgiens-jurés, se 
plaignant de Tinjure qui leur était faite, imploraient 
le secours de la Faculté, celle-ci pensa qu'il fallait 
d'abord entendre les médecins du Roi, puis, choisir 
douze docteurs pour peser et examiner chaque 
point, et donner leur avis équitable. Camusat obtint 
de Charles IX des lettres de cachet ordonnant au 
Prévôt de Paris de réclamer à la Faculté d'ancien- 
nes lettres patentes, sous peine d'une amende de 
deux milles livres en cas de refus. Sur le conseil du 
premier médecin Chapelain , la Faculté rendit ces 
lettres en ayant soin de faire mentionner cette resti- 
tution sur ses registres. Peu après, Ambroise Paré 
les rapporta de chez le Chancelier ; mais la Faculté, 
avant d'aller plus loin, pensa qu'il fallait attendre 
un nouvel ordre du Roi(i). Il ne vint pas probable- 
ment , du moins , on ne trouve aucune trace des 
suites de cette tentative. Mais Paré conçut nécessai- 
rement une vive irritation de l'opposition que lui 
firent les médecins. 

Après la bataille de Saint-Denis, le lo novembre 
de la même année, il pansa une partie des blessés 
et des prisonniers qui périrent en grand nombre. 
Appelé à donner ses soins au connétable de Mont- 
morency, atteint d'un coup de pistolet au milieu de 
l'épine du dos, il ne put parvenir à le sauver. 

Pendant son long voyage à travers la France, 
notre chirurgien avait eu mainte occasion d'obser- 
ver la peste. Il l'avait étudiée, d'ailleurs, à l'Hôtel- 
Dieu, et lui-même en avait été atteint, ayant eu « une 

{i) Commentaria Facidt. medic. Paris., VII, fol. i5i. 



AMBROISE PARÉ 69 

apostume sous l'aisselle droite, et un énorme char- 
bon au ventre, dont il lui était resté une cicatrice 
de la grandeur de la paume de la main(i). >> D'autre 
part, dès 1564, en pleine épidémie, à Lyon, la Reine- 
Mère lui avait commandé d'écrire ce que sa pratique 
lui avait appris à ce sujet. En outre , en 1568, la 
petite vérole et la rougeole sévissaient à Paris. Il 
publia donc, cette même année, le Traicté de la 
peste , de la petite vérolle et roiigeoUe: avec une 
briefve description de la lèpre. Cet ouvrage, dédié 
à Castellan, conseiller et médecin ordinaire du Roi, 
et premier de la Reine, contient un éloge de l'anti- 
moine dans le traitement de la peste, qui dut, dès 
cette époque, attirer l'attention de la Faculté (2). De 
plus, il annonçait que. Dieu aidant. Ton verrait bien- 
tôt <•' autres de ses œuvres en chirurgie. » 

Le Roi était au Plessis-lez-Tours (3), lorsqu'il ap- 
prit la victoire de Moncontour (4), le 3 octobre 1569. 
Il envoya Paré à Tours pour donner ses soins aux 
blessés, conjointement avec les chirurgiens de 
quartier, Pigray, Du Bois, Portail, et un chirurgien 
de la ville, nommé Siret, chirurgien de Monseigneur, 
frère du Roi (5). 

Parmi ces blessés, le colonel comte Peter Ernest 



(1) Paré, III, p. 4,36. De la peste. 

(2) Paré, De la peste, chap. xxvii. — III, p. 465. 

(3) Village à i kil. de Tours (Indre-et-Loire). On y voit encore les restes 
du château où résida et mourut Louis XI. 

(4) Ch.-l. de cant., sur la Dive (Vienne), où les calvinistes, commandés 
par Coligny, furent battus par le duc d'Anjou. 

(5) Le duc d'Anjou, troisième fils de Henri II, qui régna sous le nom 
d'Henri III. 



70 AMBROISE PARÉ 

de Mansfeld, (i) gouverneur du Luxembourg, en- 
voyé par le roi d'Espagne avec des troupes au se- 
cours de Charles IX, avait reçu un coup de pistolet 
qui lui fracassa le coude droit. (2) Retiré à Bour- 
gueil, (3) il était soigné par maîtres Nicole Lam- 
bert (4) et Richard Hubert, chirurgiens ordinaires. 
Il fit demander un autre chirurgien au Roi qui, après 
réflexion, se décida à lui envoyer Paré. Celui-ci le 
pansa avec tant de succès, qu'au bout de trois se- 
maines, il le ramena à Paris où il acheva de guérir, 
mais sans pouvoir désormais plier ni étendre le 
bras. (5) 

Christophe de Bassompierre, (5) colonel de douze 
cents chevaux, reçut le même jour, au même coude, 
une blessure semblable, et guérit également avec 
pareille infirmité. 

Le comte Rhingrave (7) fut moins heureux. Il 
avait reçu à l'épaule droite une blessure semblable 
à celle dont le roi de Navarre fut atteint au siège 



(i) II avait épouse la sœur de François de Bassompierre, grand-père du 
maréchal. 

(2) Mémoires de Bassompierre. édition de Chantérac, I, p. 21. Paré in- 
dique deux fois le coude gauche et une fois le droit ; le récit circonstancié 
de Bassompierre lève la difficulté. 

(3) Ch.-l. de cant. sur le Changeau (Indre-et-Loire). 

(4) Chirurgien ordinaire de François II, et de Charles IX. 

(5) Paré, III, p. 725, Voyage de la bataille de ^loncontour, et II, p. 170. 

(6) Père du maréchal François de Bassompierre, colonel à dix-huit ans, 
épousa Louise Le Picart de Radeval, en 1572. 

(7) Jean Philippe II, fils aine de Philippe-François de Dauhn et de Marie- 
Egyptienne, comtesse d"Œttin.L^en. né en i545. épousa, en i566, Diane de 
Dommartin, fille du comte de Fontenay et cousine germaine de Christophe 
de Bassompierre. Paré l'appelle à tort Philibert. Bassompierre dit qu'il fut 
blessé au coude; mais Paré explique en deux endroits que ce fut à l'é- 
paule. II, p. 3ii ; III, p. 725. 



AMBROISE PARE 7I 

de Rouen, et en mourut à l'âge de 24 ans. 

Le maréchal de Bassompierre rapporte dans ses 
Mémoires, de curieux détails qui confirment ceux de 
Paré sur les blessures de ces trois colonels, tous les 
trois proches parents. 

« Christophe de Bassompierre, — dit-il, — fut 
blessé à Jarnac, au bras gauche, d'un coup de pis- 
tolet qui luy emporta l'os du bras nommé la noix, 
quy conjoint les deux os, et donne le mouvement au 
coude, dont il fut estropié. 

« Il reçut à Moncontour un autre coup de pistolet 
au bras droit, au mesme lieu que le précédent, quy 
l'estropia dudit bras comme auparavant il l'était du 
gauche. 

« Ces trois colonels, blessés au mesme endroit et 
au mesme bras, furent mis en mesme chambre, pan- 
sés par un mesme chirurgien nommé maistre Am- 
broise Paray, qui en fait mention en son livre. 

« Le Rhingraff mourut par la fièvre qui l'empor- 
ta, (i) et les deux autres échappèrent par le bénéfice 
d'une eau excellente qui avait esté donnée autrefois 
par le baron de la Guarde (2) à M. le cardinal de 
Lorraine, (3) de laquelle M. de Guyse secourut lors 

(1) Casteinau dit dans ses Mémoires, chap. ix, qu'il fut tué roidc par 
Colign}-, dont il avait traversé la joue d'un coup de pistolet. L'on voit par 
les récits de Bassompierre et de Paré qu'il fut seulement blessé ce jour-là 
et mourut peu de temps après. 

(2) Antoine Escalin des Aimars, dit le capitaine Paulin de la Garde, né 
à la Garde, en Dauphiné, vers 1498, mort le 3o mai 1578, fut envoyé en 
mission auprès de Soliman II, par François !«'', qui, à son retour, le nomma 
général des galères, charge qu'il conserva sous ses successeurs. Il com- 
battit à Jarnac, à Moncontour et au siège de la Rochelle. 

(3) Charles de Guise, dit le cardinal de Lorraine, second fils de Claude 
de Lorraine, et frère du duc François, né à Joinville en i525, archevêque 
de Reims à quinze ans, cardinal en i555, mourut en 1574. 



72 AMBROISE PARE 

feu mon père quy en feit part au comte de Mansfeld, 
son oncle, dont le lit était proche du sien ; laquelle 
eau, prise dans une cuillier, empeschait trois heures 
la fièvre de venir, ce quy les sauva. 

« 11 est de plus à remarquer que M. A. Paray 
ayant desclaré auxdits colonels qu'ils ne devoint 
espérer aucun mouvement au bras, à cause que 
la noix du coude estoit emportée, et qu'ils pou- 
voint choysir s'ils vouloint avoir le bras droit ou 
courbe, mon père donna le choix à son oncle de 
prendre l'une façon, et qu'il prendrait l'autre, affm 
de voir par le succès celui quy auroit le plus heu- 
reusement eslu: ledit comte choysit d'avoir le bras 
estendu, disant qu'avec iceluy il pourrait allonger 
une estocade, et mon père l'ayant laissé courbé, il 
s'en aida beaucoup mieux que son oncle ne fit du 
sien ; car il luy fut du tout inutile, là où mon père se 
servait du sien en beaucoup de choses, et ne parais- 
sait pas du tout estropié. » (i) 

Mansfeld fit savoir ces brillantes guérisons au duc 
d'Arschot (2) dont le frère, le marquis d'Havre (3), 
était retenu au lit depuis sept mois par un coup 



(i) Mémoires du maréclul de Bjssompierre. Paris, Renouard, 1870, 1, 
p.; 2 1-22. 

(2) Philippe III, duc d'Arschot, prince de Chimay. fils de Philippe II, duc 
d'Arschot, et d'Anne de Croy, né le 10 juillet i526, mort le 11 décembre 
1595, chevalier de la Toison-d'Or, grand d'Espagne, etc., épousa, le 24 
janvier i55g, Jeanne-Henriette, dame de Halluvn. décédée le 6 décembre 
i58i. 

(.3) Charles Philippe de Croy,"tige des marquis d'Havre, fils posthume de 
Philippe II de Croy, et d'Anne de Lorrame, sa seconde femme, naquit le 
I" septembre 1649. Il épousa Diane de Dommartin, veuve du Rhingrave de 
Dauhn, blessé mortellement à Moncontour. Il mourut le 23 novembre i6i3. 
Chronologie historique des ducs de Croy. Grenoble, 1790,10-4°. 



AMBROISE PARÉ ' 73 

d'arquebuse qui lui avait fracturé le fémur à trois 
doigts au-dessus du genou, et que ses chirurgiens 
ne pouvaient parvenir à guérir. Le duc fit supplier 
le Roi d'envoyer son premier chirurgien auprès de 
son frère, ce qui fut accordé. Paré se rendit donc au 
château d'Havre, (i) dans le Hainaut, et après une 
longue consultation avec deux médecins et trois chi- 
rurgiens, commença le traitement. Il réussit si bien 
que le malade remercia deux de ses chirurgiens et 
un de ses médecins, de sorte qu'il ne restait plus 
avec Paré qu'un médecin et un habile chirurgien 
de Mons, appelé maître Antoine Maucler. Au bout 
d'un mois, le marquis put se faire porter dans son 
jardin, et après six semaines, il commença à mar- 
cher avec des béquilles. Il se rendit alors chez son 
frère à Beaumont, (2) et y demeura quelques jours. 
Au moment du départ, Paré reçut de la duchesse 
d'Arschott un diamant qu elle portait au doigt, d'une 
valeur de plus de cinquante écus. Enfin, après un 
traitement de deux mois, le marquis d'Havre guérit 
en conservant, toutefois, une raideur du genou. De 
tous côtés, attirés par le bruit de cette cure, accou- 
raient des malades riches et pauvres, auxquels Am- 
broise Paré donna ses conseils. 

Il a rapporté fort en détailles soins qu"il donna à 
son malade, les fêtes que lui offrirent les seigneurs 
des environs, les honneurs que lui rendirent les no- 



(i)A 7 kil. de Mons. Le château, ruiné parles Espagnols, et rebâti en 
i663, appartient encore au duc de Croy et d'Havre. 

(2) Ch.-I. de cant. ce l'arr. de Cbarleroi, à 7 lieues de cette ville, entre 
la Sambre et la Meuse. Le château a été plusieurs fois détruit et rebâti. 



74 AMBROISE PARÉ 

tables de Mons, sa visite à Bruxelles, à Malines et à 
Anvers qu'il mit deux jours et demi avoir, les dî- 
ners qu'il faisait à Havre où il occupait toujours le 
haut bout de la table, et dans lesquels tout le monde 
buvait carous à la santé du marquis et à la sienne, 
pensant l'enivrer, ce qu'ils ne surent faire, car, dit- 
il, «je ne beuuois que comme i'auois accoustumé. » 
Enfin, le marquis, cheminant tout seul autour de 
son jardin sur des potences, consentit à son grand 
regret à le laisser partir. Il lui fit un présent hon- 
nête et de grande valeur, et le fit reconduire par 
son maître d'hôtel et deux pages, jusques en sa mai- 
son de Paris, (i) 

La clientèle rapportait à Paré de riches honoraires 
auxquels venaient s'ajouter les appointements de 
premier chirurgien. On voit dans un état de la mai- 
son du Roi pour l'année 1572, qu'il recevait de ce 
chef huit cents livres tournois (2). 

Au commencement de l'année 1572 parurent les 
Cinq livres de chirurgie mentionnés dans la 
BibJiotheca chirurgica de Haller (3) qui les avait 
vus dans le cabinet de Trev^M4)- Cette édition paraît 
aujourd'hui perdue ; mais les traités qui la compo- 
saient sont reproduits dans les Œuvres complètes. 

(i) Paré, III, p. 726-732. Voyage de Flandre. 

(2) Pièces justificatives, N" XX. 

(3) Albert de Haller, célèbre physiologiste et savant médecin, né à Berne 
le 16 octobre 1708, auteur d'un nombre considérable d'écrits et d'ouvrages 
remarquables sur la médecine et les sciences naturelles. Il est mort le 12 
décembre 1777. 

(4) Christophe-Jacques Trew, botaniste et médecin, né à Lauf, près de 
Nuremberg, le 26 avril jôgô, fut doyen du collège de médecine de cette 
dernière ville. Il mourut le 18 juillet 1769. 



AMBROISE PARÉ 76 

Elle comprenait, entre autres, une Apologie tou- 
chant les playes faites par harquebuses, qui forme 
le chapitre XV^ du livre XP de l'édition de 1575, et 
sur laquelle nous allons nous arrêter un moment. 

En 1559, un docteur régent de la Faculté de Paris, 
Julien Le Paulmier { i ), avait publié à Paris et à Caen 
deux éditions d'un Traicté de la nature et cttration 
des playes de Pistolle, Harqtieboiises et autres bas- 
tons à feu, etc. Adoptant les théories modernes, il 
repoussait la brûlure et l'empoisonnement de ces 
plaies par la poudre et le boulet, et citait à l'appui 
des expériences nombreuses. Partisan de la ligature 
des artères, il rejetait la cautérisation qu'il réservait 
pour certains cas d'hémorrhagie. Il recommandait 
la position du blessé dans la recherche des projecti- 
les, et indiquait l'emploi de divers instruments des- 
tinés à leur extraction. 

Ces idées, conformes à celles de Paré, étaient 
alors partagées par beaucoup de chirurgiens en 
France, en Italie, en Allemagne et en Espagne, où 
les Maggi (2), les Lange (3), les Lacuna (4) les avaient 
répandues. Bien plus, si l'on en croit Guillemeau (5) 

(i) Né dans le Cotentin en i520, mort à Caen le 5 décembre i588. — 
Voir sa vie dans notre Appendice. 

(2) Bartliélemi Maga^i, chirurgien né en 14"-, à Bologne, où il mourut en 
1552. 

(3) Jean Lange, célèbre médecin allemand, né à Lœvenberg en 1485, mort 
à Heidelbcrg le 21 juin i565, a laissé un volume de lettres très intéressantes 
pour l'histoire de la médecine à cette époque. 

(4) André Lacuna, né à Ségovie en 1409, reçu docteur en médecine à 
Tolède, fut médecin de Charles-Quint, et mourut dans sa ville natale en 
i56o. 

(5) Jacques Guillemeau, né à Orléans en i55o, d'une famille de chirurgiens. 
Elève particulier d'Ambroise Paré, il demeura longtemps chez lui, suivit 



76 AMBROISE PARÉ 

et Paré lui-même (i), les chirurgiens d'armée de ces 
divers pays les portaient avec eux traduites dans 
leur langue, en guise de manuel. 

Mais, à côté de ces opinions communes, Le Paul- 
mier en attaquait d'aatres. Soutenant qu'à des mala- 
dies nouvelles il faut des remèdes nouveaux, il s'éle- 
vait contre l'autorité d'Hippocrate qui prescrit de 
faire suppurer toute plaie confuse, voulait qu'on 
limitât la suppuration, blâmait Tusage des causti- 
ques, et rejetait le basilicon et l'égyptiac. Tout au 
contraire, il séchait les plaies, et proscrivait l'usage 
des grosses tentes. Quoique admettant aussi l'exis- 
tence des pierres de tonnerre (2), il repoussait l'as- 
similation des effets de la foudre avec les coups 
d'artillerie. Enfm, ce qui atteignait directement Paré 
qu'il ne nomme pas, du reste, il disait qu'à Rouen, 
à Dreux et à Saint-Denis, beaucoup étaient morts du 
traitement, quoique blessés légèrement, au point que 
de cent, il en était réchappé dix. 

Paré, piqué de ce qu'un membre de cette Faculté 

les armées, fut nommé chirurgien ordinaire des rois Henri III, Henri IV et 
Louis XIII, remplit la charge de prévôt du Collège de chirurgie, le 
ler octobre iSgS, et mourut le i3 mars 1612. Il traduisit en latin les œuvres 
de Paré, dont son traité de chirurgie n'est qu'un abrégé corrigé et quel- 
quefois perfectionné. Son meilleur ouvrage est son traité de YHeureiix 
accouchement, Paris, 1609. On sait qu'en 1599, il sauva Anne Simon, fille 
d'Ambroise Paré, d'une grave hémorrhagie puerpérale, en terminant 
prompteraent l'accouchement, ainsi qu'il l'avait vu pratiquer à son maître. 
Son fils Charles, né en i588, reçu docteur en 1620, fut doyen de la Faculté 
en 1634 et i635. Son gendre, nommé Marchant, chirurgien juré, mourut 
avant lui. Il avait un oncle, chirurgien, appelé Philippe. 

(i) Paré, II, p. 181. 

(2) Jusque dans les premières années du xvnie siècle, on appelait />/<?rres 
defoudre ou céraunies, les pierres météoriques et les haches préhistoriques 
en silex taillé, que l'ignorance où l'on était de leur véritable origine faisait 
regarder comme formées dans les nues. 



AMBROISE PARE 77 

qui lui avait fait échec, osait contredire ses opinions, 
répliqua avec aigreur. Reprenant une à une toutes 
les objections ^<. du médecin, » — c'est ainsi qu'il 
désigne son adversaire, — il lui donne tort sur tous 
les points. S'appuyant sur Botal (i)et sur Joubert(2), 
quoique ce dernier repousse l'usage desescarrotiques, 
il prône les suppuratifs, fait l'éloge de l'égyptiac, 
pousse à la suppuration et vante les grosses tentes. 
Il soutient que les blessés de Rouen ont péri de 
gangrène et de pourriture; qu'à Dreux et à Saint- 
Denis, ils sont morts, non des suppuratifs et corro- 
sifs, mais du froid et des désordres causés par le 
boulet. Il reproche au médecin de lui avoir pris que 
la poudre n'est pas vénéneuse, et que les balles ne 
brûlent point, oubliant que Maggi l'avait prouvé 



(i) Léonard Botal, natif d'Asti, en Piémont, apprit, ainsi qu'il le rapporte, 
la chirurgie sous son frère Second Botal. plus âgé que lui de douze ans. 
Il étudia ensuite la médecine à Paris et à Padoue, et fut reçu docteur dans 
la première de ces Universités. Après avoir suivi quelque temps les armées 
(il était à la bataille de Cérisoles. i5 avril 1544), il vint en France, fut en 
1564 conseiller et médecin ordinaire de Charles IX et, de 107 1 à 1574, de la 
reine Elisabeth d'Autriche. Il fut maintenu dans sa charge par Henri III, et, 
le 9 novembre i575, on lui paya i5ôliv. t. pour les frais et dépenses, d'un 
voyage que le roi lui avait fait faire en diligence et sur chevaux de poste de 
Paris au camp royal en Champagne, afin de panser la blessure du duc de 
Guise, Henri 1er de Lorraine, lequel eut, le 10 octobre à Dormans, la joue et 
l'oreille gauche emportées par un coup d'arquebuse, blessure qui lui valut 
le surnom de Balafré qu'avait porté son père. Botal suivit le duc d'Alençon 
dans les Pays-Bas et en Angleterre. On ignore la date de sa naissance et 
celle de sa mort. Nous savons seulement qu'il cessa d'être médecin de Louise 
de Lorraine en 1587. — (Bibl.^al. El.Tt des officiers de la maison du Roi, 
Fonds Franc., 7854). 

(2) Laurent Joubert, né à Valence en Dauphiné, le 16 décembre i52q, mort 
à Lombers (Tarn), le 21 octobre i5u2, fut, en i558,reçu docteur à Montpellier 
où il devint professeur. En iSôg, il suivit le duc d'Anjou à l'armée d'où il data, 
le I"' janvier 1670, son Traité des arcbusades. Il devint Chancelier de l'Uni- 
versité, et fut consulté sur la stérilité de la Reine, ce qui lui valut le titre de 
médecin ordinaire du Roi. 



78 AMBROISE PARÉ 

dès 1552. m'accuse enfin d'avoir copié ce dernier (i). 

Il eût été facile à Le Paulmier de répondre que 
les doctrines qu'il soutenait avaient été repro- 
duites dès 1560 par Botal dans son traité De ciiran- 
dis viilneribus sclopetorum, avec les noms et les 
figures des instruments, et cela, sans nommer aucu- 
nement Paré, qui n'avait pas réclamé ; que celui-ci, 
si chatouilleux lorsqu'on touchait à ce qu'il regardait 
comme son bien, s'était montré moins scrupuleux 
envers Thierry de Héry, Franco et Laurent Colot, 
dont il avait copié des chapitres entiers sans citer 
leurs noms : Le Paulmier laissa ce soin à autrui. Le 
20 mars suivant, parut un Discours des arquebou- 
sades en forme d'épistre, pour répondre à certaine 
apologie publiée par Ambroyse Paré, par J. M., 
compagnon barbier, Lyon, 1^72. L'auteur, ancien 
serviteur de Pigray, déclare que Paré a fait écrire son 
apologie par un secrétaire du Roi, nommé M. Moyen, 
chez lequel il en a vu les mémoires. Il rappelle qu'il 
lui a fort mal pris d'avoir voulu gourmand er M. Por- 
tail, chirurgien du Roi ; que dans son apologie, il dit 
par mots exprès que devant Rouen, il fut contraint 
de laisser l'usage des suppuratifs, — il devrait dire 
putréfactifs, etc.. — Opposant l'injure à l'injure, il 
termine ainsi : 

« l'ay traicté M. le chirurgien apologique plus 
honnestement qu'il ne mérite. Mais s'il retourne 
plus aux calomnies et menteries si impudentes, 
ie me licentieray de respondre au fol selon sa 

(i) Apologie touchant les playes faites par harquehuses. dans les Cinq 
livres de chirurgie. Paris, 1572. V. Paré, t. II, p. 172. 



AMBROISE PARÉ 79 

folie : aussi bien qu'a fait un sien amy et compa- 
gnon, le lui garde une estrille. l'ay encore en mon 
boitier à un liard d'antidote pour guérir ceux qui 
seront boursoufflez de vaine gloire et d'outrecui- 
dance intolérable, et qui auront oublié leur deuoir 
enuers ceux auxquels ils doiuent quelque res- 
pect. » 

Paré ne répliqua pas. 

On sait que, lorsque, au mois d'août 1572, Coli- 
gny (i), fut blessé par Maurevel au bras gauche, et 
eut l'index de la main droite emporté, le Roi lui 
envoya son premier chirurgien qui lui amputa le 
doigt. 

Deux jours après, éclata la Saint-Barthélémy. On 
a dit, après Brantôme, que Charles IX ne voulut 
sauver du massacre que le seul Ambroise Paré qu'il 
enferma dans sa garde-robe (2). Aucun historien n'a 
mis en doute que ce dernier fût huguenot ; mais, 
plusieurs biographes ont pensé qu'il abjura et devint 
catholique. Eloy (3), regarde comme probable sa 
conversion après la Saint-Barthélémy. Malgaigne a 
discuté cette question avec beaucoup de talent, et 
conclut que, bien avant cette époque, il appartenait 
à la religion catholique. Jal, par d'autres raisons, 

(i) Gaspard de Coligny, né à Châtillon-sur-Loing, en i5i7, amiral de 
France, fut blessé d'un coup d'arquebuse en sortant du Louvre, le 22 août 
1672, par Maurevel, et deux jours après, lut assassiné dans l'hôtel de 
Ponthieu, situé entre les rues Tirechape et de l'Arbre-Sec. 

(2) Paré ne fut pas le seul médecin protestant échappé au massacre. 
Simon Piètre, prévenu par son gendre, Jean Riolan, se réfugia à Fabbaye 
de Saint- Victor ; JeanMazille, premier médecin de Charles IX, en 1572, ne 
quitta la cour qu'après la mort de ce roi ; etc. 

(S") Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne, 1778, 
article paré. 



8o 



AMBROISE PARE 



arrive à la même conclusion. M. Bordier (i) a sou- 
tenu, par de bons arguments, l'opinion contraire. 

Certains passages des écrits de notre auteur, 
créaient déjà une forte présomption en faveur de 
cette dernière manière de penser. Nous l'avons vu à 
Angers, observant deux fois « à la porte du Temple,» 
l'artifice des gueux de l'ostière, et il raconte qu'au 
siège de' Rouen irfaillit être empoisonné par « quel- 
ques-uns qui le hayoyent à mort pour la Religion. » 
On pourrait peut-être objecter le hasard d'une pro- 
menade ou la haine de coreligionnaires pour un 
renégat. Tous les arguments'[ tombent devant la 
déclaration de Paré lui-même. Nous avons eu la 
bonne fortune] de la découvrir dans un mémoire 
rédigé en 1575, lors de son procès avec la Faculté, 
et dont nous parlerons bientôt. Il dit expressément : 
« ce mot, —[Religion — a esté cité par moy pour 
ne me glorifier auoir suiui telle opinion,... et moins 
en intention de monstrer que ceux qui suiuent la 
saincte Eglise Catholique et ^ Romaine, abusent de 
moyens illicites pour se deffaire de leurs ennemis. » 
Ce précieux passage rend désormais toute discus- 
sion impossible sur ce point que, en 1575 de même 
qu'en 1525, Paré professait la'Religion réformée. 

L'année suivante , parurent les Deux livres de 
chirurgie, contenant : 1° De la Génération de 
TJiomme, et manière d'extraire les enfans, etc. 
2-' Des monstres ; plus un petit^traité des plaies faites 



(i) Rectifications à rerrata'. publié par M. Jal, pour tous les diction- 
naires historiques; dans le Bulletin de la Société de Vhistoire du pro- 
testantisme français,' i5 avril 1868. 



AMBROISE PARE 01 

aux parties nerveuses. Paris, 1573.16 privilège est 
du 4 juillet 1572. L'auteur annonce à la fin de cet 
ouvrage qu'il se propose de réunir en un volume 
toutes ses œuvres augmentées de quelques nouveaux 
traités. 

Un malheur domestique vint le frapper à cette 
époque. « Le mercredi iiii'' jour du mois de novem- 
bre audict an mil cinq cens soixante et treize, 
décéda en son logis, rue de l'Arondelle, Jehanne 
Maselin, femme de M'^ Ambroise Paré, chyrurgien 
du Roy, et le mesme jour fut son corps inhumé en 
la dicte église de Saint-André (i). » Elle laissait 
pour unique enfant Catherine, âgée d'environ qua- 
torze ans. * 

Retenu souvent au dehors par les devoirs de sa 
profession. Paré n'avait guère le loisir de s'occuper 
de sa fille et de sa nièce ; il se décida donc à se 
remarier au plus tôt. Moins de deux mois après la 
mort de sa femme, le 31 décembre 1373, par devant 
Nicolas Le Camus et Jehan Herbin, notaires du Roi 
au Châtelet de Paris, fut dressé son contrat de 
mariage avec Jacqueline Rousselet, fille de honora- 
bles personnes Jacques Rousselet, chevaucheur 
ordinaire de l'écurie du Roi, du nombre des six- 
vingts privilégiés bourgeois de Paris, et Marie Boul- 
laie, sa femme. Les témoins de la future étaient : 
Robert Boullaie, secrétaire du premier président de 
Dauphiné, cousin germain, noble homme maître 
François Bouteroue, avocat en la Cour de Parlement, 
et honorable homme maître Etienne Caillart, pro- 

(i)Jal. 



82 AkBROISE PARÉ 

cureur en la Cour de Parlement, amis ; Paré eut 
pour témoin honorable homme Hilaire de Briou, 
marchand maître apothicaire et épicier, bourgeois 
de Paris, son voisin et ami. 

La dot de Jacqueline était de cinq mille livres 
tournois que ses parents s'engageaient à verser la 
veille des épousailles. De son côté, Paré constituait 
à sa future un douaire prélix de cinq cents livres 
tournois de rente établi tant sur les rentes qu'il pos- 
sédait que sur les loyers de ses maisons, à moins 
que sa veuve, en déduction de ce douaire, préférât 
jouir sa vie durant de la totalité de la maison de 
la Vache, pour laquelle elle paierait deux cents 
livres tournois de loyer annuel, et qu'elle serait 
tenue d'entretenir et de réparer. Au cas où son mari 
laisserait après lui des enfants, ce douaire serait 
réduit à trois cents livres. En outre, Jacqueline 
reprendrait par préciput ses habits, bagues et joyaux 
jusqu'à la somme de cinq cents livres ; de même 
aussi, Paré devait reprendre ses habits, armes, che- 
vaux et instruments de chirurgie, jusqu'à concur- 
rence de la même somme. 

Toutefois, par acte du 13 janvier 1374, Paré 
déclara se contenter de la somme de deux mille 
livres tournois au lieu des cinq mille promises dans 
le contrat, et en donna quittance le 30 du même 
mois (i). Le mobile de ce mariage ne fut donc pas 
l'intérêt, mais l'inclination, ce que démontre, d'ail- 
leurs, l'empressement avec lequel il fut conclu. 

Le dimanche 3 janvier 1574, les bans furent publiés 

(i) Pièces justificatives, N" XXI. 



AMBROISE PARÉ 83 

en l'église Saint-Séverin, et le i8 eut lieu la célé- 
bration du mariage, ainsi qu'on le voit dans la note 
suivante : « Mémoire de faire les bans, le dimanche 
III de janvier 1574, d'entre M"^ Ambroise Paré, pre- 
mier chirurgien du Roy, de la paroisse de Saint- 
André des Arcs, et Jacqueline Rousselet, de cette 
paroisse. — Espousez le lundy xviii'' de janvier 1574.» 

Qiielques jours avant cette cérémonie, le 9 janvier 
1574, Paré fit à sa nièce Jeanne, donation irrévocable 
d'une maison sise au bout du pont Saint-Michel, où 
l'on accédait par une allée donnant sur la « grande 
place commune à vendre biens estant au bout dudit 
pont, » et aboutissant par derrière à la maison de la 
Vache. Cette maison, acquise de René Mestreau, et 
estimée mille écus d'or soleil, se composait d'une 
salle au rez-de-chaussée, d'une chambre et d'une 
estude au premier étage, et de deux chambres au 
second (i). En outre, il lui donnait cent livres tour- 
nois de rente, sous la condition que Paré se réservait 
l'usufruit, sa vie durant, de cette maison et de cette 
rente, et que si Jeanne venait à mourir sans enfants, 
le tout ferait retour au donateur (2). Celle-ci se 
trouvait ainsi pourvue d'une dot qui devait faciliter 
son établissement. 

Après la Saint-Barthélémy, Charles IX, épuisé 
par de cruelles insomnies, avait été guéri par Julien Le 
Paulmier; mais bientôt sa santé altérée déclina de 

(1) Pièces justificatives. N° XXIX. 

(2) Id., No XXIII, 

(3) Jacohi Palmerii Grentemesnillœi vita, par Etienne Morin, en tète de 
Grœcise antiquœ descriptio. Leyde, 1678. 



84 AMBROISE PARÉ 

jour en jour, et il mourut de phthisie pulmonaire 
le 30 mai 1574. Le lendemain, Paré fit son autopsie 
et procéda à Fembaumement en présence des méde- 
cins et des chirurgiens de la maison royale (i). Le 
nouveau Roi le continua dans sa charge de premier 
chirurgien, et de plus, le nomma son conseiller. 

Paré avait alors à son service une femme nommée 
Jeanne Danimy, qu'il maria le 22 août avec un cer- 
tain Jacques Vaignart (2). 

La duchesse de Lorraine (3) Claude de Valois, 
sœur du Roi, avait mis au monde, le 9 octobre 1574, 
deux filles jumelles. Epuisée par sept couches anté- 
rieures, elle fut atteinte, quelques jours après leur 
naissance, d'une maladie de langueur. Henri III lui 
expédia deux fois son premier médecin, Marc 
Miron(4); l'un de ses médecins ordinaires, Regnault 

(i) L'autopsie et l'embaumement furent pratiqués le 3i mai, à quatre 
heures du soir, par Ambroise Paré, en présence de Jean d'Amboise, Du 
Bois, Portail, Eustache, Dionneau, Lambert, Cointeret, Guillemcau, chi- 
rurgiens, et Mazille, premier médecin, Vaterre, Alexis Gaudin, Vigor, Le 
Fèvre, Saint-Pont, Piètre, Brigard, Laftillé et Durct médecins du Roi. 

(2)Jal. 

(3) Claude, septième enfant de Henri II et de Catherine de Médicis, née 
à Fontainebleau, en 1544, épousa, le 22 janvier, ou selon d'autres, le 5 fé- 
vrier i55q, Charles III, duc de Lorraine, auquel elle donna trois fils et six 
filles. Elle fut enterrée dans l'église des Cordeliers de Nancy. 

(4) Marc Miron, seigneur de l'Hermitage, né dans le diocèse de Tours, 
fils de François Miron, premier médecin de Charles VIII, accompagna le duc 
d'Anjou en Pologne et favorisa son retour en publiant faussement qu'il 
était malade. Devenu roi de France, Henri III le nomma son premier méde- 
cin. Reçu docteur le 12 juillet i558, il mourut l'ancien des écoles, le i'''' no- 
vembre 1608. Il avait épousé, en iSjB, Marie Gencian, fille de Jacques Gen- 
cian, contrôleur du grenier à sel de Melun, et sœur de Marguerite, femme 
de Lancelot de Venisse. écuyer. seigneur du Metz, En secondes noces, il se 
maria avec Geneviève de Morvilliers, de la maison du chancelier de Che- 
verni. 

Quittance de Marc Miron. premier médecin du Roi, de la somme de 
2i5 livres tournois en écus soleil à lx sols pièce, pour voyage en diligence 



AMBROISE PARÉ 85 

Vigor (i) se rendit également auprès d'elle. Le Roi 
lui envoya enfin Paré , ainsi que cela résulte 
de la note suivante : « 1575. Ambroise Paré, premier 
chirurgien du Roy, cent vingt-cinq livres pour un 
voyage sur chevaux de poste de Paris à Nancy, vers 
la duchesse de Lorraine, pour la visiter et panser, 
et son retour (2). » Malgré tous ces soins, la duchesse 
succomba le 21 février 1575, dans sa trente-deuxième 
année (3). 

Dans ce voyage. Paré se rencontra de nouveau à 
Nancy avec Nicolas Picart qui lui soumit les modi- 
fications apportées à son ambi pour la réduction des 
luxations de fépaule, ainsi que la potence à siège 
qu'il avait inventée pour les boiteux (4). 

Toutefois, notre chirurgien ne se bornait pas à 
l'étude exclusive de son art. Pendant le carême de 
1575 (5), Bernard Palissy (6) fit afficher qu'il montre- 
rait en trois leçons tout ce qu'il avait appris des 
« fontaines, pierres, métaux et autres natures. » 



Cl sur chevaux de poste de Rheims à Nancy, pour la maladie de Mme la 
duchesse de Lorraine, sœur du Roy, et retour à Paris en icelle diligence. — 
i'^'" mars 1575. — Diff.mél.poiirVhist. des médecins, 2 vol. in-4omss. à la 
Bibl. de la Faculté de Méd. de Paris, II, p. .587. 

(i) Premier médecin de Catherine de Médicis, médecin ordinaire de Mar- 
guerite de France, de Charles IX et de Henri III. Le 4 mars i575, il reçoit 
la somme de 260 livres t. en écus soleil à lx sols pièce, pour un vovage 
en diligence et sur chevaux de poste, de Châlons-sur-la-Saône à Nancy, 
pour aller voir Mme la duchesse de Lorraine. — Diff. mal. etc. II, p. 495. 

(2) DiJjT. mél., II, p. 688. 

(3) A. Digot. Histoire de Lorraine. IV, pp. 320-.32I. 

(4) Paré, II, pp. 377 et 621. 

(5) Pâques était le 3 avril. 

(6) Né vers i5io, à la Chapelle-Biron, dans le Périgord, ilembrassa le cal- 
vinisme, échappa à la Saint-Barthélémy, mais fut enfermé à la Bastille où il 
mourut en i58q. 



86 AMBROISE PARÉ 

Afin qu'il n'y eût à ces conférences que des savants 
et des <^ curieux, » le prix d'entrée fut fixé à un écu. 
Le nom de Paré figure sur la liste des auditeurs à 
côté de ceux d'Alexandre Champier, médecin de 
Monsieur, frère du Roi (i), de Millon(2), de Pena(3), 
de Courtin (4), médecins, de Richard (5), chirurgien 
du Roi, de Pajot et de Guérin (5), apothicaires à 
Paris (7). 

En même temps, il poursuivait la publication de 
son grand ouvrage. Le 22 avril, furent achevées 
d'imprimer Les Œuvres de M. Ambroise Paré, con- 
seiller et premier chirurgien du Roi, avec les figures 
et portraicts tant de V anatomie que des instruments 
de chirurgie et de plusieurs monstres, à Paris, chez 
Gabriel Buon, 1575, in-folio. Le privilège avait été 
signé à Avignon, le 30 septembre précédent. 



(i) François, duc d'Alençon, puis duc d'Anjou après ravènement de son 
frère Henri III; né en 1S54, mort en juin 1584. 

(2) Pierre Millon, médecin de Henri IV et de Louis XIII jusqu'en 1620. 

(3) Pierre Pena, médecin de Louis XIII, mort en 1620. 

(4) Germain Courtin, né à Paris, reçu docteur en médecine le 10 juillet 
1576, et nommé professeur en 1578, enseigna la chirurgie avec distinction. 
Il fit rendre un arrêt défendant aux chirurgiens de faire des cours d'ana- 
tomie. 

(5) Richard Hubert. 

(6) Claude Guérin. apothicaire et valet de chambre de Louis XIII, de- 
meurait rue du Fouarre. Par son testament, en date du 4 décembre 1612, 
il veut être inhumé selon le rite protestant ; il laisse à sa fille Marguerite 
2,000 livres, plus 5o livres de rente à lui constituée par Marguerite Coi- 
gnet, veuve de ^lartin Akakia, médecin ordinaire du Roi, et le reste de ses 
biens à Baptiste Brocquet, clerc de Nicolas Talion, procureur en parlement. 
(Arch. nat., V, i53, fol. 194.) Dans un compte de la maison du Roi, pour 
l'année 1609, il est indiqué comme apothicaire ordinaire du Dauphin, aux 
gages de 5oo hvres tournois par an. (Arch. Nat, K K., i52, fol. 774, vo.) 

(7) Les œuvres de Bernard Palissy, publiées par M.Anatole France. Paris, 
Charavay, 1880, p. 33o. 



ANBROISE PARÉ B7 

Cette fois, la Faculté manifesta hautement son 
irritation, et s'opposa à la vente du livre. Les rai- 
sons de cette hostilité, qui couvait depuis long- 
temps, ont été jusqu'à présent mal connues. Louis 
Guyon (i), de Dôle. médecin, dit dans ses Diverses 
leçons que les œuvres de Paré « furent pour quel- 
que temps empêchées d'être imprimées et mises en 
lumière par le collège des doctes médecins de 
Paris,... par ce qu'en son livre delà Génération, en 
aucuns passages, par inadvertance, il en avait écrit 
un peu irrévéremment ; et après qu'il eut corrigé, il 
ne se trouva plus d'opposition. » Malgaigne a pensé 
qu'il s'agissait, non de passages trop libres, mais de 
questions de médecine pure, telles que \qs éléments, 
les humeurs, les facultés, les esprits, la conception, 
etc., et surtout les fièvres, tous sujets dont l'étude 
constituait un empiétement sur le domaine de la 
Faculté. Tels ne furent pas les seuls motifs invoqués 
par les médecins ; Paré nous fera connaître les 
autres. On trouve dans les Commentaires de la 
Faculté de Médecine le récit de cette grosse que- 
relle à laquelle prit part la Sorbonne elle-même. 
Nous le résumons ci-après. 

Le 5 mai, la Faculté réunie demanda que les 
Œuvres d'Ambroise Paré , homme très impudent, 
et sans aucun savoir, ne fussent pas mises en vente 
avant de lui avoir été soumises, et d'être approuvées 
par elle. Trois fois cité devant les gens du Roi, 

(i) Louis Guyon, sieur de la Nauche, né dans le xvie siècle à Dôle (Jura), 
s'établit à Uzerches, dans le Limousin, où il exerça la médecine avec succès, 
et revint mourir à Dôle vers i63o. Outre les Diverses leçons, \\ -a publié Le 
Cours de médecine en français, contenant le Miroir de beauté. 



88 AMBROISE PARÉ 

Paré finit par comparaître , et l'affaire fut portée 
devant le Parlement auquel l'avocat Chauvelin (i) 
fut chargé de présenter la requête de la Faculté (2). 
Le 28 mai, celle-ci renouvela sa plainte au Parle- 
ment, conformément au décret du 2 mai 1535, dé- 
fendant qu'aucun ouvrage de médecine fût mis en 
vente avant que la Faculté fût consultée. Cet Am- 
broise Paré, ce simple barbier dont la volonté royale 
avait imposé l'intrusion dans la Société des chirur- 
giens, ignorait absolument les langues latine et grec- 
que, et jusqu'aux éléments de la grammaire. Emue 
de ces faits, la Faculté pensa que, dans l'intérêt de 
l'Etat, le Collège des chirurgiens devait, de son côté, 
adresser la même demande au Parlement pour ce 
qui regardait la chirurgie, et décida d'avertir ces 
derniers. (3) 

L'affaire devait être plaidée le 31 mai; (4) Paré 
la fit remettre afin de préparer sa défense, et mon- 
trer <^ qu'il auait de quoy payer. >> Redoutant à bon 
droit son influence, la Faculté lui suscita de nou- 
veaux adversaires. Le 9 juillet, devant les députés de 
l'Université assemblés au collège de Bourgogne, {5) 

(i) Il 3^ avait, à cette époque, deux avocats célèbres du nom de Chauvelin : 
François, jurisconsulte renommé, et Toussaint, qui avait été nommé procu- 
reur général de la Reine mère Catherine de Médicis, en 1564. C'est proba- 
blement du premier qu'il s'agit ici. 

(2) Commentaires de la Faculté, VIII, fol. 20. vo. 

(3) Idem, VIII, fol. 20. vo. et 21. 

(4) Pièces justificatives, No XXVI. 

(5) Situé sur l'emplacement de l'école de médecine actuelle, le Collège de 
Bourgogne fut fondé en 1829 par les exécuteurs testamentaires de Jeanne de 
Bourgogne, épouse de Philippe le Long, en faveur de vingt écoliers pauvres 
de Bourgogne. Ce collège disparut en 1768 pour faire place aux Ecoles de 
médecine et de chirurgie. 



AMBROISE PARÉ 89 

le doyen Gourmelen (i), mécontent de ce que les ou- 
vrages de Paré avaient fait oublier ses traités de chi- 
rurgie, exposa que M'' Ambroise Paré avait composé 
un livre contenant beaucoup de choses abominables 
et nuisibles aux bonnes mœurs et à l'Etat ; la Faculté 
demanda que le volume déféré au Parlement, fût exa- 
miné avant que d'être mis en vente. (2) 

Paré publia un mémoire justificatif adressé à Mes- 
seigneurs de la Cour. Cet opuscule rarissime, qui a 
échappé aux recherches de Malgaigne, et n'a été 
jusqu'ici, croyons-nous, mentionné par aucun auteur, 
M. le D'' Turner excepté, (3) figure à la Bibliothèque 
nationale.il est intitulé : Responce de M. Ambroise 
Paré, premier Chirurgien du Roy, aux calomnies 
d'aucuns Médecins et Chirurgiens, touchant ses 
œuvres, s. 1. n. d., sans nom d'imprimeur ni privilège. 
C'est un petit in-4'' de quinze pages de 42 lignes, 
imprimé en caractères gras. L'auteur y déclare que 
le véritable motif des plaintes des médecins et des 
chirurgiens est que son ouvrage est écrit en français 



(i) Etienne Gourmelen. ne dans le pays de Cornouailles, en Bretagne, 
étudia la médecine à Paris, y fut reçu docteur le 5 mars i56i, et élu doyen de 
la Faculté en 15-4 et 1075. La chirurgie l'attira de préférence, aussi Henri 
III le nomma-t-il professeur en chirurgie au Collège royal. Il fut aussi tré- 
sorier du Roi, et mourut à Melun le 12 août iSçS. Ses ouvrages sont juste- 
ment oubliés. Hélène d'Auvergne, sa femme, lui donna quatre enfants. Le 
14 septembre 1614, elle abandonna ses droits dans la succession de son neveu 
Pierre Nicolas, à la réserve de trois cents livres t. de rente viagère, à ses en- 
fants: Nicolas Gourmelen. postulant au Châtclet de Paris; François, bourgeois 
de Paris ; Jean, clerc de M. Petau, conseiller au Parlement, et Jeanne, femme 
de Jean Thuillier, nota re et procureur en la ville et bailliage de Brie-Comte- 
Robert. (Arch. Nat. Y. i55, f« 896, vo). 

(2) Duplessis-d'Argentré. — CoUectio jndicionini de novis crroribits. II, 
P.4S9. 

(3) Gazette hebdomad. de inéd., 1879, ^'" 24. 



90 AMBROISE PARE 

et en termes intelligibles; que, pour cette raison, 
les premiers craignent d'être moins souvent consul- 
tés, et les seconds redoutent que les barbiers, plus 
instruits désormais, n'empiètent sur leur clientèle. 
Pour ce qui est des endroits prétendus trop libres, 
les uns et les autres, jaloux de sa réputation, ont 
dénaturé certains passages de ses œuvres empruntés 
aux anciens, et traduits par des médecins français. 
C'est donc à ces auteurs et à leurs interprètes que 
l'on devrait s'en prendre. D'ailleurs, <<r c'est toute 
autre chose de traitter de la ciuilité des mœurs en 
philosophe moral pour l'instruction de la tendre 
ieunesse, et autre chose de parler des matières natu- 
relles en vrai médecin ou chirurgien pour l'instruc- 
tion des hommes ja tous faits. » 

Paré s'applique ensuite à repousser l'accusation 
d'immoralité dirigée contre lui. Il est remarquable 
que les passages incriminés appartiennent presque 
tous, comme l'avait dit Guyon, aux livres de la Gé- 
nération et des Monstres, qui avaient déjà paru en 
1573 sans que la Faculté s'en fût émue à cette épo- 
que. Ils ont trait à l'anatomie des organes génitaux 
de la femme, au sens génésique, à la prrossesse, à 
l'avortement, à la stérilité, à l'hermaphrodisme, etc., 
et sont tirés d'auteurs qu'il cite exactement. S'il a 
parlé des gueux de l'hostière, c'est afin de prémunir 
les magistrats et le public contre les ruses qu'ils 
emploient. L'antimoine ne pouvait être oublié dans 
cette affaire ; Paré maintient que, bien dirigé, son 
emploi, loin d'être funeste, constitue un moyen pré- 
cieux de guérison. Il défend son expérience du 



AMBROISE PARE gi 

Bézoard sur un condamné à mort, qui prit le poison 
de bonne volonté, <^ aimant mieux mourir en prison, 
ayant espérance de réchapper, que fmir ses jours 
publiquement par un licol ; >> enfin, il soutient qu'il 
a bien réellement fait l'extirpation d'une matrice en 
présence de cinq médecins et chirurgiens qu'il 
nomme. C'est dans ce mémoire qu'il déclare appar- 
tenir à la Religion réformée. 

Cet opuscule a certainement été écrit en 1575 pour 
les besoins de sa défense ; il répond, en effet, aux 
accusations des médecins, des chirurgiens et des 
échevins dont les mémoires sont malheureusement 
perdus. Il se compose d'extraits empruntés en grande 
partie à des traductions françaises d'auteurs anciens. 
Les uns avaient déjà vu le jour, dans les Deux livres 
de chirurgie ; d'autres venaient de paraître pour la 
première fois dans l'édition poursuivie ; quelques 
uns, enfin, furent intercalés dans l'édition de 1579, 
dont l'épitre au lecteur contient, en outre, un résu- 
mé de la Réponse, (i) 

Cette curieuse pièce, complètement ignorée, et 
que nous analysons pour la première fois, ne 
figure dans aucune édition des Œuvres de Paré. 
En raison de sa rareté et de l'intérêt qu'elle pré- 
sente pour l'histoire de ce chirurgien, nous la repro- 
duisons à la fin de ce travail. (2) 

La cause fut enfin plaidée le jeudi 14 juillet. Chau- 
velin, au nom des médecins, demanda la confirma- 
tion de l'arrêt du 2 mai 153s. Les chirurgiens, par 

(i) Pare, I, p. 12-14. 

(2) Pièces justificatives, No XXIV. 



92 AjyiBROISE PARÉ 

l'organe de Levestz, (i) réclamèrent pour les points 
concernant la chirurgie ; Galoppe, (2) pour le Pré- 
vôt des marchands et les échevins, (3) requit que le 
livre fût brûlé parce qu'il renfermait de nombreux 
passages impudiques et contraires aux bonnes mœurs 
et à l'Etat ; Choppin, (4) pour André Malezieu, (5) 
accusa Paré de plagiat, parce qu'il s'était approprié 
dans ses œuvres beaucoup de choses qui lui appar- 
tenaient ; le célèbre Bautru (6) défendit Paré. L'avo- 
cat général Brisson (7) porta la parole au nom du 
Procureur général. (8) Enfin, le Parlement rendit un 
arrêt ordonnant que les parties déposeraient leurs 
pièces et leurs plaidoiries écrites dans le délai de 

(i) Ce Levestz était vraisemblablement un parent du chirurgien Barnabe 
Le Vest. 

(2) Plusieurs avocats portaient alors ce nom ; il s'agit probablement de 
Louis Galoppe, reçu le 16 décembre i5P>i conseiller et commissaire aux 
requêtes du palais. 

(3) En 1575, le prévôt des marchands était Jean Le Charron, président en 
la Cour des aides ; les échevins étaient Augustin Le Prévost, secrétaire du 
Roi, et Jean Le Gresle, seigneur de Beaupré. . 

(4) René Choppin, né à Angers en iSSg, licencié à 17 ans, anobli par Henri 
III, mourut en 1606. Sa vie a été écrite par Papyre Masson. 

(5) André Malezieu, prévôt du collège de chirurgie, mort le 5 octobre i585, 
avait traduit la Synopsis Chirurgise de Gourmelen, en 1071 . 

(6) Jean Bautru. sieur des Matras, avocat au Parlement de Paris, était fils 
de Maurice Bautru des Matras, premier lieutenant de la prévôté d'Angers, 
et oncle de l'académicien. Il mourut le 2.3 août 1,^80, âgé de 40 ans, selon La 
Croix du Maine. 

(7) Barnabe Brisson, fils de François Brisson. lieutenant au siège de Fon- 
tenay-le-Comte. né en i53i, avocat célèbre, nommé avocat-général au Par- 
lement, le 5 janvier i575, puis président à mortier en 1 583, fut ambassadeur 
de France en Angleterre. Nommé premier président par les Ligueurs à la 
place d'Achille de Harlay, il fut arrêté le i5 novembre 1591 sur le pont 
Saint-Michel, et pendu au Petit-Châtelet. 

(8) Jean de la Guesle, ci-devant premier président au Parlement de Bour- 
gogne, reçu procureur-général au Parlement de Paris, le 7 novembre 1670, 
fut remplacé le 7 janvier iS83 par son fils Jacques, nommé précédemment en 
survivance. 



AMBROISE PARÉ çS 

trois jours, et, conformément aux conclusions du 
ministère public, confirma le décret de 1533, et re- 
tint r affaire, (i) 

On ne sait au juste quelle fut l'issue de ce procès. 
Probablement, un arrangement intervint entre les 
parties, car le volume fut mis en vente et s'épuisa 
rapidement ; les passages signalés furent maintenus 
et reproduits dans l'édition suivante : seul le livre 
des Fièvres fut supprimé et fondu dans l'ouvrage. 

L'on peut juger de ce que ce procès dut coûter à 
Paré, parce que dépensa la Faculté. Les Commen- 
taires nous ont conservé le compte des frais qu'elle 
eut à payer dans cette affaire. Ils se montent à 
40 livres 17 sols, dont on trouvera le détail aux 
pièces justificatives (2). 

Deux jours après le prononcé de cet arrêt, le 16 
juillet, « fut baptisée à Saint- André, Anne, fille d'Am- 
broyse Paré , premier cyrurgien du Roy , et de 
Jacqueline Rousset {sic), sa femme ; la marraine 
haulte et puissante princesse , madame Anne 
Daiste (3). femme de hault et puissant seigneur 
Jacques de Sobroye (4), — lisez Sabuoye — duc de 

(i) Commentaires de la Faculté, VIII. fol. 21. et Pièces justificatives 
No XXV. 

(2) Pièces justilicatives, Xo XXVI. 

(3) Anne d'Esté, fille d'Hercule II, duc de Ferrare. et de Renée de France, 
épousa, 16 4 décembre 1549, François de Lorraine, duc de Guise, dont elle 
eut Henri le Balafré, et le cardinal de Guise. Le 5 mai i566, elle se remaria, 
avec Jacques de Savoie duc de Nemours. Elle mourut à Paris le 17 mai 
1607, âgée de 76 ans, et fut enterrée à Notre-Dame d'Annecy, à côté de son 
second mari. (P. Anselme, III. p. 486). 

(4) Jacques de Savoie, duc de Nemours et de Genevois, fils de Philippe 
de Savoie et de Charlotte d'Orléans, né le 12 octobre i53i, à l'abbaye de 
Vauluisant, en Champagne, eut d'Anne d'Esté plusieurs enfants, et raouruL 



94 AMBROISE PARÉ 

Nemours et de Geneuois ; le parrain, Monseigneur 
Charles de Sobroye, — lisez Sabuoye (i), — fils 
des susdicts prince et princesse (2). » Sa mère, sans 
doute assez délicate, puisque avant son mariage, 
« au lieu d'avoir ses fleurs par le lieu destiné de 
nature, elle les rendit par le nez l'espace d'un an 
entier (3), » n'essaya pas de la nourrir, et moins d'une 
année après, le mercredi 30 mai 1576 (4), fut baptisé 
« un nouveau fils, appelé Ambroise. Les parrains, 
monsieur Charles, comte de Mauffer, — il faut pro- 
bablement lire Mansfeld ( 5), — et monsieur le marquis 
d'Elbeuf (6). La marraine, dame Philippe de Mon- 
tespedon(7), duchesse de Beaupréau, et princesse de 

à Annecy, en août i585. Son hôtel était situé rue Pavée-Saint-André-des- 
Arts. 

(i) Charles-Emmanuel de Savoie, duc de Nemours, né au château de Nan- 
teuil, en février 1567. fut gouverneur de Paris pendant le siège, en iSgo. 
Nommé gouverneur du Lyonnais, du Forez et du Beaujolais, il fut arrête en 
1593 par ordre de l'archevêque de Lyon. Pierre d'Espinac. et enfermé à 
Pierre-Encize, d'où il s'échappa l'année suivante. Il muurut sans avoir été 
marié, en juillet iSqS, perdant, dit-on, son sang par la peau. 

(2) M. Figuier, Vies des sa-nants illiislres de la Renciiss.Tnce. 

(3) Paré, H, p. 766. 
(4)Jal. 

(5) Charles de Mansfeld, lils de Pierre-Ernest, et de Marguerite de 
Brederode, né en 1543. mort le i\ août iSgf, épousa Diane de Cossé- 
Brissac. 

(6) Charles de Lorraine, 1er du nom, pair, grand écuyer, grand veneur 
de France, comte d'Harconrt, etc., gouverneur du Bourbonnais, duc 
d'Elbeuf par lettres de novembre i58t, né le 18 octobre i556, mort en 
i6o5, enterré dans l'église collégiale de Saint-Louis de la Saussaye, près 
d'Elbeuf. Il était fils de René de Lorraine, marquis d'Elbeuf, et de Louise 
de Rieux, comtesse d'Harcourt. Il avait épousé Marguerite Chabot, dame 
de Pagny, morte à Paris en i652. 

(7) Philippe de Montespedon, fille unique de Joachim de Montespedon, 
baron de Chemillé, seigneur de Beaupréau, et de Jeanne de la Haye ; 
devenue veuve du maréchal de Montejan, elle épousa en secondes noces 
le prince de la Roche-sur-Yon, et mourut en son hôtel au faubourg Saint- 
Germain, le 12 avril iS-S. 



AMBROISE PARÉ q& 

la Roche-sur-Yon. » M. Chéreau, qui a relevé ce 
baptistaire, lui donne la date du mercredi 29 avril. 
Or, le 29 avril tomba cette année là un dimanche. 
M. Henri Bordier a rétabli la vraie date au mer- 
credi 30 mai. 

Ces joies de famille étaient nécessaires à Paré 
pour le consoler des ennuis que ne cessaient de lui 
susciter ses adversaires. Les chirurgiens l'attaquaient 
à leur tour, et le mardi 10 avril 1576, Monantheuil (i) 
demanda à la Faculté assemblée, que son avocat 
intervînt dans le procès qui devait se plaider le 
jeudi suivant entre Ambroise Paré et le Collège 
des chirurgiens, afm que si l'on agitait quelque 
question intéressant la Faculté, il en avertît le Par- 
lement (2). 

Les motifs de cette querelle sont restés assez 
obscurs. Malgaigne en a entrevu un prétexte 
assez plausible. Les statuts du Collège devaient être 
remaniés ; on les falsifia. Paré et quatre autres 
membres, dont deux chirurgiens du Roi : Du Bois, 
Guillemeau, Jean Le Gay et Urbain rArbalestrier(3), 
refusèrent leur signature. Les chirurgiens étant reve- 

(i) Henri de Monantheuil, né vers i536 dans le diocèse de Reims, fut 
l'ami de Ramus et le précepteur de Lamoignon, depuis, premier président. 
Reçu docteur le ii octobre iS68. et professeur au collège nnal, en i595, 
il fut doyen de la Faculté en 1578-1579. Pendant la peste de i58o, il 
demanda que l'on établit pour les pestiférés un hôpital différent de l'Hôtel- 
Dieu, et que l'on observât une hygiène rigoureuse. Il mourut le 19 octobre 
1606, laissant une fille qui épousa Jérôme Goulu, docteur régent, et un 
fils nommé Théodore, avocat distingué. Il composa des ouvrages de 
mathématiques et un commentaire manuscrit sur le Serment d'Hippocrate, 
que Gui-Patin eut entre les mains. 

(2) Commentaires, VIII, fol. 43. 

(3) Natif de Soissons, membre du Collège de Chirurgie, lit de5 cours 
très suivis. Mort le 18 juillet i585. 



96 • AMBROISE PARÉ 

nus à l'ancienne rédaction, les cinq opposants signè- 
rent, le II mai 1577, et Paré fut laissé tranquille (i). 

Il eut encore le chagrin de perdre le petit 
Ambroise qui mourut « le lundi 14 janvier 1577, âgé 
de sept mois et demi, et le mesme jour, fut enterré 
en l'église Saint-André-des-Arts (2). /> 

Sa nièce, devenue orpheline, habitait depuis long- 
temps chez lui, et son affection le consolait un peu 
de la perte de ses enfants. Le moment arriva cepen- 
dant de songer à son établissement. Il jeta les yeux 
sur un chirurgien nommé Claude Viart , et , le 27 
mars 1577, par devant maîtres Guillaume de Netz et 
Nicolas Le Camus, notaires du Roi, et en présence 
de nobles hommes , M*-' Vincent Moucigot et 
M'' Jean Bautru, sieur des Matras, tous deux avocats 
en la Cour de Parlement, de Henri Simon, receveur 
et payeur des gages et droits de Messieurs des 
Comptes, et de honorable homme Hilaire de Briou, 
M*' apothicaire et bourgeois de Paris, amis et voisins 
de Paré ; et encore de nobles hommes M® Guy 
Surdhault, avocat en ladite Cour, et Jacques Mares- 
chal (3), avocat au Conseil privé, cousins du futur, 
fut dressé le contrat de mariage entre Jehanne Paré, 
fille de feu Jehan Paré, et de veuve Marie de Neuf- 
ville, d'une part, et honorable homme Claude Vlart, 

(i) Paré. Introduction, I, p. ccLXXxvii. 

(2) Jal. 

(3) Jacques Mareschal, avocat au conseil privé, conseiller du Roi, pro- 
cureur de Sa Majesté en la prévôté de son hôtel ; dans un compte de la 
prévôté de l'hôtel, années 1.584-85, il reçoit la somme de i3.3 escuz 20 sols 
tournois, pour ses gaiges par lui desserviz à cause de sondit estât durant 
l'année de ce compte (1584). (Arch. Xat. KK.-142, fol. 20, v). Pareille 
somme lui est allouée pour ses gages de l'année i585. —(Idem, fol. 33). 



AMBROISE PARÉ 97 

M" chirurgien en la ville de Nantes (i), de présent 
demeurant à Paris. Jeanne apportait en dot sa maison 
sise « en l'avalloir du pont Saint-Michel, » et la rente 
de 100 livres tournois qu'elle tenait de la libéralité 
de son oncle. De plus, Paré donnait au futur époux 
sa robe longue de drap noir avec parements de 
velours; tous ses instruments, les planches de chi- 
rurgie figurant dans son dernier ouvrage imprimé (2) 
— elles lui avaient coûté plus de mille écus, — ses 
livres, moins ceux qu'il avait payés à Wechel (3), et 
ceux qu'il devait prochainement faire imprimer, 
tant en latin (4) qu'en français, se réservant l'usu- 
fruit, sa vie durant, de ces instruments, planches et 
livres. 

Viart constituait à sa future un douaire de cent 
cinquante livres tournois de rente ; à sa mort, elle 
devait reprendre par préciput, tous ses habits, 
bagues et joyaux, de même que, si elle décédait la 
première, il reprendrait tous ses habits, ses armes et 
son cheval. Au cas où il ne surviendrait pas d'en- 
fants, le survivant aurait l'usufruit de la totalité des 
meubles et immeubles communs, dont la moitié 
était déjà sa propriété. En outre, le futur apportait 
personnellement la somme de 9.000 livres tournois, 

(i) Devaux le qualifie « Edinensls », d'Edimbourg (>); sa famille était- 
elle d'origine écossaise > II demeurait au pont Saint-Michel, à côte de 
Pierre de la Rue. 

(2) Les Œuvres coniplùles, parues en iSrô. 

(3) C'est-à-dire, le Traité de la peste, i568, les Cinq livres de chirurgie, 
1572, et les Deux livres de chirurgie, i5:3. Doit-on conclure de cette 
phrase que Paré avait édité lui-même ces trois ouvrages r 

(4) Il s'occupait donc, dès cette époque, de la traduction latine de ses 
Œuvres . 



98 AMBROISE PARÉ 

dont 8.000 étaient affectés à la garantie du douaire (i). 

Les nouveaux époux vinrent habiter leur maison 
dont, par acte du 19 décembre 1577, Paré concéda à 
sa nièce les « veues, bées et ouvertures » donnant 
sur la maison de la Vache, lui assurant ainsi la jouis- 
sance complète de sa nouvelle demeure. (2) 

Le contrat de mariage ainsi que cette concession 
n'ayant pas été enregistrés dans les délais légaux, 
parce que Viart avait à plusieurs reprises fait des 
voyages assez longs en Flandre et en Bretagne, (3) 
furent ratifiés le 27 octobre 1381, et insinués le 18 
novembre. (4) 

L'année suivante, la femme de Paré donna le jour 
à son troisième enfant. 

« Le jeudi 6 Février 1578, fut baptisée Marie, fille 
de M^ Ambroyse Paré, premier cyrurgien du Roy, 
et de Jacqueline Rousselet, sa femme. Le parrain, 
M^ Jehan Camus, (5) secrétaire des finances; les 
marraines, demoiselle Marie du Tillet, femme de 
M. Séguier, (6) lieutenant civil, et Marie BouUaye, 

(1) Pièces justificatives, X° XXVIII. 

(2) Pièces justificatives, No XXIX. 

(3) Quel était le but de ces voyages > On a vu plus haut qu'il est ques- 
tion de ses armes. Peut-être avait-il suivi, en qualité de chirurgien mili- 
taire, le duc d'Anjou dans les Pays-Bas, à Cambrai, etc., et ses affaires 
personnelles Favaent-elles appelé à X^antes. 

(4) Pièces justificatives, X» XXXI. 

(5) Jean Camus, sieur de Saint-Bonnet, notaire et secrétaire du Roi, et 
greffier du Conseil privé, fit au Roi un prêt de 25,ooo liv. t., et fut nom- 
mé intendant des finances le .3i août i5:o. (Arch. Nat. P. 23i5, f" 941.) 

(6) Pierre Séguier, chevalier, sieur de Sorel, nommé le 16 juillet 15/2, 
lieutenant civil de la prévôté de Paris, remplaça son père comme président 
au parlement de Paris le 1er août 1576. Il épousa Marie du Tillet, fille de 
Jean du Tillet, sieur de la Boissièrc, et greffier en chef du parlement. 
(Blanchard, Généalogie des présid. du pari. p. 26-. et P. Anselme, VI. 
p. 566.) 



AMBROISE PARÉ 99 

veuve de feu Jacques Rousselet. » (i) 

Cependant les Œuvres de Paré s^épuisaient ; il 
s'occupa d'en donner une deuxième édition. Pour 
cela, l'autorisation de la Faculté était indispensable ; 
il se décida cette fois à la demander, et, le samedi 
5 avril 1S78, par l'intermédiaire de Lusson, (2) il pré- 
senta son livre à l'appréciation de cette compagnie. 
Celle-ci, trouvant la demande de « cet homme » con- 
forme à l'arrêt du Parlement et à l'équité, décida 
que son « lourd » volume serait soumis à l'examen 
d'une commission choisie dans son sein et com- 
posée de Liébaut, <3) Marescot, (4) Duval, (5) 

(i) Jal, et Chéreau. 

(2) Guillaume Lusson, né au diocèse de Lisieux, reçu docteur à Paris 
en 1573, doyen de la Faculté en i594-i5q5, médecin ordinaire de Henri IV. 
et médecin de la princesse de Conti à la mort de laquelle il réclama 600 
livres d'honoraires pour lesquels il fut obligé de plaider. Son testament 
est du 4 janvier 1609 ; sa mort arriva le 17 novembre 1610. Quelques jours 
avant, le 2 novembre, il fit donation à son fils Guillaume, président en la 
cour des monnaies, tant en avancement d'hoirie sur sa succession que sur 
celle de feue Gcrarde Brouet, sa femme, de deux maisons situées, l'une, 
à Saint-Germain-des-Prés, rue du Colombier, estimée 14,400 liv. t., et 
louée 600 liv. au sieur du Coudray, conseiller au parlement ; l'autre, sise 
rue des Marmousets, qu'il habitait avec son fils, estimé 12,000 liv. Il avait, 
en outre, une fille nommée Antoinette. 

(.1) Jean Liébaut. de Langres, docteur de Paris, le 4 février i56i, élève 
de Duret, épousa Nicole, fille de l'imprimeur médecin Charles Estienne, et 
pulilia en français sous le titre de M.iison Rustique, le Prœdium ritsticum 
de ce dernier, auquel il avait aussi travaillé. Il a donné encore un traité des 
maladies des femmes, traduit de .Marinelli ; des Secrets de médecine, etc. 
La ruine de son beau-père le jeta dans l'indigence ; il se retira à Dijon où 
il mourut le 21 juin 1596. 

(4) Michel Marescot, né à Vimoutiers, diocèse de Lisieux, le 10 août 
1539, recteur de l'Université en 1564, docteur le 17 octobre i566, doyen de 
la Faculté en i58P. et premier médecin d'Henri IV qui l'anoblit en mars 1596. 
11 fut appelé a examiner en 159:; Marthe Brossier et mourut le 20 octobre 
160% laissant quatre fils et deux filles dont l'une épousa Simon Piètre. 

(5) Plusieurs médecins portaient alors ce nom de Duval : 
Simon Duval, de Rouen, licencié en 1649. 

Jacques Duval, d'Evreux, licencié en i543. 
Antoine Duval, bachelier en 1567. 



100 AMBROISE PARÉ 

Lamer, (i) Haultin, (2) Courtin, Martin, (3) Lusson, 
Rebours (4) et Héron. (5) 

Le lundi 2 août 1578, ces dix médecins furent 
convoqués, mais tous ne se présentèrent pas. On 
arrêta alors qu'ils donneraient leur opinion écrite 
à l'école assemblée qui déciderait quelle autorisa- 
tion serait accordée à l'auteur de ce livre. Les com- 
missaires furent en outre avertis d'avoir à produire 
publiquement les traités soumis à leur examen, afin 
qu'ils ne fussent mis au jour qu'après corrections. (6) 

11 est probable que la Faculté trouva qu'il n'y 
avait pas lieu d'exercer sa censure, car, le 8 février 
suivant, fut achevée d'imprimer la deuxième édition 
des Œuvres complètes. Elle ne présentait pas de 
grands changements ; outre quelques passages 
contre l'usage de la Mumie et de la Licorne, elle 
comprenait un nouveau traité : le Livre des ani- 
maux et de l'excellence de Vhomme, et le chapitre 
XVI du traité actuel des plaies darquebuses, dans 
lequel l'auteur nie la possibilité d'empoisonner les 
balles. 



(i) Pierre Lamer, docteur en novembre 1572, mort eu 1590. 

(2) Jean Haultin, docteur en 1694, fils de Jeanne Beaulnis remariée à 
Claude Huiselin, marchand et bourgeois de Paris, médecin par quartier de 
Henri IV ; très lié avec Paré, il fut présent à l'incision des gencives de ses 
enfants, assista à l'accouchement de xMme Simon, sa fille, en lôçg. Il parait 
avoir été le véritable traducteur des œuvres de Parc en latin ; il mourut 
âgé, le 14 juin i6i5. 

(3) Jean Martin, docteur en juillet 1572, médecin de Henri IV, mort 
en 1609. 

(4) Claude Rebours, docteur en 1572. 

(5) Gilles Héron, doyen de la Faculté en 1600, 1601 et i6o3, mort le 6 
mai 1607. 

(6) Commentaria Fac. Méd. Par. t. VIII- i° 99 et 102. 



AMBROISE PARÉ lOI 

Vers la fm de l'année, « le 8 octobre 1579, fut bap- 
tisée Jacqueline Paré. Le parrain, fut noble per- 
sonne M" Jehan Lallemant, seigneur de Voussé, (i) 
maître des requêtes et conseiller du Roy. — Les 
marraines, Marie Lallemant, (2) femme de M.... (3) 
Prévost des marchands de Paris, et Antoinette Lal- 
lemant, femme de M. Pierre Charles, auditeur du 
Roy, et conseiller en la chambre des Comptes. »(4) 
Disons de suite qu'elle fut enterrée au cimetière 
de St-André, le 13 septembre 1382, à l'âge d'environ 
trois ans. (5) 

Une nouvelle fille, nommée Catherine, fut bap- 
tisée à St-André des Arts, le 12 février 1581. Elle eut 
pour parrain M° Vincent Moussey, conseiller au 
Parlement. Les marraines furent Barbe Rousselet, 
femme de Didier Martin, archer de la garde du corps 
du Roy, et Catherine, fille de Paré. (6) 

Cette dernière Catherine, fille de Jeanne Mazelin, 
avait alors vingt ans passés ; son père la fiança à 
François Rousselet, frère de sa femme. Le 28 mars 
1581, par devant MM*^'' Guillaume de Netz et Nicolas 



(i) Seigneur de Vouzay (Cher), fils de François Lallemant. sieur de 
Marmagnes, conseiller et secrétaire du Roi, et de Jacquettc Boudet ; fut 
maître des comptes à Paris et grand audiencier de la chancellerie. Il avait 
épousé Marie Luillier. — Blanchard, Généalogie des maîtres des requêtes 
de l'hôtel, p. 28g, 

(2) Sœur du précédent, épousa Claude Daubray, seigneur de Bruyères- 
le-Chastel, conseiller, notaire et secrétaire du Roi, prévôt des marchands 
en 1578-79. 

(3) Daubray. 

(4) M. Figuier, d'après M. Chéreau. Vies des savants illustres de la- 
Renaissance. 

(5) Jal. 

(6) M. Chéreau cité par M. Figuier, ibid. 



102 AMBROISE PARE 

Le Camus, notaires au Châtelet, fut dressé son con- 
trat de mariage avec M" François Rousselet, tréso- 
rier de l'argenterie de Monseigneur, frère unique 
du Roi et secrétaire ordinaire de sa maison, en pré- 
sence de noble homme M^ Jacques Mareschal, con- 
seiller du Roi et procureur de Sa Majesté en la pré- 
vôté de son hôtel, et avocat en son conseil privé, 
cousin ; honorables hommes, M*^ Claude Viart, chi- 
rurgien juré à Paris, aussi cousin ; Charles Fournier, 
bourgeois de Paris, oncle maternel et subrogé-tuteur 
de la future ; Pierre de la Rue, aussi bourgeois de 
Paris, et oncle maternel par sa femme ; Louis de 
Prime, bourgeois de Paris ; Antoine Portail, chirur- 
gien ordinaire du Roi ; Jean Quiquebeuf, bourgeois 
de Paris, cousins maternels ; noble homme, M*^ Jean 
Le Noir, avocat en Parlement, seigneur de Garenne, 
et M^ Etienne Pinguet, procureur au Châtelet, et 
bailli du Mesnil Madame Rence, (i) amis de Cathe- 
rine ; de honorable personne Marie Boullaie, veuve 
de feu honorable homme Jacques Rousselet, en son 
vivant chevaucheur ordiflaire de l'écurie du Roi, et 
bourgeois de Paris, mère; Didier Martin, sieur de 
la Fontaine, archer des gardes du corps du Roi, 
beau-frère ; noble homme M" Martin Masparot, (2) 
conseiller du Roi, et maître ordinaire en sa chambre 
des comptes ; Etienne de Navyères, avocat au grand 



(i) Aujourd'hui, le Ménil-Amelot, cant. de Dammartin, arr. de Meaux 
(Seine-et-Marne). 

(2) Martin Masparault, conseiller du Roi, reçu maître des comptes le 
16 septembre i575, au lieu d'Hélie du Tillet, jusqu'au i"'" décembre i586, et 
remplacé alors par Guillaume Martin. {Nomenclature des officiers de la 
chambre des coîtiptes, P. 263 1, et KK. 888). 



AMBROISE PARA I03 

Conseil ; et François Bouterue, avocat en Parlement 
et au Châtelet, amis de François Rousselet. 

La future apportait en dot ses biens et droits pro- 
venant de la succession de sa mère. De son côté, 
Marie Boullaie, mère du futur, donnait à son fils 
une ferme et métairie appelée de Quinquempoix, 
située en la paroisse de Fontenay-en-Brie (i), et 
consistant en maison, cour, grange, étable et jardin, 
le tout clos de murs et couvert en tuile ; cinq arpents 
d'aulnaie, bois et saussaie, prés, et au dedans de 
ladite ferme, quarante arpents de terre labourable, 
y compris trois arpents de pré, plus quatre arpents 
de vigne, le tout provenant des conquets de feu son 
mari. 

Le futur abandonnait à sa future l'usufruit, sa vie 
durant, de cette ferme et de ses dépendances ; mais, 
au cas où il laisserait des enfants, elle ne jouirait 
que de la moitié, sinon elle prélèverait trente-trois 
écus un tiers de rente en douaire préfix. Par pré- 
ciput, le survivant prendrait ses habits, bagues et 
joyaux, jusqu'à concurrence de quatre cents écus 
d'or soleil (2). 

L'édition latine des Œuvres de Paré était prête ; 
il la soumit à la Faculté qui, dans sa séance du 
21 décembre 1581, s'éleva contre la prétention de 
Jacques Guillemeau, de s'attribuer faussement cette 
traduction, alors qu'elle était l'œuvre d'un docteur 
de l'Ecole. <-r C'était vraiment trop d'arrogance de la 

(i) Foûtenay-Trésigny (Seine-et-Marne), arr. de Coulomraiers, cant. de 
Rozoy-en-Brie. 
(2) Pièces justificatives, N» XXX. 



104 AMBROISE PARÉ 

part des chirurgiens, qui n'étaient même pas capables 
d'en écrire la première page en latin. >> On décida 
qu'il fallait agir prudemment au sujet du titre de cet 
ouvrage, et l'on nomma, pour étudier la question, 
Simon Piètre, Jacquart, Le Comte, Ellain. Rebours 
et Marescot. 

Le 30 décembre, ces médecins firent connaître 
leur opinion à la Faculté qui l'approuva. Elle s'oc- 
cupa surtout de changer le titre de l'ouvrage, et 
adopta le suivant : 

Ambrosii Parœi primarii Régis chirurgi Opéra 
latinitate donata à docto qiiodam viro : cura et 
diligentiâ Jacobi Guillemeau, chirurgi Parisiensis. 

Il fut remis à l'imprimeur Jacques du Puys ; toutes 
les feuilles portant en tête un titre différent devaient 
être biffées, déchirées et réservées pour un vil 
usage (i). 

On s'était également occupé de cette question 
dans le Parlement. Néanmoins, la « folie » de Guil- 
lemeau fut telle, dit l'auteur de la Synopsis (2), que 
le livre fut imprimé en Allemagne par ses soins, car 
on lit sur le frontispice le nom de Guillemeau comme 
traducteur, ce qui est le comble de l'impudence (3). 

On trouve, en effet, un privilège de l'Empereur, 
daté de Prague, le 31 octobre, et un autre, du Roi 

(i) Commentaires, VIII, fol. i66, V et 167. 

(2) Synopsis rerum memorabilium quœ in omnibus Commentariis médi- 
cinal Faciiltatis Parisiensis habentur...ab anno 1824 iisque ad annum 7676, 
mss. in-folio, à la bibliothèque de la Faculté. Cet ouvrage anonyme, 
attribué longtemps à Pajon de Moncets, aurait été écrit, suivant M. Ché- 
reau, par Bertin Dieuxivoye, doyen en 1682-84, et mort l'ancien des écoles, 
le 2 mai, 1710, âgé de 90 ans. 

(3) Synopsis, fol. 240, 



AMBROISE PARÉ I05 

de France, du 8 décembre 1581. Toutefois, Guille- 
meau dit, dans la dédicace à Marc Miron, qu'un de 
ses amis, homme absorbé par de graves études et 
par les affaires publiques, a fait cette traduction, 
mais à la condition que son nom ne paraîtrait pas. 
Ce nom a été révélé par Gui Patin, qui assure que 
cet ami était Hautin (i). 

Un nouveau sujet de discussion ne tarda pas à 
surgir. Le 31 août 1580, Christophe des Ursins (2), 
conseiller d'État et capitaine de cent hommes 
d'armes, fit, dans une promenade entre l'abbaye de 
Chally (3) et Armenonville (4), une chute de cheval 
fort sérieuse. La marquise envoya chercher Le Fêvre, 
médecin ordinaire du Roi, qui, pour lors, était à 
Gentilly (5), et Paré, qui accourut, de Paris, à che- 
val. La gravité du cas engagea ce dernier à appeler 
en consultation Pigray, de Mouron, Hautin, Coin- 
teret et Le Fort (6). Le blessé guérit, et demanda 



(i) Gui-Patin, Lettre a Spon, lijuin 1049. 

(2) Christophe Jouvenel des Ursins, seigneur de la Chapelle-Gautier, de 
Doue et d'Armenonville, marquis de Traisnel. gouverneur de Paris, et 
lieutenant général de l'Ile de France. Il était l'ainé des six enfants de 
François Jouvenel des Ursins et de Anne l'Orfèvre, dame d'Armenonville. 
Il épousa, en i557, Madeleine de Luxembourg, et mourut en i588. 

(.3) Chaalis, hameau de la commune de Fontaine-les-Corps-nus (Oise), 
ancien prieuré de l'ordre de Saint-Benoît, érigé en abbaye par Louis VI, 
en ii36. Louis d'Esté, cardinal de Ferrare et archevêque d'Auch, en était 
abbé de 1572 à i586. 

(4) Ermenonville, à 12 kil. de Senlis (Oise), ancienne vicomte, vieux 
château fréquenté par Henri IV, et où est mort J,-J. Rousseau. 

(5) Peut-être faut-il lire Chantilly (Oise), dont le beau domaine appar- 
tenait aux Montmorency, et, depuis i632, à la maison de Condé. 

(6) Rodolphe Le Fort, de Senlis, prévôt du collège de chirurgie, défendit 
activement les droits des chirurgiens. Il mourut le 22 juin 1606. 



io6 



AMBROISE PARE 



pourquoi on ne lui avait pas donné de mumie (i). 
Il désira aussi savoir ce que Paré pensait de la li- 
corne (2) ; telle fut l'origine du Discours de la 
mumie^ des venins, de la licorne et de la peste, qui 
parut à la fm de l'année 1582. 

Dans ce curieux traité, l'auteur s'élève contre les 
prétendues vertus de ces substances. Il raconte 
l'amusante histoire du juif d'Alexandrie qui embau- 
mait lui-même des cadavres, les vendant ensuite 
comme momies anciennes. En France, on dérobait 
de nuit des corps aux gibets, et après les avoir fait 
sécher au four, on les trempait dans de la poix noire. 
Le public avalait ainsi <^ la charogne puante et in- 
fecte des pendus, ou de la plus vile canaille de la 
populace d'Egypte >>. Il explique pourquoi les corps 
des Rois qu'il avait embaumés ne se conservaient 
pas, et rapporte qu'il a dans son cabinet un cadavre 
qui lui a été donné, il y a vingt-sept ans passés, par 
le lieutenant criminel Séguier, seigneur de la Ver- 
rière (3). 

Paré croit à l'existence de la licorne ; mais il sou- 



(i) Mumie ou Momie, corps embaumé au moyen de l'asphalte ou bitume 
de Judée {muinia mineralis) et d'autres substances : on la retirait des 
hypogées d'Egypte. Ses vertus imaginaires la faisaient employer sous 
toutes les formes contre les contusions, les chutes, les obstructions, 
l'asthme, la phthisie, etc. Elle est encore vantée en Orient. 

(2) Animal fabuleux dont les auteurs ont donné des descriptions diffé- 
rentes et qui figure sur des monuments égyptiens. Sa corne, lisse, 
rugueuse, ou rayée en spirale, de couleur variable, et d'une longueur allant 
d'une palme à trois mètres et demi, était douée de propriétés men-eilleuses 
contre les poisons, le venin des serpents, la morsure des chiens en- 
ragés, etc. On désignait sous ce nom les cornes de Vantilope oryx. les 
défenses du monodonmonoceros (Narval), de V espadon (^Xiphias gladhis), 
des cornes fossiles, etc. 

(3) Paré, III, p. 479, 481, 482, 



AMBROISE PARÉ IO7 

tient que sa corne n'a d'autre propriété que son prix 
considérable. La livre se vendait, en effet, 1536 écus 
soleil, ou 4608 livres ; — il dit ailleurs 3840 livres ou 
1280 écus. On en gardait une à Saint-Denis dont le 
Roi avait refusé cent mille écus. Il possédait une 
corne de vlétif (i), que lui donna M. Le Cocq (2), 
auditeur en la Chambre des Comptes, et dont il a 
représenté la figure ; elle mesurait trois pieds et 
demi de longueur ; son poids était d'environ cinq 
livres; elle était armée de cinquante et une dents (3). 

Quelque temps après, — le privilège porte la date 
du 7 janvier 1583, — parut une -?: Réponse (anonyme) 
au Discours sur la licorne, voue et approuvée par 
M. Grangier (4), doyen des escolles de médecine », 
12 p. in-8°. Paré riposta à cet écrit injurieux par une 
Réplique à la response faicte contre son discours 
de la Licorne. Paris, 1584, in-4" de 7 feuillets. On y 
lit qu'il a dépensé plus de mille écus pour faire 
graver ses planches; il ajoute qu'il n'a jamais oublié 
de nommer les auteurs auxquels il a fait des em- 
prunts, ainsi qu'on le voit par la table qu'il a dressée 
de leurs noms au commencement de ses œuvres : 
manière plus habile qu'exacte de répondre à cette 
accusation méritée. 

Les époux Paré n'avaient pu élever aucun de 



(i) La Scie, (Pristis), squale. 

(2) Louis Le Cocq, l'un des dix auditeurs créés en la chambre des comptes 
par l'édit de mai i573, reçu le 12 novembre de cette même année, et mort 
en 1577. 

(3) Parc, III, p. 471, 5o3, 5ob, 5 18. 

(4) Bonaventure Grangcr, reçu docteur le 3 aoiit 1572, doyen de la Facul- 
té en 1 582-83, mort en 1590. 



I08 AMBROISE PARÉ 

leurs fils ; aussi accueillèrent-ils avec joie la nais- 
sance d'Ambroise, qui. fut « baptisé le mercredi 8 
Novembre 1583. Les parrains étaient : M* Jacques 
Mareschal, conseiller du Roy, procureur de sa Ma- 
jesté en la Prévosté de son hostel, et grande Prévosté 
de France, et advocat au conseil d'Etat; et M* Jac- 
ques Guillemeau, chirurgien du Roy, juré à Paris. 
La marraine, demoiselle Anne de Mamères, — il 
faut lire Navières, — fille de M' Estienne de Ma- 
mères, — lisez Navières, — advocat au grand con- 
seil (i) ». Malheureusement, cet enfant suivit ses 
aînés; « il fut enterré le 19 août 1584, dans l'église 
Saint-André-des-Arts, près le cloché (sic) (2) ». 

C'est vraisemblablement vers cette époque que 
mourut Claude Viart, ainsi que cela résulte d'une 
quittance de sa veuve, en date du 16 mars 1584 (3). 
Il vivait encore en juin 1582, époque à laquelle on le 
voit assister, avec Paré, à une opération faite par 
Jean Charbonnel, maître barbier-chirurgien (4). C'est 
donc à tort que Devaux fixe sa mort au 19 septembre 
1585. 

Malgré son grand âge. Paré n'avait pas abandonné 
la clientèle; au mois de décembre 1583, il faisait 
amputer sous ses yeux une jambe par Denis Poullet, 
l'un de ses serviteurs (5). Il avait aussi conservé ses 
fonctions à la Cour. 



(i) M. Chéreau, cité par M. Figuier. 

(2) Jal. 

(3) Pièces justificatives, N» XXXII. 

(4) Paré, III, p. 681. 

(5) Paré, III, p. 682. 



AMBROISE PARÉ lOÇ 

Un compte de la Maison du Roi pour 1584, que 
nous reproduisons plus loin, donne la liste du per- 
sonnel médical attaché au souverain. On y voit que 
Paré, premier chirurgien, touchait 266 écus et deux 
tiers (i). 

Le 6 février 1585, il fit, par devant notaires, dona- 
tion à Jehan de La Rivière (2), escuyer, sieur de 
Pouges en Languedoc, prévôt-général de la maré- 
chaussée de France sous M. le duc de Retz, demeu- 
rant à Paris, rue des Petits-Champs (3), d'une grange 
couverte de tuiles, masure et courcelle joignant, le 
tout situé à Cormeilles en Parisis (4), rue Chefde- 
ville, et aboutissant par devant au fief des Girards. 
Cette propriété, achetée de diverses personnes, pen- 
dant son premier mariage, appartenait pour partie au 
donateur, et pour le surplus à Catherine, épouse de 
Rousselet, et audit sieur de La Rivière (5). Les motifs 



(0 Pièces justificatives, N" XXXIII. 

(2) Jean de la Rivière, écuyer, seigneur de Pouges, sénéchaussée de 
Beaucaire, lieutenant de la prévôté de l'hôtel, en i56b, puis prévôt gé- 
néral de la maréchaussée de France, en 1574. Le 14 juillet 1 566, fut dressé 
son contrat de mariage avec Louise Rogais, veuve de François Larcher, 
avocat en Parlement. Les témoins de la future étaient : Claude Lefevre, 
veuve de Geoffroi Rogais, avocat, mère; Jean Lefevre, avocat et lieutenant 
en la prévôté de l'hôtel, oncle maternel; Al'oert Lefevre. et Nicole Picard, 
docteurs en médecine, oncles maternels ; Pierre Robert, avocat, cousin ; 
Nicole Berthe, avocat ; ceux du futur, Pierre Godefroy, seigneur de la Tour, 
lieutenant en la prévôté de l'hôtel ; et Jean Thenard, procureur en la Cour, 
ces deux derniers amis dudit La Rivière. Les futurs se firent une donation 
mutuelle, et l'usufruit de la terre de Roissy, donné à Louise Rogais par 
son premier époux, fut réservé au sieur de La Rivière en cas de survie 
sans enfants. Cet acte fut insinué le 22 décembre i585 par Nicolas Gérard, 
avocat en parlement, fondé de procuration des époux domiciliés rue des 
Petits-Champs, à Paris. — (Archives Nationales, Y. 127. f" 195.) 

(3) Actuellement la rue Croix-des-Petits-Champs. 

(4) Canton d'Argenteuil, arr. de Versailles (Seine-et-Oise). 

(5) Pièces justificatives, N» XXXIV. 



IfO AMBROISE PARÉ 

de cette donation ne nous sont pas connus ; elle 
donna nécessairement lieu à une compensation 
envers Catherine, Il est singulier que Gui-Patin, 
ait ignoré que Paré avait été propriétaire dans la 
commune où lui-même possédait quelque bien. 

Gourmelen avait fait paraître, en 1580, un petit 
traité de chirurgie dans lequel il s'élevait de nouveau 
contre la ligature des vaisseaux après les amputa- 
tions. Fatigué de ces attaques incessantes , Paré 
résolut d'en fmir avec cet adversaire. La quatrième 
édition (i) des Œuvres complètes parut le 13 avril 
1585 ; il y ajouta V Apologie dans laquelle, après 
avoir invoqué le témoignage des anciens qui ont 
recommandé cette ligature, il rapporte un certain 
nombre d'opérations récentes où ce procédé a été 
heureusement appliqué. Il répond ensuite au re- 
proche de n'avoir pas décrit toutes les opérations 
conseillées par les anciens, ce dont il se félicite en 
montrant leur cruauté, ne voulant pas être appelé 
« carnifex » ; puis il raconte ses divers voyages à la 
suite des armées, entrant dans des détails sur cer- 
tains malades et sur quelques particularités intéres- 
santes, tout en persifflant son adversaire. 

Quoiqu'il ne fût pas nommé, Gourmelen se sentit 
atteint; un de ses élèves, B. Compérat, de Carcas- 
sonne, publia, le 15 septembre 1585, une Réplique à 

(i) On ne connaît pas la troisième édition, car on ne peut admettre 
comme telle, avec Malgaigne, la traduction latine de Guillemeau. Les exem- 
plaires des premières éditions sont rares ; nous n'en avons recontré que 
deux de la première et de la deuxième, et qu'un seul des quatrième et cin- 
quième éditions. Il n'est point impossible que la troisième se trouve dans 
quelque bibliothèque où l'absence du titre l'aura fait jusqu'à présent mé- 
connaître. 



AMBROISE PARÉ III 

une apologie publiée soubc^ le nom de M. Ambroise 
Paré, chirurgien à Paris, contre M. Estienne Gour- 
melen, docteur régent en la Faculté de médecine. — 
Paris, 1^8^, che^ Nicolas Nivelle, rue Saint-Jacques, 
aux Colomnes, in-8" de 62 pages. L'auteur y rappelle 
le procès de 1575, l'issue malheureuse de l'amputa- 
tion que Paré fit à son beau-frère ; il lui reproche 
d'avoir copié Gourmelen dans la traduction de Ma- 
lesieu ; il ajoute que Paré n'a pu faire de démonstra- 
tions publiques aux écoles, parce qu'il lui était impos- 
sible de traduire aux assistants le discours latin du 
docteur qui présidait. « Il est, dit-il, assez garni de 
petites sornettes ; aussi s'il a parlé, ça été plutôt 
pour faire rire l'assistance que pour lui apprendre 
quelque chose. » Il n'est pas l'auteur de son livre, 
parce que telle marchandise ne pouvait sortir de son 
magasin. Quant à l'extirpation de matrice qu'il dit 
avoir faite, demy année après, la femme mourut, et 
la matrice fut trouvée toute entière, en présence de 
MM. Le Baillif (i), docteur régent, et Louis Le Brun, 
chirurgien juré à Paris. Ce libelle resta sans réponse. 
Les rapports de Paré avec sa fille et son gendre 



(i) Jean Roch le Baillif, sieur de la Rivière, né à Falaise vers i5^o ; mé- 
decin paracelsiste, il fut obligé de justifier sa pratique devant la Faculté, 
et publia le Vrai discours des interrogatoires faites en la présence de MM. de 
la Cour du Parlement, par les Docteurs-Régents de la Faculté de médecine 
de Paris, à Roch le Baillif, surnommé la Rivière, sur certains points de sa 
doctrine; Paris i579, io-B", et, la même a.nnéc, Sommaire défense, etc. Le 
Démosterion avait paru l'année précédente. Il était le médecin du duc et de la 
duchesse de Mercœur. Carrère rapporte que, se sentant près de sa fin, il 
lit venir ses gens l'un après l'autre, et leur distribua son argent et ses 
meubles, leur ordonnant de partir à l'instant. Ses médecins étant survenus, 
lui dirent qu'ils avaient trouvé les portes ouvertes et la maison vide. « Adieu 
donc, dit-il, il est temps que je m'en aille aussi puisque mon bagage est 
parti », et il mourut bientôt après, le 5 novembre i6o5. 



112 AMBROISE PARÉ 

n'étaient pas des plus faciles. Ceux-ci refusaient 
depuis longtemps d'accepter son compte de tutelle, 
et peu s'en fallut qu'un procès s'engageât à cette 
occasion. Des amis s'entremirent pour éviter cette fâ- 
cheuse extrémité, et, le 27 mars 158b, un arrangement 
fut conclu entre les époux Paré, d'une part, et François 
Rousselet, conseiller et contrôleur général de la 
maison de la Reine de Navarre, et Catherine, sa 
femme, d'autre part, lesquels, moyennant la somme 
de deux mille sept cents écus sol., qu'ils reconnurent 
avoir reçus, tinrent quitte Paré, et le dégagèrent de 
la caution qu'il avait fournie pour Rousselet, à cause 
de sa charge de receveur des tailles et taillon à 
Meaux. 

Cet accord ne suffit pas à satisfaire Rousselet qui 
ne se pressa point de le faire enregistrer. C'est pour- 
quoi, le 14 mai suivant. Paré le fit citer devant 
M"^ Antoine Duprat (i), garde de la prévôté de Paris, 
pour entendre ordonner que cet acte serait insinué 
malgré les défendeurs, et vaudrait tout comme si 
cette insinuation avait été faite du consentement des 
parties. Rousselet demanda le renvoi de l'affaire aux 
Requêtes du Palais, où il avait ses causes. Mais elle 
fut retenue, et défenses faites de la renvoyer aux 
Requêtes (2). 

(i) Antoine Duprat. chevalier de l'ordre du Roi, baron de Thiers, de 
Vitteaux et de Thoury, seigneur de Xantouillet, de Précy, de Rosoy et de 
Formerie, conseiller et chambellan ordinaire du Roi et prévôt de Paris, en 
1547, fils aîné d'Antoine Duprat, chancelier de France, archevêque de Sens, 
cardinal et légat perpétuel, et de Françoise de Veiny, épousa, en i527, 
Anne d'Alègre, fille de François d'Alègre, comte de Joigny, seigneur de 
Précy, et de Charlotte de Châlons, dame de Vitteaux. li mourut le 
29 mai 1557, âgé de 55 ans. 

(2) Pièces justificatives, N» XXXV. 



AMD110I3E PARE 



Il3 



Les époux Rousselet eurent huit enfants, savoir : 
I" Florentin, baptisé le vendredi 24 juillet 1587; 
la marraine était Jeanne Paré, veuve de Claude 
Viart, en son vivant, chirurgien à Paris (i) ; 
2° Nicolas, baptisé le 5 octobre 1588 (2) ; 
3° Charles, baptisé le 4 janvier 1590; les parrains 
furent Charles Maselin, trésorier de la compagnie de 
Claude de laChastre, qui devint maréchal de France, 
et Jacques Guillemeau, chirurgien juré ; la marraine 
fut Anne Paré, fille de Antoine Paré, chirurgien 
juré à Paris ; 

4° Estienne, baptisé le 13 août 1594; 
5° Marguerite, baptisée le 23 janvier 1596; 
6" Catherine, baptisée le 22 juillet 1599; elle eut 
pour marraine sa tante, Catherine Paré ; 
7° Denis, baptisé le 14 octobre 1601; 
8'^ Henri, baptisé le 14 mars 1605 (3)- 
Parvenu à une vieillesse avancée, A. Paré fit son 
testament, le i" juillet 1587. Entre autres disposi- 
tions, il donnait, par moitié indivise, à ses deux 
filles, Anne et Catherine, issues de son second ma- 
riage, une maison située rue Garancière, au fau- 
bourg Saint-Germain-des-Prés, et provenant de son 
partage avec François Rousselet , son gendre et 
beau-frère. A Denis Gaultier, il léguait son manteau 
de serge, ses instruments, etc., s'il était encore à son 
service au jour de son décès; il exprimait enfin le 

(1) Jai. 

(2) Haag, La France protestante. 
(3)Haaget Jal. 



114 AMBROISE PARÉ 

désir d'être inhumé en l'église de St-André-des-Arts, 
avec le moins de pompe possible (i). 

Outre ses maisons de la rue de l'Hirondelle, sa 
succession comprenait encore un domaine situé à 
la Ville-du-Bois (2), près de Montlhéry (3). 

Il y avait plus de quatre ans que Jeanne Paré 
était veuve, lorsqu'elle résolut de se remarier; elle 
avait alors 30 ans environ. Le 29 novembre 1587, fut 
signé en l'hôtel de Paré, rue du quai des Augustins, 
paroisse Saint- André-des-Arts, et par devant Nico- 
las Choquillat et Philippe TuUone, notaires au Châ- 
telet, le contrat de mariage de honorable personne 
M^ François Forest, natif d'Orléans, adjoint pour le 
Roi aux enquêtes du Châtelet de Paris, et clerc de 
M. le lieutenant civil, et de honorable femme Jeanne 
Parée {sic), veuve de feu honorable homme Claude 
Viart, médecin-chirurgien juré à Paris, en présence 
de M^Jacques Bazin, commissaire et examinateur de 
par le Roi audit Châtelet, et M'^ Claude Hardy, pro- 
cureur audit Châtelet, amis du futur ; et de nobles 
hommes M-^ Ambroise Paré, conseiller et premier 
chirurgien du Roi, oncle ; François Roussel {sic)^ 
conseiller et contrôleur général de la maison de la 
Reine de Navarre, sœur unique du Roi, cousin; 
Didier Martin, sieur de la Fontaine, archer de la 
garde du corps du Roi, aussi cousin ; Jacques Ma- 
reschal, conseiller du Roi, procureur de Sa Majesté 

(i) Communication orale de M. Bégin. 

(2) Cant. de Palaiseau, arr. de Versailles (Seine-et-Oise) 

(3) Arr. de Corbeil (Seine-et-Oise), célèbre par une forteresse élevée 
en 99g par Thibaut File-Étoupe, et détruite par Louis VI, qui ne laissa 
subsister que la tour encore existante. 



AMBROISE PARÉ Il5 

en son hôtel et avocat du Roi au conseil d'Etat; et 
Jacques Guillemeau, chirurgien du Roi, amis de la 
future. Le régime était celui de la communauté. 
Jeanne ameublit à son futur la somme de six cents 
écus soleil et celui-ci constitua en douaire à sa 
femme cinquante écus soleil de rente. Par préciput, 
le futur devait reprendre ses habits et meubles jus- 
qu'à la somme de deux cents écus ; la future, ses ha- 
bits, bagues et joyaux jusqu'à pareille somme; le 
survivant aurait l'usufruit de la moitié des biens du 
prédécédé (i). 

Le II janvier 1588, leur mariage fut célébré à 
Saint-André-des-Arts (2). Qiiinze mois après, le 20 
avril 1589, fut baptisé leur fils François. Cet enfant 
ne vécut pas probablement, car, le 11 mai suivant, 
par devant M*^' Pierre de Briquet et Jean Marchant, 
notaires au Châtelet, François Forestet sa femme se 
firent donation mutuelle et réciproque de l'usufruit 
de tous leurs biens, pour le survivant en jouir au 
décès du prémourant (3). Nous ignorons s'ils eurent 
d'autres enfants. 

Lorsque, le lendemain de la journée des Barri- 
cades, Henri III quitta Paris, son grand âge ne 
permit pas à Paré de le suivre. Ce furent Pigray et 
Portail , ses chirurgiens ordinaires, qui accompa- 
gnèrent le Roi et lui donnèrent des soins lorsqu'il 
tomba sous le couteau de Jacques Clément. Mais, 
quoiqu'en disent V Index funereus et les Mémoires 

(i) Pièces justificatives, N» XXXVII. 

(2) Jal. 

(3) Pièces justificatives, X» XXXVIII. 



ii6 



AMDROISE PARE 



du duc d'Angoulême (i), Paré conserva, au moins 
jusqu'à la mort de ce prince, les fonctions de pre- 
•mier chirurgien. On en trouve la preuve dans un 
état de la maison du Roi pour l'année 1589, transcrit 
dans le manuscrit de Jérôme de La Noue (2) que 
possède la bibliothèque de l'École de médecine. 
Nous le donnons ici à cause de la division du service 
par quartiers, indiquée par de La Noue qui en faisait 
lui-même partie, et parceque Malgaigne l'a inexacte- 
ment reproduit (3) : 



(i) On y lit que Portail était premier chirurgien de Henri III. — Collec- 
tion Michaud et Poujoulat, t. XI, p. 65. 

(2) Fils de Mathurin de la Noue chirurgien de Henri II, lequel mourut le 
4 septembre i555, suivant une note de son fils, Jérôme étudia la médecine 
et la chirurgie, devint chirurgien de Catherine de Médicis et des rois 
Charles IX, Henri III et Henri IV, et juré du Châtelet, et fut doyen du 
collège de chirurgie. Il a laissé un manuscrit rempli de renseignements 
précieux pour l'histoire de son art, et qui appartient à la bibliothèque de la 
Faculté de médecine de Paris. Le 4 décembre 1604, il figure comme curateur 
de son beau-frère, Jean Le Grand, pour lequel il accepte un transport de 
biens situés à Ba lly. — (Arch. Nat. Y. 143, fol. 383, vo.) En 1607, il possé- 
dait, du chef de sa femme, une maison située rue des Gravilliers, à l'ensei- 
gne du Plat de bois ; il habitait, rue St-Germain l'Auxerrois, une autre mai- 
son appartenant également à sa femme. Anne Le Grand, fille de Jean Le 
Grand, procureur au Châtelet, et de Marie Le Boullangier, dont il eut plu- 
sieurs enfants. L'aîné, Jean, chirurgien juré du Roi au Châtelet, fut doyen 
du collège de chirurgie, et mourut le 3 juin i652. Il avait épousé Marthe de 
Villiers, et le 24 mai 1619, ils se firent une donation mutuelle de tous leurs 
biens. (Arch. Nat. Y. 160, fol. 194.) Jérôme, son autre fils, embrassa l'état 
ecclésiastique. Après avoir reçu l'habit des mains du R. P. Ange Massin, à 
l'ermitage de Saint-Ange, près de Viterbe, il rev nt en France l'année sui- 
vante, et se retira dans l'ermitage du Mont-Vaiérien où il fut enfermé sous 
le nom de frère Séraphin, par l'archevêque de Paris et l'abbé de Saint-De- 
nis, afin d'y finir ses jours. Il y vécut des aumônes de la reine Marguerite de 
Vallois. Néanmoins, il quitta cette retraite et alla se fixer dans l'ermitage de 
lafontaine Saint-Fleue, près d'Argcnteuil. Le 12 juin 1620, son père et sa 
mère lui constituèrent une rente de i5o livres, « pour lui donner moyen de 
vivre et de soy entretenir honnestement. » (.irch. Nat. Y. 164. fol. 149.) 
Jérôme de la Noue, chirurgien, mourut le 17 février 1628 ; son fils Jean, hé- 
rita de ses places. 

(3) Paré, I. Introduction, p. ccxciii. 



.\MBF<OISE PARE II7 

Extrait de V Estât général de la Maison du feu 
Roy, expédié pour Vannée mil cinq cent quatre- 
vingt-neuf {i) : 

Premier chirurgien : 
M® Ambroise Paré, 266 écus, deux tiers (2). 

Chirurgiens ordinaires : 

M^ Pierre Pigray, 333 écus, un tiers (3). 
M'' Anthoine Portail, 333 écus, un tiers. 

Autres chirurgiens servans par quartier : 
Janvier, février et mars. 

M^ Jacques Guillemeau, 100 écus (4). 
M® Ysaac Brunet, 100 écus. 

Avril, mai et juin. 

M® Jehan Lavernot, 100 écus. 
M® Jacques d'Amboyse, 100 écus. 

Juillet, août et septembre. 

M" Ysmaël Lambert, 100 écus. 
M®Hierosme de La Noue, 100 écus. 

Octobre, novembre et décembre. 

M® Charles Bachelier, 100 écus. 
M® Michel Vaudelon, 100 écus (5). 

(i) Et non 158-, ainsi que l'a lu ]Malgaigne. 

(2) Malgaigne a lu 666 livres 12 sols. 

(3) Malgaigne a lu 333 livres 6 sols. 

(4) Malgaigne a lu 100 livres. 

(5) Mss. de J. de La Noue, fol. 129, v". 



Il8 AMBROISE PARÉ 

Malgré les années, Ambroise Paré n'avait rien 
perdu de son énergie. Resté à Paris pendant le long 
siège dont il subit toutes les horreurs, il rencontra, 
vers le 20 octobre, au bout du pont Saint-Michel, 
l'archevêque de Lyon (i), et l'adjura, dans un lan- 
gage aussi ferme qu'élevé, de s'employer activement 
à la conclusion de la paix. Il n'eut pas la conso- 
lation de voir son vœu exaucé ; deux mois après, il 
succombait. « Le jeudi, 20 de décembre 1590, veille 
de la Saint-Thomas, mourut en sa maison maistre 
Ambroise Paré, chirurgien du Roy, âgé de quatre- 
vingts ans, homme docte et des premiers de son 
art (2) .» 

Cette date est restée longtemps méconnue. De- 
vaux, qui, dans la première édition de V Index fu- 
nereus, l'avait fixée au 23 avril 1592, la rétablit dans 
la seconde, terminée en 1729, au 20 décembre 1590, 
en renvoyant au registre A, fol. i, du Collège de 
chirurgie. En 1771, Goulin (3) déclare avoir lu dans 
les registres de la paroisse de Saint-André, la date 
du 22 décembre comme étant celle de son inhuma- 
tion. Enfin, Jal rapporte en ces termes la mention 
qu'il a relevée à la même source : « En ce mesme 
jour de sabmedi, 22^ de décembre 1590, a esté en- 



(i) Pierre d'Espinac, archevêque de Lyon vers la fin du xvi* siècle, fils 
de Pierre d'Espinac, lieutenant du Roi en Bourgogne et en Lyonnais, et 
de Guicharde d'AIbon, fut comte, doyen de l'église de Lyon, puis arche- 
vêque en 1574, après Antoine d'AIbon, son oncle. Il voulait être cardinal; 
n'ayant pu y parvenir, il se jeta dans le parti de Guise. Arrêté avec le 
cardinal de Lorraine, son neveu »idmond de Malain obtint sa grâce. Il 
resta malgré tout ami de Mayenne, et mourut le g janvier 1599. 

{2) Journal de VEstoile, édition ChampoUion, t. Y, p. 65. 

(3) Lettre à M. Frcron. — Amsterdam, 1971. p. 77. 



AMr;ROISK PARK I IQ 

terré dans l'église Saint-André-des-Arcs à Paris, au 
bas de la nef, proche le cloché (5/^), M^ Ambroise 
Paré, premier chirurgien du Roy ». Malgré la vo- 
lonté qu'il avait manifestée, on lui fit des funérailles 
dignes de lui, ainsi que le témoignent des reçus qui 
sont entre les mains de M. Bégin. Le passage de 
l'Estoile que nous venons de citer, indique claire- 
ment l'époque de la naissance et la date de la mort 
du grand chirurgien, dont on lisait encore l'épitaphe 
à la fin du siècle dernier dans le lieu de sa sépul- 
ture (i). 

Sa succession comprenait des créances d'un re- 
couvrement difficile. Le 13 juin 1595 , François 
Choisnin (2), chanoine de Notre-Dame de Paris , 
reconnut par devant notaire qu'il devait à la veuve 
d' Ambroise Paré trente-trois écus un tiers, formant 
la moitié d'une somme double dont il était, conjoin- 
tement avec son frère, maître Gilles Choisnin, dé- 
biteur envers François Rousselet, et que celui-ci 
avait transportée à Ambroise Paré. Comme garantie, 
Choisnin remit deux chapes avec leur hermine, 
garnies. Tune de parements de velours rouge, et 
l'autre de parements de velours brun, plus un man- 
teau de serge de Florence, le tout à demi usé, s'en- 
gageant à s'acquitter avant la mi-août. 

Le 8 novembre suivant, Jacqueline ayant été dé- 
sintéressée, remit à François Rousselet l'obligation 

(il Peyrilhe. Ilist. de la chirurgie, t. III, rass. 

(2) François Cho.snin fut reçu chanoine de Notre-Dame de Paris, le 9 
janvier 1595, au lieu et place de Guillaume Manuel, à la suite d'un échange 
de l'ahhaye de Saint-Ruf, de Valence, dont était pourvu ledit Choisnin, 
contre la prébende de Manuel. (Archives Nationales, LL, 2'-'x), f 09). 



120 AMBROISE PARE 

de soixante-six écus, six sols, dix deniers tournois, 
souscrite au profit de ce dernier et d'Ambroise Paré, 
ainsi que la procédure suivie contre les deux débi- 
teurs. Jacqueline Paré habitait alors la maison de la 
Vache (i). 

On voit dans les registres censiers de l'abbaye de 
Saint-Germain-des-Prés que, outre celles de la rue 
de THirondelle, Paré laissait à ses filles deux mai- 
sons situées rue Garancière. Tout à côté, François 
Rousselet en possédait une, estimée S33écus i tiers. 
Nous donnons quelques extraits de ces registres 
relatifs à ces maisons et à celles des voisins de Paré 
dont le nom se trouve dans ce travail, de façoii à 
établir la situation exacte de ces propriétés (2). 

Des neuf enfants qu'il avait eus de ses deux 
femmes, Paré ne laissait que trois filles, dont deux 
étaient fort jeunes encore ; la troisième était mariée : 
il avait eu la douleur de ne pouvoir élever aucun 
héritier de son nom. 

Anne, l'aînée de ces deux dernières, fut « fiancée 
le jeudi quatrième jour de juillet 1596, avec Henri 
Simon, conseiller du Roy et trésorier principal de 
l'extraordinaire des guerres en Bourbonnois et en 
Nivernois, demeurant en la paroisse Saint-Etienne- 
du-Mont >>, et, le 8 du même mois, eurent lieu les 
épousailles (3). 

Trois ans après, la naissance d'un enfant mit ses 
jours en danger. «L'an 1599, Madamoiselle Simon, à 

(i) Pièces justificatives, N"' XLI et XLII. 

(2) Pièces justificatives, N^XL. 

(3) Jal. 



AMBROISE PARE 121 

présent vivante, fille de Monsieur Paré, conseiller 
et premier chirurgien du Roy, estant preste d'ac- 
coucher, fut surprise d'un grand flux, de sang, ayant 
près d'elle Madame La Charonne, pour sage-femme, 
estant pareillement assistée de M. Hautin, médecin 
ordinaire du Roy et docteur en médecine à Paris, et 
M. Rigault, aussi médecin à Paris, à raison des 
grandes sincopes (sic) qui lui prenaient de quart 
d'heure en quart d'heure, pour la perte de sang 
qu'elle faisait : Monsieur Marchant, mon gendre, et 
moy, fusmes mandez : mais la considérant presque 
sanspoulx, ayant la voix foible, les lesvres blesmes, 
je fis prognostic à la mère et à son mary, qu'elle 
estait en grand danger de sa vie, et qu'il n'y avait 
qu'un seul moyen pour la sauver de ce mal, qui 
estait de la deslivrer promptement : ce que j'avais 
vu faire à feu M. Paré, son père, me l'ayant faict 
faire à une damoiselle de Madame de Seneterre. 
Lors ladicte mère et mary nous conjurèrent de la 
secourir, et qu'ils la mettoient entre nos mains pour 
en disposer : ainsi promptement, suivant l'advis de 
Messieurs les Médecins, fut heureusement accouchée 
d'un enfant plein de vie (i) ». Pourtant, cet enfant 
ne vécut pas, car, le i8 juillet 1616, Henri Simon et 
Anne Paré, sa femme, « n'ayant à présent aucuns en- 
fans », se firent, par devant Jean Chapelain l'aîné et 
Claude Le Vasseur, notaires garde-notes du Roi en 
son Châtelet de Paris, donation mutuelle et réci- 
proque de l'usufruit de tous les biens meubles et 

(i) J. Guillemeau, L'heureux accouchement des femmes. Paris 1606 
chap. XIII. 



122 AMBROISE PARE 

immeubles qu'ils posséderaient au moment de leur 
mort (i). 

« Le lundy, 26^ jour du mois de juing, an mil six 
cent, décéda, rue de TYrondelle, Jacqueline Rou- 
selet (sic), vefue de deffunct M^ Ambroise Paré, le 
corps de laquelle fust inhumé le iour suivant, en 
l'église Saint- André-des-Arcs (2) ». 

Sa dernière fille, Catherine, épousa en la même 
église, le 29 septembre 1603, Claude Hédelin, con- 
seiller en la chambre du trésor, demeurant sur le 
territoire paroissial de Saint-Germain-le-Vieil (3), 
dans la Cité (4). Celui-ci, issu d'une famille noble 
originaire de Souabe, avait exercé la profession d'a- 
vocat ; Antoine Loisel en parle dans son Dialogue 
des avocats. Très lettré, il cultiva la poésie latine et 
française et traduisit les Héroïdes d'Ovide. On 
trouve de ses vers dans les Muses françaises ; le 
Royaume de la fève obtint un grand succès. Fixé à 
Nemours (5) vers 1610, il fut pourvu en 1614 de la 
charge de lieutenant-général du bailliage. Fils de 
Jacques Hédelin, escuyer, et de Madeleine Bouvot, il 
était sieur de Chauffour, Montatelon et Bois-Regné. 
Ses armes étaient : d'azur, au chevron d'or, au ros- 
signol de même en pointe, cimier, et deux lions en 

(i) Pièces justificatives, N» XLIV. 
(3) Jal. 

(3) Cette église, située rue du .Marché-Neuf, avait remplacé une ancienne 
chapelle de Saint-Jean-Baptiste existant des le V"'^ siècle. Elle a été dé- 
molie vers 1802. 

(4) Jal. 

(5) Chef-lieu de canton arr. de Fontainebleau (Seine et Marne). Le du- 
ché, érigé en 1404, appartint à la maison de Savoie de i5i5 à 1666 
Henri III y conclut en i585 un traité avec les ligueurs. 



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124 AMBROISE PARE 

-supports. Il mourut le i8 avril 1638, dans sa 68" an- 
née, et fut enterré dans la chapelle de Saint-Pierre 
en l'église Saint-Jean-Baptiste de Nemours (i). Ca- 
therine Paré, sa veuve, décéda le 11 novembre 1659. 
Les archives du château de Paley conservent une 
série de lettres adressées par elle à ses enfants. 
Nous en détachons une qu'elle écrivit à l'abbé d'Au- 
bignac, (2) et que nous reproduisons en autogra- 
phe, ainsi qu'un curieux arrangement domestique 
conclu avec son fils Anne , que nous donnons 
plus loin (3). Enfin, nous publions un compte de frais 
payés en 1560 pour ses obsèques (4). Claude Hédelin 
avait eu douze enfants : 

i'' L'aîné, François, né à Paris, le 4 août 1604, f^t 
élevé à Nemours, où il débuta au barreau. Il em- 
brassa ensuite l'état ecclésiastique ; le cardinal de 
Richelieu lui confia l'éducation du duc de Fronsac, 



(i) Par acte passé le 24 décembre 1645 par devant .M <^ Débonnaire notaire à Ne- 
mours, la famille Hédelin obtint pour sa sépulture la chapelle de Saint- 
Pierre. Madeleine Bouvot, mère de Claude, Claude Hédelin, Fabbé d'Au- 
bignac, Anne et Françoise Amy sa femme, Louis, Catherine Paré, etc., 
y sont inhumés. 

(2) 1643. 20 octobre. — Je recognois que mon filz fransois Hédelin, abbé 
d'Aubigna, m'a baillé et preste huict ving livres saises soubz, scavoir six- 
vingt livres saises soubz pour payer du plong qu'il m'a fallut mettre à 
deux goutière en maison où je suis demeurant, et quarante livres qu'il 
m'a prestée pour aider aux fraictz de mes vandange en cette présante 
année. Laquelle somme de huict-ving livres saises soubz je -lui prometz 
payer à sa volonté. 

Faict ce vingtiesme octobre mil six cent quarante trois. 

Catherine Paré. 
Au dos on lit ; A Monsieur, Monsieur l'abbé Hédelin à Paris. 
Et plus bas : de ma mère pour huit vingts livres seize sous. 

(Archives du château de Paley). 

(3) Pièces justificatives, N" XLVHL 

(4) Pièces justificatives, N» XLIX. 



AMBROISE PARÉ 125 

et lui donna Fabbaye d'Aubignac (i), au diocèse de 
Bourges, et celle de Meimac (2), du diocèse de Li- 
moges. Fronsac lui constitua en outre une pension 
viagère de 4000 écus, dont il jouit jusqu'à sa mort. 
Célèbre par son esprit et son érudition, il fonda dans 
sa maison une société appelée Y Académie de l'abbé 
d'Aubignac, pour laquelle il sollicita vainement le 
titre d'Académie royale, et dont l'existence fut de 
courte durée. Retiré à Nemours, auprès de son frère 
Anne, il y mourut le 25 juillet 1676. D'Aubignac a 
composé des œuvres de théâtre et divers autres 
ouvrages. Ennemi de Corneille et de Ménage, il 
lut assez maltraité par Voltaire. 

2° Anne, né à Nemours le 20 juillet 161 1, sei- 
gneur du Martroy, Chauffour, Montatelon et Bois- 
Regné, conseiller du Roi et lieutenant-général civil 
et criminel après son père. Par lettres du 9 mars 
1654, il fut pourvu de l'office de lieutenant-criminel 
de robe courte en la ville, bailliage et duché de 
Nemours. Le 13 mars suivant, on procéda à une 
information de vie, mœurs et religion dans laquelle 
déposèrent : 

1° Guillaume Malet, prêtre, curé de Saint-Pierre- 
d'Ormeau, en Brie, connaît Anne Hédelin dès sa 
plus tendre jeunesse pour être issu de bonne famille 
et faire profession de la religion catholique ; 

(i) Abbaye de l'ordre de Citeaux, fondée en ii38, dans l'archiprêtré 
d'Argenton, sur le Cher, près de Saint-Benoit du Sault. 

(2) Abbaye de l'ordre de Saint-Benoit, fondée vers loSo, par Arcliem- 
bald, vicomte de Comborn, selon Mabillon, ou vicomte de Ventadour, 
d'après Edmond Martenne. Elle était située sur les confins du diocèse de 
Limoges, vers l'Auvergne, près de Ventadour, entre la Vezère et la Dor- 
doçrne. 



120 AMBROISE r-ARÉ 

2° Bertrand Hérault, secrétaire de M. Ménardeau, 
conseiller en la Cour, a connu le père d'Anne 
Hédelin, qui exerçait la charge de lieutenant-gé- 
néral à Nemours ; 

3° Martin Guilbert, bourgeois de Paris ; 

4° Jean Guillon, marchand à Nemours ; 

5*^ Claude Desnotz, avocat en Parlement, dépose 
avoir connu ledit Hédelin dans l'exercice de sa 
charge de lieutenant-général, remplissant dignement 
ses fonctions et pratiquant la religion catholique. 

Anne Hédelin fut reçu le lendemain (i). 

Ayant introduit dans une procédure des expres- 
sions qu'un certain Jean de Villemereux, sieur de 
La Mothe, en Bourgogne, trouva blessantes pour 
son honneur, Anne fut condamné par arrêt du Par- 
lement, en date du 25 octobre 1661, à des dom- 
mages-intérêts. Comme il ne les payait pas, on lui 
saisit deux chevaux estimés cinq cents francs, dont 
François Paulmier, marchand à Fontainebleau, fut 
établi commissaire (2). 11 épousa, le 13 février 1643, 
Françoise Amy, fille d'Ambroise Amy, procureur 
en la Cour, et de Marie Arnoulet. Devenu veuf, en 
mars 1654, Anne mourut le 13 février 1692. 

Louis, leur fils, écuyer, sieur de Chauffour, Mon- 
tatelon, Bois-Regné, du Martroy, Lallier, lieutenant- 
général de Nemours, naquit le 19 mars 1646, épousa, 
par contrat du 16 octobre 1668, damoiselle Jeanne- 
Marie AUegrain, fille de François, écuyer, seigneur de 
Dian, conseiller d'Etat du Roi et son lieutenant- 

(i) Archives Nationales, Z. 3704, f°445 et Z ic, 14. 
(2) Pièces justificatives, N» L. 



AMBROISE PARE I27 

général à Melun, et de damoiselle Marie Chariot. 
Il mourut à Nemours, le 21 janvier 1706, et sa 
femme décéda le 24 février ibçi. Ils eurent dix-huit 
enfants, parmi lesquels : 

François, né le 20 février 1673, lieutenant-général 
à Nemours, posséda toutes les charges de son père, 
et mourut le 2 octobre 1742. Il épousa, le 24 octo- 
bre 1703, damoiselle Catherine Guyot, décédée le 
4 mars 1715, laissant trois filles, dont la dernière, 
Catherine-Auguste , née le ig septembre 1714 , 
épousa, le 10 janvier 1735, Louis-Marie Le Petit, 
fils de Jacques Georges, secrétaire du Roi, et de 
Marie Elisabeth Maréchal, lequel mourut en 1750; 

3° Jacques, écuyer, sieur de Montatelon, né le 8 
avril 1614, commandant en chef de Belle-Isle, épousa 
Marguerite de Romillé, le 12 mars 1654. Il mourut 
le 17 janvier 1667, à St-Michel-le-Chef, en Bretagne, 
laissant trois enfants. L'un d'eux, Henri, écuyer, 
sieur de Montatelon et de la Souchaye, né le 19 
août 1657, commanda un bataillon du régiment de 
Saulx. Il épousa, en juin 1695, damoiselle Fran- 
çoise de Cazalis, décédée à Nantes le 25 avril 1739. 
Il mourut le 4 mars 1704, ne laissant pas d'enfants; 

4° Claude, écuyer, sieur de Saint-Père, lieutenant 
au régiment d'Alsace, fut tué à la bataille de Co- 
blentz ; 

5° Henri, écuyer, sieur de Bois-Regné, capitaine 
au régiment d'Alsace, commandait le régiment de 
Senantes, lorsqu'il mourut de deux coups de feu, 
au siège de Carrue, en Italie, l'an 1640; 

6" Michelle, épousa en premières noces, le 3 mars 



120 AMBROISE PARE 

1631, Claude des Barres, écuyer, sieur de Saint- 
Martin de Brechainville, gentilhomme du diocèse 
de Langres, et en secondes noces, Louis Chapotin, 
sieur de Darnault, écuyer, bailli de Nemours, qui 
mourut le 4 octobre 1657. Michelle décéda en 1659 ; 

7° Madeleine, née le 12 avril 1613, morte religieuse 
Feuillantine à Paris; 

8° Marie, née le 31 janvier 1616, épousa, le 5 no- 
vembre 1645, Pierre Marchant, avocat en Parlement. 
Elle mourut en couches ; 

9° Geneviève, née le 15 octobre 1617, religieuse 
de la congrégation de Notre-Dame de Nemours (i); 

10° Louise, née le 30 janvier 1619, religieuse à 
Nemours ; 

11° Catherine, morte fille le 23 février 1673 'y 

12° Jeanne, née le 23 juillet 1625, épousa Jacques 
Langlois, commissaire des guerres, le 12 janvier 
1648, mourut le 24 mars 1699, et fut inhumée en 
l'église Saint-Etienne-du-Mont (2). 

Le nom d'Hédelin s'est éteint à Nemours, il y a 
quelques années seulement ; mais cette famille 
compte encore des représentants. Parmi eux, nous 
citerons d'abord Madame la marquise Thury Le 
Charron, dont le mari, feu M. le marquis Le Char- 
ron, descendait de Louis Marie Le Petit, dernier 

(i) Le 12 Mars i655, Anne Hédelin paie aux religieuses de la congrégation 
de Notre-Dame de Nemours la somme de 750 livres pour la pension 
viagère que Catherine Paré sa mère s'était obligée à leur payer annuelle- 
ment pour la réception de Geneviève Hédelin. rel'gieuse professe audit 
couvent, par acte passé le 5 octobre 1642. — Archives du château de Pa- 
ley. 

2) Archives du château de Paley. Histoire manuscrite de la famille Hé- 
delin. 



AMBROISE PARP: I 29 

lieutenant général de Nemours, et de Catherine 
Auguste Hédelin, arrière petite-fille de Catherine 
Paré et d'Anne Hédelin. Nommons aussi M. Charles 
Pauly, de Chaintreauville, que nous prions de re- 
cevoir nos remerciements pour les renseignements 
qu'il a bien voulu nous donner. 

Catherine Paré, veuve de François Rousselet, 
décéda le 21 septembre ibib, environ une heure 
après midi, en sa maison de la rue de l'Arondelle (1), 
portant l'enseigne de la Vache. 

Anne Paré, femme de Henri Simon, avait trouvé 
dans sa marraine, Anne d'Esté, une protectrice pour 
son mari, qui devint conseiller du Roi et receveur 
général des finances à Paris. Elle fit également la 
fortune de son beau-frère, Claude Hédelin, lequel, 
comme on l'a vu, obtint la charge de lieutenant- 
général au bailliage de Nemours. Son affection pour 
sa sœur ne s'en tint pas là. Par acte passé à Paris, 
le 14 avril 1617, Henri Simon, receveur général des 
finances, et damoiselle Anne Paré, sa femme, de- 
meurant rue des Prouvaires, paroisse Saint-Eustache, 
donnèrent à Catherine Paré, sœur de ladite Anne, 
et femme de Claude Hédelin, une maison, pressoir, 
terres, vignes, bois, saussaie, rentes foncières et 
constituées, le tout dépendant de ladite maison, 
assis au village de La-Ville-du-Bois, près Montlhéry, 
et provenant, tant du propre de ladite demoiselle 
Anne que de l'échange fait avec les époux Hédelin, 
le II février 16 10, et d'autres acquisitions faites 
dans le pays. Une moitié de ces biens avait appar- 

(I) Jal. 



lOO AMBROISE PARE 

tenu à Catherine, comme héritière d'Ambroise Paré, 
son père ; toutefois, les donateurs se réservaient 
l'usufruit de cette donation qui devait se trouver 
révoquée s'ils laissaient des enfants. 

Cette donation fut ratifiée le 25 avril 16 17, par 
devant Pierre Marchant, garde du scel royal aux 
contrats de la prévôté et châtellenie de Nemours (i). 

Ici se terminent les renseignements que nous 
avons pu recueillir sur la famille d'Ambroise Paré. 
Divers personnages ont porté ce nom illustre. Outre 
Jean, le père d'Etiennette, Jal a rencontré dans les 
registres de Saint-André-des-Arts un certain Maurice 
Paré, avocat en la ville de Foix, mort le 5 février 
163 1, à la suite de coups d'épée, chez Arnoux, 
maître chirurgien, rue Dauphine, à Paris. Le 7 dé- 
cembre 1671, Ambroise Paré, officier des Invalides, 
eut de sa femme Jeanne Chauvin, un fils appelé 
Ambroise, et, le 4 mars 1674, un autre fils nommé 
Antoine. Nous-même avons découvert un Charles 
Paré, procureur de Jacques Hurault, seigneur de la 
Boissière, pour lequel il toucha des rentes de 1630 
à 1652 (2). Faut-il voir ici quelque descendant de 
Bertrand dont on perd la trace après la donation 
que lui fit son oncle en 1549 ? Cela ne semble pas 
probable ; peut-être s'agit-il plutôt de parents du 
père d'Etiennette. 

II n'est peut-être pas inutile de donner ici quel- 



(i) Pièces justificatives, N°' XLV et XLVI. 

(2) BiNiothèque Nationale. Piècca originalex. vi>'. 2195. 



AMBROISE PARÉ l3l 

ques indications bibliographiques qui n'ont point 
encore été signalées. 

On trouve à la fm de la deuxième édition des 
Œuvres complètes, 157c), un album de 78 planches, 
représentant des figures d'anatomie , des instru- 
ments de chirurgie et des monstres. Ces figures 
ont été réparties dans le corps des éditions sui- 
vantes. 

La onzième édition contient 854 pages et non 846 
pages, comme le dit Malgaigne, trompé par une 
faute de pagination aux deux dernières, marquées à 
tort 845 et 84b. 

La septième édition parut d'abord chez Barthé- 
lémy Macé, au Mont-Saint-Hilaire, à LEscu de 
Bretaigne, à Paris, 1614 ; mais, soit par suite de la 
mort de cet éditeur, soit à cause de quelques diffi- 
cultés survenues entre lui et les héritiers de Paré, 
ceux-ci s'adressèrent à Nicolas Buon, rue Saint- 
Jacques, à l'enseigne de Saint-Claude et de l'Homme- 
Sauvage, qui substitua simplement son nom et 
conserva la même date, sans faire le moindre chan- 
gement au reste de l'ouvrage. Ces deux éditions se 
trouvent à la Bibliothèque nationale. 

Il en est de même pour la dixième édition qui 
parut en 1641 à Lyon, chez Claude Prost, rue Mer- 
cière, à rOccasion, et, la même année, chez Phi- 
lippe Borde, rue Mercière, à l'enseigne du Temps, 
à Lyon, in-folio. 

L'éloge d'Ambroise Paré a été trop souvent et 
trop bien fait pour que nous veuillons l'entre- 



l32 



AMBROISE PARE 



prendre. Il fut un grand chirurgien, doué, jusqu'à 
certain point, de génie. Dépourvu d'instruction 
première, il y suppléa par un travail persévérant et 
une volonté énergique. Cette ignorance même le 
servit; son esprit, dégagé des anciennes théories, 
sut, par les seules forces de l'observation et de 
l'expérience , s'élever jusqu'aux découvertes de 
premier ordre, et asseoir sur ces bases solides les 
fondements de la chirurgie moderne. Sorti du rang 
social le plus modeste, il arriva à la première posi- 
tion de sa profession. La conscience de sa valeur 
n'allait point chez lui sans un grain de vanité ; aussi 
eut-il des ennemis jaloux de sa haute situation. Ses 
amitiés , d'abord modestes, s'augmentèrent des 
relations brillantes qu'il avait formées à la Cour, 
et parmi lesquelles il sut trouver pour sa famille 
de puissants protecteurs. 11 eut aussi des rapports 
avec des savants et des poètes ; Ronsard lui adressa 
un sonnet et un quatrain qui figurent en tête de ses 
œuvres. Mais celui qu'il semble préférer est Du 
Bartas dont il cite de nombreux passages. Bien 
accueilli des grands auxquels il prodiguait ses soins, 
pourvu d'une riche clientèle, il amassa une belle 
fortune, qui lui permit de secourir plus d'un mal- 
heureux. Amoureux de la science, il saisissait avi- 
dement toutes les occasions de s'instruire ; parfois 
même il se montra peu scrupuleux sur les moyens 
de se procurer quelque nouveau remède. Bon 
patriote et dévoué au Roi, on le vit refuser de 
servir l'ennemi, même au péril de sa vie, ou, faisant 
violence à ses sentiments généreux, faire tirer le 



AMBROISE PARE lOÔ 

canon sur des ennemis désarmés, tenter sur des 
serviteurs des expériences mortelles, comme celle 
du bézoard, ou des remèdes barbares, tel que le 
cautère de velours, ne se préoccupant que du but 
utile et de l'intérêt général. 

Ambroise Paré avait une taille moyenne ; sa phy- 
sionomie était sérieuse. Sa constitution robuste lui 
permettait d'affronter les fatigues de la guerre et de 
traverser la France à cheval pour se rendre aux 
armées qu'il suivit pendant de longues années : 
jusqu'à la fm de sa vie, il paraît avoir conservé une 
santé vigoureuse. 

Les traits d" Ambroise Paré ont été reproduits par 
les artistes contemporains. Malgré d'activés recher- 
ches, nous n'avons pu découvrir de lui qu'un seul 
portrait peint ; il appartient à Madame la marquise 
Le Charron, et se trouve au château de Paley. Ce 
portrait, en buste, mesure 5o cent, de haut sur 46 
cent, de large; la tête a 25 cent, de hauteur. Le 
personnage, posé de trois quarts et tourné à droite, 
est représenté tête nue, revêtu d'un pourpoint de 
velours noir, garni de huit boutons sur la poitrine 
et de quatre sur l'épaule droite. Le haut du crâne 
est recouvert de cheveux gris, rares et courts ; la 
barbe, primitivement châtaine, est entière, peu 
fournie, avec moustaches, mouche et barbiche ; les 
yeux sont vifs, de couleur jaune brun; le nez est 
un peu gros, arrondi du bout ; le cou est entouré 
d'une collerette à petits plis bordés d'une den- 
telle et montant très haut. A gauche et au-dessus 



l34 A.MBROISE PARÉ 

de l'épaule droite, on lit la date 1575 en chiffres 
du temps. Au bas du tableau, on a ajouté, au siècle 
dernier, l'inscription suivante : '< Ambroise Paré, 
premier chirurgien du Roy ». Cette peinture appar- 
tient à l'école française; elle est dans le genre de 
Corneille et de Du Monstier. 

Ce portrait original présente de nombreux ca- 
ractères d'authenticité. Outre son aspect général et 
sa date certaine, il offre avec les médaillons gravés 
à cette époque . et dont nous parlerons tout- 
à-l'heure, et avec la gravure de Delaulne, une très 
grande ressemblance. De plus, sa présence très 
anciennement constatée dans la famille est une 
garantie de sa provenance que nous n'hésitons pas 
à faire remonter jusqu'à Paré lui-même, qui se fit 
peindre ainsi peu de temps après son second mariage. 

La Faculté de médecine de Paris possède un très 
beau portrait sur lequel on lit : « Ambroise Paré, 
An. Dni 1570, œtatis 56 ». Le personnage qu'il re- 
présente n'est très certainement pas celui qu'indique 
cette légende ajoutée après coup. 

Quelques galeries possèdent de prétendus por- 
traits de l'illustre chirurgien, qui s'appliquent à de 
tout autres individus. Citons seulement celui qui se 
trouve au château d'Azay-le-Rideau, portant l'ins- 
cription moderne : « Ambroise Paré, né en 15 17, 
chirurgien du Roy Henri III », et un magnifique 
portrait, appartenant à Madame Nélaton, qui figura, 
en 1878, à l'exposition rétrospective du Trocadéro. 
Il est attribué à Pieter Porbus, et représente un 
inconnu. 



AMHROISE PARE 



1.35 



Les portraits gravés sont plus nombreux ; ils pro- 
viennent, en général, des ouvrages de Paré. Les 
quatre premiers, en forme de médaillon, ont paru 
dans des traités publiés séparément. 

I. Le premier figure en tête de VAnatomie tini- 
vcrseJle, 1561. Il est assez fm, sur cuivre, dans un 
ovale autour duquel on lit: Labor improbits omnia 
vincit. k.\x bas est écrit : A. P. An. M\. 45. R., 
sans date. Paré est représenté jeune, en buste, la 
tête nue, de profil, tournée à droite ; 4 boutons sur 
la poitrine , 2 au collet déboutonné ; la manche 
droite ornée ; les cheveux fournis, courts, barbe 
entière et courte ; petite collerette. 

II. Le deuxième, appartenant à la Méthode ciira- 
tive des playes et fractures de la teste linmaine, 
1562 (n. st.), sur cuivre, est dans un médaillon sem- 
blable et porte : A. P. An. M\. 45, sans date ni 
signature. Il présente de légères différences avec le 
précédent : 5 boutons au pourpoint ; des tailles 
verticales ombrent le côté gauche du front ; quel- 
ques poils recourbés dépassent l'extrémité de la 
barbe du menton. 

III.' Le troisième, qui orne les Dix livres de chi- 
rurgie^ 1564, sur cuivre, est le même que le pre- 
mier, si ce n'est qu'on y lit : A. P. An. ^t. 48. R. 

IV. Enfin, dans les Deux livres de chirurgie, 
1573, existe un quatrième médaillon, également sur 
cuivre, pareil au précédent, sauf quelques modifi- 
cations dans les hachures et dans la barbe. 5 bou- 
tons au pourpoint. Il porte: A. P. An. M\. 55, sans 
date ni signature. Il est reproduit ci-contre. 



l36 AMBROISE PARÉ 

En somme, ces quatre jolis médaillonsne sont que 
des états peu différents du même portrait. 

Les portraits carrés sont également rares. 

I. La première édition des Œuvres complètes, 
1575, ^^ contient un sur cuivre : Paré, âgé, en buste, 
de profil, tourné à droite, collerette à gros godrons; 
4 boutons au pourpoint, robe à raies verticales, la 
main gauche ouverte sur la poitrine, sans indication 
d'âge, de date, ni signature. 

Ce portrait est reproduit dans la deuxième édition, 
1579, avec la mention : yEt. suse 65, sans date ni 
signature. 

II. Portrait sur cuivre; à mi-corps, de trois quarts, 
tête de face ; 7 gros boutons au pourpoint, 5 sur 
l'épaule droite, manteau jeté sur la gauche. Tête 
chauve. AN. y^TATIS 68, 1581. Au bas, le mono- 
gramme LG. (Léonard Gaultier). Très mauvais 
portrait , non ressemblant. 

III. Au commencement du Discours de la Mumie, 
1582, est un superbe portrait sur cuivre, en demi- 
corps, de trois quarts, tourné à droite , 5 boutons 
au pourpoint, 5 sur l'épaule droite, ceinture, man- 
teau jeté sur l'épaule gauche. En haut, à gauche, 
on lit^ dans une tablette : ANNO ^ETATIS 72, 1582, 
et au-dessous, S. F. (Stephanus Delaulne Fecit). 
C'est le plus beau et le plus ressemblant de tous 
les portraits gravés de Paré ; pour l'exécuter, l'artiste 
s'est évidemment servi du tableau que nous avons 
décrit plus haut. 

Il en existe deux autres états. Le premier, outre 



AMBROISE PARE 



i37 




AMBROISE PARE 



l38 AMBROISE PARÉ 

l'inscription que nous venons d'indiquer, porte sur 
le ciel, à droite, /. R. 

Le troisième état, retouché, porte en haut , à 
droite, le distique suivant : 

« Humanam Ainbrosii vcre hœc piciura PAR^Î 
Effigiem, sed Opits contiiiet y.y.^jp'jity.-j.. » 

Et au dessous : 

« Hic fuit Consiliarius et chir. Priniar. 4 Rc- 
gum GalHœ ». 

IV. La cinquième édition, 1598, contient un por- 
trait sur cuivre, à mi-corps, de trois-quarts, tourné 
à droite : Paré, âgé, barbe blanche, en pointe, 
cheveux rares et courts ; collerette à gros godrons, 
7 boutons au pourpoint, 5 sur l'épaule droite ; 
ceinture, pan de manteau non rayé sur l'épaule 
gauche. Dans un petit cartouche placé en haut, à 
gauche, on lit : ANNO vïTATIS 75, 1585, A. VAL- 
LÉE F. Ce portrait, assez joli, n'est qu'une pâle 
copie de celui de Delaulne. 

V. La sixième édition, 1O07, renferme un portrait 
sur cuivre, également copié sur celui de Delaulne. 
Dans la tablette du coin supérieur gauche, on lit : 
ANNO vE;TATIS 75, 1584, et au dessous : GIULLIS 
HORBECK. 

VL II existe un beau portrait anonyme, sur cuivre, 

figure de trois-quarts, 7 boutons au pourpoint, 4 sur 

- l'épaule droite. ANNO ^TATIS 75, 1585, avec le 

distique et trois croix entre les mots du premier 

vers. Copié de Delaulne. 

VIL Enfin, un petit portrait assez bon, sur cuivre. 



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AMBROISE PARÉ 

A l'âge de 72 ANS. 



D'après un porlrail gravé par Élienne Delaulne en 1582. 



140 AMBROISE PARÉ 

se trouve dans la Chronologie collée, n° 105, sans 
indication d'âge ni de date. 

C'est seulement au dix-neuvième siècle que l'on 
voit rimage de Paré reproduite par la sculpture. 
Outre la magnifique statue due au ciseau de David 
d'Angers, et érigée sur une des places de Laval, il 
existe à l'Académie de médecine un très beau buste 
en marbre par le même artiste ; enfin, un médaillon, 
également de David, retrace, sous une autre forme, 
les traits du grand chirurgien. D'autres statuettes 
ont été exécutées dans ces dernières années. Le sou- 
venir d'Ambroise Paré n'est donc pas près de 
s'éteindre ; mais, de tous les monuments élevés à sa 
mémoire , le plus beau est, sans contredit, son 
œuvre qui lui assure un nom impérissable. 



PIÈCES 



JUSTIFICATIVES 



PIÈCES 



JUSTIFICATIVES 



I 

1541. — 30 Juing. 

CONTRAT DE MARIAGE d'aMBROISE PARÉ , MAITRE BARBIER 
CHIRURGIEN A PARIS, AVEC JEANNE MAZELIN. 

Par devant Jehan Dupré et Rémon d'Orléans, notaires du 
Roy nostre sire ou Chastellet de Paris, furent présens en 
leurs personnes honnorable homme EstienneCleret, marchant 
bourgeois de Paris , et Jehanne de Prime sa femme, de luy 
suffisamment auctorisée en ceste partie, par avant femme en 
premières nopces de feu Jehan Mazelin, en son vivant varlet 
chaufïecire de la chancellerie de France, en leurs noms et 
comme stipullans en ceste partie pour Jehanne Mazelin, fille 
dudict deffunct Jehan Mazelin et de ladicte Jehanne de Prime, 
ladicte Jehanne Mazelin à ce présente, et de son consentement 
d'une part, et Ambroise Paré, maistre barbier cirurgien en 
ceste ville de Paris, aussi pour luy et en son nom, d'autre 



144 AMBROISE PARÉ 

part, lesquelles parties, de leurs bons grez et bonnes voullen- 
tées, sans contraincte aucune recongnurent et confessèrent 
en la présence et par devant lesdictz notaires, comme en droict 
jugement et encores en la présence et par l'advis, conseil et 
déliberacion de honnorables personnes^ Marguerite Choisel, 
veufve de feu Odo de Prime, en son vivant aussi maistre barbier 
cirurgien à Paris, ayeulx maternelz de ladicte Jehanne Maze- 
lin, et Mery de Prime, marchant et bourgeois de Paris, son 
oncle maternel, et de Estienne de la Rivière et Loys Drouet, 
aussi maistres barbiers cirurgiens à Paris, amys dudict Am- 
broise Paré, avoir faict et par ces présentes firent et font 
ensemble les traicté, acords, promesses et convenances qui 
s'ensuyvent, pour raison du mariage qui au plaisir de Dieu 
sera de brief faict et solempnisé en face de Saincte Eglise, 
dudict Ambroise Paré et de ladicte Jehanne Mazelin, c'est 
assavoir lesdictz Etienne Cleret et sa femme avoir promis et 
promectent bailler et donner par loy de mariage ladicte 
Jehanne Mazelin franche et quicte de toutes debtes et ypo- 
thecques quelzconques audict Ambroise Paré, qui icelle a 
promis et promect prandre à femme et espouse le plus tost 
que bonnement faire ce pourra, si Dieu et saincte Eglise s'i 
accordent. En faveur duquel mariage lesdictz Estienne Cle- 
ret et sa femme seront tenuz et promectent bailler et paier 
ausdictz futurs mariez dedans le jour de leurs espousailles la 
somme de six cens livres tournoys avecques les habillemens 
filleaulx que ladicte Jehanne Mazelin a de présent à son 
usaige, pour tous les droictz sur et à icelle Jehanne Mazelin 
venuz et yssuz, tant en biens meubles que immeubles par les 
trespas et successions dudict deffunct Jehan Mazelin, sondict 
père, et de ses frères et seurs depuis décédez, et pour toutes 
autres choses quelzconques dont lesdictz futurs mariez pour- 



PIÈCES JUSTIFICATIVES I4D 

roient faire demande auzdicts Etienne Cleret et sa femme jus- 
ques a huy, desquelz droictz successifs lesdictz futurs mariez 
firent et font par ces présentes cession et transport ausdictz 
Estienne Cleret et sa femme, ce acceptans, et icelluy trans- 
port promectent raliffier incontinantledict mariage consommé, 
et toutes et quantesfoys que après icelluy mariage consommé 
requis en seront par lesdictz Cleret et sa femme. Et partant 
ledict AmbroiseParé a doué et doue ladicte Jehanne Mazelin, 
sadicte future espouse de la somme de deux cens livres 
tournoys pour une foys, sans retour, ou de douaire coustu- 
mier, aux choix et eslection de ladicte Jehanne Mazelin, si 
tost et incontinant que douaire aura lieu. Et si aura et prandra 
ladicte Jehanne Mazelin, par préciput et avant que faire 
inventaire ne partaige, tous les habillemens, bagues et joyaulx 
qu'elle aura à son usaige au jour du trespas dudict Ambroise 
Paré sondict futur espoux, aussi ledict Ambroise Paré aura 
et prandra par préciput tous ses habillemens, bagues et 
instrumens de cirurgerie qu'il aura au jour du trespas de ladicte 
Jehanne Mazelin, sadicte future espouse, car ainsi a été con- 
venu et acordé par exprès entre lesdictes parties en faisant 
ce présent traicté qui autrement ne se fust faict, promectans, 
etc., obligans chascun en droict soy, etc., renonçans, etc. 
Faict et passé doubles, l'an mil cinq cens quarante ung, le 
jeudi trenteiesme et dernier jour de juing. 

Cestuy pour lesditz Paré et sa femme (i). 

Signé : d'Orléans ; Dupré. 

Au verso est écrit : 

Ambroise Paré, maistre barbier cirurgien en ceste ville de 
Paris et Jehanne Mazelin, sa fiencée en Saincte Eglise, de luy 
auctorisée, en tant que faire le peut, nomez au blanc de ces 

(i) Ces mots sont d'une autre main que le reste de l'acte. 



146 AMBROISE PARÉ 

présentes, confessent avoir eu et receu de honnorable homme 
Estienne Cléret, marchant bourgeois de Paris et Jehanne de 
Prime, sa femme, aussi nommez audict blanc, la somme de 
six cens livres tournoys que leur avoient promis bailler pour 
les causes et ainsi qu'il est plus à plain déclairé oudict blanc, 
dont quictance. Promettans, obligans, renonçans. Faict l'an 
mil cinq cens quarante ung, le samedi seiziesme jour de 
juillet. Signé : d'Orléans ; Dupré. 

Au haut du verso de cet acte sur parchemin se trouvent 
écrits ces mots : 

^< Traicté de mon mariaige premier ». (i) 

Plus bas est encore écrit : 

Contract pour Jacqueline Rousselet, inthimée et défenderesse 
contre François Rousselet et sa femme, appellans et deman- 
deurs. 

(Archives du château de Paley). 



(1) Le mot <■ premier •■ est d'une encre plus pùle et rouillée. Cette note, 
d'une jolie écriture, ne peut être d'une autre mai» que celle d'Ambroise 
Paré. Il avait d'abord écrit ■> Traicté de mon mariaige », puis, lorsqu'il 
fut remarié, il ajouta, et lui seul pouvait le faire, le mot « premier ". C'est 
le seul autographe du grand chirurgien que l'on connaisse. 



II 

1543 — •^i octobre. 

DONATION MUTUELLE DE TOUS LEURS BIENS ENTRE AMBROISE PARÉ, 

MAÎTRE BARBIER CHIRURGIEN A PARIS, ET JEANNE MAZELIN, 

SA FEMME. 

A tous ceulx qui ces présentes lectres verront, Antoine 
Duprat, chevalier, baron de Thiers et de Viteaulx, seigneur 
de Nantoillet et de Pacy, (i) conseiller du Roy, nostre sire, 
gentilhomme ordinaire de sa chambre, et garde de la Prévosté 
de Paris, salut. Sçavoir faisons que par devant Ambroise 
Evyn et Robert de Combes, notaires du Roy nostre dict 
seigneur, de par luy ordonnez et establiz en son Chastellet de 
Paris, furent présents en leurs personnes honnorable homme 
Ambroise Paré, maistre barbier cirurgien à Paris, pour luy en 
son nom d'une part , et Jeanne Mazelin , sa femme , de 
luy suffisamment auctorisée, pour faire et passer ce qui s'en- 
suict, pour elle et en son nom, d'autre part : 

Lesquelz mariez, estant de présent en bonne santé, de leur 
bons grez et voluntez, sans aucune contraincte, pour la bonne 
amour qu'ilz ont l'un à l'autre, et que tel est leur plaisir et 
voulloir, ont recongnu et confessé avoir faict, et font ensemble 
par ces présentes donnation mutuelle l'un à l'autre esgalle- 

(i) Précy, et non Pacy, (Yonne), canton de Saint-Julien du Sault, arr. de 
Joigny. 



148 AMBROISE PARÉ 

ment, de tous et chacun leurs biens meubles et encores de tous 
leurs conquests immeubles par eulx faicts durant et constant 
leur mariage commun entre eulx et qui seront trouvez à eulx 
en commun appartenir à l'heure du trespas du premier mou- 
rant d'eulx deux pour en joir par le survivant d'eulx deux sa 
vye durant, après le trêspas du premier mourant et sans qu'il 
soit pour ce tenu bailler aucune caution nonobstant la cous- 
tume ne autre chose à ce contraire, à quoy ils ont desrogé 
par ces présentes, et aussi à la charge que ledict survivant 
sera tenu et a promis de bailler et paier au plus prochain pa- 
rent du premier mourant la somme de vingt escus d'or soleil 
incontinent le cas advenu. Voullans et consentans lesdictz 
mariez que ledict survivant soit saisi desdictes choses don- 
nées dès l'instant du décedz du premier mourant auquel effect 
se sont lesdicts mariez et chascun d'eulx constituez et cons- 
tituent dès à présent possedder lesdicts biens donnez présens 
et advenir pour et ou nom l'un de l'autre, ad ce que ledict 
survivant demeure vray possesseur desdictes choses données 
dès ledict instant de la mort du premier mourant, nonobstant 
que par la coustume de Paris, le don mutuel de soy ne saisist 
point ; car ainsi a esté dict, convenu et accordé entre lesdictes 
parties. Promettans lesdictes parties par les foy et serment de 
leurs corps pour ce par elles et chascune d'elles baillez et jurez 
corporellement es mains desdicts notaires comme es nostres 
souveraines pour le Roy nostre dict seigneur, tout le contenu 
cy dessus et en ces présentes lectres contenu et escript avoir 
à bien agréable, tenir ferme et stable à tousjours, sans jamais 
par elles ne l'une d'elles ne par aultre aller, venir, faire 
ou dire contre en aucune manière, sur peine de rendre et 
paier l'une partie à l'autre a pur à plain et sans aucune plaict 
ou procès tous coustz, fraiz, mises, despens, dommaiges et 



PIECES JUSTIFICATIVES I49 

intérestz qui, faictz, euz, souffertz, soutenuz et encouruz se- 
roient par deffault d'accomplissement des choses dessus dictes 
ou d'aucunes d'icelles non faictes, tenues, entretenues, et non 
deuement acomplies par la forme et manière que dict est 
soubz l'obligation et ypothèques de tous et chacuns leurs 
biens meubles et immeubles et ceulx de leurs hoirs et ayans 
cause présens et advenir que lesdictes parties et chascune 
d'elles en droict soy soubzmirent et soubzmettent pour 
ce de tout à la jurisdiction et contraincte de ladicte Prévosté 
de Paris et de toutes autres justices et jurisdictions où trouvez 
seront, et renoncent en ce faisant expressément icelles parties 
par leurs dicts sermenset foy, à toutes exceptions, déceptions, 
frauldes, barratz, cautelles, caviliations, noms, raisons, def- 
fenses, oppositions, à tous us et coustumesde pays et lieux, 
à toutes lectres impétrées ou à impétrer à tous respitz, reliefz, 
impétrations, dispensations et absolutions données ou à donner 
et à toutes autres choses générallement quelzconques à ces 
lectres contraires, et au droict disant généralle renonciation 
non valloir. En tesmoing de ce, nous, Nicole Le Sueur, licen- 
cié es loix, advocat en Parlement, à présent garde du scel de 
ladicte Prévosté de Paris, pour ce que par l'inspection d'une 
notte et mynutteoriginalle, signée des seings manuelz desdicts 
notaires, nous est apparu les choses dessus dictes estre vrayes 
et avoir esté ainsi faictes et passées par devant eulx, avons 
mis à cesdictes présentes le scel de la Prévosté de Paris, qui, 
grossoyées et. mises en ceste forme, ont esté signées par 
ledict Decombes seul, le samedy quinziesme jour de mars, 
l'an mil cinq cens quarante trois, parce que, à ce jour, ledict 
Evyn estoit allé de vye à trépas. Ce fut faict et passé double 
par lesdicts Evyn et Decombes, l'an mil cinq cens quarante 
trois, le dimenche vingt ungiesme jour d'octobre, ces pré- 



IDO AAIBROISE PARE 

sentes pour iedict Paré. Signé Decombes, et sur le reply, Ità 
est, Le Sueur. 

Honnorable homme, maistre Ambroise Paré cirurgien ordi- 
naire du Roy nostre sire, et Jehanne Mazelin, sa femme, de 
luy auctorizée, etc. en leurs noms, tant conjoinctement que 
divisément, font et constituent leur procureur honnorables 
hommes maîtres Nicolas Ezelin... procureurs au Chastellet de 
Paris, et chascun d'eulx pour faire insinuer un jugement au- 
dict Chastellet, et partout ailleurs où il appartiendra, le don 
mutuel faict entre eulx par devant Ambroise Evyn et Robert 
Decombes, nottaires en icelluy Chastellet, le dimenche vingt 
ungiesmejour d'octobre, mil cinq cens quarante trois, pour 
ce qu'ilz entendent Iedict don mutuel sortir son plein et en- 
tier effect, et générallement etc., promettans etc., obligeans 
etc. Faict l'an mil cinq cens quarante trois, le lundi neuf- 
viesme jour d'octobre. Signé Denetz, Dorléans, et au dozdu 
don mutuel dont coppie est cy devant transcripte, a esté mis 
l'insinuation dans la forme telle : L'an mil cinq cens cin- 
quante trois, le mercredi xi'^ jour d'octobre, est comparu 
devant nous au Chastellet de Paris, maistre Nicolas Ezelin, 
procureur audict Chastellet, lequel, comme procureur de hon- 
norable personne maistre Ambroise Paré, cirurgien ordinaire 
du Roy nostre sire, et jehanne Mazelin sa femme, nous a 
présenté le présent don mutuel, et icelluy don mutuel insi- 
nué suyvant l'ordonnance pour et ou nom desdictz mariez aux 
charges et conditions y apposées, et ce, en vertu de certaines 
procurations ou cas expresse à luy passées par iceulx mariez 
par devant Denetz et Dorléans notaires en iceluy Chastellet 
le lundi neufviesme jour dudit moys d'octobre, et an que 
dessus. De laquelle procuration, Iedict Ezelin a faict apparoir 
en ladicte insinuation dont et de laquelle insinuation Iedict 



PIÈCES JUSTIFICATIVES l5l 

Ezelin oudicl nom procuratoire, et en vertu que dessus, a re- 
quis et demandé lectres à luy octroyé ces présentes en ceste 
forme pour servir et valloir auxdicts mariez en temps et lieu 
ainsi que de raison, et a esté ledict présent enregistré avec 
ensemble ladicte procuration au registre de> insinuations 
dudict Chastellet, aussi suyvant l'ordonnance et rendu audict 
Ezelin. 

(Archives Nationales. Y. 99. fol. 107). 



III 



1547- 

OFFICIERS DE LA MAISON DU ROI AUXQUELS ON A DÉLIVRÉ DU 
DRAP DE DEUIL POUR LES FUNÉRAILLES DE FRANÇOIS F. 

Médecins : 

Loys Burgensis, seigneur du Gauguier, premier. 

Guillaume Millet (i). 

Noël Ramart (2). 

Valleran de Henetz (3). 

Laurens Crabbe (4), 

Jean Gouevrot (5). 

(i) Licencié en médecine en i5i8, médecin de François \", de Henri II 
et de François II, fut reçu conseiller secrétaire du Roi, le 3 mars i558, 
par la résignation de Jérôme de Varades. Son fils eut la survivance de 
cette place. Guillaume mourut en i563. 

(2) Médecin de François I" et de la reine de Navarre. Jean Wier fut 
le précepteur de ses fils. 

(3) Médecin de François P'", de Henri II, de François II, de Charles IX, 
premier du Dauphin et des princes, mort le 11 novembre i565; avait épousé 
Catherine Du Verger. 

(4) Médecin d'Eléonore d'Autriche, deuxième femme de François I", de 
Henri II, de François II, de Charles IX, conseiller du Roi, mort le i" 
mars i563. 

(5) Vicomte du Perche, médecin de François I", du duc d'Alençon et de 
Marguerite, reine de Navarre, naquit à Bellême (Orne), dans le xv« siècle. 
La reine Marguerite en parle dans ses lettres à Montmorency : « Il est 
de mauvaise montre, dit-elle, mais il m'est seur et loyal ». Il a publ'é Le 
Sommaire de toute Médecine et Chirurgie. Alençon, Simon Dubois, i53o, 
in-i6, goth. de 88 feuillets. (Odolant Desnos). Il est mort en i5Si. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES l53 

Jérôme de Varades(i). 
Jean Chapelain (2). 

A chacun vu aunes et demie, à vi liv. t. l'aune. 

Autres Médecins : 

Christophle de la Forest (3). 
Martin Akakia (4). 
Jean des Jardins (5). 

Apothicaire : 
Pierre Daigue (6). 

Chirurgiens : 
Jean de Nismes, premier (7). 

(i) Reçu docteur en i53o, médecin de François P"', de Henri II, de Fran- 
çois II, de Charles IX et de Marie Elisabeth, sa fille, conseiller-secrétaire 
du Roi, le 17 février i567, médecin de l'Hôtel-Dieu de Paris, le 4 octobre 
1573, eut un procès en i568, avec Jean de Grammont, chapelain de la 
chapelle N.-D. en l'église de Pantin. Varade était locataire d'une maison 
en mauvais état que l'abbé ne voulait pas réparer; une expertise fut or- 
donnée. Il épousa Antoinette Picot. Son frerc, Jacques, fut conseiller au 
Parlement. 

(2) Médecin de François I'"', épousa Perrette de Saint-Yon, et mourut 
le 14 avril 1548. 

(3) Médecin de Louise de Savoie, de François I", du Dauphin et de 
ses frères. 

(4) Né à Châlons, docteur en i526, médecin de François l", professeur 
au Collège de France, et député de l'Université au concile de Trente, 
fut l'ami de Marot, et mourut à Paris le 2 juin i55i . 

(5) Né au Hamel-en-Laonnais, près Mézières, docteur en i5i8, doyen 
en 1524-1526, médecin de François I". Mort le 3i janvier 1547. 

(6) Apothicaire et valet de chambre des rois François P"", Henri II et 
François II. 

(7) Jean Le Verrier, dit de Nismes, conseiller et premier chirurgien de 
François I" et de Henri II. Au mois de Septembre i55o, le Roi conféra 
des lettres de noblesse à « Jean Le Verrier, seigneur de Villemartin, près 
Etampes, en faveur et pour considération des bons et agréables services 



l54 AMBROISE PARÉ 

Ruzé. 

André Rogeault. 
Guillaume de Castres. 
Loys Laverno (i). 
Nicolas Laverno. 
Pierre de la Maison. 
Jean de Poissy (2). 

Barbiers : 

Jehan des Hayes, dit Grosbois, premier. 
Jehan Le Prestre. 
René Paintret (3). 
Jacques de la Motte. 

qu'il a dès longtemps faicts au feu Roi, notre très honoré seigneur et 
père, et à nous pareillement depuis notre advènement à la Couronne au 
faict de ses Estatz, comme il faict et continue chacun jour. » — (Arch. Nat., 
JJ. 260, pièce 271). Il avait épousé Marguerite Chartier, laquelle assista, 
le i^'' septembre i558, au contrat de mariage de sa fille Jeanne Le Verrier, 
veuve de Thomas Thiboust, seigneur de Bréau, conseiller au Parlement 
de Paris, avec Charles Boucher, seigneur de Houilles, conseiller au Par- 
lement. Jean le Verrier n'existait plus à cette époque. (Archives Nationales, 
Y 100, fol. i56). '. Feue Madame, (Louise de Savoie) afranchit et créa en fief 
noble les lieux de la Chasseigne et les Radis en Bourbonnoys, acquis par 
M" Jehan Verrier, dit de Nismes, premier cirurgien du Roy. » (L. de La- 
borde. Les comptes des bâtiments du Roi, t. IL p. 216.) 

(i) Louis de Lavernot, chirurgien ordinaire du roi François 1'='', bailli 
d'Araines, épousa Marie Troillart. Le 5 avril i545, celle-ci fit donation à 
Philippe Chesnard, le jeune, son cousin, écolier en l'Université de Paris, 
du droit successif lui revenant par suite du décès de Nicolas Poret, son 
oncle. (Archives Nationales, Y. 93. f' iSg). 

(2) Le 27 juillet i538, le Roi fait don « à M*^ Jehan de Poissy, chirurgien 
d'icellui Seigneur, de l'office de sergent à verge du Chastellet de Paris 
vacant pour en faire son proffict et le faire expédier ou non de tel per- 
sonnage qu'il advisera. » (L. de Laborde. Les comptes des bâtiments du 
Roi, t. II. p. 244.) 

(3) Le 3 septembre i538, le Roi donne « à René Paiactret, barbier du 
dit Seigneur, pour la récompense d'une chesne d'or qu'il portoit, que 
Madame la Daulphinc a prinse de luy et donné à ung gentilhomme cspai- 



PIECES JUSTIFICATIVES IDD 

Barbiers du feu duc d'Orléans : 
Jean Sanche. 
Jean Yvon Boussar. 

Apothicaires : 
Gentian Larcher. 
Loys Frémont. 

(Bibliothèque Nationale, Fonds français, 7853.) 



gnol par lequel l'empereur envoya à Villeneufve de Tende untr présent à la 
dite dame et de laquelle chesne ledit Seigneur a voulu estre faict don au 
dit Espaignol, 81 livres. - (L. de Laborde. Les comptes des t.itiments du 
Roi, t. II. p. 25 1.) 



IV 

1547- 



ETAT DE LA MAISON DE LA REINE CATHERINE DE MÉDICIS, DEPUIS 
LE I^^ JUILLET 1547, JUSQUES... 

Médecins : 

M*^ Joachim de Salon, premier, hors en 1560, 400 liv. 

M^ Nicolas Fabry en 1550, hors en 1551. 

M'^ Guillaume Chrestien en 1551, hors en 1560 (1). 

M*^ Pierre Baudet en 1554, hors en 1560, 

M® Honorât de Castellan, premier en 1560, hors en 1570. 

M*^ Raphaël de Talemis, sieur de Mézières, en 1564, hors 
en 1580. 

M*^ Regnault Vigor, premier en 1570. 

M*^ Philipes Cavriani, pour M"'« de Lorraine, en 1574, hors 
en 1580, remis en 1580. 

M*^ Pierre Le Fèvre, en 1577. 

M'^ Philipes de Guévarre, en 1579. 

Apothicaire : 
Charles Merais (2), 200 1. 

(1) Gentilhomme breton (>), médecin des rois François I'"", Henri II, 
François II, de Catherine de Médicis et des ducs d'Orléans, d'Angoulême 
et d'Anjou, et du duc de Bouillon, mourutle 14 août i56o. 

(2) Apothicaire de Henri II et de Catherine de Médicis. Le 10 février 
i54u, Joachim de Salon, et le 16 février 1570, Jean Mazille approuvent ses 
parties avant payement. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES iS/ 

Chirurgien : 
Jean du Pineau, 90 

Barbier : 
Simon Le Cauchois, du commun (i), 25 

Sage-femme : 
Catherine Bouchet, 20 

(Bibliothèque Nationale, Fonds français, 7854.) 



(i) Ea 1534, le Roi fait « à Maistre Simon le Caucheris (le Cauchois), 
cirurgien de mes dames, don et quictance des droitz et devoirs seigneu- 
riaulx, par lui deubz à cause de l'acquisition d'une maison assise à Romo- 
rentin qu'il a pu s naguères faicte, montant les dits droitz la somme de 
vingt livres tournois. » (L. de Laborde. Les comptes des bâtiments du Roi, 
t. II. p. 272.) 



V 

1549- 

ETAT DE LA MAISON DU ROI HENRI II. 

Messire Louis Burgensis, conseiller et premier méde- 
cin 1200 I. 
M*^ Christophe de la Forest 800 
M^ Jean Gouevrot 800 
M^ Guillaume Millet 800 
M^ Jérôme de Varades 800 

Médecins : 

M^ Jean Chapelain 800 

M" Noël Ramart » 

M« Valeran Henez » 

M'' Laurent Crabbe » 

M*^ Martin Akakia » 

M^ Jean Fernel » 

M*' François Miron (i) » 

M»^ Jérôme de Monthoux » 

M*^ Jacques Olivier (2) » 

(i) François Miron, fils de Gabriel, docteur de Montpellier en i5i-|, méde- 
cin du Dauphin et des ducs, plus tard Henri H, François II et Charles IX, 
mourut à Nancy. 

(2) Jacques Olivier, conseiller et médecin ordinaire de Henri II, de 
François II, de Charles IX, jusqu'en 1564. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES iSq 

Apothicaires : 



Julien Bange 


400 


Pierre Daigue 

Chirurgiens : 


400 


M<^Jean Le Verrier, dit de Nismes, premier 


800 


M** Guillaume de Castres 


240 


W Pierre de la Maison 


240 


M'' Jean Lambert 


» 


M'^ Adrien Rengeaa 


» 


M" Jean Taureau (i) 


» 


M*^ Nicolas Lavernot 


» 


W Paul de Pauly 


» 


M'' Rasse des Neux 


» 


M" Louis Pochart 


» 


W Mathurin de la Noue 


» 


M*^ Jean Fromager 


» 


M*^ Gérard Dambresche 


» 


Barbiers : 




Charles Godefroy, premier 


300 l. 


Adam Deshayes 


300 


Jean Le Prestre 


240 


René Painteret 




Jacques Lamotte 




Thomas Gilbert 




Jean Ravenier 




Jean Gaulthier 




(Différents mélanges pour l'histoire des médei 


cins, t. 1, 


p. 295. — Bibl. de la Fac. de médecine.) 





(i) Les Tahui-eau, famille de renoueurs célèbres, parmi lesquels on 
trouve : Guillaume, Etienne, 1524, Jean I, Jean II, Jacques, Timoléon, 
i6i3. 



VI 

1549 — 5 août. 

DONATION PAR AMBROISE PARÉ, CHIRURGIEN A PARIS, DE 40 LIVRES 

TOURNOIS DE RENTE, EN FAVEUR DE BERTRAND PARÉ, SON NEVEU, 

FILS DE FEU JEAN PARÉ, CHIRURGIEN A VITRÉ. 

Honnorable homme Ambroise Paré, maistre barbier cirur- 
gien en ceste ville de Paris, confesse en la présence et du 
voulloir et consentement de Jehanne Mazelin, sa femme, avoir 
donné et transporté, et par ces présentes donne, cedde, trans- 
porte et délaisse en pur et vrai don irrévocable faict entre 
vifz du tout, dès maintenant, à toujours, sans espeuoir de 
jamais le révocquer, aller, venir, faire ou dire contre en au- 
cune manière, à Bertrand Paré, son nepveu, filz de feu Jehan 
Paré, en son vivant aussi maistre barbier cirurgiendemourant 
en la ville de Victré en Bretaigne, et de Charlotte David, jadiz 
sa femme^ ledict Bertrand Paré à ce présent et acceptant et 
les notaires soubzscripts en tant que besoing seroit, stipul- 
lantetce acceptant pour luy, quarante livres tournois de rente 
annuelle et perpétuelle, à les avoir et prandre par chascun an 
par ledict Bertrand Paré, donataire, sesdictz hoirs et ayans 
cause, incontinent après le trépas dudict Ambroise Paré, do- 
nateur, sur tous et chascuns les héritaiges et biens tant meu- 
bles que immeubles, présens etadvenir dudict Ambroise Paré, 
donateur, qu'il en charge, oblige et ypothecque par ces pré- 
sentes à fournir et faire valloir lesdictes quarante livres tour- 



PIECES JUSTIFICATIVES 



i6i 



nois de rente, pourveu toutes voyes que au jour du trespas 
d'icelluy Ambroise Paré et de ladicte Jehanne Mazelin, sa 
femme, il n'y ayt enfans vivansdudict mariage, et non autre- 
ment, pour desdictes quarante livres de rente joyr, user et 
posséder par ledict Bertrand Paré, donataire, incontinent après 
le trespas dudict Ambroise Paré, pourveu qu'il n'y ayt enfans 
d'icelluy mariage desdictz Ambroise Paré et sa femme, comme 
dict (est). Ce don et transport faict pour la bonne amour na- 
turelle que ledict Ambroise Paré, donateur, dict avoir audict 
Bertrand Paré, sondict nepveu, et pour ce que tel est son 
plaisir, transportant, etc., désaississant etc., jusques à la con- 
currence desdictes quarante livres tournois de rente, voullant, 
procurant le porteur, etc., donnant pouvoir etc. Et pour 
icelle donation faire insinuer par devant monsieur le prévost de 
Paris ou son lieutenant et par tout allieurs où il appartiendra, 
lesdictz Ambroise Paré, donateur, et Bertrand Paré, donataire, 
ont constitué et constituent leurs procureurs, scavoir est, 
ledict Ambroise Paré. INP Nicole Ezelin, procureur ou Chastel- 
letde Paris, et ledict Bertrand Paré, maistre... aussi procureur 
oudict Chastellet, ausquelz et chascun d'eulx respectivement 
ils ont donné et donnent plain pouvoir et puissance de ce faire 
et tout ce que au cas apartiendra, promectans, etc.,obligeans 
chascun en droict soy, renonceans. Faict l'an mil cinq cens 
quarante neuf, le lundi cinquiesme jour d'aoust. Signé Dupré 
et d'Orléans, et au doz de ladicte donation est escript ce qui 
s'ensuyt: Enregistré par moy d'Orléans, et audict doz a esté 
mis l'insinuation en la forme qui est telle : 

Apportées au Chastellet de Paris le mardi vingtiesme jour 
d'aoust l'an mil cinq cens quarante neuf, et insinuées suivant 
l'ordonnance tant par honnorable homme Ambroise Paré, 
maistre barbier cirurgien à Paris en personne, donateur nom- 



l62 AMBROISE PARE 

mé au blanc de l'autre part, que par M® Nicole Ezelin, procu- 
reur oudict Chastellet, curateur de Bertrand Paré, filz de feu 
Jehan Paré donataire, aussi norrtmé oudict blanc et qui a ac- 
cepté pour ledict donataire la donation déclarée oudict blanc, 
le tout en la présence dudict Bertrand Paré qui a pareillement 
avec ledit Ezelin, sondict curateur, insinué ladicte donation ; 
ce faict, enregistrées au registre des insinuations, de laquelle 
insinuation lesdictz Ambroise Paré, Ezelin oudict nom et dona- 
taire, ont requis et demandé lettres, si leur ont esté octroyées 
ces présentes en ceste forme pour leur valloir et servir ce que 
de raison, et après rendues audit Ezelin. 

(Archives Nationales. Y. 95, fol. 3 v°.) 



VII 

15 50 (n. st.) — 21 Janvier. 

DONATION PAR JEAN NAUQ.UIER, MAITRE ÉPERONNIER ET BOURGEOIS 

DE PARIS ET CATHERINE PÉRIER, SA FEMME, A JEAN PARÉ, 

MAÎTRE COFFRETIER ET MALLETIER A PARIS, DE TOUT LE DROIT 

SUCCESSIF ÉCHU A CATHERINE PÉRIER PAR SUITE DU DÉCÈS 

DE SA SŒUR, MARIE PÉRIER, FEMME DE JEAN PARÉ. 

Jehan Nauquier, maistre esperonnier en ceste ville et bour- 
geois de Paris, et Katherine Perier, sa femme, de luy auctorisée, 
confessent avoir donné, ceddé et transporté en pur et vray 
don irrévocable faict entre vifz du tout, dès maintenant, à tou- 
jours sans espoir de jamais le revocquer, aller, venir, faire ou 
dire contre en aucune manière, à Jehan Paré maistre coffre- 
tier et mallatier en ceste ville de Paris, à ce présent et accep- 
tant tout le droict successif qui à ladicte Katherine Perier est 
advenu et escheu, peult et doibt compecter et appartenir de 
son propre à cause de la succession de feue Marie Perier, en 
son vivant femme dudict Paré et seur de ladicte Katherine, 
tant en biens meubles que immeubles, sans aucune chose en 
excepter ne reserver, aux charges que ledict droict successif 
peult debvoir, que ledit Paré sera tenu paier et en acquicter 
lesdictz Nauquier et sa femme, ensemble de toutes et chas- 
cunes les debtes, obsecques et funérailles dont on leur pour- 
roit faire demande à quelque cause et moien que ce soyt ou 



164 AMBROISE PARÉ 

puist estre à cause d'icelle succession, pour dudict droict suc- 
cessif joyr, user et possedder par iedict Paré, sesdictz hoirs et 
ayans cause, et en faire et disposer à son plaisir et volunté. Ce 
don et transport auxdictes ciiarges et oultre pour la bonne 
amour naturelle que lesdictz Nauquier et sa femme ont audict 
Paré et pour ce que tel est leur plaisir, transportans etc., des- 
saisissans etc., voullans etc., procurans le porteur, donnant 
povoir.Et pour icelle donation faire insinuer par devant monsieur 
le prevost de Paris ou son lieutenant et par tout ailleurs où il 
appartiendra, lesdictz donateurs ont faict, constitué et consti- 
tuent leurs procureurs maistre Jehan de Costes ,ausquelz et 

chascuns d'eulx ilz ont donné et donnent plain povoir et 
puissance de ce faire et tout ce que au cas appartiendra, pro- 
mectans etc., obligeans etc., en droict soy, renonçans. Faict 
et passé double, l'an mil cinq cens quarante neuf, le mardi 
vingt et ungiesme jour de janvier, cestuy pour Iedict Paré. 
Signé Denetz et d'Orléans. Et au doz de ladicte donation est 
escript: et registre par moy. Signé d'Orléans, et audict doz a 
esté mis l'insinuation en la forme. 

Apportées au Chastellet de Paris le lundi tiers jour de fé- 
vrier, l'an mil cinq cens quarante neuf et insinuées suivant 
l'ordonnance par maisire Jehan de Costes, procureur oudict 
Chastellet, comme procureur de Jehan Nauquier, maistre 
esperonnier à Paris et Katherine Perier, sa femme, donateurs 
nommez au blanc de l'autre part, en vertu du pouvoir à luy 
donné par lesditz donateurs, contenu et déclaré par Iedict 
blanc, et par Jehan Paré, maistre coffretier et malletier à Paris 
en personne, donataire aussi nommé en icellui blanc, ce faict, 
enregistrées au registre des insinuations d'icellui Chastellet 
desquelles insinuations, lesdictz de Costes oudict nom procu- 
ratoire et donataire ont requis et demandé lectres, si leur ont 



PIÈCES JUSTIFICATIVES l65 

esté octroyé ces présentes en ceste forme pour leur valloir 
et servir ce que de raison, et après rendues audict do- 
nataire. 

(Archives Nationales, Y. 95. fol. 195.) 



VIII 

1550 (n. st.) — 22-2J, Janvier. 

ABANDON A JEAN PARÉ, MAITRE COFFRETIER MALLETIER A PARIS, 

DES DROITS DE JEAN MIGNON, MAITRE PEINTRE, 

ET DE BARBE PÉRIER, SA FEMME, DANS LA SUCCESSION 

DE MARIE PERIER, FEMME DUDIT JEAN PARÉ. 

Jehan Mignon, maistre paintre en ceste ville de Paris, et 
Barbe Périer, sa femme, de luy auctoiisée, confessent avoir 
donné, ceddé et transporté en pur et vray don irrévocable 
faict entre vifz du tout dès maintenant, à tousjours, sans 
espouoire de jamais le révocquer, aller, venir, faire ou dire 
contre en aucune manière à Jehan Paré, maistre coffretier 
malletier en ceste ville de Paris à ce présent et acceptant, 
pour luy, ses hoirs, etc., tout tel droict successif qui à 
ladicte Barbe Périer est advenu et escheu, peult et doict com- 
pacter et appartenir de son propre à cause de la succession 
de feue Marie Périer, en son vivant femme dudict Paré, et 
sœur de ladicte Barbe Périer, tant en biens meubles que 
immeubles, sans aucune chose en excepter ni retenir, aux 
charges que ledict droict successif peult debvoir, que ledict 
Paré sera tenu paier et en acquicter lesdictz Jehan Mignon et 
sa femme. Ensemble de toutes et chascunes les debtes, 
obsecques et funérailles dont on leur pourroit faire demande 
à cause duiict droict successif, pour, duiict droict successif. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 167 

joyr, user et possedder par ledict Paré, sesdictz hoirs et 
ayans cause, et en faire et disposer à son plaisir et volunté. 
Ce don et transport faict ausdictes charges et oultre, pour la 
bonne amour naturelle que lesdicts Mignon et sa femme ont 
audict Jehan Paré, et pour ce que tel est leur bon plaisir et 
volunté. Transportant etc., dessaisissant etc., voullans etc., 
procureur le porteur etc., donnans povoir etc., et pour 
icelle donnation faire insinuer par devant monsieur le pré- 
vost de Paris ou son lieutenant, et partout ailleurs où il 
appartiendra, lesdicts donateurs ont constitué et constituent 
leurs procureurs, honnorables hommes maistre Jehan de 

Costes, ausquelz et chascun d'eulx, ilz ont donné et 

donnent plain povoir et puissance de ce faire et tout ce que 
au cas appartiendra. Promectans, etc., obligeans chascun en 
droict soy, etc., renonçans, etc. Faict l'an mil cinq cens qua- 
rante neuf. C'est assavoir par ledict Mignon, le mercredi 
vingt-deuxiesme, et par ladicte Barbe Périer, le jeudi vingt- 
troisiesme jour de janvier, double cestuy pour ledict Jehan 
Paré. Signé Denetz et Dorléans. Et au doz de ladicte donation 
a esté mis l'insinuation en la forme qui s'ensuict. 

Apportées au Chastellet de Paris le lundi tiers jour de 
février, l'an mil cinq cens quarante neuf, et insinué suivant 
l'ordonnance par maistre Jehan De Costes procureur oudict 
Chastellet, comme procureur de Jehan Mignon, maistre 
paintre demeurant à Paris, et Barbe Périer, sa femme, dona- 
teurs nommez au blanc de l'autre part, en vertu du povoir à 
luy donné par lesdictz donateurs contenus et déclairés par 
ledict blanc, et par Jehan Paré maistre coftretier malletier 
demeurant à Paris, en personne, et donataire aussi nommé 
oudict blanc. Ce faict, enregistrées au registre des insinua- 
tions d'iceluy Chastellet, desquelles insinuations lesdicts 



l68 AMBROISE PARÉ 

De Costes oudict nom procuratoire et donataire, ont requis 
et demandé iectres si leur ont esté octroyé ces présentes en 
ceste forme pour leur valloir et servir ce que de raison, et 
après rendues audict donataire. 

(Archives Nationales, Y, 95, fol. 195 v°) 



IX 

1550 (n- st.) — 27 Janvier. 

ABANDON A JEAN PARÉ, PAR FRANÇOIS PÉRIER, MAITRE PEINTRE, 
DE SES DROITS DANS LA SUCCESSION DE MARIE PÉRIER, 
SA SŒUR. 

François Périer, maistre paintre en ceste ville de Paris, 
confesse avoir donné, ceddé et transporté en pur et vray don 
irrévocable, faict entre vifz du tout dès maintenant à tousjours 
sansespouer de jamais le révocquer, aller, venir, faire ou dire 
contre en aucune manière à Jehan Paré, maistre coffretier et 
malletier en ceste ville de Paris, son beau-frère, à ce présent 
et acceptant, pour luy, ses hoirs, etc., tout tel droict suc- 
cessif qui audict Périer est advenu et escheu, peult et doict 
compecter et appartenir de son propre à cause de la succes- 
sion de feue Marie Périer, en son vivant femme dudict Paré, 
sa sœur, tant en biens meubles que immeubles sans aucune 
chose en excepter ne réserver aux charges que ledict droict 
successif peult debvoir que ledict Paré sera tenu paier et en 
acquicter ledict Périer, ensemble de toutes et chascunes les 
debtes, obsèques et funérailles dont on luy pourroit faire 
demande à cause dudict droit successif, pour, dudict droict 
successif, joyr, user et possedder par ledict Paré, ses dicts 
hoirs et ayant cause, et en faire et disposer à son plaisir et 
volunté. Ce don et transport faict ausdictes charges, et oultre 
pour la bonne amour naturelle que ledict François Périer a 



170 AMBROISE PARÉ 

audict Paré, et pour ce que tel est son plaisir. Transportant etc., 
dessaisissant etc., voullant etc., procureur le porteur etc., 
donnant povoir etc., et pour icelle donnation faire insinuer 
par devant monsieur le prévost de Paris ou son lieutenant, et 
partout allieurs où il appartiendra, ledict donnateur a faict et 
constitué son procureur honnorable homme maistre Jehan 
De Costes auquel il a donné et donne plain povoir et puis- 
sance de ce faire, et tout ce que au cas appartiendra. Pro- 
mectans etc., obligeans chascun en droict soy etc., renon- 
çans etc. Faict l'an mil cinq cens quarante neuf, le lundy 
vingt septiesme jour de janvier, double cestuy pour ledict 
Jehan Paré. Signé De Netz et Dorléans. Et au doz de ladicte 
donnation est escript : Enregistré par moy. Signé Dorléans. 
Et au doz a esté mis l'insinuation en la forme qui s'ensuict : 
Apportées au Chastellet de Paris, le lundy tiers jour de 
février, l'an mil cinq cens quarante neuf, et insinuez suivant 
l'ordonnance par maistre Jehan De Costes, procureur audict 
Chastellet, comme procureur de François Périer, maistre 
paintre, demeurant à Paris, donnateur, nommé au blanc, de 
l'austre part, en vertu du povoir àluy donné par ledict don- 
nateur contenu et déclaré par ledict blanc, et par Jehan Paré 
maistre coffretier malletier, demeurant à Paris en personne, 
donnataire aussy nommé audict blanc, ce faict, enregistrés 
au registre des insinuations d'iceluy Chastellet, desquelles 
insinuations ledict De Costes oudict nom procuratoire et don- 
nataire en personne comme dict est, ont requis et demandé 
lectres, sy leur ont esté octroyé ces présentes en ceste forme 
pour leur servir et valloir ce que de raison, et après rendues 
audict donataire. 

(Archives Nationales, Y. 95, fol. 194 v°) 



X 

1530- — ■ 8' lOi 15 Septembre. 

SAISIE RÉELLE ET ADJUDICATION AU CHATELET DE PARIS A LA 

REQUÊTE D'aMBROISE PARÉ, d'UNE MAISON SISE 

RUE DE l'hirondelle, ET d'uNE MAISON ET VIGNES A MEUDON. 

Du 8 septembre 1530. 

— RUE DE l'hirondelle — 

Maistre Guillaume Poictevyn, procureur de Anthoine (i) 
{sic) Parey, maistre barbier et cirurgien à Paris, poursuyvant 
les cryées des héritaiges cy après déclairez que l'en disoyt 
compecter et appartenir à Anthoine Mazelin, commys de l'au- 
diancyer de la Chancellerye de la court, demeurant à Tours, 
assavoir : 

La quarte partye et portion par indyvis d'une maison assis 
en ceste ville de Paris en ladicte rue de l 'Arondelle, où pend 
pour enseigne la Vaiche, icelle maison contenant ung corps 
d'hostel, cave, salette par bas, chambres haultes, garnyer, court 
derryère et deulx appentilz en ladicte court, le tout couvert de 
thuille, tenant ladicte maison d'une part à Méry de Prime, ven- 
deurjuré de vins, d'autre costé, à une autre maison où pend 
pour enseigne les Troys Mores, que l'en dict aux hoirs feu 
maistre Jehan Mestreau apartenir, et par devant à ladicte rue. 

La dicte quarte partye saisye et mise en cryées et subhasta- 

(i) Nous avons déjà signalé ce nom d'Antoine Parey, mis par erreur 
au lieu d'Arabroisc Parc, rétabli plus loin dans le même acte. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES i'jS 

tions à la requeste dudict Parey sur ledict Maizelyn, par 

Jehan Martel, sergent à verge du Roy notre sire ou Chastellet, 

prévosté et viconté de Paris, le treizeiesme juillet mil cinq 

cens cinquante, par faulte de payement fait audict Anthoine 

Parey, de la somme de quarente escuz d'or sol. à luy deue 

par obligation dactée du xxxi mars mil cinq cens quarante 

six, et exploictz sur ce faictz, domicilie en l'hostel dudict 

Poictevin. 

Du 15 septembre 1550. 

Les causes pour lesquelles M'' Pierre Vaillet, procureur de 
honnorable homme Loys Billy, marchant bourgoys de Paris, 
s'oppose aux cryées des héritaiges de Anthoine Maizelin sont 
ad ce que si lesdictz héritaiges sont adjugez, que sesoyt à la 
charge d'estre payé en son ordre de cinquante sept livres 
quinze solz tournois restans de la somme de soixante dix 
sept livres quinze solz tournois pour les causes contenues es 
lettres de sentence données ou Chastellet de Paris, le ven- 
dredy xix*^ jour de septembre mil cinq cens cinquante, et 
pour estre payé des despens et fraicz par luy fliictz et qu'il 
fera jusques qu'il soyt entièrement payé de ladicte somme et 
oultre. Domicilie en l'hostel dudict Billy sur le pont Sainct 
Michel, à l'enseigne de la Tour de Billy. 

Dudict jour 

— AU VILLAIGE DE MEUDON — 

Maistre Guillaume Poictevyn, procureur de Ambroise 
Pa^ey, maistre barbyer et cyrurgien à Paris, poursuyvant les 
cryées des héritaiges cy après déclarez que l'on disoyt com- 
pecter et appartenir à Anthoine Mazelyn, comys de l'audien- 
cyer de la chancellerye de la court, demeurant à Tours, 
assavoir : 



174 AMBROISE PARE 

La quarte partye par indivis des hérittaiges cy après déclai- 
rez, c'est assavoir, d'une maison assise audict lieu de Meu- 
don, en la rue des Pierres (i), contenant deulx corps d'hostel, 
l'un devant et l'autre derrière, cave, chambre, grenyers, sal- 
lettes, court et petit jardin au millieu desdictz deulx corps 
d"hostel, puys en ladicte court, et petit apentilz aussi cou- 
vert de thuille, jardin derryère, peuplé d'arbres et de treilles, 
le lieu comme il se comporte, tenant d'une part et d'autre à 
Jehan Berthelmy et Jehan Lucas dict Petit, et d'autre aux 
hoirs feu Guillaume Parvys, et par devant sur ladicte rue des 
Pierres. 

item, une pièce de vigne contenant six quartiers ou environ, 
assise audict terrouer de Meudon, au lieu dict les Poinctes (2), 
tenant, d'une part, aux hoirs Damisy, d'autre costé, au grand 
santyer venant delà Croix de la Poincte, aboutissant par hault 
à Denys Puthomme, et par bas audict grand santyer. 

Item, une autre pièce de vigne assise audict terrouer au lieu 
dict des Poinctes, contenant quartier et demy ou environ, 
tenant d'une part à Andry Ollivyer, d'autre costé à Lucas 
Pamyer, aboutissant par hault audict grand santyer de la 
Poincte. 

Item, une autre pièce de vigne assise audict terrouer en ce 
lieu, contenant demy quartier ou environ, tenant d'une part 
aux hoirs Tricot Boullengier, d'autre costé à Michel Truchaut, 



(1) C'est au N" 9 de cette rue, située derrière l'église de Meudoû, que 
nous croyons reconnaître la maison d'Antoine Mazelin. Au n" ii existe 
encore la maison d'Armande Béjart, veuve de Molière, signalée par son 
dernier propriétare, M. Dulaurier, de l'Institut, dans le Bulletin de la Société 
de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, 3"= année, p. 47. 

(2) Lieu dit situé à gauche et près de la station du chemin de fer à 
Meudon. 



PIECES JUSTIFICATIVES I7."> 

aboutissant d'un bout à la pièce dessus déclairée et par bas à 
Claude Gouard. 

Item, une autre pièce de vigne assise audict terrouer, ou 
lieu dict la Poincte (i), contenant ung quartier, tenant d'une 
part à Lucas Pamyer, d'autre costé à Claude Crespinet, abou- 
tissant par hault à mademoiselle de la Fuzée, et par bas au 
grand santier de la Poincte. 

Item, une autre pièce de vigne assize audit terrouer, au lieu 
dict la Plastrerière (2), contenant ung quartier ou environ, 
tenant d'une part à Biaise Olmer, d'autre costé à Jehan de la 
Salle, aboutissant par hault à Henry Langloys, et par bas à 
Guillaume Synevault. 

Item, et sur une autre pièce de vigne assise audict terrouer 
ou lieudict Gibeline (3), contenant ung quartier ou environ, 
tenant d'une part à Jehan Parceval, et d'autre costé à mes- 
syeurs de Bonnefontayne, et par bas au grand santyer des 
Gros (4). 

Item, une aultre pièce de vigne assise audict terrouer, au 
lieu dict les Gros, contenant troys quartiers en deulx pièces 
entretenant, tenant d'une part à Richard Pierre, d'aultre costé 
à Jehan de la Rocque, aboutissant par hault au grand santyer 
des Gros, et par bas à monsieur Malingre. 

Item, une autre pièce de vigne assise auJict terrouer ou 
lieu dict les Gros, contenant demy arpent et demy quartier 
en deulx pièces entretenans, tenant d'une part à Jehan 
Lucquet, d'autre costé à Jehan Picard, aboutissant par hault 

(j) Près du précédent. 

(2) Aujourd'hui inconuu. 

(3) Inconnu actuellement. 

{4) Les Groux, à droite et près de la station. 



176 AMBR0I5E PARÉ 

aux hoirs feu Jehan Montault et par bas à Lucas Pamyer. 

Item, une aultre pièce de vigne assise audict terrouer ou 
lieu dict Montalet(i), contenant quartier et demy en deulx 
pièces entretenans, tenant d'une part à maistre Philippes 
Jobert, d'autre costé aux hoirs du viconte de Cailly, abou- 
tissant par haut aux enffans Jehan Coutaut et par bas audict 
Jobert. 

Item, une aultre pièce de vigne assise audict terrouer, au 
lieu dict les Soliéres (2), contenant demy quartier ou envi- 
ron, tenant d'une part à Jehan de Vance, d'autre costé à 
Baudouyn de Sèvre, aboutissant par hault à Estienne Bynet, 
et par bas au grand chemyn tandant à Paris. 

Item, une pièce de terre contenant ung quarteron ou envi- 
ron assise audict terrouer de Meudon, au lieudict la Chaste- 
laine (3), tenant d'une part à maistre Philippes Jobert, d'autre 
costé à ung de Clamart, aboutissant par hault audict 
M" Philippes Jobert, et par bas à monsieur Malingre. 

Lesdictz héritaiges saisiz et mys en cryées et subhastations 
à la requeste dudict Parey sur ledict Mazelin, par Jehan 
Martel, sergent à verge du Roy nostre sire ou Chastellet, 
prévosté et viconté de Paris, le xv" juillet mil cinq cens cin- 
quante, par faulte de payement faict de quarente escuz d'or 
sol, par obligation du xxx*" (4) et dernier mars mil cinq cens 
quarante six et exploictz sur ce faictz. Domicilie en l'hostel 
dudict Poictevyn. 



1,1} Les Montalais, à droite du chemin de fer. 
(2) Les Sorrières, à gauche du chemin de fer. 
0) Ce lieudit est inconnu aujourd'hui. 
(4) Lisez XXXI, avant Pâques. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 177 

Du dixiesme jour de septembre mil V*^ L. 

Les causes pour lesquelles maistre Jehan Le Clerc, procu- 
reur dejacques Leschene, marchant et bourgeoys de Paris, s'op- 
pose aux héritaiges criez sur ledictMazelin sont pour luy con- 
server et garder soixante solz tournoys de rente de bail à 
héritaige faisant moictié de six livres tournoys de rente à tout le 
moings qu'il soyt. mis en son ordre du sort principal desdictz 
soixante solz tournoiz de rente, et pour estre payé des arré- 
raiges escheuz et qui escherroient à cause de ladicte rente. Et 
oultre, etc. Domicilie en l'hostel dudict Leschene rue Sainct 
Jacques de la Boucherie (i) près l'enseigne de la Chaise. 

Dudict jour. 

Les causes pour lesquelles maistre de Costes, procureur 

de honnorable homme Jehan du Tartre, commissaire pour le 
Roy du vin vendu au quartier de Petit-Pont s'oppose aux 
héritaiges criez sur Anthoine Mazelin assis rue de l'Arondelle 
sont ad ce que, se lesdictz héritaiges sont adjugez par décret, 
que se soyt à la charge qu'il soyt payé en son ordre de la 
somme de trente escuz d'or sol., et en quoy par lettres obli- 
gatoires faictes et passées par devant deux notaires du Chas- 
tellet de Paris le dimenche troisiesme jour de novembre mil 
cinq cens quarante neuf ledict Mazelin estoyt tenu et obligé 
devers ledict du Tertre pour les causes contenuz esdictes 
lettres obligatoires. Et oultre, etc. Domicilie en l'hostel dudict 
du Tertre au Mont Sainct Hillaire (2) où pend pour enseigne 
l'imaige Nostre Dame. 



(1) Située près de l'église de ce nom, sur le passage de la rue de 
Rivoli. 



(2) Rue Saint-Hilaire, prés du Collège de France. 



178 AMBR0I3E PARÉ 

Dudict jour. 

Les causes pour lesquelles M*^ Guillaume Poictevyn procu- 
reur de M*^ Ambroise Paré, maistre barbier cirurgien à Paris, 
s'oppose aux héritaiges criez sur ledict Anthoine Mazelin 
sont pour estre payé en son ordre de la somme de vingt 
escuz d'or soleil à luy deue par ledict Mazelin, et pour les 
causes contenues en certain brevet passé par devant deulx 
notaires du Chastellet de Paris le dimenche dix huictiesme 
jour de janvier mil cinq cens cinquante. Et oultre, etc. Domi- 
cilie en l'hostel dudict Paré au bout du pont Sainct-Michel. 

Dudict jour. 

Les causes pour lesquelles maistre Guillaume Poictevyn 
procureur de honnorable homme Estienne Cléret, marchant et 
bourgeoys de Paris, s'oppose aux héritaiges criez sur ledict 
Anthoine Mazelin sont pour estre payé en son ordre de la 
somme de six vingtz quatorze livres tournoys deue audict 
Cléret par ledict Mazelin pour les causes contenues en cer- 
tain brevet passé par devant deulx notaires du Chastellet de 
Paris le vendredy premier jour d'apvrii avant Pasques mil 
cinq cens quarante six. Et oultre pour le recours de garentye 
et aultres droictz qu'il a et peult avoir sur lesdictz lieulx et 
héritaiges criez pour raison des rentes tant de bail que aultres 
dont la totallité desdictz lieulx sont chargez envers plusieurs 
personnes. Et oultre. Domicilie en l'hostel dudict Cléret rue 
de l'Erondelle. 

Dudict jour. 

Les causes pour lesquelles maistre Jacques Dumoullin pro- 
cureur de révérandissime cardinal de Meudon s'oppose aux 
héritaiges criez sur ledict Anthoine Maiselin sont pour luy 



PIECES JUSTIFICATIVES I79 

conserver et garder seize solz parisis de rente faisant partye 

de quatre livres parisis de rente qu'il a droyt de prandre et 

percepvoir chascun anau jour Sainct Martin d'Yver de bail d'hé- 

ritaige faict dès le huictiesme jour de juing l'an mil quatre cens 

quatre vingtz et quatre par feu noble homme Anthoine San- 

guyn (i), en son vivant seigneur de Meudon, et père dudict 

seigneur révérandissime cardinal, à feu Estienne Percepvail 

d'une maison, court, grandie et foullerye, assise audict vil- 

laige de Meudon en la rue de la Masure (2), et d'une aultre 

maison assise en ladicte rue à l'opposite de ladicte maison, et 

pour estre payé des arrérages escheuz et qui escherroient à 

cause de ladicte rente. Et oultre. Domicilie en l'hostel dudict 

révérandissime à Paris, rue du Roy de Cecille près la rue des 

Ballaiz. (3). 

Dudict jour, 

Les causes pour lesquelles maistre Le Normant procu- 
reur de M*= Loys Ysambert procureur en court laye, s'oppose 
aux héritaiges criez sur ledict Anthoine Maizelin sont pour 
luy conserver et garder soixante solz tournois de rente faisant 
moictyé de six livres tournois de rente de bail d'héritaige que 



(i) Antoine Sanguin, seigneur de Meudon, de la Honville, etc., maître 
des eaux et forêts de l'Ile-de-France, de Champagne et de Brie, fit hom- 
mage, le 3o octobre 1498, des terres du Plessis-Mareuil, près de Versailles, 
et de Chambourcy, (arrond. de Versailles). Il était mort avant le 18 octo- 
bre iSoo. De son mariage avec Marie Simon, fille de Jean Simon, seigneur 
de Marquemont (Oise, arr. de Beauvais, cant. de Chaumont), il eut huit 
enfants dont : Jean, seigneur de Meudon, mort après iSog; Antoine, le 
cardinal; Anne, deuxième femme de Guillaume de Pisseleu, et mère de la 
duchesse d'Etampes, laquelle, devenue veuve, se porta héritière pure et 
simple du Cardinal son frère. (P. Anselme, Hist. généal. de la Maison de 
France, t. VIII, p. 265.) 

(2) Cette rue est actuellement inconnue. 

(3) Portion sud de la rue .Alalher. à Paris. 



100 AMBROISE PARE 

ledict Ysambert a droyct de prendre et percepvoir par chascun 
an sur lesdictz lieulx criez, et pour estre payé des arréraiges 
escheuz et qui escherroient à cause de ladicte rente. Et oultre. 
Domicilie en l'hostel dudict Ysambert rue Neufve Sainct- 
Merry. (i). 

Cloz le vingt ungiesme jour de mars l'an mil cinq cens 
cinquante. Ita est. Boyer. 

(Archives Nationales, Y. 3451, fol. 259.) 



(i). Le plan ci-dessus, page 172, indique l'emplacement des immeubles de 
la rue de l'Hirondelle appartenant à Ambroise Paré. La maison de la Vache, 
qu'il habita d'abord, porta depuis le n" 4; celle des Trois Mores où il mou- 
rut, était situé au n" 6. Elles étaient placées vis-à-vis de la fontaine, près 
du refuge récemment construit du côté de la rue Saint-Séverin. 



XI 

1^59 — 14 Juillet. 

DONATION PAR AMBROISE PARÉ, A OLIVE ARNOULLET, DE SÉZANNE, 
DE QUINZE LIVRES TOURNOIS DE RENTE. 

Par devant Guillaume Denetz et Nicolas Le Camus, notai- 
res du Roy nostre sire en son Chastelet de Paris, fut présent 
honnorable homme Ambrois Paré, cirurgien et varlet de 
chambre ordinaire. du Roy, lequel a confessé, et par ces pré- 
sentes confesse avoir donné, et par ces présentes donne, 
cedde, transporte, en pur, vray don irrévocable faict entre 
vifz, du tout dès maintenant à tousjours, sans espoir 
de jamais le révocquer ne rappeller en aucune manière que ce 
soit, ou puist estre, à Olive Arnoullet, aagée de six à sept 
ans, ou environ, fille de honnorable personne maistre Amy 
Arnoullet, docteur en la faculté de médecine, demeurant en 
la ville de Sézanne, et de Marguerite Gommard, sa femme, 
ledict maistre Amy Arnoullet ad ce présent stipullant et ac- 
ceptant pour ladicte Olive Arnoullet, sa fille et ses hoirs, 
quinze livres tournois de rente annuelle et perpétuelle, paya- 
bles aux quatres termes de l'an à Paris acoustumez, quinze 
jours après chascun quartier escheu, audict Ambrois Paré 
appartenans, et qui luy ont esté constituez, venduz, assis et 
assignez par Messieurs les Prévost des marchans et eschevins 
de ceste ville de Paris, tant et sur le revenu des magazins 



l82 



AMBROISE PARE 



des greniers à sel de Fescam, Pontault de mer, (i)Exmes, (2) 
Verneuil, (3) Caen et Fallaise, avec les chambres à sel qui en 
deppendent, comme générallement sur tout le revenu patri- 
monial d'icelles villes, et ce, moiennant la somme de neuf 
vingtz livres tournois que lesdictz Prévost des marchans et 
eschevins de ceste ville de Paris en ont eu et receu d'icelluy 
Paré, le tout selon et ainsi qu'il est plus à plain contenu et 
déclairé es lectres de la créacion etconstitucion de rentes pas- 
sées par devant Jamart et Courtillier, aussi notaires du Roy 
nostre dict seigneur, oudict Chastelet de Paris, l'an mil cinq 
cens cinquante huict, le jeudi quatorziesme jour de juillet, 
lesquelles, ledict Paré a présentement baillées et délivrées 
audict maistre Amy Arnoullet pour et au nom de sadicte 
fille dont il l'a faict porteur, et des dictes quinze livres tour- 
nois de rente actrice demanderesse et propriétairesse, et l'a 
mise et subrogée du tout en son lieu, droictz, noms, raisons 
et actions, et si luy cedde et transporte tous et chascuns les 
arrérages qui luy sont dubtz et escheuz à payer à cause de 
ladicte rente depuis ledict quatorziesme jour de juillet, jour et 
dactedela création d'icelle. Pour desquelles quinze livres tour- 
nois de rente joyr, user, et possedder par ladicte Olive Ar- 
noullet et sesdicts hoirs, et advenant le décès et le trespas d'i- 
celle Olive Arnoullet sans hoirs procréez de son corps en loial 
mariage, veult et entend ledict Paré, donnateur, que d'icelle 
rente Christophle Arnoullet, frère de ladicte Olive joisse par luy 
et ses hoirs, et que, après le trespas dudict Christophle aussi 
sans hoirs de son corps en loial mariage, ladicte rente de 

(i) Pont-Audemer, ch. 1. d'arr. (Eure). 

(2) Ch. 1. de canton, arr. d'Argentan (Orne). 

(3) Yerncuil-sur-Avre, ch. 1. de canton, arr. d'Evreu.x, (Eure). 



PIÈCES JUSTIFICATIVES l83 

quinze livres tournoys retourne, compacte, et appartienne 
aux aultres enffans ou proches parens lignagers desdicts 
maistre Amy Arnoullet et Marguerite Gommart sa femme, et 
que d'icelle rente facent et disposent à leurs plaisirs et volunté. 
Cestz concession et transportz faictz pour la bonne amour 
que ledict Paré a et porte audict maistre Amy Arnoullet et en 
faveur des bons plaisirs que luy a par cy devant faictz, de la 
preuve desquelz il l'a rellevé par ces présentes. Transportant 
etc., dessaisissant etc., voullant etc., procureur le porteur 
etc., donnant pouvoir etc., et pour icelle présente donnation 
faire insinuer partout où il appartiendra, ledict Paré donnateur 
faict et constitue son procureur général et irrévocable le 
porteur de cesdictes présentes, auquel il a donné plain povoir 
et puissance de ce faire et tout ce que au cas appartiendra et 
sera nécessaire. Promettant, etc. obligeant etc., renonçant etc. 
Faict et passé l'an mil cinq cens cincquante neuf, le vendredy 
quatorziesme jour de juillet, signé : Denetz et Le Camus. 
Et au doz est escript l'insinuation ainsi qu'il s'ensuict : 

L'an mil cinq cens cinquante neuf, le vendredy quatriesme 
jour d'aoust, le présent contract de donnation a esté aporté 
au greffe du Chastelet de Paris et icelluy insinué, accepté et 
eu pour agréable aux charges et condicionsyaposées parhon- 
norable homme maistre Amy Arnoullet, comme porteur du- 
dict contract et procureur de honnorable homme Ambroys 
Paré donnateur, et encores ledict Arnoullet comme stipullant 
et acceptant pour Olive Arnoullet sa fille, donnataire dénom- 
mez audict contract. lequel contract de donnation a esté 
enregistré ou présent registre des insinuations dudict Chastel- 
let suyvant l'ordonnance, et ce en vertu du povoir à luy don- 
né par ledict contract, ce requérant ledict maistre Amy Ar- 
noullet oudict nom qui a requis et demandé acte à luy 



184 AMBROISE PARÉ 

octroyé et baillé ces présentes pour servir et vailoir ausdictz 
donnateur et donnataire en temps et lieu ce que de raison et 
après rendues. 

(Archives Nationales. Y. 100 fol. 240. v\) 



XII 

1559- ~ ïo Août. 

DÉPOSITION D'aMBROISE PARÉ DANS LE PROCÈS INTENTÉ PAR 
FRANÇOISE DE ROHAN AU DUC DE NEMOURS. 

Enquête de monseigneur de Nemours, faicte ou moys d'août 
1559, sequitiir ténor ethicquette magistri Ambrosii Paré, 
chirurgi regii. 

Plaise à messieurs les commissaires oyr et examiner hon- 
norable homme M" Ambroyse, chirurgien du Roy, tesmoing 
produit de la part de illustre prince monseigneur le duc de 
Nemours, allencontre de damoiselle Françoise de Rohan, 
demanderesse en matière de mariage allencontre dudit sei- 
gneur. 

Sur l'unze, xii, xiii et xxii'^" articles, maxime ab ilUs verhis, 
il n'est pas vray semblable, ttsque ad finem articuli, ceteris 
articulis omissis. Signatiim Cordonnier. 

Du jeudi dixième jour dudict mois d'août de relevée. 

Honnorable homme Ambroyse Paré, chirurgien ordinaire 
du Roy, demourant à Paris, rue des Augustins, au logis où 
pend pour enseigne les trois Maures, aagé de trente (i) ans ou 
environ, tesmoing produict receu et juré de la part dudict 
seigneur duc de Nemours, deffendeur enllencontre de ladicte 

(i) Voici une nouvelle et ridicule date de naissance, 1529. Il est remar- 
quable que l'âge de Parc n'ait jamais pu être précisé de son vivant. 



1&6 



AMBR0I5E PARE 



damoiselle de Rohan, demanderesse, le jeudy 27° jour du 
mois de juillet audict an 1559, et depuis, cejourd'huy ouy et 
examiné par nous Estienne Dugué et Florent Regnard, com- 
missaires susdicts, en l'hostel de nous Dugué, assistant ledict 
greffier. 

Sur la congnoissance des parties, dict congnoistre la damoi- 
sel'e de Rohan, il y a dix ou douze ans ; aussi congnoist 
ledict seigneur duc de Nemours de mesme temps, et de long- 
temps auparavant de veue, ne luy a esté donné ne promis chose 
aucune pour porter tesmoignage en la présente enqueste, ne 
luy chault laquelle des parties obtyenne ou procès d'entre 
elles, s'en rapporte du tout au droict et à justice. 

Sur les XI, xii et xiip^ articles de l'intendit dudict deffendeur, 
interrogatoires de ladicte demande, après lecture à luy faicte, 
dict ne sçavoir aulcune chose du contenu en iceulx. 

Sur le xxir' article et interrogatoire, dict qu'environ le temps 
cotté par les préceddans articles sur lesquelz il a esté enquis, 
la damoiselle de Rohan luy envoya ung sien domestique ser- 
viteur, lequel il n'a peu nommer, et par icelluy luy mandoit 
qu'il, depposant, la vint seigner le lendemain de sept atten- 
dant huict, et que à ladicte heure, les médecins se dévoient 
trouver pour assister à la seignée. En obtempérant auquel 
mandement ledict depposant le lendemain se transporta à 
ladicte heure en la chambre où pour lors estoit ladicte damoy- 
selle logée au Louvre, et à l'entrée de la porte de la chambre 
de ladicte damoyselle, trouva monsieur Sallon, premier mé- 
decin de la Royne mère, lequel demanda audict depposant 
quelle estoit la cause de sa venue, auquel il depposant feist 
responce que s'estoit pour seigner madamoiselle de Rohan; 
lors ledict Sallon luy dict qu'il ne la seignerait poinct, et 
demanda ledict depposant audict sieur Sallon. les raisons 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 187 

pour lesquelles il ne seignerait poinct ladicte damoiselle de 
Rohan ; lors ledict sieur de Sallon luy feist responce : « pour 
cause », sans autrement luy déclairer ne luy speciffier les- 
dictes causes. Ce faict, entra ledict depposant avec ledict sieur 
Sallon en la chambre de ladicte damoiselle de Rohan, à 
laquelle ledict sieur Sallon deist que pour l'heure elle ne 
seroit poinct seignée, et que ladicte seignée serait différée à 
une aultreffois, et lors ledict depposant s'enquist de l'une des 
damoiselles de ladicte damoiselle demanderesse quelle estoit 
la cause pour laquelle elle se voulloit faire seigner, laquelle 
feist responce audict depposant que c'estoit pour la provoca- 
tion de ses mois et qu'elle se vouloit faire seigner le pied en 
l'eaue, et n'entendit lors ledict depposant que ladicte damoi- 
selle feust grosse et ne luy en fut dict aulcune chose par ledict 
sieur Sallon, mais bien a depuis et quelque temps après entendu 
qu'elle estoit grosse du faict dudict sieur de Nemours, ainsi 
que l'on disoit, et n'a jamais esté mandé par ladicte damoi- 
selle de Rohan que ceste seulle fois, et est ce qu'il a dict 
sçavoir du contenu esdicts articles et interrogatoires sur iceulx 
enquis et diligemment examiné, présent ledict adjoinct 
affermant ce que dessus contenir vérité. 

Signé : A. Paré. 
(Bibliothèque Nationale, Fonds français, 3169, fol. 34 v°.) 



XIII 



1559- 

COMPTE DES FOURNITURES DE DRAP DE DEUIL FAITES AUX MÉDECINS 
ET CHIRURGIENS D'hENRI II POUR SES FUNÉRAILLES. 

A Jehan de Bordeaux, marchant, la somme de trente ung 
mil huict cens quatre vingtz unze livres lo sols t., pour les 
parties par luy fournies pour les obsèques et funérailles du feu 
Roy Henry que Dieu absoille, assavoir: 

A M^ Valleran Hue, médecin du Roy, sept aulnes et demye 
dudit drap noir, audit pris de 6 livres tournois l'aulne, 
cy VII aulnes et demye. 

A M*' Simon Burgensis, médecin du Roy, sept aulnes et 
demye dudit drap, audit pris de 6 liv. t. l'aulne, cy 

VII aulnes et demye. 

A M® Jehan Pépin, médecin du Roy, sept aulnes et demye 
dudit drap audit pris, cy vu aulnes et demye. 

A M'' Jehan Rousseau, médecin du Roy, 7 aulnes et demye 
dudit drap, cy vu aulnes et demye. 

A M^ Estienne de la Rivière, cirurgien du feu Roy, sept 
aulnes et demye dudit drap audit pris, cy vu aulnes et demye. 

A Jehan d'Amboise et Nicolle Laverno, cirurgiens du roy, 
quinze aulnes dudit drap, qui est pour chascun sept aulnes 
et demye audit pris, cy vu aulnes et demye. 

A Pierre Aubert, cirurgien du feu Roy, sept aulnes et demye 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 189 

dudit drap audit pris, cy vu aulnes et demye. 

Au protonotaire Violle, aumônier, et à M'- Laurent Collot, 

cirurgien du feu Roy, quinze aulnes dudit drap, qui est pour 

chascun, sept aulnes et demye, cy vu aulnes et demye. 

A Ambroise Paru (sic), chirurgien du feu Roy, sept aulnes 

et demye dudit drap audit pris, cy vu aulnes et demye. 

A M*^ Hierosme de Montigny, médecin du feu Roy, sept 

aulnes et demye dudit drap, cy vu aulnes et demye. 

A M*^ Pierre Daigue, apoticaire du feu Roy, sept aulnes et 

demye dudit drap, cy vu aulnes et demye. 

A Jehan Thoreau, renoueur du feu Roy, sept aulnes et 

demye dudit drap audit pris, cy vu aulnes et demye. 

A l'apoticaire qui a servy le Roy en sa malladie, 

VII aulnes et demye. 
M. Rasse, chirurgien, figure dans un autre article, 

VII aulnes et demye. 
Compte de l'Argenterie 7559. /. /K. 
(Archives Nationales K K. 125, fol. 1381 et suivants). 



XIV 

1559 

ÉTAT DE LA MAISON DU ROI FRANÇOIS II, DU l"' JANVIER AU 3I DÉ- 
CEMBRE 1559. 

Médecins. 

M® Jehan Chappelain, premier, xir- livres 

M'' Guillaume Millet, et Millet, son filz, viii*^ livres 

M^ Hierosme de Varade, viii^ livres 

M^ Valeran Menez, viii*^ livres 

M'' François Miron, viii"^ livres 

M'^ Jacques Olivier, viii'^ livres 

M^ Jehan Pépin (i), viii»^ livres 

M^ Simon Burgensis (2), viii'^ livres 

M^ Jehan des Rousseaulx (3), viii"^ livres 

(i) Jean Pépin, sieur des Racons, médecin de François II, de Charles IX 
et de Henri III. Son gendre et son survivancier, Jean du Four, de Blois, 
médecin de Henri III et de M. de Vendôme, embrassa le protestantisme 
et mourut à Paris en mars 1669, à l'âge de 78 ans. 

(2) Fils de Jean II de Bourges, né à Chartres, reçu docteur le i3 novem- 
bre 154B, médecin ordinaire de Henri II et de ses enfants, de François II 
et de Charles IX, alla en Espagne en i56o à la suite de la reine Elisabeth 
dont il était premier médecin, y séjourna peu, et mourut à Paris en sep- 
tembre 1567. 

(3) Médecin de Marguerite de France après Simon Burgensis, de Fran- 
çois II et de Charles IX, fut envoyé en Picardie avec le maréchal de Saint- 
André, en i555; il avait épousé Marguerite Bourguignon qui, restée veuve, 
se retira quelque temps à Tours, paroisse Saint-André, en 1572. 



PIECES JUSTIFICATIVES I9I 

M^ Honoré Castellan, vin'= livres 

M^ Nicolle Le Grand (i). viii<= livres 

M*^ Simon Bellanger (2), vi'^ livres 

M« Balthazard Fabry (3), iv- livres 

Autres médecins. 

W Laurent Crabbe, viii<= livres 

M^ Philippes de Flexelles (4J, ii*^ livres 

M^ Guillaume Chrestien, iv"^ livres 

M® Jehan Mazille (3), iV^ livres 

Cyrurgiens varlets de chambre. 

W Nicole Lavernot, premier, viii<^ livres 

M'^ Pierre Aubert (6), 280 livres 



(i) Médecin de François II, de Charles IX et de Henri III jusqu'en 1584. 

(2) Médecin de François II, de Charles IX et de Henri III. 

(3) Médecin de Henri II et de ses enfants, de François II et de Charles IX, 
après Simon Burgensis, en octobre 1567, et de Henri III jusqu'en iSSq. 

(4) Reçu docteur à Paris le i3 octobre i528, médecin ordinaire, si l'on en 
croit son épitaphe, des rois François I", H nri II, François II et Char- 
les IX. Il avait épousé Guillemelte de Machault, fille de Simon de Ma- 
chault et de Louise Bureau, décédée le 5 novembre i586. Le 3 mai iSSg, il 
demanda, et la Faculté lui accorda, de faire partie de la commission dans 
sa querelle avec A. Paré {Synopsis.) Il mourut le 20 mars i562 (n. st.) 

(5) Natif du Beauvoisis, docteur à Montpellier en i53g, exerça à Beau- 
vais, devint médecin de François d'Alençon, des ducs, de François II, 
premier de Charles IX, et ordinaire de Henri III. On lit dans les mémoires 
de Cheverni qu'il méconnut jusqu'au dernier jour la maladie de Charles IX, 
et Riolan ajoute qu'il ne voulut le faire voir ni à Simon Piètre ni à Duret, 
appelés à Vincennes. La Reine-Mere voulait le faire pendre ; il se réfugia 
à l'étranger; ses maisons de Paris et de Beauvais furent mises au pillage. 
(Curieuses recherches des Escholes de Paris et de Montpellier.) L'Estoile 
rapporte tout le contraire (Journal de Henri III.) Il fut, en effet, médecin 
ordinaire de Henri III, et mourut en 1578, à Paris. 

(t.) Chirurgien ordinaire de Henri II, de François II et de Charles IX. En 
k'Cu, le Roi lui donne la somme de 35o livres tournois, « en faveur et con- 



192 AMBROISË PARÉ 

M® Jehan Thoreau, renoueur, et Jehan Thoreau, son 

filz, l'un en l'absence de l'autre, 240 livres 

M« Race Desneux, 120 livres 

M^ Lois Pochart, 240 livres 

M® Ambrois Paré, 240 livres 

M*^ Estienne de la Rivière, 240 livres 

M*^ Laurens Collot, 240 livres 

M® Jehan d'Amboise (i), 240 livres 

M*^ Nicole Lambert, 240 livres 

M« Jacques Guillemeau, 200 livres 

M^ Pierre Le Verrier (2), 200 livres 
M^ Jehan Lavernot (3), 
M® Jacques Le Roy (4), 

Appotiqiiaires . 
Pierre Daigue, tant pour gaiges que pour l'entre- 

sidération des services qu'il luy a cy-devant faicts et continue encores faire 
chacun jour en sondit estât, et aussi pour anciennement le récompenser de 
la perte qu'il a fait en l'année i557 durant le siège du feu roi Henry devant 
Callaiz où il lui fut prins et voilé par quelques soldatz plusieurs médica- 
mentz et ferremens de son estât qu'il faisait conduire à la suite de l'armée 
qui estoit lors devant ladite ville, suivant que iceluy feu Roy lui aurait ver- 
ballement commandé pour penser et médicamenter plusieurs malades qui 
auroient esté blessez de coups de canon tant à la prinse d'icelle ville que 
chasteau de Guignes, pour cecy par vertu desditz 22"-" roolle, lettres de valli- 
dation et quittance dudit Aubert signée à la requeste de M" Anthoine de 
Bonacoursy, notaire et secrétaire du Roy, le 22*= jour dudict mois d'Aoust, 
cy rendue ladicte somme de 35o livres tournois. » (Comptes de l'Epargne, 
i56o, KK. 127, fol. 2,209.) 

(i) Chirurgien de Charles IX et de Henri III, et chirurgien juré du Châ' 
telet en i56o. Le 25 décembre i366, il résigna gratuitement cette dernière 
fonction en faveur de Maître Robert Gaignat. 

(2) Probablement fils de Jean Le Verrier, dit de Nismes. 

(3) Chirurgien ordinai'-e de François II, de Charles IX, de Henri III et 
de Henri IV. En 1579, ^^ Ro' ^^i donna 200 écus soleil pour sa pension et 
celle de son fils assignées sur la recette générale d'Orléans. 

(4) Chirurgien de François II et de Charles IX. 



PIECES JUSTIFICATIVES 



tenement du charroy, 
Nicolas de la Halle, en semblable, 
Martin d'Avoynes, en semblable, 



Barbiers et valets de chambre. 



Lois de Gairault, premier, 
Charles Godefroy, 
Jacques de La Mothe, 
Thomas Gillebert, 
Jehan de Ravenier, 
Jehan Gauchier, 
Jehan Percontat (i), 
Jehan Le Cler, 



ig3 

iiii'^ livres 
1111= livres 
iiii"^ livres 



viF^ livres 
iii*= X livres 
11^ XL livres 
ii<= XL livres 
ii<^ XL livres 
ii*^ XL livres 
II'- XL livres 
viixx X livres 



(Archives Nationales KK. 129, fol. 28 v"^.) 



(i) Chef d'une famille de barbiers du Roi. Son gendre s'appelait Cosmé 
Foubert. «En i5°o, JeanPrécontat, premier barbier de Henri III, reçoit la 
somme de neuf-vingts écus sol. pour distribuer tant à lui que à deux bar- 
biers dudit seigneur, ung orloger, un balladin, et un joueur de harpe aux- 
quels Sa Majesté en a faict don. « Il mourut le 5 septembre icgo; sa femme, 
Geneviève Garabe, décéda le 12 mai i6o8 : tous deux furent enterrés à Saint- 
André-des-Arts. 

ï5 



XV 

1 560 (n. st.) — I ^ Janvier. 

DONATION FAITE PAR AMBROISE PARÉ ET JEANNE MAZELIN, SA FEMME, 

A JEANNE PARÉ, LEUR NIÈCE, DE LA SOMME DE 5OO LIVRES 

TOURNOIS. 

Par devant Guillaume Denetz et Nicolas Le Camus, notaires 
du Roy nostre sire en son Chastellet de Paris, furent présens 
en leur personne, Ambroise Paré, cirurgien et varlet de cham- 
bre ordinaire du Roy, et Jehanne Mazelin, sa femme, de luy 
auctorisée, etc. Lesquelz, de leurs bons grez, etc., recongneu- 
rent et confessèrent avoir donné, et par ces présentes donnent 
en pur don irrévocable à Jehanne Paré, fille de feu Jehan Paré, 
en son vivant maistre coffretieret malletierà Paris, frère dudict 
Ambroise Paré, à ce présente et acceptante, la somme decinq 
cens livres tournois pour une fois, à icelle somme avoir et 
prendre par ladicte Jehanne Paré, si tost et incontinent qu'elle 
sera pourveue par mariaige ou aultrement et non plus tost, 
générallement sur tous les héritaiges et biens meubles et 
immeubles présens et advenir des dicts Ambroise Paré et 
sadicte femme qu'ils en chargent, affectent et obleigent par ces 
présentes etc., au payement et fournissement d'icelle somme 
de cinq cens livres tournois. Geste donnation faicte pour la 
bonne amour naturelle que lesdicts donnateurs ont et portent 
à ladicte Jehanne Paré, leurniepce ad ce que à l'advenir elle 



PIÈCES JUSTIFICATIVES ' IqS 

puisse mieulx estre pourveue, et que tel est leur voulloir et 
plaisir. Toutesfois, le cas advenant que icelle Jehanne Paré 
prédécedde iesdictz donnateurs, ilz veullent et entendent ladicte 
donnation n'avoir lieu, mais demeurera nulle et de nul effect. 
Et pour icelle dicte donnation faire insinuer partout où besoing 
sera, lesdicts donnateurs et aussi ladicte Jehanne Paré font et 
constituent leur procureur général et espécial le porteur de 
ces présentes, auquel respectivement, ilz donnent povoir de 
ce faire. Promettans, etc.. obleigeans, chascun en droict soy, 
etc., renonçans, etc. Faict et passé l'an mil V*^ cinquante 
neuf, le lundi quinziesme jour de janvier. Signé Denetz et Le 
Camus. Et au doz de ladicte donnation est escript : Enregistré 
par Le Camus. Et encores audictdoz, a esté mis et escript l'in- 
sinuation ainsi qu'il s'ensuict : 

L'an mil cinq cens cinquante neuf, le vendredi premier 
jour de mars, le présent contract de donnation a esté apporté 
au greffe du Chastellet de Paris, et icelluy insinué, accepté et 
en pour agréable aux charges et conditions y apposées par 
honnorable homme Ambroise Paré, cirurgien du Roy, en per- 
sonne, tant pour luy que pour Jehanne Mazelin, sa femme, 
et encores pour, et ou nom de Jehanne Paré, donataire, dé- 
nommez audict contract, lequel contract a esté enregistré au 
présent registre, seiziesme volume des insinuations dudict 
Chastellet, suivant l'ordonnance, ce requérant ledict Ambroise 
Paré ou dict nom, qui a requis et demandé acte à lui octroyé 
et baillé ces présentes pour luy servir et valloir, à sadicte 
femme et à ladicte Jehanne Paré, donataire, en temps et lieu 
ce que de raison . Et après ont esté lesdictes lettres rendues audict 
donateur. 

(Archives Nationales Y. ici. fol. lôov".) 



XVI 

1 562 (n. st.) — 28 Janvier. 

CONCESSION VIAGÈRE FAITE PAR AMBROISE PARÉ A GUILLAUME 

GUÉAU, MAITRE PEINTRE, ET A CLAUDE PÉRIER, SA FEMME, 

d'un emplacement pour CONSTRUIRE DANS LA COUR DE LA MAISON 

DES TROIS MORES. 

Par devant Nicolas Le Camus et Guillaume Denetz, notaires 
du Roy nostre sire, de par lui ordonnez et establiz en son Chas- 
telet de Paris, fut présent en sa personne noble homme mais- 
tre AmbroysParé, premier cirurgien du Roy, lequel a confessé 
et confesse avoir donné, ceddé et transporté à honnorables 
personnes Guillaume Guéau, maistre paintreà Paris, et Claude 
Périer, sa femme, de lui auctorizée et au survyvant d'eulx 
deux tout tenans, à ce présens et acceptans la joissance leur 
vie durant seullement, d'une petite place contenant environ 
neuf piedz dans œuvre sur la largeur de la court cy après 
mentionnée, le tout estant des appartenances d'une maison 
audict Paré appartenant de son conquest, en laquelle pend 
pour enseigne les Troys Mores, et en icelle est à présent 
demeurant icelluy Paré, assize à Paris, rue de l'Errondelle, et 
ayant entrée par la rue des Augustins, à icelle petite place 
avoir et prandre du costé de ladicte rue des Augustins, et en 
laquelle place et sur le portail de ladicte entrée, lesdits Guéau 
et Périer, sa femme, seront tenuz et promectent faire bastir 



PIECES JUSTIFICATIVES 197 

et ediffier à leurs despens dedans ung an prochain venant, 
deux petites chambres et grenier au-dessus, lequel bastiment 
néanlmoings ne pourra estre levé plus hault que le pignon 
d'une aultre maison audict Paré appartenant, en laquelle 
est à présent demeurant Françoys Périer, aussi maistre paintre, 
dedans laquelle maison où est demeurant ledict Périer, sera 
prins une petite place à l'entrée de la porte pour faire 
une petite visz à monter et dessendre ung homme seullement 
pour servir audict bastiment qui ainsy sera faict, et sy seront 
tenuz faire faire les cloisons nécessaires, tellement qu'ils n'au- 
ront aulcune veue, égoust, entrée, ne yssue sur ledict Fran- 
çois Périer, ny semblablement sur ledict Paré, et parce que en 
seront tenuz faire toutes leurs veues, égoust et entrées sur 
ladicte rue des Augustins, et y getter toutes leurs eaues, sans 
ce que toutes foys, après le trespasdesdicts Guéau et sa femme 
et chascun d'eux, leurs hoirs et ayans cause puissent aulcune 
chose avoir, prétendre ne demander en la propriété de ladicte 
place sur laquelle sera faict ledict bastiment, ny semblable- 
ment audict bastiment et fraiz d'icelluy bastiment, parceque 
le tout retournera, compectera, et appartiendra audict Paré, 
ses hoirs et ayans cause après le décedz desdicts Guéau et sa 
femme et du survyvant d'eulx deux, comme dict est. Pour 
desdictes choses données, joyr, faire et disposer par lesdicts 
Guéau et sa femme et le survyvant d'eulx deux tout tenant 
leur dicte vye durant. Ces don, cession et transport faictz pour 
la bonne amytié que ledict Paré a et porte ausdits Guéau et 
sa femme et aussy que ainsy luy a pieu et plaist. Et pour 
icelle donnation foire insinuer sy mestier est, par devant le 
Prévost de Paris ou son lieutenant, lesdictz donnateur et don- 
nataires ont fait et constitué leurs procureurs, assavoir ledict 
donnateur, maistre Jehan Morice, procureur oudict Chastelet, 



igS AMBROISE PARÉ 

et lesdictz donnataires, maistre Nicolle Morice, aussy procu- 
reur oudict Chastelet, ausquelz ilz et chascun d'eulx ont 
donné et donnent pouvoir et puissance de ce faire et tout ce 
que au cas appartiendra sera requis et nécessaire. Promettant, 
etc., obligeant chascun en droict soy, etc., renonçant, etc. 
Faict et passé double l'an mil cinq cens soixancte ung, le 
mercredy vingt huictiesme jour de janvier. Signé : Le Camus 
et de Netz, et au doz est escript : Enregistré par de Netz. Et 
encores est escript l'insinuation ainsy qui s'ensuict : 

L'an mil cinq cens soixancte ung, le mercredy quatriesme 
jour de mars, le présent contract de donnation a esté aporté 
au greffe du Chastellet de Paris, et icelluy insinué, accepté et 
eu pour agréable aux charges et conditions y apposées par 
maistre Jehan Morice, procureur oudict Chastelet ou nom et 
comme procureur de noble homme maistre Ambroys Paré, 
premier cirurgien du Roy, donnateur, et par maistre Nicolle 
Morice, procureur dehonnorables personnes Guillaume Guéau 
et Claude Périer, sa femme, donnataires dénommés oudict 
contract, lequel présent contract de donnation a esté enregistré 
ou présent registre des insinuations dudict Chastellet de Paris, 
suyvant l'ordonnance ce requérant lesdictz Morices, qui ont 
requis et demandé acte à eulx octroyé et baillé ces présentes 
pour servir et valloir ausdicts donnateur et donnataires en 
temps et lieu ce que de raison et après, rendues. 

(Archives Nationales Y. 103 fol. 65.) 



XVII 

1563. — Août. 

LETTRES-PATENTES DONNANT A AMBROISE PARÉ LES BIENS DE FEU 

JEAN GAULTIER, PÉDAGOGUE EN l'UNIVERSITÉ DE PARIS, 

ÉCHUS AU ROI PAR DROIT DAUBAINE. 

Charles, par la grâce de Dieu, roy de France, à tous présens 
et advenir, salut. Scavoir faisons que nous, ayans esgard et 
considéracion aux bons et agréables services que nostre cher 
et bien amé premier cirurgien, M'' Ambrois Paré nous a 
faictz en sondit estât, foict et continue chascun jour et espé- 
rons qu'il fera encores cy après, à icellui pour ces causes et 
autres à ce nous mouvans. avons donné, ceddé, quicté, trans- 
porté et délaissé, et par la teneur de ces présentes donnons, 
ceddons, quictons, transportons et délaissons tous et chas- 
cuns les biens meubles, immeubles, debtes et créances 
demourez après le décez et trespas de feu M'^ Jehan Gaultier, 
en son vivant pédaguogue en nostre ville de Paris, à nous 
advenuz et escheuz et déclarez apartenir par droict d'aulbeine, 
illegitimation, desherance et biens vaccans que autrement, par 
sentence des conseillers de nostre Trésor à Paris en dacte du 
ix*' jour d'aoust dernier passé, cy attachée soubz le contresel 
de nostre chancellerie, pour desdits biens, debtes, créances, à 
quelque somme, valeur et estimation qu'ilz soient et se puis- 
sent monter, joir et user par ledit M'' Ambrois Paré, ses hoirs, 



200 AMBROISE PARE 

successeurs et ayans cause, plainement, paisiblement, perpé- 
tuellement et à tousjours, et en ordonner et disposer comme 
de leur propre chose et vray heritaige sans aucune chose en 
retenir ne réserver à nous, fors seullement les foy et hom- 
maige, ressort et souverainetté, à la charge toutesfois de 
preallablement paier et acquicter les fraiz de justice, si ja 
paiez n'ont esté, et les autres charges et redevances, s'aucunes 
en y a sur lesdits biens où et ainsi qu'il apartiendra. Si don- 
nons en mandement, etc. 

Donné à Coignac, ou mois d'aoust, l'an de grâce mil V 
soixante cinq, et de nostre règne le cinquième. Signé Charles, 
et sur le reply, par le Roy, la Royne sa mère présente. De 
Laubespine. 

(Archives Nationales JJ. 263, fol. 238, v".) 



XVIII 

1363. — 6 Octobre. 

SENTENCE DE LA CHAMBRE DU TRÉSOR, DÉBOUTANT CLAUDE GAUL- 
TIER, DEMEURANT A CARPENTRAS, DE LA DEMANDE PAR LUI 
FORMÉE POUR RENTRER EN POSSESSION DES BIENS DE SON FRÈRE 
JEAN GAULTIER, ATTRIBUÉS AU ROI PAR DROIT d'aUBAINE. 

Entre le procureur du Roy au Trésor, demandeur en saisie 
et deffendeur en mainlevée d'une part, et Claude Gaultier, 
demeurant à Carpentras, soy disant frère et seul héritier de 
deffunct M*^ Jehan Gaultier en son vivant demeurant en l'U- 
niversité de Paris, deffendeur et opposant à ladicte saisie, 
demandeur et requérant mainlevée et délivrance luy estre 
faicte des biens meubles et immeubles demeurez après le 
decez et trespas dudict deffunct M*' Jehan Gaultier, d'autre 
part. 

Veu par nous les advertissemens et productions desdictes 
parties, le testament faict par ledict deffunct audict Carpen- 
tras, par lequel il aureit faict ses héritiers, Bertrand et Claude 
Gaultier, ses frères, en dacte du cinquième aoustMV"' XXXI, 
signé Berthequin et scellé des sceaulx dudict Carpentras, 
actestation et informacion faicte à la requeste dudict Claude 
Gaultier des six et huictième jours d'aoustMV*^LXV, avec la 
veriffication faicte de la généalogie et nativité dudict deffunct 
M® Jehan Gaultier à la requeste dudict procureur du Roy, au 



202 AMBROISE PARE 

bout de laquelle il auroit baillé ses conclusions par escript, la 
sentence de nous donnée sur ladicte veriffication, par laquelle 
nous aurions adjugé au Roy tous et chascuns les biens 
délaissez par le decez et trespas dudict deffunct Gaultier, 
l'appointement donné entre lesdictes parties le xi*' jour de 
septembre MV<^ LXV dernier passé par lequel, après que ledict 
Gaultier pour les moyens de sa mainlevée auroit dict que 
ledict deffunct et luy estoient frères naiz et procréez en loyal 
mariage en la ville de St.-Pol en Daulphiné, diocèse d'Am- 
brun, que depuis trente ou quarante ans iiz se seroient 
retirez en la ville de Carpentras en laquelle des l'an mil cinq 
cent trente ung ledict M*' Jehan Gaultier auroit faict son tes- 
tament et ordonnance de dernière volunté, par lequel il auroit 
institué ledict deffendeur son héritier, et depuis seroit ledict 
M® Jehan venu demourer en ceste ville de Paris, faisant pro- 
fession de bonnes lettres, auquel lieu il seroit deceddé depuis 
ung an, délaissé ledict deffendeur son seul frère et héritier, 
lequel nous eust requis mainlevée luy estre faicte desdictz 
biens, et par ledict procureur du Roy auroit esté dict, encores 
que ledict deffunct et deffendeur feussent frères, naiz et natifz 
du royaulme de France, si est ce que ledict deffendeur estant 
demeurant en la ville de Carpentras, terre papalle, trente ans 
y avoit et plus, comme il apparoissoit par ledict testament, 
qu'il estoit incapable de succedder audict deffunct tant par le 
moien des statutz et ordonnances de ce royaume, et aussi le 
portoient toutes veriffications de lettres de naturalité, de bas- 
tardise ou autres dons du Roy, comme il estoit notoire, par 
ce moien percistoit ledict procureur du Roy en sa saisie, 
requérant qu'elle feust déclarée bonne et vallable, et souste- 
noit le deffendeur devoir estre débouté de la mainlevée par 
luy requise, eussions icelles parties sur le débat de ladicte 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 2o3 

saisie et mainlevée appoinctées à mectre par devers nous 
dedans trois jours tout ce que bon leur sembleroit, pour leur 
estre ûiit droict ainsi que de raison, après que pour tous contre- 
dictz elles auroient employé ce qui estoit de droict, et tout 
ce que par lesdictes parties a esté respectivement mis et pro- 
duict par devers nous et nostre dicte court, suivant ledict 
appointement, et tout considéré ce qui foisoit à veoir et consi- 
dérer en ceste partie. 

Nous avons débouté et déboutons ledict demandeur de 
l'effect et entérinement de de sa requeste et mainlevée requise 
des biens y mentionnée, et ordonnons que lesdicts biens 
demeureront au Roy selon la sentence d'adjudication cy 
devant donnée en la court de céans au prouffict dudict sieur, 
le tout nonobstant chose dicte et proposée au contraire par 
ledict demandeur, dont nous l'avons débouté et déboutons 
par sentence. Dict et prononcé audict procureur du Roy et en 
l'absence du procureur dudict deffendeur, le sixiesme jour 
d'octobre mil V*^ soixante cinq. 
(Archives Nationales, Chambre du Domaine, Z. 5277, fol. 78.) 



XIX 

1565. — 26 Octobre. 

DONATION A CLAUDE GAULTIER, DE CARPENTRAS, PAR AMBROISE PARÉ, 
PREMIER CHIRURGIEN DU ROI, DE BIENS DONNÉS A CE DERNIER 
PAR LE ROI. 

Par devant Guillaume De Netz et Nicolas le Camus, notai- 
res du Roy nostre sire en son Chastellet de Paris, fut présent 
noble homme maistre Ambroys Paré, premier cirurgien du Roy, 
lequel confessa et confesse avoir donné, remys, etquicté par ces 
présentes, en pur don irrévocable faict entre vifz, sans espoir 
de jamais le révoquer, à Claude Gaultier, cardeur et picqueur 
de laynes, demeurant en la ville de Carpentract, ou comté de 
Venise, près Avignon, pauvre homme aveugle, aagé de soi- 
xante ans et plus, chargé de quatre enffans, comme il a dict 
et affermé, ad ce présent et acceptant pour luy, ses hoirs etc., 
tout le droict que audict Paré compecte et appartient au 
moyen du don naguères à luy faict par le Roy estant à 
Bayonne, du droict d'aulbeine advenu audict seigneur Roy 
par le déceds et trespas de feu maistre Jehan Gaultier, en son 
vivant maistre es arts , estudiant en l'Université de Paris, 
natif de Sainct-Paul, diocèse d'Ambrun en Daulphiné, frère 
puisné dudict Claude Gaultier, sans aucune exception ne réser- 
vation du contenu audict don, pour, par ledict Claude Gaul- 
tier et les siens, en joyr, faire et disposer à son plaisir et 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 2o5 

volunté. Geste donnation faicte par ledict Paré en considéra- 
tion de la pauvrette et antiquicté dudict Claude Gaultier, et de 
la charge qu'il a de ses dicts enffans, et parceque tel est le 
voulloir dudict Paré. Et pour icelle donnation faire insinuer 
sy besoing est, partout où il appartiendra, iceulx Paré et 
Glaude Gaultier font et constituent leur procureur irrévocable 
le porteur de ceste auquel respectivement ils donnent plain 
pouvoir de ce faire, et tout ce que au cas est requis et néces- 
saire. Promettans, etc., obligeans, etc.. chascun en droict soy, 
renonçans, etc. Faict et passé doubles, ceste pour ledict Gaul- 
tier, l'an mil cinq cens soixante cinq, le vendredy vingt' 
sixiesme jour d'octobre. Signé de Netz et Le Camus. Et au dos 
est escript : Enregistré par Le Camus; et encore a esté mys 
et escript l'insinuation ainsi qu'il s'ensuict : 

L'an mil cinq cens soixante huit, le vendredy deuxiesme 
jour de juillet, le présent contract de donnation a esté apporté 
au greffe du Chastellet de Paris, et icelluy insinué, accepté et 
eu pour agréable, ainsy que contenu est par icelluy par mais- 
tre Jehan Le Clerc, comme procureur demaistre Ambroys Paré 
et de Claude Gaultier, donataire, dénommez oudict contract, 
lequel a été enregistré au présent registre, vingt-quatriesme 
volume des Insinuations dudict Chastellet, suivant l'ordon- 
nance, ce requérant ledict Le Clerc oudict nom qui de ce a 
requis et demandé acte à luy octroyé et baillé ces présentes 
pour servir et valloir audict donataire en temps et lieu, ce 
que de raison. Et après, rendues audict Le Clerc. 

(Archives Nationales. Y. 109 fol. 4.) 



XX 



1572. 



ETAT DE LA MAISON DU ROI CHARLES IX. 

Médecins. 

W Jehan Mazille, premier xii"^ livres 

M® Hierosme de Varade viii<= livres 

M^ Jehan Pépin viii<^ livres 

M^ Marc Miron viii<= livres 

M^ Balthazard Fabry viii"^ livres 

M^ Simon Bellanger viii'= livres 

M^ Léonard Botal viii= livres 

M^ Gérard Brouet(i) viii'^ livres 

W Jehan Ferrand (2) viii<= livres 

M^ Michel Vaterre vin" livres 

M^ Alexis Godin viii"^ livres 

M'^ Girault Vigor viii'= livres 

Aultres médecins servans. 

M® Pierre Le Févre iv*^ livres 

M^ Jacques Luzière (3) iv'= livres 



(1) Médecin de Charles IX et de Henri III. 

(2) Médecin de Charles IX et de Henri III. 

(3) Jacques de Luzières, médecin de Charles IX et de Henri III, et de 
Marie Stuart, femme de François II, en 1559. 



PIECES JUSTIFICATIVES àÔf 

Aultres médecins à réduire. 

W Nicolle Le Grand iV^ livres 
M*' Honorât Le Chantre (i) c. livres 

M'' Anthoine de Fessac (2) c. livres 

Apothicaires. 

Nicolas de la Halle, tant pour ses gaiges que 

pour l'entretenement du charroy iv^ livres 

Martin d'Avoyne, en semblable iV^ livres 

Benoist Daigue, en semblable (3) iv^ livres 

Chirurgiens vallet:{ de chambre. 

W Ambroise Paré, premier 800 1. t. 

M*^ Pierre Aubert 280 » 

W Jehan d'Amboyse 240 » 

M"^ Nicolle Lambert 240 » 

M*^ Richard Hubert 240 » 

M** Jehan Lavernot 240 » 

M^ Eustace Frippet 240 » 

M^ Du Bois 240 » 

M° Nicolas Le Bailleur, l'aîné, renoueur (4) 300 » 

M*^ Nicolas Le Bailleur, le jeune, renoueur 300 » 



(i) Honorât Le Chantre, seigneur de Saint-Pons, médecin de Charles 
IX et de Henri IH. 

{2) Médecin de Charles IX et de Henri III. 

(3) Probablement fils de Pierre, fut aussi apothicaire de Henri III. 

(4) Il y avait à cette époque, en Normandie, un certain Jean de Bailleul, 
abbé de Jonval, rebouteur céiebre. « Nicolas reçoit, le 22 mai i55i, une 
somme de 35 liv, 19 sols 6 den. t., en remboursement de ses fournitures pour 
guérir un page, appelé La Roche du Maine, qui avait les reins blessés et 
gâtés. •. {Diff. mél. pour Vhist. des méd. I. p. 3o5). 



208 AAtBROISE PARÉ 




M^ Jehan Tahureau, renoueur 


240 » 


M» Anthoine Portail 


240 » 


Âidtres chirurgiens à réduire. 




W Laurent Colot, père et fils 


visx livres 


M^ Nicolle Desneux, fils de feu M. Rasse 


L. livres 


M^ Thommas 


c. livres 


M® Pierre Anthoine 


VF'' livres 


M® Jacques Le Roy 


c. livres 


Barbiers vallef:^ de chambre. 




Camusat, premier ordinaire 


300 livres 


Jean Gilbert, dit Baugeois 


240 livres 


Nicolas au Somuyn 


240 livres 


Jean Percontal 


240 livres 


Nicolas Ivelin 


24c livres 



Aultres barbiers à réduire. 

Cosme Foubert; gendre de Percontal. vi^x livres 

(Archives Nationales. KK. 134. fol. 35). 



XXI - 

1573- — 3 ' Décembre. 

CONTRAT DE MARIAGE DE MAITRE AMBROISE PARÉ, 

CONSEILLER ET PREM'ER CHIRURGIEN DU ROI ET JURÉ A PARIS, 

AVEC JACQUELINE ROUSSELET. 

Par devant Nicolas Le Camus et Jehan Herbin, notaires du 
Roy nostre sire en son Chasteliet de Paris, furent présens et 
comparurent personnellement honnorables personnes Jacques 
Rousselet, chevaulcheur ordinaire de l'escuerie du Roy, du 
nombre des six vingtz prévilleigez bourgeois de Paris, et 
Marye Boullaye, sa femme, de lui suffisament auctorisée en 
ceste partye pour foire et passer ce que ensuict ou nom et 
comme stippullans en ceste partie pour Jacqueline Rousselet, 
leur fille, à ce présente et de son voulloir et consentement 
d'une part, et noble homme maistre Ambroise Paré, conseiller 
et premier chirurgien du Roy et juré à Paris, pour luy et en 
son nom d'aultre part, lesquelles parties, de leurs bonnes, 
pures, franches et libéralles voluntez, propres mouvemens et 
de leurs certaines sciences, sans force ne contraincte aucune, 
si comme elles disoient, recongnurent et confessèrent en la 
présence et par l'advis, assavoir, de la part desdictz Rousselet 
et sa femme, de Robert Boullaye, secrétaire du sieur premier 
président de Daulphiné, cousin germain, noble homme 
M*^ François Bouteroue, advocat en la court de Parlement, et 



210 AMCROISE PARE 

de honnorable homme, maistre Estienne Caillart, procureur 
en ladicte court de Parlement, amys commungs desdictz 
Rousselet et sadicte femme, et, de la part dudict maistre 
Ambroise Paré, de honnorable homme Hilaire de Briou, mar- 
chant maistre apoticaire et espicier, bourgeois de Paris, voisin 
et amy d'icelluy Paré, avoir faict, feisrent et font entre elles 
de bonne foy les traicté, accordz, douaire, convenances de ma- 
riage, promesses et obligations qui ensuivent pour raison du 
mariage qui au plaisir de Dieu sera de brief faict et solemp- 
nisé en saincte Eglise, desdictz maistre Ambroise Paré et Jac- 
queline Rousselet. 

C'est assavoir, lesdictz Jacques Rousselet et sadicte femme, 
avoir promis et promectent donner et bailler ladicte Jacque- 
line Rousselet, leur fille par non et loy de mariage audict 
Paré qui icelle a promis et promect prendre à sa femme et 
espouze le plustost que bonnement faire se pourra, et qu'il 
sera advisé et délibéré entre eulx, leurs parens et amis, 
sy Dieu et saincte Eglise s'y accordent. En fliveur et contem- 
plation duquel présent futur mariage et pour à icelluy parvenir, 
lesdictz Jacques Rousselet et Marye Boullaye, sa femme, de 
luy auctorisée comme dessus, ont promis, seront tenuz, pro- 
mectent et gaigent chacun d'eux seul et pour le tout, sans 
division ne discution, renonçans auxditz béneffices de 
division, ordre de droict et de discution, donner, bailler, et 
paier ausdictz mariez futurs ou au porteur, la somme de cinq 
mil livres tournois en deniers contens dedans la veille de leurs 
espouzailles. Et en ce faisant, a ledict maistre Ambroise Paré, 
futur espoux, doué et doue ladicte Jacqueline Rousselet, sa 
future espouze, de la somme de cinq cens livres tournois de 
rente en douaire préfix, au cas toutesfois que au jour de leur 
dissolution il n'y aict aucuns enffans vivans d'eux deux, et où 



PIECES JUSTIFICATIVES 211 

il y aura enflint ou enffans, ne sera ledict douaire que de trois 
cens livres tournois par an, à icelluy douaire préfix, tel que 
dessus, avoir, prendre et choisir par ladicte future espouze sur 
les rentes que ledict futur espoux a et luy appartiennent tant 
sur l'hostel de ceste ville de Paris que particuliers d'icelle, et 
loiers de ses maisons qu'il a assizes en ladicte ville de Paris, 
sy mieulx ladicte future espouze n'ayme en desduction dudict 
douaire joir sa vye durant de la totallité de la maison de la 
Vache et ses appartenances, assize à Paris rue de l'Erondelle, 
audict futur espoux appartenant, et ce à raison de deux cens 
livres tournois par chacun an, oultre les fortiffications de ville 
et d'entretenir par ladicte future espouze ladicte maison des 
réparations viagères, sans que ladicte future espouze puisse 
demander aucun douaire coustumier. Et sy aura oultre ladicte 
future espouze en chacun desdictz cas par préciput de ses 
habitz, bagues et joiaulx à son usaige jusques à la somme de 
cinq cens livres tournois pour une foys paier, comme en sem- 
blable ledict Paré futur espoux survyvant ladicte Jacqueline 
Rousselet sa future espouze, aura et prendra de ses habille- 
mens, armes, chevaulx et instrumens de son estât jusques à 
pareille somme de cinq cens livres tournois, aussy pour une 
fois paier. Car ainsi le tout a esté dict, convenu et expressé- 
ment accordé entre lesdictes parties, en faveur dudict présent 
futur mariage qui aultrement n'eust sorty aucun effect, pro- 
mectans, etc, obligeans chacun en droict soy et l'un envers 
l'aultre, mesmes lesdictz Rousselet et sadiete femme chacun 
d'eulx seul et pour le tout, sans division ne discution, renon- 
çans et iceulx Rousselet et sadiete femme ausdictz béneffîces 
de division, ordre de droict et de discution, et encores ladicte 
femme aux droictz et béneffîces de Velleyan et Autenticque si 
qua millier a elle exprimez et donnez à entendre par l'un des- 



212 AMBROISE PARE 



dictz notaires soubzsignez, en la présence de l'aultre et qui 
sont telz que une femme ne se peult obliger, respondre, ne 
intercedder pour le faict d'aultruy, signamment pour son mary 
sans expressément renoncer ausdictz bénéfices, et que si elle 
ny renonceoit, elle en pourroit estre facillement relevée et 
restituée, ausquelz et à tous autres droitz faictz, mis, donnez 
et introduictz pour les femmes et en leur faveur elle y a 
renoncé et renonce par ces présentes. Faict et passé double, 
cestuy pour ledict Rousselet, l'an mil cinq cens soixante 
treize le jeudy trente ungniesme et dernier jour de décembre. 

(Signé) Le Camus. Herbin. 
Furent présens en leurs personnes noble homme, M^ 
Ambroise Paré, conseiller et premier chirurgien du Roy nos- 
tre sire et juré à Paris, d'une part, et Jacques Rousselet, che- 
vaucheur ordinaire de l'escurye du Roy, du nombre des six 
vingtz privilégiez bourgeois de Paris, Marie Boulaye, sa 
femme et Jacqueline Rousselet, leur fille et future espouse 
dudit M" Ambroise Paré d'autre , lequel Paré a déclaré et 
déclare que combien que par le contract de mariage passé 
par devant Le Camus et Herbin, notaires ou Chastellet de 
Paris le dernier décembre dernier entre luy d'une part et 
ladicte Jacqueline Rousselet, sa future espouze, d'autre, luy 
ait esté promis par iceulx Rousselet et sa femme, père et 
mère d'icelle Jacqueline, bailler et paier la veille de leurs 
espouzailles, la somme de cinq mil livres tournoys, moyennant 
les douaire et charges promises par icelluy contract par ledict 
Paré à ladicte Jacqueline Rousselet, toutesfois icelluy Paré 
pour la bonne, vraye et naturelle amour qu'il a et porte à 
ladicte Jacqueline Rousselet, a de sa propre et libéralle volunté 
déclaré et déclare qu'il se contentoit et contente de la somme 
de deux mil livres tournois, au lieu d'iceulx cinq mil livres 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 2l3 

tournois, laquelle somme de deux mil livres tournois iceulx 
Jacques Rousselet et Marie Boulaye, sa femme, de luy aucto- 
risée en ceste partie ont promis, promectent et seront tenuz 
bailler et payer en deniers contens audict M^ Ambroise Paré 
la veille des espouzailles de luy et de ladicte Jacqueline Rous- 
selet, sa future espouze. Voullant et accordant néantmoings 
ledict M*^ Ambroise Paré que les douaire et conventions par 
luy accordez et promis à ladicte Jacqueline Rousselet, sa future 
espouze par ledict contract de mariage par luy exibé et qu'il a 
leu de mot à mot, sortent effect et soient entretenuz selon la 
teneur d'iceulx, sans aucune diminution ou restrinction, tout 
ainsy qu'il est porté par icelluy et que sy ladicte somme de 
cinq mil livres tournois lui eust esté, ou estoit entièrement et 
actuellement payée et baillée, car ainsy ledict M*^ Ambroise 
Paré l'a expressément promis, voullu, consenty et accordé 
pour les causes que dessus et autres à ce le mouvant, et 
aussy que tel est son plaisir, promectans, obligeans chacun 
en droict soy, renonçans. Faict et passé double cestuy pour 
ledict Rousselet, l'an mil cinq cens soixante quatorze, le mer- 
credy treiziesme jour de janvyer. 

(Signé) Chappelain. Lamyral. 
Ledict M^ Ambroise Paré, dessus nommé, confesse avoir eu 
et receu desdictz Rousselet et sa femme aussi y nommé, 
icelluy Rousselet cà ce présent, les deux mil livres tournois 
qui par lesdictz Rousselet et sa femme promis luy avoient esté 
paier pour les causes selon et ainsi que plus à plain est con- 
tenu et déclaré au contract cy dessus contenu, dont il s'est 
tenu pour content et les en quicte et tous autres, promectans, 
obligeant, renonçant. Faict et passé l'an mil V soixante qua- 
torze, le samedi trente et pénultime jour de janvier, tripple. 

(Signé) Lamyral. 



214 AMBROISE PARE 

Au verso est écrit : 

Contract de mariage de M. Paré avecq la quittance du 
payement dudict mariage. 

Et à la marge : Enregistré par moi Herbin. 

(Archives du château de Paley.) 



XXII 

1560 — 1574- 

ETAT DE LA MAISON DU ROI CHARLES IX, DEPUIS LE I®"" JANVIER I 560, 
jusqu'au 31 DÉCEMBRE 1374- 

M* Jehan Chapelain, premier, mort le 5 décembre 1569. 

M® Jehan Maziiie, premier en 1570. 

M^ Jérôme de Varade. 

M^ François Miron et Marc, son fils. 

M<^ Laurens Crabbe, m. le i^'' mars 1563. 

M® Valeran de Henez, m. le 11 novembre 1563. 

M*' Honorât de Castellan, m. le 4 novembre 1569. • 

M^ Guillaume Millet et Loys son fils, hors en 1364. 

M^ Simon Burgensis, m. en septembre 1567. 

M*' Jacques Olivier, hors en 1564. 

M® Jehan Pépin. 

M^ Jehan des Rousseaux, hors en 1370, 

M® Nicole Le Grand. 

M® Simon Bellanger. 

M^ Michel Vaterre. 

M*' Philippes de Flesselles, hors en 1364. 

M*' Balthazar Fabry, en octobre 1 367, au lieu de Burgensis. 

M*^ Léonard Botal, en 1364. 

M® Denis Millet, en 1564, m. le 2 m.ai 1369. 

M" Pierre Le Fèvre, en 1368. 



2l6 AMBROISE PARÉ 

M® Jehan Ferrand, en 1570. 

M® Alexis Godin, en 1570. 

M" Girault Vigor, en 1570. 

M*^ Gérard Brouet, en 1568. 

M^ Jacques de Lusserie, en 1570. 

M'^ Loys Duret, et lecteur du roi en 1571 (i), 

M^ Honoré Le Chantre, sieur de Saint-Pons, en 1572. 

M*^ Anthoine de Fessac, en 1570. 

(Bibliothèque Nationale. Fonds français 7854.) 



(0 Né à Baugé-la-Ville, en Bresse, l'an 1527, docteur à Paris, le 12 sep- 
tembre.! 552, rnédecin ordinaire de Charles IX et de Henri III, professeur 
au Collège de France en i568, mourut le 22 janvier i586, âgé de 59 ans. 
Henri lU assista au mariage de sa fille Catherine avec Arnoul de l'Isle, en 
i5B5, à l'église, au festin, et fit présent à la nouvelle mariée de toute la 
Yaiss:lle d'or et d'argent qu'il avait prêtée pour cette fête, et que l'on esti- 
mait 40,000 livres. Son fils Jean fut un médecin très habile. 



XXIII 

1574- — 9 Janvier. 

DONATION PAR AMBROISE PARÉ, PREMIER CHIRURGIEN DU ROI, 

A JEANNE PARÉ, SA NIÈCE, d'UNE MAISON 

SITUÉE A LA DESCENTE DU PONT SAINT-MICHEL, ET DE 

CENT LIVRES TOURNOIS DE RENTE SUR l'hÔTEL-DE-VILLE. 

A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, Anthoine 
Duprat, chevalier de l'ordre du Roy, seigneur de Nanthoillet, 
Précy, Rozay et de Fourmerye, baron de Thiert, de Thoury 
et de Viteaulx conseiller de la Majesté dudit seigneur, son 
chambellan ordinaire et garde de la prévosté de Paris, salut. 
Scavoir faisons que par devant Guillaume Denetz et Nicolas le 
Camus, notaires du Roy nostredit seigneur en son Chastellet 
de Paris, fut présent en sa personne noble homme M^ 
Ambrois Paré, premier chirurgien du Roy et juré à Paris, 
lequel de son bon gré, pure, franche et libéralle volunté, sans 
contraincte aucune, si comme il disoit, recongnut, confessa et 
confesse en la présence et par devant lesdictz notaires comme 
en droict jugement par devant nous oudict Chastellet, avoir 
donné, ceddé et transporté par ces présentes par donnation 
faicte entre vifz et irrévocable du tout à tousjours sans espoir 
de jamais la révocquer, aller ou dire contre en aucune 
manière, à jehanne Paré, sa niepce, fille de feuz Jehan 
Paré en' son vivant maitre coffretier et malletier à Paris 



2l8 AMBROISE PARÉ 

et de Marye de Neufville, jadis sa femme , ladicte Jehanne 
à ce présente, stipullant et acceptant avec lesdictz notaires 
soubzsignez pour elle, ses hoirs et ayans cause à l'advenir, 
assavoir, une maison, aisances et appartenances, ainsy- 
qu'elle se poursuict et comporte et extend de toutes partz, 
assize en ceste ville de Paris en la vallée du Pont-Sainct-Mi- 
chel, à icelluy Paré apartenant de son conquest par luy faictà 
tiltre d'eschange de René Mestereau, bourgeois de Paris, • 
tenant d'une part à Charles de Paris, maitre pâticier, d'aultre 
à Hémery de Prime, abouttissant par devant à Francoys Pi- 
chonnat et par derrière à icelluy Parré, et laquelle maison a 
son entrée et yssue par la grand place commune à vendre 
biens estant au bout dudict pont Sainct Michel par une allée 
estant entre la maison dudict de Prime et celle d'icelluy 
Pichonnat, dont le dessus et dessoubz d'icelle allée appartient 
audict Pichonnat, en la censive des religieulx et couvent 
Sainct Germain des Prez, et chargé envers eulx d'un denier 
obole parisis de cens seullement, ainsi qu'il est au long dé- 
clairé au contract dudict eschange passé par devant Cadier et 
le Camus, notaires oudict Chastellet, l'an mil cinq cens 
soixante huict, le jeudy second jour de septembre. 

Item, et cent livres tournois de rente à icelluy Paré aussi 
apartenant de son conquest, et qui luy ont esté venduz et 
constituez par messieurs les prévost des marchans et eschevins 
de ceste ville de Paris, à les avoir et prendre aux quatre quar- 
tiers de l'an deux mois après sur les domaines d'Amyens, 
Poictiers, Thoulouze et autres à plain déclarez es lettres de 
création et constitution d'icelle rente passées par devant les- 
dictz notaires soubscripts le dix huictiesme jour de juing mil 
cinq cens soixante douze, lesquelz contract d'eschange et 
lettres de constitution icelluy Paré promect bailler et 'fournir à 



PIECES JUSTIFICATIVES 2IQ 

ladicte Jehanne Paré^ sa dicte niepce, etdont des maintenant aux 
conditions et réservations cy après déclarées il la faict porteur, 
et d'iceulx cent livres tournois de rente actrice et propriéte- 
resse, et la mect et subroge par ces présentes du tout en son 
lieu, droictz et actions, veult et consent qu'elle y soict mise 
et subroguée partout où il apartiendra, pour de ladicte mai- 
son et ses apartenances, et rente de cent livres tournois dessus 
déclarez joyr par ladicte Jehanne Paré sesdictz hoirs et ayans 
cause, et en faire, ordonner et disposer à sa volunté. Cestz 
don, cession et transport faictz à la charge dudict cens sur 
ladicte maison, et aussi à la réservation faicte par ledict Paré 
donateur de l'usuffruict sa vye durant seullement tant d'icelle 
maison que rente, lequel usuffruict il veult et consent estre 
reuny et consolidé à la propriété incontinant après son decez 
et trespas, et cependant il s'en constitue possesseur à tiltre 
précaire pour et soubz le nom de sadicte niepce, et oultre pour 
la bonne amour naturelle qu'il a et porte à icelle Jehanne 
Paré, sadicte niepce, et aussi parce que tel est son voulloir. 
Et neanlmoings sy ladicte Jehanne, sa niepce, va de vye à 
trespas sans enffans procréez de son corps en loial mariaige, 
ou ses enffans sans hoirs de leur chair aussi procréez en loial 
mariaige, en ce cas ladicte maison, ensemble lesdictes cent 
livres tournois de rente retourneront et apartiendront à icelluy 
Paré, donateur, ou à ses hoirs et héritiers de son costé et 
ligne, parce que autrement et sans ceste condition expresse il 
n'eust faict ladicte présente donnation ; transportant par luy 
à sadicte niepce des mainctenant comme pour lors aux char- 
ges, conditions et réservations susdites, tous droictz de pro- 
priété et autres qu'il a et luy apartiennent en ladicte maison 
et rente dessus déclarez, et s'en est dessaisi, desmis et de- 
vestu et par ces présentes se dessaisist, desmect et devest du 



220 A3IBR0ISE PARÉ 

tout es mains desdictz notaires comme es nostres souveraines 
pour le Roy nostredict seigneur, pour au nom et prouffict de 
ladicte Jehanne Paré et sesdictz hoirs, voullant, consentant et 
accordant que par le bail et obstention de ces présentes elle 
en soict et demeure saisye, vestue, mise et receue en bonne 
saisine et possession par qui il apartiendra. Et néanlmoings 
pour ce faire, consentir et accorder estre faict, a faict et cons- 
titué par sesdictes présentes son procureur général, spécial et 
irrévocable le porteur de ces présentes auquel il a donné et 
donne pouvoir et puissance de ce faire et tout ce que au cas 
apartiendra, sera requis et nécessaire. Et pour la présente don- 
nation faire insinuer partout où il apartiendra et en demander 
acte ledict sieur Paré et sadicte niepce ont faict et constitué 
par sesdictes présentes leur procureur général et irrévocable 
les porteur ou porteurs d'icelles, ausquelz et chacun d'eulx 
respectivement ilz ont donné et donnent pouvoir et puis- 
sance de ce faire et tout ce que au cas apartiendra, sera requis 
et nécessaire . Promisrent oultre lesdictz donnateurs et 
donataire chacun en droict soy ces présentes et tout le con- 
tenu en icelles avoir agréables, fermes et stables à tous- 
jours sans jamais aller au contraire, et rendre et payer tous 
coustz, fraiz, mises, despens, dommaigeset interestz qui faictz 
et encouruz seroient par deffault d'entretenement et acomplis- 
sement du contenu en ces présentes, soubz l'obligation et 
ypothecque de tous et chacuns leurs biens meubles et immeu- 
bles, presens et advenir qu'ilz, chacun en droict soy. en ont 
soubzmis et soubzmecttent pour ce du tout à la justice, juris- 
diction et contraincte de ladicte prevosté de Paris et de toutes 
autres justices et jurisdictions où trouvez seront à leurs des- 
pens respectivement, et renoncèrent en ce faisant à toutes 
choses générallement quelconques à ceslettres contraires. leur 



PIECES JUSTIFICATIVES 221 

effect, teneur et exécution, et au droict disant gënéralle renon- 
ciation non valioir. En tesmoing de ce, nous, à la relation des- 
ditz notaires avons faict mettre le scel de la dicte prévosté de Paris 
à cesdictes présentes qui passées furent doubles l'an mil cinq 
cens soixante et quatorze, le samedy neufiesme jour de jan- 
vier, cestes pour ladicte jehanne Paré. Signé : Le Camus et 
Denetz. Et en la marge du premier feillet est escript : Enre- 
gistré par le Camus. Et à la fin a esté mis et escript l'insinua- 
tion, ainsi que s'ensuyt : 

L'an mil cinq cens soixante quatorze, le vendredi quinzième 
jour de janvier, le présent contract dedonnation a esté apporté 
au greffe du Chastellet de Paris et icelluy insinué, accepté et 
eu pour agréable aux charges et conditions y apposées par 
M^ Nicolas Larue, comme procureur de noble homme, maitre 
Ambrois Paré, premier chirurgien du Roy et juré à Paris, 
donateur, et de jehanne Paré sa niepce, donataire, dénommez 
audict contract, lequel a esté enregistré au présent registre, 
xxx^ volume des insinuations dudict Chastellet, suivant l'or- 
donnance, ce requérant ledict Larue oudict nom qui de ce a 
requis et demandé acte à luy octroyé et baillé ces présentes 
pour servir et valioir ausdictz donateur et donataire en temps 
et lieu ce que de raison. 

(Archives Nationales Y 115. fol. 83 V^) 



XXIV 

1575- 

MÉMOIRE d'aMBROISE PARÉ EN RÉPONSE AUX ATTAQUES DE LA 
FACULTÉ, A PROPOS DE LA PUBLICATION DE SES ŒUVRES. 

A Messeignevrs de la Covr, 

Messievrs, il y a plus de trente ans que i'ay faict imprimer 
plusieurs traictez de la Chirurgie, ausquels non seulement per- 
sonne ne s'estoit opposé, mais au contraire ont esté receuz de 
chacun auec faueur et applaudissement, qui m'a faict penser 
que si ie les recueillois en vn corps, ie ferois chose très-agréa- 
ble au public. Ce que par moy exécuté, et auec frais incroya- 
bles, comme ie pensois leur foire voir le iour, voicy, Messieurs, 
les Médecins et Chirurgiens se sont opposez pour les obscurcir 
et esteindre, non pour autre raison, que pour ce qu'ils sont 
mis en nostre langue vulgaire, et ce en termes fort intelligi- 
bles : car ceux-là craignoyent quVn chacun de ceux es mains 
desquels tels liures paruiendroyent, s'estimant assez garnis 
de conseil pour se gouuerner en ses maladies, ne daignast les 
appeler. Et ceux cy se doutans que les Barbiers receuroyent 
pleine instruction par la lecture de mesdictes œuures de toutes 
les opérations de la Chirurgie^ ne vinssent à manier le baston 
aussi bien qu'eux, et par ce moyen les empiéter. Au reste, les 
vns et les autres en gênerai, piquez de hayne volontaire, 
enuie, et ialousie de voir Ambroise Paré en quelque reputa- 



PIECES JUSTIFICATIVES 220 

tion d'homme bien entendu en son estât : et pour donner 
couleur à leur fliict, ont démembré d'emblée quelques dem.i- 
sentences de mes œuures, prises des anciens Autheurs mis 
en Françoys par eux-mesmes. Pensant par tel moyen abuser 
de vostre bonté pour rendre ma cause plus odieuse. Parquoy, 
pour leur respondre.i'ai voulu mettre ce mot d'escrit en auant, 
pour me seruir comme de saluation : afin aussi de leur donner 
à entendre que i'ay de quoy payer. Vous suppliant, Messieurs, 
de penser que c'est toute autre chose de traitter de la ciuilité 
des mœurs, en Philosophe moral pour l'instruction de la ten- 
dre ieunesse, et autre chose de parler des matières naturelles 
en vrai Médecin et Chirurgien pour l'instruction des hommes 
ja tous faicts. 

Responce de M. Ambroise Paré, premier chirurgien du Roy, 

aux calomnies d'aucuns médecins et chirurgiens, 

touchant ses œuvres. 

1 . Premièrement pour respondre au premier article tiré de la 
page 170. auquel vous faites vn apostile, comme de vilaine 
leçon. A ce ie vous puis respondre telle leçon n'estre si vilaine, 
que Galien n'en aye foit mention aux liures de l'vsage des 
parties, li. 14. cha. 2. mis en François par d'Alechamp (ij, 
Médecin très fameus, en telles paroles qui s'ensuiuent. Nature 
a donné à tous animaux des membres pour conceuoir, et 
ausdicts membres certaine vertu et faculté insigne pour causer 
plaisir et délectation, d'vne indicible et incroyable enuie de 
ce faire : de laquelle estans incitez et eguillonnez les animaux. 



(1) Jacques Daléchamps, médecin, botaniste et philologue, né à Caen en 
l5i3, docteur à Montpellier en 1547, exerça à Lyon où il mourut en i588. 
Outre sa Chirurgie française ttVHistoire des plantes, il a publ'é la traduc- 
tion de divers traités de Galien. 



224 AMBROÏSE PARÉ 

encore qu'ils soient totalement priuez de raison, ou insensez, 
ou encores ieunes, leur a ottroyé et concédé vne amorce et 
allechement dédié, ioignant à l'vsage d'iceux membres, vne 
volupté grandissime et inénarrable. 

Gai. de l'vsage des parties liu. 14. chap. (sic). Le col de la 
matrice préparé de nature pour le passage de la semence cou- 
lante au dedans: et quand l'homme a la compagnie de la femme 
il s'ouure, de sorte que la semence chassée par le chemin 
large, prouient aisément en la capacité de la matrice : et ladicte 
Nature a faict le col de la matrice médiocrement dur.à fm que 
quand l'esprit veut pénétrer au dedans de la capacité d'icelle, 
il s'estende, dilate, et tienne droit autant qu'il suffit, pour 
laisser passer la semence. 

Gai. liu. 14. chap. 10. de l'vsage des parties. Ces œuures 
de nature certainement sont admirables, comme est aussi ce 
que le masle ayant compagnie de la femelle, les parties géni- 
tales de l'vn et de l'autre s'y estendent de toutes parts : aux 
masles la verge pour ietter droit sa semence en la capacité de 
la matrice, et aux femelles le col d'icelle, qui pour recevoir 
s'ouure, eslargit^ et tient droit. 

2. Pour le second poinct,ou vous m'objectez que telle leçon 
peut inciter la ieunesse à luxure. Gai, liu. 14. ch. 9. nous en 
a laissé par escrit les mesmes paroles. L'vsage des parties 
génératiues est accompagné d'vn très grand plaisir, et qu'aux 
animaux constituez en la fleur de leur aage, certaine rage et 
cupidité furieuse précède ledit vsage. Car pource que les dieux 
qui ont formé et créé les animaux, les ont voulu estre eguillon- 
nez d'vne enuie extrême et démesurée de s'accoupler auec les 
femelles, et qu'à ce désir est coniointe vne grande et chatouil- 
leuse volupté, embrassez de ce désir, alléchez de cette délec- 
tation. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 225 

Gai. ibid. Geste humidité outre l'vsage apporte vne très 
grande vtilité, parcequ'elle a certaine acrimonie piquante : 
car telle humeur peut reueiller singulièrement et irriter les par- 
ties à leur action et icelle faisant leur donner volupté et plai- 
sir. S'il est maintenant question alléguer quelques petits exem- 
ples, et de petite importance, en traittant et disputant des 
grandes et admirables œuures de nature, à fin que la chose 
soit plus claire. Quand ces humeurs séreuses s'eschauffent, 
imagine et présuppose aduenir mesme chose qu'ordinairement 
il adulent quand les humeurs acres sont accumulées souz la 
peau de l'animal, qui chatouillent, démangent, inuitent à se 
gratter, et quand on les remue en se grattant donnent plaisir. 
Quand donc non seulement ces humeurs demandent estre 
vacuées, et à ce faire nous incitent et peignent : ains outre cela 
grande quantité d'esprit eschauffé désire sortir dehors et exhaler, 
pensons qu'il y a et qu'on sent vne excessive et incomparable 
volupté. Davantage veu que nature pour ceste vtilité ordonne 
aux parties susdictes le sentiment plus aigu et vif qu'à la peau : 
nous ne deuons plus nous esmerveiller pourquoy en leur 
action elles sentent délectation plus grande que la peau cha- 
touillée et gratee, et pourquoy vnplus ardant désir d'en iouir 
précède ceste volupté. 

Gai. liu. 14. chap. ii. Or que ceste humeur non seulement 
donne enuie aux femelles de s'accompagner du masle, mais 
aussi quand elle est iettee et chatouillée de certain plaisir, 
arrouse le conduit : on le cognoist parce que quand les fem- 
mes prennent grand plaisir et délectation en la compagnie 
de l'homme, elles en rendent beaucoup : les hommes qui 
ont affaire auec elles le sentent espancher à l'entour de la 
verge et mesme ceux qui pour estre chastrez ne peuuent 
ietter vraye semence, sentent grand plaisir quand cest humeur 



220 AMBROISE PARÉ 

sort: tellement que pour asseurercela, désormais ne faut cher- 
cher autre preuue. 

Gal.liu. 15. chap. i. Si la verge est touiours droicte elle 
sera certes bien commode quand on vsera des femmes. Et si 
elle estoit tousiours droite ce seroit vn spectacle vitupereux et 
deshonneste. et reprehensible pour sa laidure tout ainsi 
comme si quelqu'vn la portoit tousiours droicte et roide dans 
le poing. 

Gai. ibid. chap. 3. Il reste à déclarer premièrement ce qui 
ores a este mis en auant : sçavoir, que habitant auec les 
femmes, il faut la verge estre fermement et exactement ten- 
due. 

3. Or quant au troisième poinct suiuant les choses susdites : 
Il est aisé a colliger qu'il estoit impossible d'expliquer la ma- 
nière de faire les enfans en termes plus couuerts, et que n'a 
esté pour aucune intention, sinon que pour faire génération : 
loint qu'il y a plusieurs Dames honnestes qui desireroyent 
grandement auoir lignée, qui mesmes souvent en demandent 
conseil aux Médecins. Toutefois n'ay voulu l'escrire si maniléste- 
ment, comme aucuns, ains le plus couuertement qu'il m'a esté 
possible, estant très difficile d"escrire telle chose en autre langage. 
Or à fin que les Médecins ne m'accusent d'en avoir esté l'au- 
theur, ie leur mettray deuant les yeux ce chapitre, tiré mot à 
mot de la pratique de très excellent Docteur et Maistre en 
médecine Maistre Bernard de Gourdon (i ), qui s'appelle Fleur 
de Lys en Médecine, translatée de Latin en Françoys à Rome 



(I) Bernard de Gourdon. né à Gourdon, dans le Rouergue, vers le milieu 
duxiiie siècle, mort après i3i8 à Montpellier, où il professa la médecine. Il a 
laissé, entre autres, Lilium medicinœ, ouvrage terminé en i3o7, imprimé à 
Naples en 1480; la traduction française parut à Lyon en 1495, et non 1445, 
comme le dit Paré. 



PIECES JUSTIFICATIVES 227 

l'an M. CGC. Lxxvii au temps du Pape Grégoire, et imprimé à 
Lyon l'an m. cccc. xlv (5/1;) le dernier jour d'Aoust. 
Extraict de Gourdon, Hure 7. chap. 14, 

Et quand la viande sera digérée et les superfluitez mises 
hors, après mi-nuict et deuant le iour, l'homme doit esueiller 
sa femme pour habiter, en parlant, en baisant, et en tastant 
les mammelles, et le penil et le c. et entour. Et c'est à fin 
que la femme ait appétit d'habiter, et que les deux semences 
se puissent rencontrer ensemble, car les femmes ne le sont pas 
si tost comme les hommes : et quand la femme commence à 
balbutier, adonc ils se doiuent conioindre ensemble, etdoiuent 
habiter doucement petit k petit : et l'homme ce doit bien 
ioindre au penil de la femme, à fin que l'air ne puisse entrer 
dedans le c... Et quand la semence sera espandue, l'homme 
doit estre sur la femme sans mouuoir, et ne se doit pas si tost 
leuer ne descendre : et quand l'homme sera descendu, la 
femme doit estre couchée, et ioindre ses iambes, et estraindre, 
et estre le ventre dessus, et dormir en cest estât si elle peut, 
car c'est chose moût profFitable. Et ne doit point adonc parler 
ne toussir, car ces choses cy valent moult pour retenir la 
semence. Et tant longuement que la femme sentira que la 
semence sera au c. et en la matrice, elle doit gésir ou elle 
ira doucement s'il est nécessité. 

4. Le quatrième article n'est vilain ni faulx, ains vray et pris 
d'Aristote en ses Problèmes, traduicts en François, duquel 
s'ensuyt le vray texte, sect. de la conionction de l'homme et 
de la femme, probl. 7. 

Dem. — Pourquoy les femmes après qu'elles sont en- 
ceinctes, selon l'opinion d'Aristote au liu, des animaux, dési- 
rent derechef la conionction charnelle. — Resp. -- L'on 
respond, selon Galien, que la recordation de la volupté, se 



228 AMBROISE PARE 

souuenant les femmes, et esprises, la désirent encore derechef 
et la souhaittent. Ce qui monstre manifestement tel article 
n'estre faulx. ains vray. sans taxer l'honneur des femmes, 
comme il sera prouué en l'article suiuant. 

5. Touchant le cinquième article prins de la page 769. par 
les passages escrits cy dessus du 14 liu. de Galien chap. 2. 
3. 9. 10. 1 1 . et du is. liu. chap. 1.3. est manifeste à veoir 
n'estre tel qu'ils disent, s'ils ne veulent taxer Galien. et celuy 
qui l'a fait François. 

6. Ce qui est marqué en la page 774, touchant la stérilité, 
n'est énorme comme vous dictes, veu qu'il est prins de nostre 
maistre Sylvius Docteur en Médecine, en son Hure de la Géné- 
ration de l'homme, traduit en François par Guillaume Chres- 
tien Médecin ordinaire du Roy et de Messieurs ses enfans. La 
stérilité vient (dit-il), de plusieurs indispositions de la 
verge virile, comme quand elle est naturellement trop courte. 
ou par l'aage, ou par la corpulence, et gresle de tout le 
corps, principalement du bas, ou quand elle est tran- 
chée, ou bien corrompue par énorme froid ou pourriture, 
pource qu'elle ne peult ietter la semence dedans le plus 
auant réceptacle de la matrice, comme aussi elle ne peult 
quand elle est trop oblique et tortue par la naturelle ou acci- 
dentale briefueté du ligament qui la tient : neantmoins que 
Sauonarolla (i) escrit vn certain homme, à qui la verge estoit 
courte au moins de trois doigts de long : et vne autre, à qui 
par le chancre elle auoit esté couppee fort courte, auoir en- 
gendré par la puissance attraction de la matrice, et parlaiacu- 
lation du reste de la verge. Tous condamnent aussi, comme 

(1) Michel Savonarole, docteur de Padoue, professeur de médecine à 
Ferrare, chevalier de Jérusalem, et grand-père du célèbre dominicain, 
mourut vers le milieu duxv^ siècle. 



PIECES JUSTIFICATIVES 229 

inféconde, la verge qui est par trop longue : pource que, 
comme ils disent, en si longue voye la semence est réfrigérée 
auant que d'estre receue en la matrice. 

Quand est du bourlet, Poge (i) Florentin Secrétaire et 
Chapelain du Pape en son Hure des Facessies, lequel a esté 
translaté en François, et imprimé par permission, en fait 
mention, n'ayant voulu icy, de peur de scandalle, escrire l'his- 
toire, qui est toutesfois ordinairement entre les mains des 
Damoiselles. 

7. le voudrois bien sçavoir quelle vilenie iniurieuse et faul- 
seté il y a en ce qu'ils ont extraict de la page 775. 

De faulseté il n'y en a point : Par la raison que i'ay tou- 
chée au texte, d'autant que les femmes pâlies, maigres et 
brunettes, sont ordinairement remplies d'humeur mélancolique, 
parla reigle qui dit. Tel est le cuir que sont les humeurs cachez 
soubs iceluy : lequel humeur estant de nature aigre, ne peult 
que naturellement ne chatouille et esguillonne les femmes qui 
en sont pleines, à l'acte vénérien. 

D'iniure encores moins y en peult-il auoir, si l'on ne veult 
accuser nature d'iniustice enuers elles, laquelle toutefois nous 
recognoissons bonne mère, doulce, bénigne, et iuste enuers 
le genre humain : ioint que telle chose estant dicte en gênerai, 
ne peult blesser l'honneur d'auscunes femmes en particulier : 
ains au contraire leur seruir à s'efforcer, par la lecture des 
bons Hures, à reformer et chastier l'inclination à laquelle 
naturellement telles femmes pourroient estre subjectes. 

Et quand est de ce qu'ils disent estre faulx touchant celles 
qui conçoiuent peu souuent, ie leur prie qu'ils lisent Aristote 

(1) J. François Poggio Bracciolini, dit le Pogge, savant né en i38o à 
Terranuova prés de Florence, mort en i^Sg, a publié entre .autres des Facé- 
ties, recueil d'historiettes scandaleuses, parues à Strasbourg eu i5io. 



23o 



AMBROISE PARE 



en ses Problesmes I. section de la stérilité, Problesme 3. qui 
s'ensuit. 

Dem. Pourquoy les femmes par trop chaudes conçoivent 
peu souvent. Resp. Pource que la semence receue en elles est 
estaincte et corrompue, comme si l'on iettoit un peu d'eau 
dans vn grand feu, tellement que nous voyons continuellement 
les femmes par vne grande ardeur, trop addonnées à paillar- 
dise, peu souuent conceuoir et porter enfans. 

8. Pour respondre à ce que vous auez tiré de la page 799, 
touchant la démangeaison du col de la matrice, tous les 
autheurs en ont parlé. Hippocrates li. De la maladie des fem- 
mes, /Ece (i). 4 Serm. 4. chap. 309. Bref tous les praticiens, 
et entre autres Gourdon chap. 12. qu'il intitule Des Rhaga- 
dies et playes du c . . . 

9. Ce qui est marqué en la page 812. touchant les Herma- 
phrodites, est tiré d'Aristote en ses Problèmes, section des 
Hermaphrodites, Problème 3. mis en François. 

Demande. Pourquoy doit-on tenir et reputer l'Hermaphro- 
dite ou pour homme ou pour femme? Resp. On doit considé- 
rer la grandeur de l'vn des membres, ayant esgard à la gran- 
deur de l'autre, et lequel des deux est plus puissant pour 
l'vsage vénérien : et s'il tient plus de la femme, il sera tenu et 
réputé pour femme, et ainsi de l'homme. 

Texte de Paulus .^^gineta (2), chap. 69. liu. 6. mis en Fran- 
çois par d'Alechamp, Médecin. 



(i) Aétius, médecin, né à Amide, en Mésopotamie, vers la fin du v^ siè- 
cle, professait la religion chrétienne. 

(2) Paul, chirurgien grec né à Egine, a laissé un traité de Chirurgie tra- 
duit en français par Pierre Tolet, et imprimé chez Etienne Dolet, Lyon, 
i53g,in-i2, puis par Daléchamps, dans sa Chirurgie française, Lyon, iS-o, 
in-8* 



PIECES JUSTIFICATIVES ^ 201 

Il y a (dit-il) quatre ditférences d'hermaphrodites, comme 
dit Leonides (i) : trois qui touchent aux hommes, et vne qui 
touche aux femmes : les hommes ont quelquefois la nature de 
la femme velue en l'entrefesson^ quelquefois au milieu de la 
bourse des testicules. 

Pline (2). chap. 2. liu. 7 dit en Afrique estre vne nation 
d'hommes nommez Androgynes, qui couchent ensemble, 
exerceans alternativement acte du masle et de femelle. 

Et quant à la preuue que vous dictes estre abominable, cela 
est faulx, considéré la grande abomination qui en suruiendroit, 
s'il luy estoit permis, contre les loix de Dieu et des hommes, 
abuser des deux sexes. loint que telle preuue est escrite par 
les anciens. 

10. L'Anatomie des parties génitales de la femme que vous 
citez de la page 813, ne peut estre plus honnestement escrite, 
tesmoin m'en sera Galien au liu. 14. de vsu part, et d'Ale- 
champ en son commentaire qu'il a faict sus Paul Egineta 
chap. 70. liu. 6. duquel les mots sont tels. 

En l'extrémité du col de la matrice, est l'entrée et fente de 
la nature de la lemme. les Grecs le nomment ctena, les 
L^Ltins pecfen : les bords d'vn costé qui sont revestus de poil, 
se nomment en Grec pfe rigoma fa , comme si nous disions les agles 
du couronnement. Au dessus des dites aeles qui est la fin de 
l'os du penil, et entre icelles sont deux excroissances de chair 
musculeuse, vne de chasque costé qui embrassent etcouurent 
l'issue du conduit de l'urine, et qui se resserrent après que la 

(1) Leonides, médecin d'Alexandrie, vivait dans le ii"^ siècle, il est cité par 
Cœlius Aurelianus et par Aétius. Ses écrits sont perdus. 

(2) Pline l'ancien, célèbre naturaliste, né à Côme, l'an 23 de J.-C, mort 
à Rome, l'an 79. Son Histoire Naturelle, traduite en français par Antoine 
Dupmet, a paru à Lyon en 1062 . 



232 , AMBROISE PARE 

femme a pissé, les Grecs les appellent Nymphes. Les excrois- 
sances viennent si grandes presqu'à toutes les femmes d'Egypte, 
et à quelques ieunes des nostres, que comme elles ce trouvent 
en la compagnie des autres femmes, ou que leurs habillements 
en cheminant les frottent, ou quand leurs maris les veulent 
approcher, elles se dressent comme la verge de l'homme, 
voire qu'elles s'en louent auec les autres femmes, comme 
feroyent leurs maris. Pour ceste cause en Egypte on la coupe 
à toutes les filles^ comme tesmoigne Galien en son Introduc- 
tion. 

Quand a ceste exemple dangereux de Sodomie, que vous 
dictes estre indigne, leu, recité et entendu des Chrestiens, 
Hippo. liu. 2., delà maladie des femmes. Paul Egineta, liu. 6. 
chap. 70. JEce 4. sermo. 4. ch. 30. en faict mention. 

Et quand à l'histoire, Léon l'Africain (i) la descrit liu. 3 de 
son histoire, dediee au Pape Léon son parrain. Mesmes le bon 
et docte Maistre lean Papon (2), Conseiller du Roy, nous en a 
laissé vn arrest en termes François, en son recueil des arrests 
notables, liu. 22. tiltre 7. arrest 2. en telles parolles comme 
il s'ensuict : 

IDeiix femmes se corrompans l'une l'autre, etc. 

De ma part ie suis d'opinion, et ay escrit qu'on coupe ceste 
caruncule, à fin que l'on n'en abuse, et qu'on ne tombe en tel 
inconvénient, combien que pour vne femme qui se trouue en 
auoir, il y en a dix mille qui n'en ont point. 

II et 12. Ces deux histoires extraictes, l'vne de la page 827, 



(i) Jean Léon, l'Africain, géographe arabe, né à Grenade au commence- 
ment du xvi" siècle, a laissé une description de l'Afrique, en arabe, publiée 
en français dans le recueil de voyages de J. Temporel, Lyon, i556. 

(2) Jean Papon, jurisconsulte, né à Crozet (Puy-de-Dôme) en i5o5, mort 
à Montbrison en 1590, a laissé un Recueil d'arrêts notables. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 233 

et l'autre de la page 837, sont tirées de Volaterran (i). Car- 
dan (2), liu. là, chap. 64. de la variété des choses. Saxon (3) 
en son histoire de Dannemarch liu. 14. Olaus (4) Magnus 
liu. 3. chap. 6. de son histoire, en font pareillement men- 
tion. 

13. Touchant ce discours que vous dictes deshonneste, ci- 
té de la page 792. Que les filles qui ne seront assez tost ma- 
riées, se desbaucheront. Il me semble qu'en cecy i'ay beau- 
coup foict pour tous pères et mères, ensemble pour les filles : 
conseillant plustost (que tomber en tels inconueniens) qu'il 
est expédient les marier. Et où l'aurais failly, sauf meilleur 
Jugement, Sylvius seroit plus à reprendre, touchant ce qu'il a 
escript en son livre des moys, fait François par Chrestien, 
médecin, les parolles duquel sont telles. 

Quand les moys sont retenus, il s'engendre a la matrice 
vne disposition semblable à rinflammation phlegmoné, ou a 
erisipelas ou schirre, ou chancre, hidropisies, battement ou 
palpitation de cœur, l'appétit perdu, sanglot, rot, tous, diffi- 
culté de respirer, douleur de teste, melancholie, que le vul- 
gaire pense estredemoniacle, et outre cela insatiable appétit de 



(i) Raphaël Maffei, dit Volaterran, savant compilateur, né en 1452 à 
Volterra, en Toscane, mort en i522, a laissé un recueil encyclopédique 
publié à Rome en i5o6, et à Paris, en i526. 

(2) Jérôme Cardan, savant médecin, chimiste et mathématicien, né à 
Pavie, le 23 septembre i5oi, mort à Rome en 1676, présenta le bizarre 
assemblage du génie uni aux défaillances les plus singulières. Scaliger 
raconte qu'ayant annoncé l'époque de sa mort, il se laissa mourir de faim 
pour justifier sa prédiction. 

(3) Saxon, Grammaticus ou Longu?, né en Sélande, mort en 1204, a écrit 
avec Suénon Aggesen, une Histoire du Danemark. 

(4) Olaiis Magnus, mort en i568, au monastère de Sainte Brigitte, a pu- 
blié Historia de gentibtis septentrionalibus. Rome, i555, in-fol. 



284 AMBROISE PARÉ 

Venus, pource que les parties qui s'estendent iusques dans la 
matrice, sont titilees, etc. Contraires signes demonstrent la 
mélancholie, et la cholere iaune engrossie par adustion (car 
la subtile incite et n'arreste point) et outre le désir de Venus 
et le grand plaisir en elles se faict aussi prompte excrétion de 
la semence, 

14. Ce qui est extraict de la page 780 n'est vilain ny faulx, 
attendu que tous les Anatomistes de nostre temps sont de 
cette opinion, comme Vesal, Columbus (i), Fernel (2), Vas- 
sée (3), Rondelet (4), Charles Estiene (5), comme cite lean 



(i) Mathieu Réald Colombo, célèbre anatomiste, fils d'un apothicaire de 
Crémone, fut l'élève de Vésale, professa à Padoue et à Pise, et mourut à 
Rome en i557. Outre ses découvertes anatomiques, il a décrit la circula- 
tion pulmonaire beaucoup plus exactement que Servet. 

(2) Jean Fernel, né à Clermont, en Beauvoisis, en 1497, reçu docteur en 
1529, guérit Diane de Poitiers d'une grave maladie, et soiena Catherine de 
Médicis. A l'avènement de Henri II, il refusa la place de premier médecin et 
se contenta de celle de médecin ordinaire. A la mort de Burgensis, en i556, 
il lui succéda. Il eut de sa femme, Madeleine Tournebu, fille d'un conseiller 
au Parlement, deux filles. Il mourut le 26 avril i558, et fut enterré dans 
l'église Saint-Jacques de la Boucherie. 

(3) Louis Vassée, de Châlons-sur-Marnc, a public une anatomie latine 
qui a paru en français sous ce titre : U Anatomie du corps humain réduite 
en tables, traduite du latin de Loys Vassée par Jehan Canappe, Lyon, Est. 
Dolet, 1542, in-8". 

(4) Guillaume Rondelet, médecin et naturaliste, né le 27 septembre i5o7, 
à Montpellier, exerça à Pertuis en Provence, et en Auvergne. Reçu docteur 
dans sa ville natale en i537, il y fut nommé professeur en 1545. Il suivit le 
cardinal de Tournon dans ses voyages, et en profita pour étudier les pois- 
sons de la mer. Après avoir parcouru l'Italie, il revint se fixer à Mont- 
pellier, fut nommé chancelier de l'Université, et mourut à Réalmont, le 
3o juillet i566. On sait qu'il est le Rondibilis de Rabelais. 

(5) Charles Estienne, médecin, né vers i5o3, à Paris, frère des imprimeurs 
François et Robert Estienne, fut reçu docteur le 20 juin 1542. Robert ayant 
été obligé en i55i, de s'enfuir à Genève, Charles prit la direction de son 
imprimerie. Poursuivi à son tour et jeté en prison, il y mourut en 1564, à 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 235 

Wier(i), médecin du Duc de Cleues, touchant cette mem- 
brane, contre la faulse opinion qu'ont les hommes, si au pre- 
mier coit les femmes ne iectent sang ne soyent pucelles. 

Et quant à cet aduertissement détestable pour tromper les 
hommes que vous citez delà mesme page, ledit Wier, Médecin, 
escript ce qui s'ensuit, Hure 2, de l'imposture des diables, 
chap. 37. 

C'est aussi une chose fort commune en Espaigne, que les 
nouuelles mariées gardent les linges esquels les marques de 
leur depucellementapparoissent. Aussi y a il quelques femmes 
trop cupides de gaigner, lesquelles ont accoustumé de vendre 
souuentefois des filles pour pucelles, et lesquelles contrefont 
cette taye inviolée, auec le sang qui en sort, par quelques 
drogues propres à cet effect. 

D'auantage il y a vn chapitre de ceci, Hure i. Gynecœo- 
rum (2), intitulé Pour contrefaire les pucelles. Matthiole en 



l'âge de 60 ans. Sa fille Nicole épousa le médecin Liébault. Estienne a com- 
posé de nombreux ouvrages. Anatomiste distingué, il publia avec Estienne 
de la Rivière un grand ouvrage à propos duquel il soutint un long procès 
avec son collaborateur. Le 3o mars i552, il poursuivit les criées de trois 
portions d'une maison sise rue Saint-Jean de Beauvais, à l'enseigne du 
Soleil d'Or, et la moitié par indivis de deux maisons situées rue Saint- 
Jacques, à l'enseigne de l'Horame-Sauvage et de l'Ecrevisse, appartenant 
à Renaud Chaudière, pour le remboursement de 25oliv. t. dues par Claude 
Chaudière, fils du susdit, et cautionné par lui. Geneviève de Clermont, 
veuve de François Estienne, bourgeois de Paris, fit opposition pour une 
rente de 43 liv. sur lesdites maisons. (Arch. nat. Y 8453, fol. 4B0.) 

(i) Jean Wier, médecin, né à Grave-sur-Meuse en i5i5, mort à Tecklem- 
bourg en Wesphalie, le 24 février i588, étudia à Paris et à Orléans, et fut reçu 
docteur vers 1S34. Il s'appliqua à prouver que ceux que l'on accusait de 
sorcellerie et de magie n'étaient que des aliénés. 

{2) Gvnœciorum. hoc est de mulierum affectibus, edente G. Wolf. Baie, 
i566, in-4. On lit au chap. 2 du Livre P'', De Virginibus, une formule de 
Priscien, intitulée : Ad violatam, ut non cognoscalur. 



236 AMBROISE PARÉ 

escript (i) au chap. de Lapato acuto. Et quant à la distilla- 
tion, Marinellus (2) en a faict vn liure tout entier. 

15. Touchant ce que vous reprenez en la page 788. disant. 
Que c'est vne faulse opinion et meschante pour enhardir les 
filles à luxure qui n'ont point leurs moys. Telle opinion est 
vraye, et ne peut enhardir les filles à luxure. Car encor quelles 
n'ayent point leurs moys manifestement coulant par dehors, 
si est-ce toutefois qu'elles peuuent conceuoir et engendrer, 
d'autant qu'il suffict pour la conception et génération, que le 
sang menstrual flue du reste du corps dans la matrice. Par- 
quoy elles s'y trouueront souuent trompées. Dauantage Syl- 
vius au liu. qu'il a faict des moys, demonstre comme tous 
médecins, qu'vne fille ne peult estre grosse qu'elle n'aye ses 
moys, pource (comme il dict) il fault que la fleur precedde 
le fruict : non pour cela toutefois que ie vueille qu'elle s'a- 
bandonne. 

16. Pour respondre à ce que vous avez tiré de la page 
792. d'où vous inferez : estre vne excuse faulse et meschante 
pour excuser les filles corrompues. A ce ie vous responds, 
qu'il n'y a nulle fauseté, attendu que telle sentence est tirée 
d'Hippocrates. Aph. 39, liu. 5. et au li. De diaeta. Hierosme 
de Cardan liu. 12.de subtilitate, ioint que l'expérience nous 
en a faict foy : mesme qu'il y a des hommes qui en ont 
comme ledit Cardan escrit d'Anthoine Buze, qui faisoit rayer 
du laict de ses mammelles comme vne nourrice. De meschan- 



(i) Pierre-André Matthiole, né à Sienne en i5oi, mort à Trente en 1577. 
Son plus célèbre ouvrage est un Commentaire sur Dioscoride, traduit en 
français par Ant. du Pinet, Lyon, i56i in-fol., et par Desmoulins, Lyon, 
1572, in-fol. 

(2) Jean Marinello, de Modène,. exerça la médecine à Venise. Son traité 
des maladies des femmes intitulé La Comara, a été traduit par J. Liébault 
et par Lazare Pé, Son fils Curzio fut aussi médecin. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 2.37 

ceté encor moins : car mon intention n'est autre, que pour 
reciter aux iuges, ou par leur commandement serions appelez 
pour sçavoir si vne tille qui auroit laict aux mammelles fut 
corrompue, ou bien si elle auroit perdu son fruict ayant esté 
grosse. 

17. Touchant ce qui est tiré de la page 766. 791. dont vous 
colligez estre trespernicieux enseignements, pour faire auor- 
ter. A ce ie vous responds, qu'il n'y a Médecin qui n'aye 
escrit telle cause d'auortement, afin qu'on s'en donne de 
garde, et non pour en mal vser : aussi qu'il y a d'autres 
moyens pour ce faire, qui sont entre les mains des Damoi- 
selles, comme l'histoire de Pandore (i), laquelle se fit sauter 
sur le ventre pour aduorter. Et Hipp. qui commande de faire 
sauter sa chambrière, duquel les mots sont tels au liure de la 
nature de l'enfant, foict François par Chrestien, médecin du 
Roy, en telles parolles. 

le ne veux icy ^^^is ie VOUS reciteray comme i'ay veu cette 
taxeriedivhiiiip- geniture de six iours. Ma femme (2) auoit 
pocrates ^^^ héWt seruante musicienne, qui sçauoit 

iouer d'instruments musicaux. Elle frequentoit auec les hommes, 
et neantmoins ne luy estoit decentement permis d'estre 
grosse, de peur qu'elle n'en fust dilïamée, ou moins estimée. 
Or elle auoit ouy dire ce que les femmes entre elles ont cous- 
tume de dire, qui est, que la geniture ne tombe point de la 
matrice si la femme doibt conceuoir. mais que elle demeure 

(i) Pandore, grosse des œuvres de Partenopeo, et abandonnée par lui 
fit sauter sur ses reins sa servante Finéa. (Nouvelles de r^Iathieu Ban- 
dello, évêque d'Agen, Lucques, i554, 3'^ partie, Nouv. 52.) 

(2) Il ne s'agit pas de l'épouse d'Hippocrate, mais d'une femme de sa 
connaissance. (Voyez De natiirâ pueri, i3, édit. Littré.) Cette conduite 
d'Hippocrate, contraire au Serment, s'explique par ce fait que ce livre 
n'est certainement pas de lui. 



238 AMBROISE PARÉ 

au dedans. Elle oyant cela, l'entendit, et tousiours le retint 
bien en mémoire. Et pourtant quelque foys d'auenture, quand 
elle eut senti que la geniture ne sortoit point dehors, elle s'en 
descouurit à sa maistresse, et par ce moyen, ie le sceuz après. 
Incontinent lors ie luy commanday qu'elle saultast de hault en 
terre. Ce qui après qu'elle eust faict par sept foys, la geniture 
s'escoula, et auec quelque son luy tomba à terre. Elle, ce 
voyant, commença à s'esmerueiller. Or il estait ainsi comme 
un œuf crud, duquel est ostée la coque de dessus et auquel 
transparoit l'humeur qui est dedans, par au trauers de sa 
petite taye intérieure, etc 

Et quant aux moyens de prouoquer le flux menstruel aux 
femmes, Hippocrates en donne cinq cens remèdes, dont tous 
les practiciensen sont farcis, mesme monsieur Sylvius au livre 
des moys, duquel les parolles sont telles. 

Nous ouurirons la veine de la malade (c'est-à-dire de la 
cheville du pied) dicte saphène, ou du ply du genoil appelée 
poplitique, afin que nous diminuions la replétion de tout le 
corps, et que nous attirions le sang vers la matrice. 

Très puissamment prouoquent les moys la Bryone, l'Ellé- 
bore blanc, le Pyrètre. la racine de cyclamen, de concombre 
sauuage, et elaterium qui se foict du fruict d'iceluy, staphisa- 
gre, seneué, coloquinte, thimelaea, les espèces de tithimal, le 
laict de figuier, scamonee, euphorbes, cantharides, et plusieurs 
autres qu'il descrit en quatre ou cinq feillets. Les cantharides 
sont données en bruuage par Hippo. au liure de natura mulie- 
bri, pour prouoquer les moys. Quant à l'Euphorbe, Diosco- 
ride(i), liu. 3. chap. 80. en ordonne, comme Mathiole en 

(i) Pedacius Dioscoride, médecin natif d'Anazarbe, en Cilicie, vivait au 
milieu du i'"' siècle de J.-C. Il a laissé un traité de matière médicale tra- 
duit en français par Martin Mattœus, Lyon i5S3, in-fol. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 239 

mesme lieu : et de l'antimoine au chap. 59, l'appelant main de 
Dieu, a raison qu'il fait miracle, guarissant plusieurs maladies 
que ne peuuent guarir les autres remèdes. Or si telles drogues 
empoisonnent, il fault que les Médecins accusent le diuin 
Hippo, et leur maistre Sylvius. ensemble Mathiole, d'estre 
empoisonneurs, et qu'eux mesmes se disent tels, veu qu'ils 
en ordonnent tous les iours. 

18. Pour vous convaincre touchant les Trochisques que 
vous dictes servir pour perdre le fruit, extraict de la page 773, 
ie les ay ordonnez pour ietter la mole ou faux germe, et non 
l'enfant viuant : car ie scay que telles drogues ne peuuent 
faire perdre le fruict ayant vie. d'autant que iamais médica- 
ment n'agit, sinon aydé par la force de nature : comme tous 
les médecins tiennent et affirment. Or est-il ainsi que tant 
s'en fault que nature donne la main à tels médicamens pour 
exclurre le fruict viuant, qu'au contraire de tout son pouuoir 
elle le retient, ayant pour ce faire fabriqué des ligaments, par 
lesquels il est estroictement attaché à l'amarri : le contraire est 
du fruit mort : D'autant que le vif chasse tousiours le mort. 
Et outre plus la mère par telle drogue est sauuee, estant des- 
chargee de ce qui enfin la meneroit à mort et pourriture. 

IQ. Touchant ce que citez de la page 738, mon intention 
quant a ce propos ne peut estre conuaincue de meschanceté. si 
l'on ne veut quant et quant convaincre d'impiété le Prophète 
Moyse: (i ) car tout ainsi comme il a prononcé telarrest pour 
reigler la différence des supplices, en granité et légèreté de 
ceux qui auroint offensé une femme grosse : Ainsi mon inten- 
tion n'est autre que d'instruire en ce foict le Chirurgien, pour 
en faire rapport à messieurs les luges, lors qu'il sera appelé 

(i) Exode, chap. XXI, v. 22. 23. Passage mal traduit dans Paré. II s'agit, 
en effet, de la mort, non de l'enfant, mais de la femme. 



240 AMBROISE PARE 

par eux à ce faire, afin d'en iuger selon leurs sains et entiers 
iugements. Et quant est des passages, ils ont esté mal cottez 
par inaduertance. 

20. Et quant au iugement inconsidéré et téméraire que vous 
dittes, touchant la prédestination, cité en la page 738. le m'es- 
tonne gramment comme vostre esprit est si plein de mesdire, 
veu qu'en tel lieu ie dis que ne veux entrer au cabinet sacré 
de Dieu, et que ce n'est à moy de déterminer de si haults 
faicts : Toutefois en ce que i'ay recité s'il y a témérité, il 
fault que pareillement vous accusiez Monsieur S. Paul I. 
Corinth. chap. 12. de témérité, duquel les parolles sont 
prises. Car à l'vn est donné, dict-il, la parolle de sapience : 
à l'autre la parolle de science : et concluant en fin chap. 9. 
aux Romains par la similitude du potier, que nul ne doit con- 
tester contre son créateur. 

21. Quiconque contredit à cest article cité de la page 746. 
se monstre entendre aussi peu en la Médecine et histoire 
qu'en la lurisprudence, comme ainsi soit que le Droict ciuil 
escrit tient mesme proposition. Autent. de restitut. et ea 
quam peperit vndecimo mense. Ce que mesmes les Grammai- 
riens et Historiographes n'ont point ignoré, comme il est 
dans Aulus Celle, (i)chap. 16. liu. 3. noct.attic. auquel lieu 
il monstre par Cœcilius, (2) Menander, (3) M. Varro. (4) 

(1) Aulu-Gelle, critique latin, vivait dans le II*^ siècle de J.-C. Ses Xuits 
attiques renferment de nombreux fragments d'auteurs perdus, notamment 
de Caton, de Cecilius, de Ménandre, de Yarron, etc. 

(2) Statius Cœcilius, poète comique latin, d'origine gauloise, dont les 
ouvrages sont perdus ; mort à Rome l'an 168 avant J.-C. 

(3) Poète comique grec, né à Athènes 842 av. J.-C, mort en 290. Ses 
livres sont perdus. 

(4) Marcus Terentius Varron, savant polygraphe latin, né à Rome 116 av. 
J.-C. mort 26 av. J.-C. Presque tous ses ouvrages ont disparu. 



PIECES JUSTIFICATIVES 24 1 

que le 1 1 mois l'enfant peult naistre : laquelle opinion est 
conforme à celle de Pline Hure 7. chap. ^. qui dit que tous 
animaux ont certain temps de charger et porter leurs petits : 
mais l'homme seul n'a aucun temps ni terme prefix,ains vient 
au monde en tout temps. Et touchant ce, récite deux histoi- 
res : l'vne dVne femme de bonnes mœurs, et sans aucune 
reproche qui accoucha le 1 1" mois après ledecez de son mary: 
l'autre de Massurius, que Lucius Papirius commanda par 
arrest vn substitué sur le rapport de la mère de Posthume, 
institué héritier, qu'elle disoit auoir porté treize mois après la 
mort du testateur : et partant il n'y a aucun terme certain et 
defmy à porter les enfents. Tel arrest a esté extraict premiè- 
rement du divin Hippocrates au Hure de la nature de l'enfant, 
et de alimento : qui me foit esmerueiller de quelle occasion a 
esté esmeu et transporté ce faiseur d'apostille, veu que le 
Doyen des Médecins Gromelan (\) médecin à Paris, au com- 
mentaire qu'il a fait sur ledit Hure, n'a peu qu'il n'aye ap- 
prouué telle opinion. 

22. Il me semble que i'auray satisfaict à ce qui est tiré de 
la page 642, si ie montre que Hippoc. vse de cantharides par 
dedans et par dehors liu. De natura muliebri, sus allégué et 
que ceste histoire a esté citée pour endoctriner le ieune Chi- 
rurgien à secourir ceux qui en auront pris, et non pour en 
vser, afin de diuertir les femmes impudiques de présenter tel 
breuuage à leurs amoureux : comme ainsi soit que par là elles 
puissent iouyr plus largement de leurs amours, qu'au contraire 
elles perdent par ce moyen et l'amour et l'amoureux. 

Quant à ce narré que vous auez extraict de la page 839, 
(2) 940, 941. l'ay tiré de Greuin Docteur en médecine à 

(i) Etienne Gourmelen. 
(2) Il faut lire 939. 

lé 



242 AMBROISE PARÉ 

Paris (i), au Iiu. Des venins, Mathiole au 6. liu. de Dioscor. 
Sanctus Ardoynus, Ferdinand Ponzet (2), Cardinal : lesquels 
venins n'ay voulu faire figurer comme ils ont fait, afin qu'on 
ne les cogneust : car, comme l'on pourra voir, mon inten- 
tion n'est autre que prescrire leur antidote. Et pour ce ne 
peult tel discours estre pernicieux, ny monstrer le chemin aux 
empoisonneurs : ains les descouurir, et résister à leur mes- 
chante et malheureuse entreprinse : car par tel discours l'on ne 
cognoist le venin, ains seulement les accidents qu'il fait, afin 
qu'estans cogneus, le Chirurgien y puisse résister par son 
antidote escrit, et pour faire rapport à Messieurs de la lustice, 
estant appelé pour sçauoir si aucun auroit esté empoisonné. 
Voilà comme vous taschez à peruertir mon intention saincte 
et louable, qui ne tend qu'à secourir ceux qui seront sur- 
pris de poison. 

2}. Quant à ceste histoire citée de la page 939. Ceux qui 
considèrent la fin pour laquelle le poison fut donné au bri- 
gand, ingèrent mon entreprise n'estre détestable, ny ne ten- 
dre à diffamer la mémoire du Roy : ains plustot estre louable 
d'auoir consenti que ledict poison fust donné au larron, crai- 
gnant pour Tamour du seruice que ie portois à mon maistre, 
si d'auenture il eust esté surpris de poison ne se fust fié en 
telle drogue. Et pour l'auoir cité en ceste histoire ie ne pense 
auoir diffamé la mémoire de son nom, non plus que Mat- 

(i) Jacques Grévin, poète et médecin, né à Clermont en Beauvoisis en 
1541, mort à Turin en iSjo, a publié; Deux livres des Venins, Anvers, 
i568, in-4". On prétend qu'il a traduit plusieurs ouvrages de Jean Wier. 

{2) Ferdinand Ponzetta, trésorier du pape Léon X, évèque de Melli et 
de Grosseto, créé cardinal prêtre du titre de Saint-Pancrace en juillet i5i7, 
à l'âge de 80 ans. Il mourut à Rome le 2 septembre 1627, à la suite de 
mauvais traitements endurés pendant le sac de Rome. Garembert dit qu'il 
professa la médecine jusqu'à son extrême vieillesse. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 248 

thiole celle de Clément 7, Pape, en racontant vne semblable 
histoire, chap. 9. liu. 4. par le commandement duquel fut 
donné à deux brigands du poison pour esprouuer la vertu 
d'une huile qu'on luy disoit antidotaire contre tous venins. 
Or tel poison fut pris par le brigand de bonne volonté, ai- 
mant mieux mourir en prison, ayant espérance de réchapper, 
que finir ces iours publiquement par vn licol. Parquoy ie ne 
puis estre conuaincu touchant cepoinct, ny moins encore d'en- 
tendre mal la propriété des antidotes, veu que le sublimé 
qu'il prit est estimé de tous poison, et que l'expérience a 
monstre manifestement combien il y auroit peu d'assurance en 
tel antidote, le larron estant mort aussi bien que s'il n'eust 
esté muni de telle drogue. 

24. Par ceste histoire que ie fais de moy, citée page 939. ie 
l'ay escrite à fin que si aucun auoit esté empoisonné il peust 
se secourir par tels remèdes. Au reste méchamment mes enne- 
mis ont voulu tirer ce mot de Religion en conséquence, pour 
me mettre en haine enuers tous les gens de bien; car il a esté 
cité par moy pour ne me glorifier auoir suiui telle opinion, 
mais seulement de peur que le Lecteur ne pensast que l'eusse 
commis quelque hault crime qui touchast ou la vie ou les 
biens de quelqu'vn, puis qu'on auoit attenté sur ma vie. Et 
moins l'aye cité en intention de monstrer que ceux qui 
suiuent la saincte Eglise Catholique et Romaine, abusent de 
moyens illicites pour se deffaire de leurs ennemis. Car ie 
déclare présentement et est tout certain, que tel empoison- 
neur n'estoit ny d'une ny d'autre Religion, ains seulement 
libertain et sans aucune crainte de Dieu. 

25. Ceste histoire extraicte de la page 778. et 779. est 

vraye, tesmoins m'en seront Messieurs Alexis (i) premier 

(i) Alexis Gaudin, médecin des rois Charles IX et Henri III, et premier 



244 AMBROISE PARÉ 

Médecin de la Royne, le Feure (i) Médecin ordinaire du Roy, 
Violaine (2) Docteur en Médecine en la faculté de Paris, et le 
Brun, Chirurgien iuré à Paris, maistre Anthoine le Vieux, 
Christophe Maubeau, Barbiers et Chirurgiens demeurans aux 
faulxbourgs Sainct Germain : lesquels oculairement virent par 
deux fois les membranes de la matrice sortir par putréfaction 
de la largeur de la main et plus, dont à vne fois fut recogneu 
par iceux vn testicule d'icelle à l'une des pièces. Au reste, la 
femme ne mourut que trois ou quatre mois après d'vne pleu- 
résie, ayant les poulmons tous purulents : laquelle estant 
ouuerte, ne luy fut trouuée sa matrice, ains vne callosité et 
durté que nature (comme grande ouurière) auoit en default 
d'icelle matrice fabriqué, taschant à reparer ce qu'elle auoit 
perdu. Or ce n'est chose nouuelle qu'vne femme aye perdu sa 
matrice : Silvius au liure des Mois commande la coupper estant 
pourrie. Paulus yïgineta. Langius Médecin très docte du comte 
Palatin en ses epistres en recite vne histoire, epistre 39. 
qu'en sa présence vn Chirurgien nommé Carpus, (3) extirpa la 
matrice d'vne femme en la ville de Bononie, (4) sans la mort 
de la femme. 

26. Et quant à cest aduertissement que vous faites tou- 

médecin des reines Elisabeth d'Autriche et Louise de Lorraine, mort 
probablement en 1579. 

(i) Pierre Le Fèvre. 

(2) Olivier de Violaines, de Trovcs, reçu docteur à Paris le 10 décembre 
1548. 

(3) Jacques Béreuger, anatomiste et chirurgien distingué, né à Carpi, 
vers 1480, professa à Paris et à Bologne, et mourut à Ferrare, en i5So. 
II a publié un traité des fractures du crâne, des commentaires sur l'anato- 
mie de Mondini, et Isagogœ brèves perlucidœ, Bologne 1622, ouvrage dans 
lequel se lit l'observation dont il est ici question. 

(4) Bologne, dans les États de l'Église. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 246 

chant les Monstres, ie les ay recueillis de Rondelet, Gesne- 
rus (i), Cardan, Boistuau (2), lequel pour le iourdhuy est 
ordinairement entre les mains des Dames et Damoiselles. Da- 
uantage n"est-il permis de les voir en chair et en os tous les 
iours en ceste ville de Paris et ailleurs ? 

27. Pour vous respondre au traicté de l'artifice des Gueux 
de l'hostiere, ie l'ay escrit pour cognoistre leurs impostures, 
lesquelles cogneues, pourront estre déclarées aux luges. Afin 
que souz le voile de la pauureté, ils ne dérobassent le pain 
aux pauures honteux, et que comme fainéants ils fussent 
bannis hors du pays, ou contraincts à quelque mestier néces- 
saire pour le public. 

Au reste mon intention a tousiours esté saine touchant les 
maladies des Saincts : Sçavoir, qu'iceux ne nous enuoyent 
point certaines maladies, combien que ierecognoissequ'icelles 
enuoyees aux hommes par le iuste iugement de Dieu, sont gua- 
ries par leurs moyens. Dauàntage en cecy i'ay escrit en Chi- 
rurgien, suiuant la doctrine du diuin Hippocrates au liu, de 
morb. sacr. qui baptise ceux qui estiment les Saincts enuoyer 
des maladies de tels noms, Malheureux, Trompeurs et très 
Mechans : non toutesfois qu'il nie estre guaries par leur puis- 
sance et moyen. 

28. Touchant l'antimoine que vous m'impugnez donner 
aux malades pour les foire mourir : A ce ie vous répons, que 
telle drogue ne peut non plus faire mourir vne personne que 
fera la Rhubarbe, ny autre drogue, prenant indication de la 



(i) Conrad Gesner, savant médecin et naturaliste, né en i5i6, à Zurich où 
il mourut en i565. 

(2) Pierre Boaistuau, dit Launay. compilateur, né à Nantes vers i5oo, 
mort à Paris vers i566, a publié des Histoires prodigieuses, et a traduit 
de Bambello, avec Belleforest, des Histoires tragiques. 



246 AMBROISE PARÉ 

véhémence de la maladie du corps, auquel on la donne, et de 
la quantité d'iceluy. Lesquelles choses considérées, faict des 
choses miraculeuses, guarissant les maladies qui ne peuuent 
estre vaincues ny surmontées par remèdes doux et bénins. Et 
pour ce ie l'ordonne en la peste à ceux qui sont de nature 
forte, et non à toutes maladies, ni à tous corps, suiuant le 
diuin Hippocrates, qui dit : Qu'aux fortes maladies, il faut 
vser de forts remèdes. 

Et quant au souphre, Dioscoride en faict prendre pour les 
Asthmatiques, Galien en baille pour résister aux venins, tant 
s'en fault qu'il soit venin comme vous dictes. Le vif argent 
est baillé par Brassauole (i), médecin très docte. Les femmes, 
comme escrit Matthi. sus le chap. 70. du liu. 5. l'ordonnent 
aux petits enfans, pour les vers : pourquoydonc le Chirurgien 
méthodique guidé de ses indications n'en vsera ? Et touchant 
l'i^gyptiac, l'en ordonne en petite quantité dissoult avec une 
décoction detersiue, pour corriger quelque pourriture qui 
seroit en la poictrine, et proteste en auoir vsé avec bonne 
issue, lequel n'estant composé que d'Alun, sel, miel et 
vinaigre, pourquoy sera-il poison? Faulsement vous m'im- 
posez le mettre aux yeux, mais au contraire ie défends qu'il 
n'y entre, comme on pourra voir par ce passage corrompu par 
vous. 500. duquel lieu les mots sont tels. Et si tel remède ne 
suffit vserez de cestuy ci. Rec. vngu. aegyptiaci dr. I. dissoluti 
in aqua plantaginis quantum sufficit, auec vn peu de linge 
délié et imbu, seront touchez les palpèbres : soy donnant bien 
garde qu'il n'en tombe en l'œil. Et touchant le vinaigre ie ne 



(i) Antoine Musa Brassavole, né à Ferrare le 16 janvier i5oo, médecin 
d'Hercule de Ferrare, archiàtre de quatre papes, médecin consultant de 
Charles-Quint, de Henri VIII et de François I", a vanté le mercure comme 
anthelminthique. Il est mort le 6 juillet i555. 



PIECES JUSTIFICATIVES 247 

l'ordonne pas, mais ie dis l'auoir veu pratiquer à vne femme 
comme ciiose emerueillable. Et quant aux fautes que dictes 
estre en mes œuures, ie suis tout prest, me les ayant mon- 
trées, les corriger, ne voulant laisser à la postérité, chose qui 
lui peust preiudicier, et que nos successeurs ne se trompent 
en mesme façon que ie pourrois auoir esté deceu. 

29. Dauantage en ceque vous m'obiectez, que n'ay serui 
que deux Roys. Nul n'ignore que n'aye esté au seruice du Roy 
de Nauarre décédé, au Roy Henri II, lequel me demanda audit 
Roy de Nauarre. Que n'ay serui le Roy Charles IX, aymé et 
estimé de luy. Et par luy employé au seruice des grands sei- 
gneurs, que i'ay pensé, et Dieu les a guaris. Depuis le vouloir 
du Roy Henri 111 a esté tel, de m'auoir continué en son ser- 
uice, et par luy employé plusieurs fois. 

Quant aux Escrouelles. Cela est congnu et aueré à tous, 
que les Roys de France ont puissance de les guarir : ce que 
i'ay veu vne infinité de foys, et pource que c'est chose toute 
notoire, ne I'ay voulu insérer en mon Hure. Et pourrois 
prouuer par le tesmoignage de plusieurs gens de bien de cette 
ville, quelle authorité i'attribue à tel don de grâce concédé aux 
Rois de France, par le bénéfice de Dieu, les ayans renuoyez au 
Roy, et preste toute faueur pour les y faire entrer, voyant 
qu'autrement par remèdes humains on n'en pouuoit auoir de 
raison. 

Comme ainsi soit donc, que tout ce qu'auez tronqué et 
extraict deçà et delà, corrompant les sentences de mes œu- 
ures, pour les iuger deshonnestes, meschantes, détestables et 
indignes d'estre escrites, récitées et leûes d'un homme Chres- 
tien. II faut de nécessité me donnant telle condamnation, que 
tous nos anciens médecins faits français par vous mesmes, 
soyent mis à telle amende et punition, à laquelle desirez que 



248 AMBROISE PARÉ 

sois condamné : car s'il y a aucune faulte, elle a esté premiè- 
rement faicte par eux, et diuulguee par vostre traduction. 

De ma part i'estime en mon Hure n'estre rien de pernicieux 
pour estre en nostre langue vulgaire. Ainsi le divin Hippo- 
crates a escrit en sa langue, laquelle estoit congnue et enten- 
due des femmes et filles, ne parlant autre langage qu'icelle. 
Quant à moy ie n'ay escrit sinon que pour endoctriner le 
ieune Chirurgien, et non à celle fm que mon liure fut manié 
par les idiots et mécaniques, encore qu'il fut escript en Fran- 
çois, (i) 

(Bibliothèque Nationale.) 



(i) Nous n'avons pas cru pouvoir nous permettre de modifier en quoi 
que ce soit ce mémoire si intéressant et si peu connu, et nous le reprodui- 
sons tel qu'il est, avec les fautes qu'il contient et les naïvetés de son style. 



XXV 

1575, — M Juillet. 

ARRÊT DU PARLEMENT DE PARIS RENDU DANS LE PROCÈS ENTRE 

LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS ET AMBROISE PARÉ 

A HUYS CLOZ. 

Du jeudy xiiii® juillet mv'-\xxv. 

Entre les doyen et docteurs de la Faculté de médecine à 
Paris et autres, demandeurs, contre M« Ambroise Parré, pre- 
mier chirurgien du Roy. deffendeur ; 

Chauvelin pour les demandeurs, Levestz pour les maistres 
chirurgiens, Galoppe pour les prévost des marchans et esche- 
vins, Choppin pour M" Malesiere (i), Baultru pour ledict 
Parré, Doiron pour imprimeur, Brisson pour le procureur 
général du Roy. 

La court, pour le bien et nom de la justice et des parties, 
ordonne qu'elles mettront leurs pièces devers elle avec le pré- 
sent plaidoié qu'elles bailleront par escript dedans trois jours 
pour tous délaiz, et ledit temps passé leur sera fait droict sur 
ce qui se trouvera produict devers elle, sans autre forclusion 
ne signiffication de requeste, et en entérinant la requeste du 
procureur général du Roy, ordonne suyvant l'arrest par elle 
cy devant donné que inhibitions et deffenses seront faictes et 

(i) André Malezieu» 



25o AMBROISE PARE 

réitérées à tous libraires et imprimeurs de ceste ville et de ce 
ressort de imprimer aulcuns livres, soit en médecine ou cirur- 
gie^ ou autres, synon qu'ilz ayent esté veuz au préallable et 
approuvez par la Faculté. 

(Archives Nationales, X'*. 5058, fol. 405 v°.) 



XXVI 

COMPTE DES FRAIS PAYÉS PAR LA FACULTÉ DE MEDECINE 
DE PARIS POUR SON PROCÈS AVEC AMBROISE PARÉ. 

Ratio expensi ordinarii — reddita die Novembris 1575 — 
Expensum in lite adversus Ambrosium Paré. 

Die V maii dedi domino Chauveiin, patrono nostro in Se- 
natu prolibello supplice quem porreximus senatui, quo Facul- 
tas postulabat ut libri Ambrosi Pare viri impudentissimi 
nomine impressi non ante in lucem mitterentur quam aFacul- 
tate examinarentur. xxx sols. 

Item, amanuensi ipsius Chauveiin qui libellum supplicem 
transcripserat. v s. 

Domino Croson, pro suis laboribus in solicitando dominum 
Boutin cui libellum supplicem dederamus et scribam senatus. 

XXII s. 

Domino Cordelle hostiario in senatu die ix maii qui nos- 
trum libellum supplicem significavit Ambrosio Pare. xv s. 

Die 10 maii eidem Cordello pro 2'^^ significatione dicti 
libelli. XV s. 

Die 13 maii eidem Cordelle qui tertio ipsum libellum sup- 
plicem significaverat ipsi Pare. xv s. 

Die ultima maii dedi domino Chauveiin qui in Senatu ad- 
versus Ambrosium Pare litigaturus erat. lx s. 



252 AMBROISE PARÉ 

Eodem die dedi domino Crozon, procuratori nostro pro 
obtinendâ audientiâ ut parvi libelli supplices in pergameno 
transcriberentur, et a scriba senatus signentur. xlv s. 

Die tertiajulii dedi domino Chauvelin qui jam per unum 
diem expectaverat in Senatu paratus ad litigandum adversus 
Ambrosium Pare et qui rursus alterum diem eadem de causa 
consumpturus erat. vi lib. 

Domino Crozon, pro simili causa. lx sols. 

Die 14 julii quando litigamus in senatu adversus ipsum 

Pare, quando nostrum arrestum fuit confirmatum dedi rursus 

ipsi Chauvelin. vi lib, 

{Commentaria Facitltatis medicinœ PansiensisX. VIII (i 572- 

1597) fol. 33-34). 

— Ratio expensi ordinarii in posteriore decanatu Steph. 
Gourmeleni decani Britanni Curiosolitas reddita die novembris 
1576. 

Aliud expensum. 

Die XI aprilis dedi domino Chauvelin patrono nostro in 
Senatu très aureos pesfoleti pro litis descriptione adversus 
Ambrosium Pare. ix 1. xii s. 

Ejusdem amanuensi qui ipsam litem descripserat. xxv sols. 

Domino Crozon procuratori nostro in Senatu pro residuo 

pecunie que illi debebatur pro confectione monetarii in lite 

contra dominum Varadem et confectione monetarii in altéra 

lite adversus Ambrosium Paré. un lib. xvi s. 

{Commentaria Facult. med. Par* t. VIII). 



XXVII 

1376. 

Quittance d'Ambroise Paré, premier chirurgien du Roi, bour- 
geois DE Paris, de la somme de 37 livres 10 sols tournois. 

Je Ambroise Paré, premier chirurgien du Roy, bourgeois 
de Paris, (i) confesse avoir receu comptant de noble homme 
Me François de Vigny, (2) receveur de la ville de Paris, la 
somme de ^7 livres 10 sols t., pour ung quartier escheu le 
dernier jour de dernier passé à cause de sept vingtz dix 

livre tournois de rente à moy vendus et constituez par MM. les 
prévost des marchans et eschevins de ladite ville de Paris, le 
Séjour de mars 15S9 tant en sus le revenu des greniers à scel 
[de] Belesme, Moulins en Bourbonnais, Monluçon et autres, 
comme sur tout le domaine de ladite ville (ainsi qu'il) est 
déclaré es lettres de ladite constitution, de laquelle somme de 
37 livres 10 sols t., je me tiens content (et en quicte ledit) de 
Vigny et tous autres par la présente que j'ay signée de mamain. 

A Paris, le 2 r Jour de mil cinq cens soixante seize. 




(Bibliothèque Nationale, Pièces originales, 2195). 

(i) C'est la seule fois que nous ayons rencontré Paré qualifié bourgeois 
de Paris. 

(2) Beau-frère du président Brisson, conspirait pour Henri IV. Dénoncé 
par un prêtre, il fut expulsé de Paris par le duc de Nemours, en i5go, et 
condamné à payer une amende de 36,ooo livres. 



XXVIII 

1577' — 27 Mars. 

Contrat de mariage de Claude Viart, chirurgien a Nantes 
AVEC Jeanne Paré, nièce d'Ambroise Paré. 

Par devant Guillaume Denetz et Nicolas le Camus, notaires 
du Roy nostre sire, de par luy ordonnez et establiz en son 
Chastellet de Paris, furent présens en leurs personnes noble 
homme. M" Ambrois Paré, premier chirurgien du Roy, en 
son nom et comme stipullant en ceste partie pour Jehanne 
Paré, sa niepce, fille mineure d'ans de feuz Jehan Paré et de 
Marie de Neufville, jadis sa femme, ladicte Jehanne à ce présente 
et de son consentement d'une part, et honnorable homme 
Claude Viart, maître chirurgien en la ville de Nantes, de pré- 
sent demeurant à Paris, pour luy et en son nom d'autre part, 
lesquelles parties esdits noms, de leurs bons grez et bonnes 
voluntez, sans contraincte aucune, si comme ilz disoient, 
recongnurent et confessèrent et par ces présentes recongnois- 
sent et confessent en la présence et par l'advis, conseil et déli- 
bération de nobles hommes, M" Vincent Moucigot, advocat en 
la court de Parlement, Jehan Bautru, sieur des Materas, aussi 
advocat en ladicte court, Henry Simon, receveur et paieurdes 
gaiges et droictz de messieurs des Comptes, honnorable 
homme Hilaire de Briou, M^ appoticaire et bourgeois de 
Paris, amys et voisins dudict Paré, de nobles hommes, 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 255 

M'' Guy Surdhault, aussy advocat en ladicte Court, et Jacques 
Mareschal, advocat au privé Conseil, cousins dudict Viard, 
tous à ce présens et comparans, avoir faict et font ensemble 
les traictez, accordz, dons, douaires, promesses et conven- 
tions qui ensuivent pour raison du mariage qui, au plaisir de 
Dieu, sera de brief faict et solempnisé en Saincte Eglise, des- 
dictz Viard etjehanne Paré, lesquelz, du vouUoir et consente- 
ment que dessus, ont promis et promectent prendre l'un 
d'eulx l'autre par nom et loy de mariage le plus tost que faire 
se pourra, sera advisé et délibéré entre eulx, leurs ditz parens 
et amis, si Dieu et Saincte Eglise se y accordent. En faveur 
duquel mariage ledit Paré, aussy en la présence et duconsen- 
ment de Jacqueline Roussellet, sa feme de lui octorizée, pré- 
sente et comparant, a ratifié, confirmé et approuvé par ces 
présentes la donnation irrévocable entre vifz par ledict Paré 
faicte et passée à ladicte Jehanne Paré, sa niepce, par devant 
lesdictz notaires soubscriptz, le neufième janvier mil cinq 
cens soixante quatorze, insinué oudit Chastellet de Paris le 
quinziesme jour dudict mois et an, d'une maison, aisances 
et appartenances, comme elle se comporte, assize en ceste 
ville de Paris en l'avalloir du pont Sainct-Michel, par luy ac- 
quise à filtre d'eschange de René Mestreau, et de cent livres 
tournoiz de rente audict Paré venduz et constituez par mes- 
sieurs les prévost des marchans et eschevins de ceste ville de 
Paris, à prandre aux quatre quartiers de l'an deux mois après 
sur les dommaines d'Amyens, Poictiers, Tholoze et autres 
déclarez es lettres de la constitution dattée du dix huictiesme 
jour de juing mil cinq cens soixante douze, aussy signée 
desdictz notaires soubscriptz, pour de ladicte maison et rente 
susdictes en joir par lesdictz futurs mariez du jour de la con- 
sommation dudict mariage, encores que par icelle donnation 



256 AMBROISE PARÉ 

ledict Paré eust réservé l'usuffruict des choses données, pour 
icelle maison et rente estre et sortir nature de propre àladicte 
Jehanne Paré et aux siens de son costé et ligne, le tout aux 
charges tant de réversion que autres à plain contenues et 
déclarées es dictes lettres de donnation, desquelles lecture a 
esté faicte de mot à autre par lesdictz notaires soubsignez 
audict Paré, voullant par lui ladicte donnation sortir son plain 
et entier effect, force et vertu de poinct en poinct, selon sa 
forme et teneur, et lesquelles lettres de donnation et celles 
de ladicte constitution de rente ledict Paré promect fournir et 
délivrer ausdictz futurs mariez dedans le jour de leurs dictes 
espouzailles, et laquelle maison et rente icelluy Paré promect 
garentir à ladicte Jehanne Paré ce acceptant. 

Et encores ledict Paré a promis, promect en faveur dudict 
mariage futur bailler et délivrer audict futur espoux, assa- 
voir, une robbe longue de drap noir doublée parles paremens 
de velours à l'usaige dudict Paré, avec tous et chacuns ses 
instrumens et planches servans à la chirurgie figurez en son 
dernier livre imprimé, ensemble tous ses livres, nom com- 
prins la portion de ceulx qu'il en a prins et payez à Wechel, et 
aussy de ceulx qu"il entend faire de brief imprimer tant en 
latin que françois, retenu par ledict Paré l'usuffruict d'iceulx 
instrumens, planches et livres sa vie durant. 

Et partant ledict futur espoux a doué et doue sadicte future 
espouze de cent cinquante livres tournois de rente en douaire 
préfix racheptable au denier douze, et lequel rachapt, si faict 
est, sera et demeurera à elle et aux siens sans retour. Et si 
aura et prandra ladicte future espouze, soit qu'il y ait ou nom 
enfans dudict mariaige futur, advenant que sondict futur es- 
poux la predécedde, tous et chacuns ses habitz, bagues et 
joiaulx à son usaige, comme en semblable, si ladicte future 



PIÈCES JUSTIFICATIVES i^ 

espouze le prédécedde, icelluy futur espoux aura et prandra 
par préciput tous ses habitz, armes et cheval, et s'il n'y a 
aucuns enfans vivans lors de la dissolution dudict mariage, le 
survivant desdictz futurs espoux joira de tous et chacuns les 
meubles, acquestz et conquestz immeubles commungs entre 
eulx, assavoir de moictié en propriété et l'autre moictié en- 
usuffruict, sa vie durant seullement. Et en tous cas, si ladicte' 
future espouze survit, il sera au choix et option d'icelle future 
espouze de prandre droict de communaulté ou y renoncer, et. 
en cas de renonciation, elle reprandra tout ce qu'elle apporte 
avec sondict futur espoux, et luy sera advenu et escheu par 
successions, donnations ou autrement, ensemble sondict 
douaire et préciput susdictz, sans qu'elle soit tenue paier au- 
cunes debtes ne ypothecques quelconques, encores qu'elle se- 
y feust obligée et y eust preste consentement. 

Et de laquelle maison et rente de cent livres tournois, 
icelluy futur espoux survivant sadicte future espouze sans en- 
fans dudict mariage, joira en usuffruict sa vie durant seulle- 
ment, en entretenant par luy ladicte maison comme usufîruic- 
tier doibt faire, et paiant les charges fontieres. 

Et d'aultant que ledict futur espoux a déclaré et affermé et 
afferme avoir en deniers comptans, debtes et obligations 
comme ses propres, jusquesà la somme de neuf mil livres tour- 
nois, il a esté et est accordé par exprès que dedans deux ans 
d'huy icelluy futur espoux sera tenu en employer en achapt 
de rente ou heritaiges jusques h la somme de huict mil livres 
tournois, lesquelles rentes et heritaiges seront et demeureront 
propres à icelluy futur espoux et aux siens de son costé et 
ligne, et en cas de rachapt, il en pourra faire remploy pour 
sortir pareille nature, et lequel employ sera et demeurera spé- 
ciallement obligé et ypothéqué audict douaire, et generalle- 



258 AMBROISE PARÉ 

ment tous ses autres heritaiges et biens presens et advenir 
quelzconques. Et quant au surplus de ladicte somme de neuf 
mil livres il entrera en ladicte communaulté comme fera 
ladicte somme de huict mil livres tournois, ou cas qu'elle 
ne soit employée, comme dict est, dedans lesdictz deux 
ans, car ainsy a esté le tout par exprès convenu et accordé 
entre lesdictes parties es dicts noms, en fiiisant et passant 
ces présentes qui autrement n'eussent esté faictes ny accor- 
dées. Pour lesquelles faire insinuer par tout où il appar- 
tiendra et en requérir et demander actes lesdictes parties esdicts 
noms font et constituent leurs procureurs généraulx irrévo- 
cable le porteur ou porteurs desdictes présentes, ausquelz et 
chacun d'eulx respectivement iiz donnent plain pouvoir et 
puissance de ce foire et tout ce que au cas appartiendra, sera 
requis et nécessaire, promectans, obligeans et esdicts noms 
chacun en droict soy renonceans. Faict et passé triples l'an 
mil cinq cens soixante dix sept, le mercredy vingt septième 
jour de mars. Signé Denetz et le Camus, et après estoit escript 
ce qui ensuict : 

Et le jeudy neuliesme jour de may ensuivant oudict an mil 
cinq cens soixante dix sept, est comparu par devant lesdictz 
notaires soubscriptz icelluy M<^ Ambrois Paré dessus nommé, 
lequel a dict et déclaré que en passant et accordant ledict 
contract de mariage de ladicte Jehanne Paré, sa niepce, avec 
ledict Claude Viard et cy dessus escript, il a entendu, comme 
il faict encores, avoir baillé audict Viard sadicte niepce franche 
et quicte de toutes debtes etypothecques quelzconques jusques 
au jour de ses espouzailles, comme encores il a plevist telle 
par ces dictes présentes, ce que ledict Viard présent et compa- 
rant a stippullé et accepté pour luy et ladicte Paré à présent son 
espouze,dont il a requis et demandé acte ausdictz notaires qui 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 259 

luy ont octroyé ces présentes pour luy servir et valloir en 
temps et lieu. Ce fut faict, requis et octroyé l'an mil cinq 
cens soixante dix sept, ledit jour neufiesme may. Signé Denetz 
et Le Camus. Et à la marge du premier feuillet estoit escript : 
enregistré par le Camus. Et à la fm a esté mis et escript l'in- 
sinuation ainsy qu'il ensuict : 

L'an mil cinq cens quatre vingt ung, le jeudy vingt deuxiesme 
jour de juing, le présent contract de mariage a esté apporté 
au greffe du Chastellet de Paris, par honnorable homme 
M® Claude Viard, maistre chirurgien juré à Paris en personne, 
tant pour luy que pour et ou nom de Jehanne Paré, sa 
femme, dénommez en cedict présent contract lequel, ensemble 
l'acte de déclaration devant transcript sy comme dessus, a esté 
enregistré au présent registre, trente septiesme volume des 
Insinuations dudict Chastellet, suivant l'ordonnance, ce requé- 
rant ledict Viard oudict nom qui de ce a requis et demandé 
acte à luy octroyé et baillé ces présentes pour luy servir et 
valloir et à ladicte Jehanne Paré, sa femme, en temps et lieu 
ce que de raison. 

(Archives Nationales, Y. 122, fol. 499.) 



XXIX 

1577' — 19 Décembre, 

CONCESSION PAR AMBROISE PARÉ, PREMIER CHIRURGIEN DU ROI, 

A JEANNE PARÉ, DES JOURS ET OUVERTURES d'uNE MAISON RUE 
DE l'hirondelle PAR LUI DONNÉE A SA NIECE, AVEC RAPPORT 

d'expert y joint. 

Fut présent en sa personne noble homme M*' Ambrois 
Paré, premier chirurgien du Roy, lequel de son bon gré et 
volunté a dict et déclaré que son intention et voulloir a tous- 
jours esté et est encores que les veues, bées et couvertures (i) 
qui sont et se trouvent de présent en une maison assize en 
ceste ville de Paris à la desente du pont Sainct-Michel du costé 
des Augustins, qui fut et appartint audict Paré, et de 
laquelle il a cy devant faict don à Jehanne Paré, sa niepce, de 
présent femme de honnorable homme Claude Viard, M' chi- 
rurgien juré à Paris, et où ilz sont à présent demourant, les- 
quelles veues, bées et couvertures tendent et regardent sur 
une autre maison et court où pend pour enseigne la Vache, 
assiz rue de l'Erondelle, apartenant audict Paré, demeurent à 
tousjours lesdictes veues, bées et couvertures au proffict de 
ladicte Paré, sadicte niepce et des siens, en Testât et ainsy 
qu'elles sont à présent et comme elles sont par le menu dési- 
gnées et spéciffiées au rapport et Visitation que ledict Paré 

(i) II faut lire ouvertures. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 261 

en a faict faire à sa requeste par Loys Gourgouron, maistre 
maçon à Paris, le quatriesme du présent moys de décembre, 
demeuré par devers lesdictz Viard et sa femme, sans que à 
l'advenir aucunes desdictes veues, bées et couvertures puis- 
sent estre bouchées ny estouppées en tout ou partie par icel- 
luy Paré, les siens ny autres qui sont et seront propriétaires 
de ladicte maison de la Vache, parce que tel a esté et est 
le voulloir dudict Paré, pour la commodité de la maison de 
sa dicte niepce, laquelle autrement luy seroit comme inu- 
tille et inhabitable, ce que lesdictz Viard et sa dicte femme à 
ce présens et acceptans ont stipullé et accepté, promectans, 
obligeant, renonceans. Faict et passé l'an mil cinq cens 
soixante dix sept, le jeudy dix neufiesme jour de décembre. 
Signé Denetz et le Camus. Et après estoit escript ce qui en- 
su ict : 

Ensuict la teneur dudict rapport et Visitation dessus men- 
tionné. 

Je Loys Gourgouron. maistre maçon à Paris, le quatriesme 
jour de décembre mil cinq cens soixante dix sept, me suis 
transporté en et sur une maison assize à Paris sur le pont 
Saint-Michel, à M® Claude Viard, pour veoir, visiter et recong- 
noistre les veues et fenestres estant en icelle maison, qui re- 
garde dans la maison joignant où pend pour enseigne la 
Vache, rue de l'Erondelle, apartenant à noble homme mon- 
sieur M*' Ambroise Paré, premier chirurgien du Roy, pour icelle 
recongnoistre et scavoir Testât qui sont de présent, et le 
tout par le commandement dudict Paré. 

Et premièrement, ilz ont trouvé en l'estaige de la salle 
d'icelle maison, il y a deux fenestres, assavoir une fenestre 
bastarde qui est à la desente, de trois piedz trois quartz de 
hault depuis l'aire de ladicte salle jusques à l'enseulement 



202 AMBROISE PARÉ 

d'icelle fenestre, et trois piedz sept poulces de haulteur, et de 
largeur trois piedz ung poulce, le tout à prendre entre les ta- 
bleaux à une autre petite fenestre joignant qui est à la desente 
de quatre piedz unze poulces de hault jusques à l'enseule- 
ment d'icelle fenestre, et deux piedz quatre poulces de 
hault et dix neuf poulces de large, le tout entre les ta- 
bleaux. 

Item, en la première chambre au dessus de ladicte salle 
une fenestre bastarde qui est en la desente de trois piedz 
et demy depuis le dessus du plancher jusques à l'enseillement 
de ladicte fenestre, et trois piedz quatre poulces de large et 
deux piedz dix poulces de hault, le tout dans œuvre entre 
les tableaux. 

Item, une autre fenestre audict estaige qui a depuis le 
dessus du plancher jusques à l'enseuillement quatre piedz 
trois poulces, et depuis le dessus de l'enseulement ung pied 
dix poulces de hault, et de large ung pied quatre poulces, le 
tout entre les tableaux. 

Item, en l'estude joignant ladicte chambre une aultre grand 
fenestre qui a depuis le dessus du plancher de ladicte estude 
jusques à l'appuie trois piedz neuf poulces, et au dessus de 
ladicte appuie cinq piedz et demy de hault, et trois piedz 
huict poulces de large, le tout entre les tableaux. 

Item, en la chambre du second estaige une fenestre bas- 
tarde qui a depuis le dessus du plancher trois piedz dix poul- 
ces jusques à l'enseuillement et depuis le dessus dudict 
enseuillement trois piedz sept poulces de hault et trois piedz 
trois poulces de large, le tout entre les tableaux. 

Item, en la troisiesme chambre il y a une autre fenestre qui 
a depuis le dessus du plancher de ladicte chambre jusques à 
l'enseuilement trois piedz deux poulces et depuis le dessus 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 203 

dudict enseuilement trois piedz troys poulces de hault, et deux 
piedz neuf poulces de large. 

Et le tout certiffié estre vray et par moy avoir esté faict les 
an et jour que dessus. Signé Gourgouron. 

Collationné à l'original par les notaires soubzsignez sy 
comme dessus, le trentiesme et pénultime jour de décembre, 
Tan mil cinq cens soixante dix sept. Signe Denetz et le Ca- 
mus. Et à la marge dudict premier feuillet estoit escript: Enre- 
gistré par le Camus, et à la fin a esté mis et escript l'insinua- 
tion ainsy qu'il s'ensuict: 

L"an mil cinq cens quatre vingtz et ung, le jeudy vingt 
deuxiesme jour de juing, le présent contract a esté apporté au 
greffe du Chastelet de Paris, et icelluy, ensemble la teneur du 
rapport de Visitation devanttranscriptz, insinuez, acceptez et euz 
pour agréables, selon que contenu est par icelluy, par honno- 
rable homme, M' Claude Viard, maistre chirurgien juré à Paris 
en personne, tant pour luy que pour ou nom de jehanneParé, 
sa femme, dénommez esdictz contract et rapport de Visitation, 
lesquelz ont esté enregistrez au présent registre xxxvif vo- 
lume des Insinuations dudict Chastelet, suivant l'ordonnance, 
ce requérant ledict Viard, qui de ce qui a requis et demandé 
acte à luy octroyé et baillé ces présentes pour luy servir et 
valloir et à ladicte Jehanne Paré, sa femme, en temps et lieu 
ce que de raison. 

(Archives Nationales, Y. 122, fol. 500.) 



XXX 

1581, — 28 Mars. 

CONTRAT DE MARIAGE DE FRANÇOIS ROUSSELET AVEC CATHERINE 
PARÉ, FILLE d'aMBROISE PARÉ. 

Par devant Guillaume Denetz et Nicolas le Camus, no- 
taires et garde nottes de par le Roy nostre sire créez et establiz 
en son Chastelet de Paris soubzsignés, furent présens en leurs 
personnes noble homme M*^ Ambrois Paré, premier chirur- 
gien du Roy, en son nom et comme stipullant en ceste partie 
pour Catherine Paré, fille, fille mineure de luy et de feue 
Jehanne Mazelin, jadis sa femme en premières nopces, ladicte 
Catherine à ce présente et de son consentement d'une part, et 
M^ François Roussellet, trésorier de l'argenterie de monseigneur, 
frère unicque du Roy, etsecrettaire ordinaire de sa maison, pour 
luy et en son nom d'autre part, lesquelles parties esdits noms, 
de leurs bons grez et bonnes voluntez, recongnurent et con- 
tessèrent en la présence et par devant lesdits notaires soub- 
scriptz, comme en droict jugement, et aussy en la présence, 
par l'advis et conseil de noble homme, M^ Jacques Mareschal, 
conseiller du Roy et procureur de sa Majesté en la prévosté 
de son hostel et advocat en son Conseil privé, cousin, hon- 
norables hommes, M^ Claude "Viart, chirurgien juré à Paris, 
r.ussy cousin, Charles Fournier, bourgeois de Paris, oncle 
maternel et subrogé tuteur de ladicte Catherine Paré, Pierre 



PIECES JUSTIFICATIVES 265 

de la Rue, aussy bourgeois de Paris, oncle maternel, à cause 
de sa femme, Loys de Prime, pareillement bourgeois de Paris, 
Anthoine Portail, chirurgien ordinaire du Roy, Jehan Quique- 
beuf, bourgeois de Paris, cousins maternelz, de noble homme 
M** Jehan Lenoir, advocat en parlement, seigneur de Garenne, 
et de M*' Estienne Pinguet, procureur ou Chastelet de Paris, 
etbaillydu Mesnil-Madame-Rence, amys de ladicte Catherine; 
de honnorable personne, Marie Boullaie, veuve de feu 
honnorable homme Jacques Roussellet, en son vivant chevau- 
cheur ordinaire de l'escurie du Roy et bourgeois de Paris, 
mère ; Didier Martin, sieur de la Fontaine, archer des gardes 
du corps du Roy, beau frère, noble homme. M' Martin Mas- 
parot, conseiller du Roy et maistre ordinaire en sa Chambre 
des Comptes, Estienne de Navyères, advocat au Grand Con- 
seil du Roy, et de François Bouteroue, aussi advocat en Parle- 
ment et oudit Chastellet de Paris, amys dudit François Rous- 
selet, tous à ce présens et comparans, avoir foict et font 
ensemble les traictez, accords, douaires, promesses et conve- 
nances qui ensuivent pour raison du mariage qui au plaisir de 
Dieu sera de brief faict et solempnisé en Saincte Eglise desdicts 
François Roussellet et de ladicte Catherine Paré, lesquelz par 
l'advis et du consentement que dessus ont promis et promettent 
prandre l'un d'eulx l'autre par nom et loy de mariage le plus- 
tost que faire se pourra, ^era advisé et délibéré entre eulx, 
leurs dits parens et amis, i Dieu et Saincte Eglise s'i accor- 
dent, aux biens et droictz a ladicte future espouze apartenant 
par le décedz et trespas de ladicte deffuncte sa mère. Aussy, 
en faveur dudict mariage, ladicte Marie Boullaie, mère dudict 
futur espoux, a donné, ceddé, quicté, transporté par ces 
présentes et par don irrévocable faict entre vifz du tout des 
rnaintenant à tousjours et en advancement d'hoirie, tant 



206 AMBROISE PARÉ 

dudict deffunct son mary que d'elle, audict futur espoux sondict 
filz, ce acceptant pour luy, ses hoirs, une ferme et mestairie 
appellée de Quiquempoix, assize en la parroisse de Fontenay- 
en-Brie consistant en maison, court, granche, estable et 
jardin, le tout cloz de murs et couvert de thuille, cinqarpens 
ou environ de grandz aulnois, bois et saulsaye, prés, et au 
dedans ladicte ferme quarante arpens de terre labourable en 
plusieurs pièces, y comprins trois arpens de pré, plus quatre 
arpens de vigne aussi en plusieurs pièces, près ledict lieu et 
deppendans de ladicte ferme, laquelle ferme et ses apparte- 
nances sont du conquest faict par ledict deffunct son mary 
et elle durant et constant leur mariage, es censives des sei- 
gneurs, meult et chargées du cens et fondz de terre accous- 
tumé pour toutes charges quelzconques, pour de la ferme et 
ses appartenances joir par ledict François Roussellet, sesdictz 
hoirs et aians cause, et en faire et disposer à son plaisir et 
volunté, transportant par elle à son dict filz tous droictz, 
dessaisissant, voullant, procurant le porteur, donnant pou- 
voir. 

■ Et partant ledict futur espoux a doué et doue sadicte fu- 
ture espouze en usuffruict, sa vie durant seullement, de la 
totallité d'icelle ferme et ses appartenances, pourveu qu'il 
n'y ait enfant ou enfans dudict mariage vivans lors du de- 
cedz dudict futur espoux, et s'il y a enfant ou enfans vivans 
lors du decedz d'icelluy futur espoux, elle ne joira que de 
la moictié d'icelle ferme et sesdictes appartenances, aussy en 
douaire par usuffruict sa vie durant, ou de douaire coustu- 
mier au choix et option de ladicte future espouze, à l'un 
d'iceulx avoir et prandre quant douaire aura lieu selon les 
us et coustumes de Paris, synon de trente trois escuz ung 
tiers de rente en douaire prefix pareillement au choix et 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 267 

option d'icelle future espouze. Et si aura et prandra le sur- 
vivant desditz futurs mariez par préciput et avant que faire 
aucun inventaire ne partaige, assavoir ladicte future espouze 
ses habitz, bagues et joiaulx à son usaige, et ledict futur 
espoux aussi ses habitz, armes et chevaulx jusques à la 
somme de quatre cens escuz d"or soleil pour une fois réci- 
proquement. Et neantmoings sera au choix et option de 
ladicte future espouze, advenant que sondict futur espoux 
la prédecedde, de renonccer à la communaulté ou icelle 
accepter, et en cas de renonciation elle reprandra franche- 
ment et quictement tout ce qu'elle aura apporté avec son- 
dict futur espoux et luy sera advenuz par successions, don- 
nations, ou autrement, ensemble sondict douaire et préciput 
susdicts, sans qu'elle soit tenue paier aucunes debtes ny 
ypothecques, encores qu'elle se y feust- obligée et y eust 
preste consentement. Et a ledict sieur père pleuvy sadicte 
fille, et ladicte veuve Rousselet pleuvy sondict filz estre frandz 
et quictes réciproquement de toutes debtes et ypothecques 
quelzconques jusques à huy. Et advenant que aucuns des 
biens immeubles, rentes et estatz apartenans ausdictz futurs 
mariez soient venduz et allienez pendant ledict mariage, ou 
lesdictes rentes racheptées, en ce cas les deniers en seront 
remployez au proffict de celluy d'eulx sur lequel lesdictes 
allienations ou rachaptz auront este faictz, et si ledict rem- 
ploy n'auroit esté faict lors de la dissolution dudict mariage, 
en ce cas les deniers en seront reprins par préciput sur la 
masse de ladicte communaulté. Car ainsi a esté le tout par 
exprès convenu et accordé entre lesdictes parties en faisant 
et passant ces présentes qui autrement n'eussent este faictes, 
passées ny accordées. Pour lesquelles faire insinuer partout 
où il apartiendra et en requérir acte, icelles parties, mesmes 



208 AMBROISE PARÉ 

ladicte veuve Roussellet ont faict et constitué leurs procu- 
reurs généraulx et irrévocables le porteur ou porteurs de ces- 
dictes présentes, ausquelz et chacun d'eulx respectivement 
ilz donnent plain pouvoir et puissance de ce faire et tout ce 
que au cas apartiendra, sera requis et nécessaire, promec- 
tans, obligeans chacun en droict soy, renonçans mesmes 
ladicte veufve aux bénéfices du senatus consult Velleyan à 
elle exprimez et donnez à entendre par Jesdictz notaires 
soubscriptz estre telz que femme ne se peuvent obliger ne 
intercedder pour aultruy sans expressément y renoncer, au- 
trement elle en pouroit estre relevée et restituée et à tous 
autres droictz. Ce fut faict et passé double cestuy pour ledit 
sieur Roussellet, en l'hostel dudict Paré rue de l'Erondelle 
après midy, l'an mil cinq cens quatre vingtz ung, le mardy 
ferier de Pasques, vingt huictiesme jour de mars. Signé en la 
minutte, Paré, Marie Boullaye, Roussellet, Catherine Paré et 
Fournyer. Signé Denetz et le Camus. Et à la marge du pre- 
mier feuillet dudict contract estoit escript : Enregistré par Le 
Camus. Et à la fin d'icelluy contract a esté mis et escript 
l'insinuation ainsi qu'il s'ensuict. 

L'an mil cinq cens quatre vingtz et ung, le mercredi troi- 
siesme jour de may, le présent contract de mariaige portant 
donnation a esté apporté au greffe du Chastellet de Paris, et 
icelluy insinué, accepté et eu pour agréable aux charges, con- 
ditions et selon que contenu est par icelluy par maistre 
Pierre Dollet, procureur oudit Chastellet et comme procureur 
de honnorable femme Marie Boullaye, vefve de feu honno- 
rable homme, Jacques Roussellet, en son vivant chevaulcheur 
ordinaire de l'escurye du Roy et bourgeois de Paris, dona- 
trice, et de M'' François Roussellet, trésorier de l'argenterye 
de monseigneur filz de France et secrétaire ordinaire de sa 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 269 

maison, donataire, et de Catherine Paré, sa femme, dénommez 
oudict contract, lequel a esté enregistré au présent registre 
xxxvii- volume des Insinuations dudit Chastellet, suivant l'or- 
donnance, ce requérant ledit Dolet oudit nom qui de ce a 
requis et demandé acte à luy octroyé et baillé ces présentes 
pour servir et valloir ausdits Roussellet et Catherine Paré, sa 
femme, en temps et lieu ce que de raison. 

Sur le pareil et semblable contract a esté mis et escript pa- 
reil acte d'insinuation pour servir ausdictes parties. 

(Archives Nationales, Y. 122, fol. 415, v\) 



XXXI 

1581, — 27 Octobre. 

RATIFICATION PAR AMBROISE PARÉ, PREMIER CHIRURGIEN DU ROI, 

DU CONTRAT DE MARIAGE PASSÉ ENTRE CLAUDE VIART 

ET JEANNE PARÉ, SA NIÈCE, ET DES DÉCLARATIONS RELATIVES 

AUX JOURS DE LA MAISON SISE RUE DE l'hIRONDELLE. 

Par devant Guillaume Denetz et Nicolas le Camus, notaires 
et gardes nottes de parle Roy nostre sire, créez et establyz en 
son Chastelet de Paris, soubzsignez, furent présens en leurs 
personnes, noble homme. M*' Ambroise Paré, premier chirur- 
gien du Roy, en son nom, d'une part, et honnorable homme, 
Claude Viard, maître chirurgien juré à Paris, tant pour luy 
que pourjehanne Paré, sa femme, et niepce dudict M*^ Am- 
broise Paré, d'autre part, disans lesdictes parties que, dès le 
mercredy vingt septiesme de mars, l'an mil cinq cens soixante 
dix sept, par devant lesdictz notaires soubzscriptz, fut faict et 
passé le contract de mariage d'entre ledict Viard et icelle 
Jehanne Paré, portant entre autres choses ratifRcation par 
ledict M<= Ambroise Paré de la donnation irrévocable qu'il 
avoit auparavant ftiicte et passée à sadicte niepce, de la maison 
où ilz sont à présens demourans, assize à l'avalloir du pont 
Sainct-Michel, et aussy des cent livres tournois de rente sur 
l'hostel de ville de Paris à plain déclarez audict contract et 
autres clauses et conditions y mentionnez, au pied duquel est 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 27 1 

une déclaration faicte et passée par ledict M'' Ambroise Paré 
par devant les mesmes nottaires le neufiesme jour de may en- 
suivant, par laquelle il pleuvist sa dicte niepce franche et 
quicte de toutes debtes et ypothecques jusques au jour de 
son dict mariage, et au dotz dudict contract est escripte l'insi- 
nuation que lesdictz Viart et sa femme en ont faicte oudit 
Chastelet de Paris le vingt deuxiesme jour de juing dernier, • 
Signé Remy et Drouart. Plus lejeudy dix neufiesme jour de 
décembre oudict an mil cinq cens soixante dix sept, par de- 
vant iceulx nottaires soubzscriptz, ledict M'' Ambroise Paré 
auroit faict déclaration au proffict de iadicte Jehanne Paré de 
quelques veues, bées et ouvertures qui tendent et regardent 
sur la maison de la Vache aussy assize en ceste dicte ville de 
Paris, rue de l'Erondelle, estans en Iadicte maison première 
déclarée, et contenue en Iadicte donnation. Au pied de laquelle 
déclaration est transcript le rapport et Visitation faict desdic- 
tes veues par Loys Gorgoron, maitre masson à Paris, avec l'in- 
sinuation que aussy lesdictz Viart et sadicte femme en ont 
prinse audict Chastelet le mesme jour vingt deuxiesme de juing 
dernier, aussy signé desdictz Remy et Drouart. Et d'aultant 
que à l 'advenir l'on pourroit faire aucune doubte tant sur le- 
dict contract de mariage que déclaration susdicte pour n'avoir 
esté insinuez dedans le temps préfix par l'ordonnance, ce qui 
est advenu à cause des voyages que icelluy Viart a depuis 
faictz tant es pais de Flandres que de Bretaigne à diverses 
fois où il a faict assez long séjour, que pour autres ses affaires 
qui ont causé le retardement desdictes insinuations, 
lesquelles insinuations lesdictz Paré et Viard esdictz nomsigno- 
roient pour ne scavoir que c'est ainsy qu'ilz ont dict et dé- 
claré. A ceste cause icelles parties esdictz noms, de leurs 
bons grez, pour y remédier et en lever toute doubte ont 



2/2 AMBROÏSE PARE 

voullu, consenty et accordé, consentent et accordent par ces 
présentes que tant ledict contract de mariage et déclarations 
susdictes que tout le contenu en iceulx soient et demourent 
autant bons et vallables comme s'ilz avoient esté insinuez 
dedans ledict temps de l'ordonnance, ce qu'ilz ne veullent 
et n'entendent aucunement prejudicier à l'advenir à l'une ny 
à l'autre desdictes parties esdictz noms, en quelque sorte et 
manière que ce soit ou puisse esîre. Et à ceste fin, en tant 
que besoing est ou seroit, ont cie rechef ratiffié, confirmé 
et approuvé par ces présentes lesdictz contract de mariage et 
déclarations dessus mentionnez et dactez, qu'ils veullent avoir 
lieu et sortir leur effect de poinct en poinct, selon leur forme 
et teneur, sans que à jamais ilz ne l'ung d'eulx y puissent 
contrevenir. Et pour si mestier est et à plus grande seuretté 
faire insinuer ces présentes partout et en telz lieux qu'il ap- 
partiendra et en requérir et demander actes, icelles parties 
esdictz noms font et constituent leurs procureurs généraulx 
et irrévocables le porteur ou porteurs desdictes présentes, aux- 
quelz et chacun d'eulx respectivement ilz ont donné et don- 
nent plain pouvoir et puissance de ce faire et tout ce qui au 
cas sera requis et nécessaire, promettans, obligeans, esdictz 
noms chacun en droict soy, renonceans. Faict et passé 
double cestuy pour ledict Viart esdictz noms en l'hostel des 
nottaires soubzscriptz après midy, l'an mil cinq cens quatre 
vingtz ung, le vendredy vingt septiesme jour d'octobre. 
Signé en la minutte. Paré et Viard. Signé Denetz et le Ca- 
mus. Et à la marge du premier feuillet estoit escript : Enre- 
gistré le Camus ; Et à la fin, a esté mis et escript l'insinua- 
tion ainsi que s'ensuit : 

L'an mil cinq cens quatre vingtz et ung, le samedy dix 
huictiesme jour de novembre, le présent contract a esté ap- 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 2/3 

porté au greffe du Chastellet de Paris, et icelluy insinué, 
accepté et eu pour agréable, selon que contenu est par icel- 
luy, par Claude Viard, maître chirurgien à Paris en personne, 
tant pour luy que pour et ou nom de Jehanne Paré, sa 
femme, dénommez oudict contract, lequel a esté enregistré 
au trente huictiesme volume, présent registre des Insinua- 
tions dudict Chastellet^ suivant l'ordonnance, ce requérant 
ledict Viard oudict nom, qui de ce a requis et demandé acte 
à luy octroyé et baillé ces présentes pour luy servir et val- 
loir et à ladicte Jehanne Paré, sa femme, en temps et lieu, 
ce que de raison, et après ce ont esté lesdictes lettres ren- 
dues. 

(Archives Nationales, Y. 123 fol. 227 v°.) 



ts 



XXXII 

1584 — i6 Mars. 

QUITTANCE DE JEANNE PARÉ, VEUVE DE CLAUDE VIART, MAITRE 
CHIRURGIEN, DE LA SOMME DE HUIT ECUS ET VINGT SOLS. 

Jeanne Paré, veuve de feu honnorable homme Claude 
Viard, M" chirurgien à Paris, ladicte Jeanne Paré aiant droit 
en ceste partye de M^^ Ambrois Paré, son oncle, premier 
chirurgien du Roy, confesse avoir eu et receu de noble homme 
Me François de Vigny, recepveur de la ville de Paris, la somme 
de huict escus (i) pour ung quartier escheu le dernier jour de 
mars 1583 à cause de cent livres t. de rente audict s' Paré 
venduz et constituez par ladicte ville sur le domainne d'Amiens, 
Poityers, Thoulouze et autres déclarez es lettres de ladicte cons- 
titution passées par devant les notaires soubzsignéz le 18° 
jour dejuing 1572. Faict et passé en l'hostel des notaires 
soubzsignes avant midy l'an 1584 le vendredy 16" jour de 
mars. 

Signé : f^î^MC^ t>û^â^ 

Denetz, Le Camus. 
(Bibliothèque Nationale. Pièces originales 2195.) 

(i) Et vingt sols. 



XXXIII 

1584. 

ÉTAT DE LA MAISON DU ROI HENRI III. 

Médecins servans. 

Maistre Marc Miron, premier iiiF escuz d'or. 

M- Jehan Pépin, ou M'' Jehan du Four, son 

gendre ii*^ lxvi escuz d'or deux tiers. 

M'' René Vignois id. 

W Jehan Raynard id. 

W Jehan Lenayn id. 

Aultres médecins que Sa Majesté retient sans servir. 

W Hierosme de Varrade ir' lxvi escuz d'or deux tiers 
M*" Regnault Vigor id. 

M'^ Jacques Le Roy id. 

M*^ Michel Vaterre id. 

Appoticaires. 

François Pelletier cxxxiii escuz ung tiers 

René Truchon id. 

Chirurgiens, vallet^ de chambre, 

Maistre Ambrois Paré, premier ii*^ lxvi escuz d'or deux tiers. 
M* Nicolas Le Bailleul, renoueur c éscuz. 



276 AMBROISE PARÉ 

M« Jehan d'Amboise, ou Jacques 

d'Amboise, son filz iiii'^'^ xiii éscuz un tiers. 

M" Ysmael Lambert un'"' escuz. 

M*^ Jehan de Lavernau c escuz. 

M'^ Jacques Guillemeau iiiP escuz. 

M* Pierre Pigré iiiP escuz. 

M*" Anthoine Portail iiii"^ escuz. 

M° Jehan Tahureau, renoueur iiiP escuz. 

Barbiers, valletz de chambre. 

Jehan de Precontat, premier c escuz. 

Cosme Foubert, ordinaire c escuz. 

Henry Foubert iiiP'' escuz. 

Aultres médecins sans gages. 

W Pierre Le Febvre. 
M*" Jacques Lugerie. 
W Pierre Lafillé(i;. 
M*^ Christofle Hubert. 
M*' François Brigard. 
M*^ Anthoine de Fessac. 
M'' Lois Duret. 
M" Benoist Grandis. 
M'= Symon Piètre (2). 
M'^ Martin Acaquis (3)- 

(i) Bachelier en i55o, doyen de la Faculté en i5i8-i5i9; mort le 7 sep- 
tembre i6o3. 

(2) Né à Vérade, près Meaux, reçu docteur le 3o septembre i55o, profes- 
seur et doyen en 1S6-I, mort le 25 juin 1584. Il était protestant, et se cacha 
pendant le raassacre'de la Saint-Barthélémy, dans l'abbaye de Saint-Victor. 
Riolan épousa sa fille Anne morte à 33 ans, le 19 juin 1596, et enterrée à 
Saint-Séverin. 

(3) Lisez Akakia. Ces copies sont remplies de fautes. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 277 

Appoticaire. 
W Benoist Daigue. 

Chirurgiens. 

W Collet (i). 

M'' Nicollas Desneuz. 

M" Hierosme de la Noue. 

M'^ Edme Couard. 

M'= Nicollas Le Bailleul, le jeune, renoueur. 

Barbiers. 

Michel Bidault. 
Anthoine Legrand. 
Vaugeois. 

(Archives Nationales. KK. i 39, fol. 16 v", et fol. 42 v\) 



(i) Laurent Colot. 



XXXIV 

1585 — 6 Février. 

DONATION FAITE PAR AMBROISE PARÉ A JEAN DE LA RIVIÈRE, SIEUR 
DE POUCES, d'une MAISON SISE A CORMEILLES-EN-PARISIS. 

Par devant Guillaume de Netz et Nicolas le Camus, notaires 
et gardenottes de par le Roy nostre sire crez et establiz en 
son Chastellet de Paris, soubzsignez, fut présent en sa personne 
noble homme maistre Ambroise Paré, premier chirurgien du 
Roy, lequel de son bon gré et volunté a recognu et confessé en 
la présence et par devant lesdicts notaires soubscriptz comme 
en droict jugement, avoir donné, cédé et transporté par ces 
présentes en pur don irrévocable faict entre vifz du tout dès 
maintenant à tousjours, sans espoir de jamais le révocquer ne 
y contrevenir en aucune manière, à Jehan de la Rivière, es- 
cuyer, sieur de Pouges en Languedoc, prévost général en la 
mareschaulcée de France soubz Monsieur le duc de Retz, de- 
meurant à Paris rue Petiz Champs, à ce présent et acceptant 
pour luy, ses hoirs, tout le droict, part et portion qui audict 
sieur Paré peutcompecter et appartenir, compecte et appartient 
de son conquest qu'il a cy devant faict de diverses personnes 
par indiviz, en une grange couverte de thuille partie et masure 
et courcelle joignant, le tout assiz au lieu de Cormeilles en 
Parisis, rueChefdeville,dontle surplus en appartient tant audict 
sieur de la Rivière que à Catherine Paré, fille dudict sieur don- 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 27g 

nateur, tenant tout ledict lieu de toutes partz à vigneron 

dudict Cormeilles, et aboutissant par devant sur ladicte rue en 
la censive du fief des Girardz, et chargez du cens et fondz de 
terre accoustumé pour toutes charges, etc, sans aucune excep- 
tion ne réservation, et tout ce qui appartient audict sieur Paré 
en ladicte grange, masure et court pour en joyr, etc. Geste 
donnation foicte à ladicte charge dudict cens seulement, et 
oultre pour la bonne amour que ledict sieur Paré a et porte 
audict sieur de La Rivière, et que telle est sa volonté. Trans- 
portant, etc., tous droictz, dessaisissant, etc.,voullant, pro- 
cureur le porteur etc., donnant pouvoir etc. Et pour icelle 
présente donnation foire insinuer partout où il appartiendra et 
en requérir acte, iceulx sieurs donnateur et donnataire ont 
foict et constitué leurs procureurs généraulx et irrévocables le 
porteur ou porteurs de cesdictes présentes auxquelz etchascun 
d'eulx ilz donnent plain pouvoir et puissance de ce foire et 
tout ce que au cas appartiendra et sera nécessaire. Promettant, 
etc., obligeant, etc., renonçant, etc. Faict et passé en l'hostel 
desdicts notaires soubscriptz après midy, l'an mil cinq cens 
quatre vingtz cinq, le mercredy sixiesme jour de febvrier, et 
ont les parties signé la minutte des présentes, signé De Netz 
et Le Camus. Et à la tin a esté mis et escript l'insinuation ainsi 
qui s'ensuit : 

L'an mil cinq cens quatre vingtz cinq, le mardy douziesme 
jour de febvrier, le présent contract de donnation a esté ap- 
porté au greffe du Chastellet de Paris, et icelluy insinué, 
accepté et eu pour agréable aux charges et selon que contenu 
est par icelluy par maistre Nicolas Rogais comme porteur 
dudict contract et procureur de noble homme maistre Am- 
broise Paré, premier chirurgien du Roy, donnateur, et de Jehan 
de la Rivière, escuyer, sieur de Pouges en Languedoc, donna- 



aSo AMBROISE PARÉ 

taire, dénommez en cedict présentcontract, lequel a esté enregis- 
tré au présent registre quarante ungiesme volume des insinua- 
tions dudict Chastellet suivant l'ordonnance, ce requérant 
ledict Rogais audict nom qui de ce a requis et demandé acte, à 
luy octroyé et baillé ces présentes pour servir et valloir audict 
sieur de la Rivière donnataire, en temps et lieu ce que de 

raison. 

(Archives Nationales, (Y. 126, fol. 304 v°.) 



XXXV 

1586. — 27 Mars. 

ACCORD POUR ÉVITER PROCÈS PASSÉ ENTRE AMBROISE PARÉ, 

PREMIER CHIRURGIEN DU ROI ET JACaUELINE ROUSSELET, SA FEMME, 

ET FRANÇOIS ROUSSELET, SON GENDRE, 

AU NOM DE CATHERINE PARÉ, SA FEMME, AU SUJET 

DE LA REDDITION DE SON COMPTE DE TUTELLE. 

Par devant Guillaume Denetz et Nicolas le Camus, notaires 
et gardes nettes de par le Roy nostre sire créez et establiz en 
son Chastellet de Paris, soubzsignez, furent présens en leurs 
personnes noble homme, maistre Ambrois Paré, premier chi- 
rurgien du Roy, et dame Jacqueline Roussellet, sa femme, de 
luy auctorisée, d'une part, et noble homme M" François Rous- 
sellet, conseiller et controlleur général de la maison de la 
Roy ne de Navarre, et Catherine Paré, sa femme, aussi de luy 
auctorisée, fille dudict Paré, et de feue dame Jehanne Mazelin 
jadis sa femme, ledict Roussellet frère de ladicte Jacqueline, 
d'autre part, disans lesdictes parties qu'elles estoient en voye 
d'entrer en procès sur ce que ledict sieur Paré requéroit et de- 
mandoit que lesdictz Roussellet et sadicte femme eussent à ra- 
tiffier tant le compte qu'il leur a rendu par devant M*" Jaques 
Bazin, commissaire et examinateur oudict Chastellet de Paris, 
de la charge et administration qu'il a cy devant eue des per- 
sonnes et biens de ladicte Catherine, sadicte fille, comme son 



282 AMBROISE PARÉ 

tuteur, et ayant prins la garde bourgeoise d'elle, ledict 
compte cloz et affirmé le cinquième jour de juing l'an mil 
cinq cens quatre vingtz et ung, et que la quictance de la 
somme de 1602 escuz 54 solz 6 deniers à quoy monte le reli- 
qua dudict compte, et en laquelle somme ledict Paré estoit 
envers eulx demeuré reddevable par ladicte closture d'icelluy, 
ladicte quictance du vingt deuxiesme desdictz moys et an, 
aussi signée desdictz notaires, escripte au pied dudict compte, 
que aussy le partaige provisionnel fliit par devant ledict com- 
missaire le tiers jour de juillet oudict an, des biens tant meu- 
bles que immeubles qui appartenoient à ladicte Catherine par 
le décez et trespas de sa dicte feue mère, et pareillement qu'ilz 
eussent à ratiffier la donation faicte par ledict sieur Paré depuis 
le décez de ladicte Mazelin à Jehanne Paré, sa niepce, à présent 
vefve de M'' Claude Vyart, d'une maison assize à la descente du 
pont Sainct Michel, ayant son entrée sur la rue et carrefour de 
ladicte descente et aboutissant par derrière à la maison de la 
Vache assize rue de l'Erondelle, et de cent livres tournois de 
rente à prandre sur l'hostel et maison commune de ceste ville 
de Paris, à plain declairez en ladicte donation passée par 
devant lesdictz notaires soubzsignez le neufiesme jour de 
janvier l'an mil cinq cens soixante et quatorze, selon et ainsy 
que lesdictz Roussellet et sadicte femme avoient promis faire 
par la ratiffication qu'ils en avoient jà faicte, escripte au dozde 
ladicte donation et dactée du vingt quatriesme décembre 
oudict an mil cinq cens quatre vingtz ung, aussi signée des- 
dictz notaires, et encores qu'ilz eussent à ratiffier le consente- 
ment par eulx faict et preste de la joissance dudict sieur Paré, 
sa vye durant, de la moictyé par indivis de la maison où il est 
demeurant en ladicte rue de l'Erondelle, enseigne des Trois 
Mores, ladicte moictyé appartenant à ladicte Catherine Paré, 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 283 

à cause et par le décez de sadicte feue mère suivant la tran- 
saction sur ce faicte et passée entre eulx par devant iceulx 
notaires soubz signez le xxiiii'' jour de décembre mil cinq cens 
quatre-vingtz et ung. A quoy par lesdictz Roussellet et sa 
femme estoit dict et respondu qu'ilz estoient prestz de faire et 
passer les ratiffications susdictes, comme estant de présent 
ladicte Catherine Paré, majeur de vingt cinq à vingt six ans, 
ainsi que sondict mary et elle ont déclairé et certiffié, en leur 
foisant raison par ledict sieur Paré de plusieurs obmissions de 
receptes qu'ilz prétendoient il avoir faictes audict compte et 
aussi de plusieurs articles de despences couchées en icelluy, 
lesquelles ilz disoient estre excessives et n'en estre tenuz, et 
que combien qu'ilz luy eussent passé la quictance d'icelle 
somme de 1602 escuz, S4 solz, 2 deniers pour ledict 
reliqua dudict compte , néanlmoins la vérité estoit et 
est que de ladicte somme ilz n'en ont seullement receu 
que une portion. Et au regard de la rattiffication de 
ladicte donnation ainsi faicte par ledict Paré à ladicte vefve 
Vyart, sa niepce, ilz disoient et soustenoient qu'elle a esté 
faicte et passée depuis le décez de ladicte feue Mazelin, et que 
partant ilz avoient moictyé tant en ladicte maison que en 
ladicte rente de cent livres tournois contenue en ladicte don- 
nation, et que en leur faisant droict de ladicte moictyé de 
maison et rente et des loyers d'icelle maison et arrérages de 
ladicte rente escheuz depuis ledict compte rendu, ilz estoient 
prestz ratiffier ladicte donnation, et pareillement ledict par- 
taige comme diffinitif, combien qu'il ne feust que provisionnel, 
et aussy offroient ratiffier ladicte transaction dessus dactée 
concernant la joïssance viagère de ladicte moictyé de maison 
où ledict Paré est demourant, aux charges portées par icelle. 
Et par lesdictz Paré et sadicte femme (a) esté replicqué qu'ilz 



284 aMbroise paré 

estimoient ledict compte estre véritable tant en recepte que 
despence, sans y avoir fait aucune obmission, et avoient bonne 
et vallable quitance du paiement du reliqua d'icelluy, et aussy 
que lesdictz Rousselet et sadicte femme avoient promis et 
s'estoient obligez de faire et passer lesdictes ratiffications par 
eulx cy dessus requises et demandées. Sur quoy lesdictes 
parties pour obvier à tous lesdictz procès et différendz, leurs 
circonstances et deppendances, nourir paix et amitié perpé- 
tuelle entre eulx et rédimer toute vexation, de leurs bons grez 
et volluntez recongnurent et confessèrent en la présence et 
par devant lesdictz notaires soubsignez comme en droict juge- 
ment, par l'advis de leurs parens, amys et conseil, ausquelz 
ilz ont dict en avoir par plusieurs fois communiqué et conféré, 
avoir sur le tout transigé, composé et accordé entre eulx en 
la forme et manière qui ensuit : savoir est, lesdictz Rous- 
selet et sadicte femme de luy auctorisée comme dessus, et de 
présent majeur, comme dict est, avoir ratiffyé, confirmé, 
approuvé et eu pour bien agréable par cesdictes présentes 
tant ledict compte, quitance du reliqua d'icelluy partaige des- 
dictz biens de ladicte deffuncte Jehanne Mazelin, qu'ilz tien- 
nent pour diffmitif ledict compte tant en recepte que des- 
pence, que aussy ladicte donation faicte par ledict sieur Paré 
à ladicte jehanne Paré, sadicte niepce. de ladicte maison, de 
cent livres tournois de rente sur ladicte ville, sans que à 
l'advenir ilz puissent riens prétendre ne demander en ladicte 
moityé d'icelle maison et rente à cause de la succession de 
ladicte feue Mazelin, mère de ladicte Catherine Paré, mais 
ont, en tent que besoing est ou seroit, remis et quité par 
icelles présentes au proffict desdictz sieur Paré et sadicte 
femme ce acceptant tout le droit qu'ilz ont et peuvent pré- 
tendre en ladicte moitié d'icelle maison et rente, et aussy 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 285 

ratiffient et approuvent ladicte jouissance de ladicte moityé de 
maison où ledict Paré est dernourant. selon et ainsy qu'il est 
porté par ladicte transaction dessus dattée, voullans et accor- 
dans tous lesdictz contractz, comptes et quitances dudict 
reliqua avoir lieu et sortir son plain et entier effect, force et 
vertu de point en point, selon la forme et teneur, après qu'ilz 
ont veu et entendu le contenu en iceulx, et aussy que lec- 
ture leur en a esté feicteà ceste fm par lesdictz notaires soub- 
signez. Lesdictes ratiffications, remises, quitances et accordz 
ainsy faictz moiennant la somme de deux mil sept cens 
trente troys escuz sol. que lesdictz Rousselet et sa femme 
confessent avoir eu et receu d'iceulx Paré et sadicte femme, 
qui leur ont paie ladicte somme selon et ainsy qu'il s'en- 
suit : 

C'est assavoir, la somme de cinq cens escuz d'or sol., en 
une promesse de pareille somme escripte et signée de la main 
dudict Rousselet, en datte du second jour de janvier mil 
cinq cens quatre vingtz cinq, pour prest que ledict sieur Paré 
luy avoit faict comptant, comme le contient ladicte promesse 
à luy seulement rendue. 

Item, en seize escuz deux tiers de rente à prendre et fai- 
sant moityé de trente troys escuz et ung tiers , qui sont 
cent livres tournois de rente venduz et constituez audict sieur 
Paré par dame Renée de Montmiral, veufve de feu messire 
Odet de Selve, et noble homme, M'' Iherosme du Cauroy, en 
son vivant notaire et secrétaire du Roy, l'un pour l'autre et 
chascun pour le tout, par lettres aussy passées par devant les- 
dictz notaires l'an mil cinq cens soixante et quatorze, le tiers 
jour de juillet, dont l'autre moityé d'icelle rente appartient 
ladicte Catherine Paré, et lesquelz seize escuz deux tiers de 
rente lesdictz sieur Paré et sa femme ceddent et transportent 



286 AMBROISE PARÉ 

par cesdictes présentes et promettent garentir de tous troubles 
ausdictz Rousselet et sadicte femme, pour la somme de deux 
cens escuz sol., affin de sortir nature de propre à ladicte Ca- 
therine Paré pour et au lieu de ladicte moitié desdictes cent 
livres tournois de rente sur ladicte ville ainsy donnez à ladicte 
Jehanne Paré par ledict Paré, son oncle, et à ceste fin ilz leur 
ont présentement baillé lesdictes lettres de constitution de 
ladicte de Selve, et cy leur ceddent la somme de trente sept 
escuz et demy qui reste à paier ausdictz Paré et sadicte 
femme, à cause des arrérages de ladicte moityé d'icelle rente 
jusques au dernier jour du présent moys de mars. 

Item, ilz leur ceddent et transportent avec pareille garentye 
que dessus pour la somme de quatre cens escuz, trente trois 
escuz et ung tiers de rente, qui sont cent livres tournois de 
rente aussy venduz et constituez audict sieur Paré par mes- 
sieurs lesprévost des marchans et eschevins de ladicte ville, 
à prendre sur le clergé ds France par lettres aussy passées par 
devant lesdictz notaires soubzsignez l'an mil cinq cens soixante 
quatre, le huictiesme jour de janvier, avecq la somme de 
trente troys escuz et ung tiers pour une année des arrérages de 
ladicte rente eschéant le dernier jour dudict présent moys de 
mars, les lettres de laquelle constitution ils ont aussy présen- 
tement baillées audict Roussellet ou à sadicte femme, pour en 
semblable estre propre à elle et aux siens pour et au lieu de 
partie de la somme des cinq cens escuz, à laquelle somme a 
esté estimée et avalué par maçons jurez ladicte moitié d'icelle 
maison donnée à ladicte Jehanne Paré. 

Item, ilz luy ceddent et transportent avec pareille garantye 
que dessus vingt escuz cinquante solz tournois de rente à 
prendre et faisant partie des cent livres tournois de rente 
audict sieur Paré ceddez et transportez par noble homme 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 287 

François de Moranville, seigneur de Forestz en Brie et de 
Vierville en Beausse, à prendre et faisans partie de quatre 
cens cinquante cinq livres tournois de rente restans de 
cinq cens livres tournois de rente qui font partie des mil 
livres tournois de rente audict sieur de la Forest ceddez 
par eschange par M'^^ Charles Crestat et faysans partie de 
cinq mil livres tournois de rente constituez par la ville de 
Paris à feu messire Anne de Montmorancy, pair et connes- 
table de France, et assignez sur les greniers à seel par lettres 
du xxr' mars mil cinq cens quatre vingtz cinq, comme le 
contient plus au long ledict transport dudict sieur de Forestz, 
datte du quatorzième jour de novembre mil cinq cens soixante 
six, signé desdictz notaires soubzsignez , auquel estoient 
attachées les coppies aussy signées par collation desdictz 
notaires soubzsignez desdictes lettres de constitution et 
eschange mentionné audict transport ; lesquelz transport et 
coppies ledict seigneur et dame Paré ont aussy présentement 
baillez ausdictz sieur Rousselet et sadicte femme, pour la 
somme de deulx cens cinquante escuz sol, ausquelz Rousselet 
et sadicte femme à cause d'elle appartient le surplus desdictes 
cent livres tournois de rente, leur ceddent et transportent la 
somme de cinq escuz quinze solz six deniers pour ung 
quartier des arrérages de ladicte rente eschéant le dernier jour 
dudict présent moys de mars. 

Item, quatre escuz dix solz, faysans moityé des vingt cinq 
livres tournois de rente, dont aussy l'autre moityé appartient 
ausdictz sieur Rousselet et sadicte femme, ausquelz ilz pro- 
mettent aussy garentir leur dicte moityé d'icelle rente, ainsy 
que dessus, ladicte rente ceddée et transportée audict Paré 
par Jean Barbe l'aisné et Jehan Barbe le jeune, dict Baptiste, 
frères, et à eulx apartenans par transport de M« Pierre Mé- 



288 



AMBROISE PARE 



resse et assignez sur ladicte ville et sur le clergé de France 
par lettres du XF jour de novembre mil cinq cens soixante 
sept, signées Quetin et Ymbert, notaires, comme le contient 
ledict transport aussy passé par devant lesdictz notaires soubz 
signez le xf décembre mil cinq cens soixante unze, aus- 
quelles sont attachées tant lesdictes lettres de constitution 
que transport dudict Méresse qu'ilz ont aussy présentement 
baillez ausdictz Rousselet et sadicte femme, et ce pour la 
somme de cinquante escuz sol. et la somme de quatre escuz 
dix solz pour une année des arrérages de ladicte moityé 
d'icelle rente eschéant ledict dernier jour dudict présent 
mois. 

Item, la somme de quatre cens escuz sol. en cent livres 
tournois de rente venduz et constituez par lesdictz Rousselet 
et Paré chascun pour le tout à damoiselle Anne Hennequin, 
veufve de feu M^' Jehan de Reffuge, par lettres dattées de 
l'an mil cinq cens quatre vingtz quatre, le xxF jour de 
juillet, signées Moreau et Davoust, aussy notaires audict 
Chastellet, et de laquelle rente icelluy Rousselet auroit promis 
et se seroit obligé acquiter et indempniser ledict sieur Paré 
par promesse dattée dudict jour et signée desdictz notaires, 
de laquelle rente est deu d'arrérages des le xxi*^ des présent 
mois la somme de vingt deux escuz treize solz trois deniers 
tournois ; de laquelle rente et arrérages lesdictz sieurs Paré 
et sadicte femme se sont chargez et chargent, et en promect- 
tent acquiter et indamniser lesdictz Rousselet et sadicte 
femme. 

Item, la somme de soixante huit escuz quinze solz dix 
deniers tournois que ledict Rousselet avoit reçeuz suivant 
ladicte transaction dessus dattée pour arréraiges de rente dont 
ledict Paré en avoit faict recepte en sondict compte , 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 289 

iceulx arrérages escheuz le dernier jour de mars mil cinq 
cens quatre vingtz et ung, assavoir, de ladicte dame de 
Selve douze escuz et demy, de mathieu Laisné deux escuz 
cinq solz, des héritiers Nicollas Barbe vingt et ung escuz 
vingt trois solz quatre deniers tournois, desdicts de Dormans 
quatre escuz dix solz tournois, des arrérages des rentes sur 
ladicte ville, vingt huit escuz sept solz six deniers. 

Item, quatre escuz dix sept solz six deniers pour arrérages 
de ladicte rente sur lesdicts Barbe jusques au dernier jour de 
mars audict an mil cinq cens quatre vingtz et ung. 

item, la somme de vingt cinq escuz sol. faysant moitié 
de cinquante escuz sol. payez par ledict Paré à Claude Four- 
nier (i), veufve de feu Jehan Doreau (2) et M'' Michel Vau- 
delon (3), son gendre, et Margueritte Martin, sa femme, et 
autres, pour les partz et portions qu'ilz prétendoient en la 
maison et vignes de Meudon, par contract de transaction 
datte de l'an mil V*^ quatre vingtz cinq, le samedy xxr jour 
de septembre, signé Bernard et Cadier, aussy notaires, de 
laquelle moitié lesdictz Rousselet et sadicte femme estoient te- 
nuz. Et quant au reste et surplus de ladicte somme de deux 
mil sept cens trente trois escuz. montant ledict reste à sept 
cens [trente] trois escuz unze deniers tournois, lesdictz Rous- 
selet et sadicte femme les confesse avoir eu et receu desdictz 
sieur Paré et sadicte femme, et à eulx payez, comptez et 
nombrez en francs, quartz d'escuz et testons, le tout bon, 
des prix et poix de l'ordonnance, en la présence desdictz 
notaires soubzsignez, dont et de laquelle somme de ir- vii'" 

(i) Probablement sœur de Charles Fournier. 

(2) Chirurgien de M. de Bryane. 

(3) Chirurgien par quartier de Henri III. Il avait épousé Marguerite Mar- 
tin fille du premier mariage de Claude Fournier. 

19 



290 AMBROISE PARE 

xxxiii escuz sol. ainsy payée, comme dict est, iceulx Rous- 
selet et sadicte femme ce sont tenuz et tiennent pour 
comptant et en quictent lesdicts sieur Paré et sadicte femme, 
ne servant toutes foys ladicte présente quictance et celle du 
reliqua du compte dessus dattée et mentionnée que d'une 
seulle, en laquelle somme de sept cens [trente] trois escuz unze 
deniers est comprise la somme de cent escuz sol. restans 
desdicts cinq cens escuz, h quoy a esté estimée ladicte moitié 
de maison ainsy donnée à ladicte Jehanne Paré. 

Et partant et moyennant les choses susdictes sont et de- 
meurent lesdictes parties hors de tous lesdicts differendz et 
débatz et quites l'un envers l'autre de toutes choses géné- 
rallement quelconques dont ilz eussent peu faire demande, 
action et poursuitte, l'un d'eux à l'autre, en quelque sorte et 
manière que ce soit, de tout le temps passé jusques à ce jour 
mesmes que ledict Rousselet et sadicte femme quitent les- 
dicts sieur et dame Paré de tous droictz, actions et autres 
choses qu'ils leur eussent peu demander à cause de la succes- 
sion de ladicte delfuncte Jeanne Mazelin, mère de ladicte 
Catherine, et encores ils seront tenuz et promettent acquiter 
ledit sieur Paré de la pleigerie et caution qu'il a faicte pour 
ledict Rousselet envers le Roy à cause de Testât et office de 
recepveur des tailles et taillon à Meaulx et exercice d'icelluy, 
et de tous despens, dommaigesetintérestz en quoy il en pour- 
roit encourir, mesmes luy bailler et fournir coppie signée 
de son quictus dedans trois moys prochains , transportans 
par lesdictes parties l'une d'elles à l'autre tous droictz qu'ilz 
ont et leur appartiennent respectivement esdictes rentes, heri- 
taiges et autres choses par eulx ainsi céddées, transportées, 
remises et quitées l'un d'eulx à l'autre, que dict est, dessais- 
sissant au prouffit l'un de l'autre, voullant procureur le por- 



PIECES JUSTIFICATIVES 2QI 

teur, donnant pouvoir etc, accordant et consentant par ledict 
Roussellet que la déclaration que ledict sieur Paré a faicte et 
passée à son prouffict par devant Bontemps et Cothereau, 
notaires, le cinquième jour de juillet mil cinq cens quatre 
vingtz et ung, pour raison du rapport y déclairé, soit et de- 
meure nulle, comme non feicte et advenue, et comme telle la 
notte et mynutte en soit deschargée par lesdictz notaires qui 
l'ont receue ou autres sur ce requis en vertu desdictes pré- 
sentes, demourans néanlmoings en commung entre lesdictes 
parties la partye qui leur est deue par ung nommé Darennes 
du pays de Guyenne, de laquelle partye ou de porcion d'icelle 
ung nommé Choisny est garend, et à ceste fin en sont de- 
meurées les pièces par devers ledict sieur Paré et sadicte 
femme pour en ayder ausdicts Roussellet et sadicte femme 
pour leur moictyé, quant requis en seront. Car ainsi a esté le 
tout accordé entre lesdictes parties, promectans, obligeans, 
chascun en droict soy l'un envers l'autre, renonçans mesmes 
lesdictes Jacqueline Roussellet et Catherine Paré aux bénéfices 
du sénatus-consult Veilléian et Autenticque, si qna mulier 
à elle exprimez et déclarez par îesdicts notaires soubz signez 
estre telz que femmes ne se peuvent obliger ne intercedder 
pour aultruy, sans expressément renoncer ausdicts bénéfices, 
autrement elles en pourroient estre relevées et restituées, et à 
tous autres droicz. Fait et passé double cestuy pour lesdictz 
sieur Paré et sadicte femme en Fhostel dudict sieur Paré dessus 
mentionné après midy, l'an mil cinq cens quatre vingtz six, le 
jeudi vingt septiesme jour de mars, et ont les parties signé la 
mynutte des présentes et à eulx déclairé l'édict de controolle. 
Signé Le Camus et Denetz. Et à la marge du premier feullet 
estoit escript : Enregistré par Le Camus, et à la fin dudict con- 
tract a esté mis et escript l'insinuation ainsi que s'ensuict : 



292 AMBROISE PARÉ 

L'an mil cinq cens quatre vingtz six, le vendredi vingt 
septiesme jourde juing, le présent contract a esté apporté au 
greffe du Chastellet de Paris et icelluy insinué, accepté et eu 
pour agréable, selon que contenu est par icelluy parM^ Henry 
Lussault, comme porteur dudict contract et pour ou nom de 
nobles personnes, M'' Ambrois Paré, premier chirurgien du 
Roy, et Jacqueline Roussellet, sa femme, dénommez en cedict 
présent contract, lequel a esté enregistré au présent registre, 
quarante deuxième volume des insinuations dudict Chastellet, 
suivant l'ordonnance, ce requérant ledict Lussault, oudict nom, 
qui de ce a requis et demandé acte à luy octroyé et baillé ces 
présentes pour servir et valloir ausdicts Paré et Jaqueline 
Rousselet, sa femme, en temps et lieu ce que de raison. 

(Archives Nationales. Y. 127, fol. 428. v°.) 



XXXVI 

1586. — 14 Mai. 

SENTENCE DU CHATELET DE PARIS ORDONNANT 

l'insinuation DU CONTRAT PASSÉ ENTRE AMBROISE PARÉ ET 

FRANÇOIS ROUSSELET, SON GENDRE, 

ET DÉFENDANT AUDIT ROUSSELET DE PROCÉDER AUX REQUÊTES 

DU PALAIS. 

A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, Anthoine 
Duprat, chevalier de l'ordre du Roy, seigneur de Nantoullet, 
de Précy, Rozay et de Fourmerye, baron de Thiert, Thoury 
et de Viteaulx, conseiller de sa Majesté, son chambellan ordi- 
naire et garde de la prévosté de Paris, salut. Savoir faisons 
que aujourd'huy datte de ces présentes, M"' Pierre Dollet, pro- 
cureur de M*" Ambroys Paré, premier cirurgien du Roy, de- 
mandeur, a faict appeller en jugement devant nous en la 
Chambre civille du Chastellet de Paris, M'' Pierre Pocquet pro- 
cureur de maistre François Roussellet, conseiller et 

de la maison de la Royne de Navarre, et sa femme, deffen- 
deurs, et requis suivant la requeste à nous présentée le xiii*^ 
jour du présent moys, lesdictz deffendeurs feussent tenuz et 
contrainctz à passer procuration vallable pour estre baillé à 
ung procureur, pour en vertu d'icelle accorder que le con- 
tract passé entre les parties le vingt septiesme jour de mars 
dernier par devant Denetz et Le Camus, notaires, soit insinué 



294 AMBROISE PARE 

suivant l'ordonnance, et à faulte de ce faire, que l'insinuation 
que fera faire ledict demandeur dudict contract vaille tout 
ainsi que si elle avoit esté faicte et accordée par les partyes 
nommées audict contract, nonobstant l'empeschement des- 
dictz deffendeurs, dont ilz feussent débouttez et condempnez 
es dépens, et ledict Poquet qui a dict que lesdictz deffendeurs 
ne voulloient procedder par devant nous, parce que ledict 
deffendeur avoit ses causes commises aux Requestes du Palays, 
où il requeroit la cause estre renvoyée. Et suivant ce est com- 
paru Mesnaiger, sergent à verge au Chastellet de Paris, lequel 
en vertu du committimus dudict Roussellet a demandé le 
renvoy de ladicte cause aux Requestes du Palays, lequel ren- ' 
voy a esté empesché par ledict Dolletoudict nom, sur quoy, 
nous, parties oycs, nous ordonnons que les parties auront let- 
tres de leur dire et requeste cy dessus par eulx faicte pour 
leur servir ainsi que de raison, et avons renvoyé et ren- 
voyons les parties au premier jour au siège présidial pour leur 
estre faict droict, et jusques ad ce faisons deffences audict Mes- 
naiger de faire aucun renvoy aux Requestes. En tesmoing de 
ce nous avons faict mettre à ces présentes le scel de ladicte 
prevosté de Paris. Ce fut faict et ordonné audict Chastellet par 
noble homme et saige M"" Mathias de la Bruyère, conseiller du 
Roy nostre Sire, et lieutenant particullier de la prevosté de Pa- 
ris, le mercredy quatorziesme jour de may mil cinq cens 
quatre vingtz six. Signé Drouart. Et à la fm a esté mis et 
escript l'insinuation ainsi que s'ensuit : 

L'an mil cinq cens quatre vingtz six, le vendredi vingt sep- 
tiesme jour de juing, les présentes ont esté apportées au 
greffe du Chastellet de Paris, et icelles insinuées, acceptées et 
eues pour agréables selon leur contenu par M- Henry Lus- 
sault, comme porteur d'icelles et pour et ou nom dudict 



PIÈCES JUSTIFICATIVES SQS 

M' Ambroys Paré, dénommé par lesdictes lettres, lesquelles 
ont esté enregistrées au présent registre, xlii'' volume des in- 
sinuations dudict Chastellet, suivant l'ordonnance, ce requé- 
rant ledict Lussault oudict nom, qui de ce a requis et de- 
mandé acte à luy octroyé et baillé ces présentes, pour servir 
etvalloir audict Paré en temps et lieu ce que de raison. 

(Archives Nationales, Y. 127. fol. 431.) 



XXXVII 

1587. — 29 Novembre. 

CONTRAT DE MARIAGE DE FRANÇOIS FOREST, CLERC DU 

LIEUTENANT CIVIL AU CHASTELET DE PARIS, ET DE JEANNE 

PARÉ, NIECE d'aMBROISE PARÉ, VEUVE DE CLAUDE VIART. 

Par devant Nicolas Choquillot et Philippes Tullone, notaires 
et gardes nottes du Roy nostre sire et de par luy créez, or- 
donnez, instituez et establis en son Chastellet de Paris, furent 
présens en leurs personnes honnorable personne, M' François 
Forest, adjoint pour le Roy aux enquêtes du Chastellet de 
Paris et clerc de Monsieur le lieutenant civil, pour luy et en 
son nom, d'une part, et honnorable femme Jeanne Parée, 
veufve de feu honnorable homme {sic) ( i) M*^ chirurgien juré 
à Paris, aussy pour elle et en son nom, d'aultre part, lesquelz, 
de leurs bons grez, pures, franches et libéralles voluntez, 
recognurent et confessèrent en la présence, par l'advis et con- 
sentement de honnorables hommes, M^^ Jacques Bazin, com- 
missaire et examinateur de par le Roy nostre Sire oudict 
Chastellet, et M*^ Claude Hardy, procureur oudict Chastellet, 
amys dudict futur espoux, et nobles hommes, M'' Ambroise 
Paré, conseiller et premier chirurgien du Roy, oncle, François 
Roussel {sic), conseiller et controlleur général de la maison 
de la Royne de Navarre seur unicque du Roy, cousin, Didyer 
(i) Claude Viart, 



PIECES JUSTIFICATIVES 2Q7 

Martin, sieur de la Fontaine, archer de la garde du corps du 
Roy, aussy cousin, Jacques IVlareschal, conseiller du Roy, 
procureur de sa Majesté de son hostel et advocat au Conseil 
d'estat dudict seigneur, et Jacques Guillemeau, chirurgien du 
Roy , amys de ladicte future espouse , avoir faict et font 
ensemble de bonne foy les traicté, accord, dons, douaires, 
promesses et conventions qui ensuivent : C'est assavoir, 
lesdictz M'' François Forest et Jehanne Paré avoir promis et 
promectent prendre l'un d'eulx l'autre par nom et loy de 
mariage, et icelluysollempniser en face de nostre mère Saincte 
Eglise le plus tost que faire se pourra et advisé sera entre eulx, 
si Dieu et nostre dicte mère Saincte Eglise le permectent. Pour 
parvenir auquel futur mariage seront et demeurent lesdictz 
futurs mariez commungs en tous biens meubles et conquestz 
immeubles à commancer-au jour de la solempnité dudict ma- 
riage et non plus tost, avant lequel jour sera faict recollement 
par notaires de l'inventaire des biens après le décedz dudict 
deffunct M'' Claude Viard, tant meubles que immeubles, en fm 
duquel sera arresté la somme à laquelle la totallité d'iceulx 
biens montera, pour y avoir recours quand il en sera besoing, 
et sur ledict recollement recongnoistra ledict futur espoux 
comme le tout luy aurra esté apporté par ladicte future espouse, 
laquelle en faveur dudict mariage a ladicte somme àquoy mon- 
teront lesdictz biens qui seront contenus audict recollement 
ameuble et ameublist audict futur espoux la somme de six 
cens escuz sol. qui entrera en ladicte communaulté, et le 
surplus sera et demourra propre à ladicte future espouse et 
aux siens , sans que lesdictz futurs mariés soient tenuz des 
debtes l'ung de l'autre faictes et créés auparavant leur dict 
mariage, s'aucunes en y a. mais se paieront et acquiteront 
chacun en son esgard. Et partant ledict futur espoux a doué 



2g8 AMBROISE PARÉ 

et doue ladicte future espousede cinquante escus sol. de rente 
en douaire préfix, raciieptable au denier douze ou de douaire 
coustumier, à l'un desdictz douaires avoir et prendre par 
ladicte future espouse à son choix et option, si tost que douaire 
aurra lieu, sur tous et chacuns les biens meubles et immeubles, 
présens et advenir dudict futur espoux, qu'il en a dès à présent 
chargez, affectez, obligez et ypothecquez. Et a esté accordé 
que sy, constant ledict mariage, il estoit vendu ou alliené 
aulcuns des biens de ladicte future espouse ou de ses rentes 
racheptées, en ce cas ledict futur espoux sera tenu en rem- 
ploier incontinant les deniers en aultres rentes ou heritaiges 
pour sortir pareille nature de propre à elle et aux siens , 
comme à eulx venduz et racheptez. Et sy au jour de la disso- 
lution dudict mariage ledict futur espoux n'avoit faict ledict 
remploy, les deniers s'en reprendront préalablement, s'ilz sont 
encores en espèce ou nature en la possession desdictz futurs 
mariez, sinon sur leur dicte communaulté, et syelle ne suffict, 
sur les propres d'icelluy futur espoux, nonobstant que ladicte 
future espouse eust preste consentement à telles allienations 
ou rachaptz, aurra le survivant par préciput, scavoir ledict 
futur espoux de ses habitz et autres meubles jusques à la 
somme de deux cens escus , et ladicte future espouse de ses 
habitz, bagues et joyaulx jusques à pareille somme de deux 
cens escus sol., selon la prisée qui en sera faicte par inven- 
taire , ou ladicte somme de deux cens escus sol. au choix 
dudict survivant. Plus, advenant la dissolution d'icelluy mariage 
sans enffans lors vivans, ledict survivant joyra en usuffruict, 
sa vie durant seullement, de la moictié qui aurra appartenu au 
prédéceddé desdictz meubles et conquest immeubles que les- 
dictz futurs espoux feront et acquerront ensemblement, et si 
ledict futur espoux prédecedde ladicte future espouse avecq 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 299 

OU sans enflins, il sera au choix et option d'elle de continuer 
ladicte communaulté ou bien d'y renoncer, et en cas de renon- 
ciation elle reprandra tout ce qu'elle aurra apporté avecq son- 
dict futur espoux et aussy ce qui luy sera lors advenu etescheu 
par successions, donations ou aultrement de sondict costé et 
ligne, avecq sondict douaire et préciput, telz que dessus, le 
tout franchement et quictement, sans qu'elle soit tenue paier 
aulcunes debtes ny ypothecquesquelzconques, encores qu'elle 
y eust preste consentement et se y feust obligée, à la réserva- 
tion pourveu qu'il y ait enfans, de ladicte somme de six cens 
escus sol. ameublie et accordée entrer en ladicte communaulté, 
qui demourra ausdictz enffans, les aultres conventions de 
ladicte future espouse préalablement fournyes. Car ainsy a 
esté le tout dict, convenu et expressément accordé entre les- 
dictes parties en faisant et passant le présent traicté de mariage 
qui aultrement n'eust esté faict, nonobstant tous us, stil^ 
coustumes, ordonnances, à quoy lesdictes parties ont res- 
pectivement desrogé et desrogent pour ce regard, et ont les- 
dictes parties voullu, consenty et accordé les présentes estre. 
insinués par tout où il appartiendra, et à ceste fm ont chacun; 
d'eulx fait, constitué leur procureur irrévocable le porteur 
desdictes présentes auquel ilzont donné et donnent pouvoir et 
puissance de ce faire et en requérir acte, promectans et obli- 
geans chacun en droit soy, renonceant. Faict et passé en 
Thostel dudict sieur Paré seize à Paris rue du quay des Augus- 
tins, parroisse Sainct André des Artz, l'an mil cinq cens quatre 
vingtz et sept., le vingt neufiesme jour de novambre après 
midy. Et est la minutte estant par devers ledict Philippe 
TuUone signée desdictes parties et des assistans. Signé Cho- 
quillot et Toullone. Et à la fm dudict contract a esté mis et 
escript l'insinuation ainsy que s'ensuict ; 



300 AMBROISE PARE 

L'an mil cinq cens quatre vingtz et huict, le lundy vingtz 
cinquiesme jour de janvier, le présent contract de mariage a 
esté apporté au greffe du Chastellet de Paris, et icelluy insinué, 
accepté et eu pour agréable aux charges, clauses, conditions 
y aposées et selon que contenu est par icelluy, par M*^ Fran- 
çois Forest, adjoinct pour le Roy nostre sire aux enquestes du 
Chastellet de Paris pour luy en son nom , et honnorable 
femme, Jehanne Paré, sa femme , dénommez audict présent 
contract, lequel a esté enregistré au présent registre, quarante 
quatriesme volume des Insinuations dudict Chastellet, suivant 
l'ordonnance, ce requérant ledict Forest, oudict nom, qui de ce 
a requis et demandé acte, à luy octroyé et baillé ces présentes 
pour luy servir et valloir et à sadicte femme en temps et lieu 
ce que de raison. 

(Archives Nationales, Y. 129 fol. 444 v°.) 



XXXVIII 

1588. — 1 1 Mai. 

DONATION MUTUELLE DE TOUS LEURS BIENS, ENTRE 
FRANÇOIS FOREST ET JEANNE PARÉ SA FEMME. 

Par devant Pierre de Briquet, et Jehan Marchant, notaires 
du Roy nostre sire en son Chastellet de Paris, soubzsignez, 
furent présens honnorables personnes maistre François Forest, 
adjoint pour le Roy aux enquestes et clerc de M. le Lieute- 
nant civil, d'une part, et Jehanne Paré, sa femme, de luy 
suffisamment auctorisée, d'aultre, disans lesdictz mariez que 
depuis qu'il a pieu à Dieu le Créateur les assembler et con- 
joindre ensemble audict estât et vaccation de mariage, ilz ont 
eu et souffert, comme encores ilz ont et souffrent de jour à 
aultre plusieurs peynes et travaulx à espargner, garder et 
conserver si peu de biens temporelz qu'il a pieu à nostre bon 
Dieu par sa grâce et infmie bonté leur conférer, impartir et 
administrer pour leur nécessité temporelle et usuffruictière, 
considérans aussy le grand soing, cure, sollicitude et dilli- 
gence qu'ilz ont et espèrent avoir, continuer et augmenter 
tant qu'il plaira à Dieu, nostre Créateur, les maintenir et con- 
server ensemble au soullagement, bon traictement, foy et 
amitié mutuelle et matrimoniale d'eulx deux ; aussy, voullans 
par lesdictz mariez pourvoir à plusieurs accidentz qu'ilz voient 
et congnoissent dejour en jour advenir en plusieurs mesnaiges, 



302 AMBROISE PARÉ 

faulte de pourvoir à leurs affliires, à ces causes, et à ce que le 
survivant d'eux deux ait meilleur moien de passer le reste de 
sa vye et se maintenir, tant qu'il plaira à Dieu luy conserver 
la vie, et pour aultres bonnes causes à ce les mouvans, iceulx 
mariez estans en bonne santé, comme il est duement apparu 
aux notaires soubzsignez, allans et cheminans par les rues pour 
vacquer à leurs affaires, de leurs bons grez et bonnes volun- 
tez, sans contraincte aulcune, recongnurent et confessèrent, 
et par ces présentes confessent avoir faict, feisrent, et font en- 
semble, l'un d'eux à l'aultre, et au survivant d'eulx deux, 
don mutuel, esgal, pareil et réciprocque de tous et chacuns les 
biens, tant meubles que acquestz et conquestz immeubles, pré- 
sens et advenir, qui appartiennent de présent et appartiendront 
ausdictz mariez au jour du décedz du premier mourant, pour 
en joir par le survivant desdictz mariez sa vye durant seulle- 
ment aux charges portées par la coustume de la ville, prévosté 
et viconté de Paris, et oultre, à la charge d'accomplir par 
ledict survivant le testament dudict premier mourant jusques 
à la somme de cent escuz soleil pour une fois paier. Et pour 
la vallidité de ces présentes, iceulx mariez ont consenty et 
accordent icelles estre insinuées et enregistrées aus registres du 
greffe des insinuations dudict Chastellet de Paris, et partout 
ailleurs où il appartiendra suivant l'ordonnance, constituant 
pour cest effect leur procureur général spécial et irrévocable 
l'un l'aultre, et le porteur de ces présentes auquel ilz ont 
donné et donnent pouvoir et puissance d'en requérir et de- 
mander acte. Promettans, etc., obligeans, etc., chascun en 
droict soy, renonçans, etc. Faict et passé double en la maison 
desdictz mariez, size à Paris au bout du pont Saint-Michel, 
près le quay des Augustins, le mercredy unziesme jour de 
May avant midy, l'an mil cinq cens quatre vingtz huict, et 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 3o3 

ont lesdictes parties signé la minutte des présentes demeurée 
vers Marchant l'un des notaires soubzsignez. 

L'an mil cinq cens quatre vingtz huict, le mercredy dixhui- 
tiesme jour de May, le présent contract de don mutuel a esté 
apporté au greffe du Chastellet de Paris, et icelluy insinué, 
accepté et eu pour agréable aux charges, clauses et conditions 
y apposées, et selon que contenu est par icelluy, par maistre 
Claude Hardy, procureur oudict Chastellet, porteur dudict con- 
tract et procureur de honnorables personnes maistre François 
Forest adjoinct pour le Roy aux enquestes, et clerc de M. le 
Lieutenant civil, présent en personne, et Jehanne Paré, sa 
femme, dénommez audict présent contract, lequel a esté enre- 
gistré au présent registre, quarante cinquiesme volume des 
insinuations dudict Chastellet suivant l'ordonnance, ce requé- 
rant ledict Hardy, oudict nom, qui de ce a requis et demandé 
acte, à lui octroyé et baillé ces présentes pour servir et valloir 
ausdictes parties en temps et lieu ce que de raison. 

(Archives Nationales, Y. iso. fol. 1S7. v".) 



XXXIX 

1575—1589. 

ÉTAT DE LA MAISON DU ROI HENRI III, DEPUIS LE I*^'' JANVIER I575, 
JUSQUES ET Y COMPRIS LE }l DÉCEMBRE I589. 

Médecins. 

M° Marc Miron. premier. 
M' Jehan Mazille, jusqu'en 1584. 
M*^ Jérôme de Varades, hors en 1588. 
M^ Jehan Pépin, sieur de Racons, et Jehan Du Four, son 
gendre. 

M*^ Balthazard Fabry, hors en 1584. 

M*^ Simon Bellenger. 

M'' Michel Vaterre. 

M*^ Léonard Botal. 

M® Gérard Brouet. 

M*^ Jehan Ferrand. 

M*' Alexis Godin, hors en 1S7Q. 

M*' Girault Vigor. 

M'- Honorât Le Chantre, dit Saint-Pons. 

M^ Pierre Le Fèvre, hors en 1^85. 

M« Jacques Le Roy, au lieu de Godin, en 1579. 

M*^ René Vignois, en 1580. 

M*^ Laurens Joubert, en 1580. 



PIÈCES JCSTIFICATIVES Soi) 

M*' Dominique Bourgoing, en is8o(i). 

M'' Jehan Regnard, en i',84. 

M*^ Jehan Le Nain, en 1^84. 

M« Jehan Hérouard, en isSq (2). 

M^ Philippes Cabrian, en i^Sq. 

Autres niéciechis servanls. 

W Jacques Lusserie. 

W Pierre Lafillé. 

W Christophe Hul)ert. 

M^ François Brigard, en i^So 

M'' Pierre Le Fèvre, en 158^. 

Autres à réduire à divers gages. 

M® Nicolle Le Grand, hors en 1^84. 
M*" Anthoine de Fessnc. 

(i) Né à Pans, docteur le i5 janvier 1577. 

(2) Né à Montpellier, docteur eo i575, médecin par quartier de Henri III, 
du Dauphin Louis, et premier de Louis XIII. Il avait épousé vers 1600, 
Anne Du Val, dame de Vaugrigneuse et de l'Orme le Gras, fille de Guil- 
laume Du Val, trésorier de la généralité de Tours, et seigneur de Vaugri- 
gneuse, qui lui survécut jusqu'en janvier 1640. Le ler mars 1612, ils se 
firent une donation mutuelle, et habitaient alors la rue des Poulies-Saint- 
Germain-l'Auxerrois. Arch. Nat. Y. i.':. f» 91. Héroard fut enterré le 28 fé- 
vrier 1628 ; on ignore l'année de sa naissance. Charles Guillemeau raconte 
à son sujet des anecdotes invraisemblables. Le 16 juin 1618, Anne Du Val, 
femme de Jean Héroard, conseiller du Roi en son Conseil d'Etat et son 
premier médecin, demeurant à Paris au Cloître Saint-Germain l'Auxerrois, 
fit donation et transport à Claude Duval, sa nièce, fille de feu Charles 
Du Val, écuyer, sieur du Bois d'Authel, demeurant en la maison et avec 
ladite dame Du Val, de tous les droits sur la terre et seigneurie de Vau- 
grigneuse et de l'Orme Le Gras, située en la prévôté de Paris et relevant 
du château de Monthléry, consistant en maison seigneuriale, justice, terres, 
prés, bois, moulins et censives. — Archives Nationales, Y. iSg. f" 294. 
Héroard a composé un journal de la santé du roi Louis XIII. 



)06 AMBROISE PARÉ 

M'^ Loys Duret. 

M'^ Jehan Guillemin, hors en 1584. 

M^ Benoist Grandis. 

M*^ Simon Piètre, en 1580. 

M'' Martin Akakia, en 1380. 

M*^ JuHan de Béran, en 1580, hors en 1584. 

Astrologue. 

W Bernard Abatia(i). 

(Bibliothèque Nationale, Fonds français, 7,854.) 



(i) Astrologue et médecin du Roi, toucha diverses 'sommes pour ses 
£?ages en 1.575, i57g. — Il reçoit i.' écus sol. pour ses ctrennes. 



XL 



1543 — lyC,y. 

EXTRAITS DES REGISTRES CENSIERS DE l'aBBAYE DE SAINT-GER- 
MAIN-DES-PRÉS RELATIFS AUX MAISONS DAMBROISE PARÉ. 

I 543-1 544. 

Rue de rErondelle. 

Des enffans et héritiers de feux maistre Jehan BachelHer, en 
son vivant huissier en I\arlement, et de feue Guillemette Bru- 
nard, sa femme, pour une maison assise en la rue de l'Eron- 
delle avant yssu^ sur la rue des Augustins où pend pour 
enseigne Les Mores, qui doibt de cens chascun an le jour 
Sainct Reiny 11 sols par. 

Rue dn Pcnt-Saint-Michel . 

De Estienne Cléret et sa femme, et de Méry de Prime, pour 
une maison (où pend l'enseigne de l'Image Notre-Dame) en 
laquelle il y a deux pignons assise en icelle rue du Pont- 
Saint-Michel qui doibt de cens, chascun an, iedict jour 
Sainct-Rémy 3 solz parisis et 4 livres parisis de croix de cens 
ou rente foncière iv liv. m so's parisis. 

De eulx pour une maison assise en ladicte rue qui doibt de 
cens chascun an Iedict jour Sainct-Rémy. . obole parisis. 

Desdictz Cléret et sa femme, pour une aultre maison assise 
à Paris rue de l'Erondelle, en laquelle pend pour enseigne La 



3o8 AMBROISE PARÉ 

Vache, qui doibt de cens chascun an ledict jour Sainct- 
Rémy xii den. par. 

1595 — 18 Avril. 
Rue de l'Erondelle et le bout du pont Sainct-Michel . 

De Loys Martin, maistre barbier et chirurgien, au lieu de 
feu Marc Le Bouc, pour une aultre maison assise en ladicte 
rue, tenant d'une partaudict Anthoine de la Rue, d'aultre part 
à aboutissant d'un bout par devant sur ladite 

rue au bout du pont Sainct-Michel, et par derrière à 

qui doibt de cens chascun an ledict jour Sainct- 
Rémy ix den. obole par. 

De au lieu des héritiers ou ayans cause 

de feu Estienne Clairet, pour une maison assise en ladicte rue 
tenant d'une part à la maison précédente appartenant à 

d'aultre part, à Pierre de Monceau, aboutissant 
d'un bout par davant sur ladicte rue, et par derrière, aux 
hoirs de maistre Ambroise Paré, chirurgien du Roy, qui doibt 
de cens chacun an ledict jour Sainct-Rémy, x deniers parisis. 

De Pierre de Monceau maistre tailleur d'habits pour une aultre 
maison assise en ladite rue du bout du pont Sainct-Michel, te- 
nant d'une part à ia maison précédente et aux hoirs maistre 
Ambroise Paré, d'autre part à Charles de Paris, aboutissant 
d'un bout par devant sur ladicte rue, et par derrière audict 
sieur Paré, qui doibt de cens chacun an ledict jour Sainct- 
Rémy X den. parisis. 

De la veufve, héritiers ou ayans cause de 
de Prime qui estoit au lieu des ayans cause de Hillaire de 
Bryou, maistre appoticaire à Paris, pour deux maisons dont 
l'une à luy appartenant et l'aultre qu'il a acquise des héritiers 
de feu Valleren de Bestz, qui ne sont à présent qu'une mai- 



PIECES JUSTIFICATIVES OO9 

son OÙ pend pour enseigne l'Escu de Vendosme, tenant et fai- 
sant TaLiltrc coing de la rue de l'Erondelle, d'aultre part à 
Lustin, marchant drappier, d'un bout par devant, sur ladicte 
rue du bout du pont Sainct-Michel, et par derrière, au derrière 
de la maison du Porc-Espic, assise en ladicte rue Sainct-André- 
des-Ars, qui doibt de cens chacun an Icdict jour Sainct- 
Rémy, xii den. par. 

L'aultrc costc de ladicte rue de l'Erondelle. 

De Monsieur Rousselet, contrerolleur des fortifications de 
Picardie, à cause de sa femme, fille de feu maistre Ambroise 
Parré, vivant premier chirurgien du Roy, au lieu de feu 
Jehan Bachellier, pour ses maisons assises en ladicte rue de 
l'Erondelle, ayans issues en icelle rue et es rues des Augus- 
tins et du bout du pont Sainct-Michel, tenant d'une part aux 
héritiers ou ayans cause de feu de Prime, 

aboutissant sur ladicte rue de TErondelle et des Augustins, qui 
doibt de cens chacun an ledict jour Sainct-Rémy, ii sols par. 

Des héritiers ou ayans cause de feu de Prime pour une 
maison en ladicte rue de l'Erondelle, tenant d'une part à eulx 
mesmes, d'aultre part à Martin Baudequin, maistre seruryer, 
aboutissant d'un bout sur ladicte rue, et par derière audict 
Parré, qui doibt de cens chacun an ledict jour Sainct- 
Rémy xn den. par. 

Des héritiers ou ayans cause dudict défunct de Prime pour 
une aultre maison assise en ladicte rue tenant à la précédente, 
d'aultre part à Martin Baudequin, d'un bout sur ladicte rue de 
l'Erondelle et par derrière cà qui doibt de cens ledict jour 
Sainct-Rémy xn den. par. 



OIO AMBROISE PARE 

C autre costé de ladide rue des Augustins {opposé à la rivière). 

De Constant Bienville, au lieu des hoirs ou ayans cause 
de maistre Claude Boreau, notaire auChastellet de Paris, pour 
une maison assise en ladicte rue des Augustins, tenant d'une 
part à la maison qui faict le coing de ladicte rue des Augustins 
et de la rue du bout du pont Sainct-Michel, d'aultre part, aux 
hoirs maistre Anibroise Paré, aboutissant d'un bout par 
devant sur ladicte rue des Augustins et par derière, 

qui doibt de cens chacun an ledict jour Sainct- 
Rémy xii den. par. 

De Monsieur Rousselet à cause de sa femme, fille de feu 
maistre Ambroise Paré, chirurgien du Roy, pour une maison 
assise en ladicte rue des Augustins, ayant issue en ladicte rue, 
et des rues du bout du pont Saint-Michel et de l'Erondelle, 
tenant d'une part aux hoirs maistre Claude Boireau, 
Ceste maison est de la redevance de celle appartenant audict 
sieur Rousselet, située en la rue de l'Erondelle. 

Des enfans et héritiers de défunct maistre Pierre Charlet, 
vivant auditeur des Comptes, pour une grande maison assise 
en ladicte rue des Augustins, où soulloit estre l'enseigne du 
Chappeau Rouge, tenant d'une part aux héritiers maistre 
Ambroise Paré, d'aultre part à M. Dautray, d'un bout par 
devant sur ladicte rue des Augustins, et par derière à 

qui doi'Dt de cens et rente chacun jour Sainct- 
Rémy x den. par. 

Rue Garantière. 

De Monsieur de Genyers, sieur de Massac, maistre d'hostel 
de monsieur le prince de Conty pour une grande maison où 
il y a plusieurs corps d'hostels, courts, escuryes, jardins et 
apartenances, situez en ladicte rue Garantière, tenant d'une 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 3ll 

part audict sieur de la Tour, d'autre part, aux hoirs ou ayans 
cause de défunct Ambroise Parey, d'un bout par devant sur 
ladicte rue Garantière, d'autre par derière à la rue du Fos- 
soieur, qui doibt chacun an à la raison que dessus, pour 
arpent vi den. pour arpent. 

Des enfans, héritiers ou ayans cause de deffunct maistre 
Ambroys Paré, vivant chirurgien du Roy, pour deux petites 
maisons attenans l'une à Taultre, assises en ladicte rue, tenant 
d'une part audict sieur Martin, d'aultre part à Monsieur 
Grausteau, procureur en Parlement, d'un bout par devant 
sur ladicte rue Garantière, par derière a 
qui doibt de cens chacun an, ledict jour Sainct-Rémy. 

De Monsieur le duc de Luxambourg au lieu des ayans 
cause de M. Pierre Grasteau, [irocureur en la cour de Par- 
lement, pour une maison, court et jardin assis en ladicte rue, 
tenant d'une part audict maistre Ambroyse Paré ; d'aultre part 
à la rue de Vaugerard et de la rue Garantière et par derière 
à qui doibt de cens chacun 

an ledict jour Sainct-Rémy. 

(Archives Nationales. — S. 3,055*, P* 22b et 227. — 
S. 3,058 f" 20, 21, 2} et V", 25 V", 26, 103™ et V".) 



XLI 

1595. — i; Juin. 

RECONNAISSANCE DE FRANÇOIS CHOISNIN, CHANOINE DE NOTRE-DAME 

DE PARIS, PORTANT REMISE ENTRE LES MAINS 

DE JACQ.UELINE ROUSSELET, VEUVE D'aMBROISE PARÉ, 

DE VÊTEMENTS ET HARDES A SON USAGE 

POUR SÛRETÉ DE LA SOMME D£ }J ECUS UN TIERS 

DUE A LADITE VEUVE ET PROMESSE DE REMBOURSER CETTE 

CRÉANCE DANS LE DÉLAI DE DEUX MOIS, 

AVEC QUITTANCE DE LA VEUVE PARÉ AU BAS DE l'aCTE. 

Par devant les notaires du Roy nostre sire en son Chaste- 
let de Paris soubzsignés. fut présent en sa personne M*' Fran- 
çois Choisnin chanoine en l'église de Paris, lequel volontai- 
rement recognut et confessa, recognoist et confesse par ces 
présentes que pour éviter à l'emprisonnement de sa personne 
pour la somme de trente-trois escuz ung tiers, faisant moi- 
tié de la somme de soixante-six escuz deux tiers, en laquelle 
somme il estoit obligé avec feu M*^ Gilles Choisnin, son frère, 
ung seul et pour le tout envers noble homme M*^ François 
Rousselet, lequel Rousselet en auroit faict cession et transport 
de ladicte somme à feu noble homme M'' Ambroise Parey, 
vivant conseiller du Roy et son cirurgien ordinaire, par 
transaction et accord de ce faict entre eulx et passé par devant 
feu Denetz et Le Camus, l'un des notaires soubzcriptsen datte 
du xxvii mars mil V*' quatre-vingtz sept, signé desdictz De- 



PIÈCES JUSTIFICATlVfS 3l3 

netz et Le Camus, et dont est apparu auxdictz notaires, la- 
quelle somme de trente-trois escuz ung tiers est et appartient 
de présent à dame Jacquelyne Rousselet, veufve dudict feu 
Parey, tant en son nom que comme tutrice des enffans mi- 
neurs d'ans dudict deffunct et d'elle, d'une part, et pour la 
somme de quatre escuz, trois solz, six deniers, d'autre, icel- 
luy Choisnin a baillé à ladicte veufve pour scuretté desdictes 
deux sommes de trente-trois escuz ungtiers^ et quatre escuz, 
trois solz, six deniers, et de lui confesse avoir eu et receu les 
hardes qui ensuivent, sçavoir, deux chappes avec leur er- 
mine, dont l'une à parementz de velours rouge, et l'autre à 
parementz de velours brun, telz quelz, avec un manteau de 
sergie de Florence à usaige dudict Choisnin, aussi à demy 
usé, lesquelles hardes dessus icelluy Choisnin promect retirer 
et paier lesdictes deux sommes de xxxiii escuz ung tiers et 
IV escuz II solz VI deniers dedans le jour et feste de la my oust 
prochain, et à fiiulte de ce faire, consent que ladicte Rousselet 
oudict nom face vendre lesdictes hardeset habitz pour le deub 
desdictes deux sommes, s'ilz suffizent, et au cas qu'ilz ne fus- 
sent suffisans, il promect et gaige bailler et paier à ladicte 
veufve le surplus, et ce par les mesmes contraintes qu'il est 
obligé par son obligation en datte du quinziesme juing mil 
yc IlII^x v^ laquelle demeurera néanlmoingtz en sa force et vertu 
pourl'aultre moityé desdictz lxvi escuz. Et pour suir l'exécu- 
tion des présentes, il a esleu et eslit son domicilie en l'hostel 
de M'^ Jehan de La Roche, procureur en Parlement, son pro- 
cureur, demeurant rue Quinquenpoix, auquel lieu il veult, 
consent et accorde que tous actes, signiffications, commande- 
mentz et exploictz qui y seront faictz pour l'effect que dessus 
deppendances soient aultant bons et vallables comme sy faictz 
estoient parlant à sa propre personne et domicilie, promectans, 



3 14 AMBROISE PARÉ 

obligeans esdictz noms chascun en droict soy, renonceans. 
Faict et passé doubles en l'hostel de ladicte veufve Parey sciz 
rue de l'Erondelle, enseigne de la Vache, paroisse Saint-André, 
après midy, l'an mil V'' quatre vingtz quinze, le mardy trei- 
ziesme jour de juing, et ont signé à la minutte. 

(Signé) N. Le Camus. De Saint-Leu. 

Ladicte veufve Paré cy dessus nommée esdictz noms con- 
fesse avoir receu dudict sieur Choisnin, aussi dessus nommé, 
par les mains de Loys Coisbron, praticien, demeurant à Paris, 
rue Chartière au Mont Saint-Hylaire, à ce présent, et comme 
soy disant avoir charge dudict sieur Choisnin, lesdictes deux 
sommes de trente trois escuz ung tiers d'une part, et quatre 
escuz d'autre dessus mentionnés qu'il luy a baillez et payez 
en quartz d'escuz bons et de poix, en la présence des notaires 
soubzscriptz dont quictance, et auquel Coisbron pour ledit 
Choisnin ladicte veufve a présentement rendu lesdictz habitz 
et hardes dessus déclarées, dont il l'en quicte et descharge et 
promect acquicter envers ledictz Choisnin, où lesquelles deux 
sommes susdictes ont esté endossées par les notaires soubz- 
criptz sur l'obligation mentionnée et dattée en la minutte 
susdicte, le tout ne servant que d'un seul et mesme acquit et 
descharge, promettans, obligeans oudict nom, renonçans. 
Faict et passé en l'hostel des notaires soubscriptz avant midy, 
l'an mil V'" quatre vingtz quinze, le vendredy xviirjour 
d'aoust, et ont signé en la minutte. 

(Signé) Le Camus. De Sainct-Leu. 

Au dos est écrit : 

Pour Madame Parey contre Choisnin. 

Descharge de M. Rousselet à garder avec l'obligation de 

Choisnin. 

(Archives du château de Paley.) 



XLII 

1595. — 8 Novembre. 

RECONNAISSANCE DE FRANÇOIS ROUSSELET, CONSTATANT 
LA REMISE ENTRE SES MAINS PAR LA VEUVE D'aMBROISE PARÉ, 

SA SŒUR, D"uNE OBLIGATION DE 66 ECUS. 6 SOLS, 

10 DENIERS TOURNOIS, SOUSCRITE PAR LE CHANOINE CHOISNIN 

AU PROFIT DAMBROISE PARÉ ET DE FRANÇOIS ROUSSELET, 

AINSI Q.UE DEUX SENTENCES OBTENUES PAR LEDIT PARÉ CONTRE 

LEDIT CHOISNIN EN LA PRÉVOTÉ DE PARIS 

ET AUTRES PROCÉDURES DEVANT LA PRÉVOTÉ DE l'hOTEL. 

Je François Rousseleî , conseiller, trésorier et récepteur 
général des finances et maison de la Rovne . confesse que 
madame Paré, ma sœur, m'a rendu et mis ès mains une obli- 
gation montant la somme de soixante six escuz, six solz, dix 
deniers tournois, en quoy est obligé ung nommé Choisnin 
envers feu monsieur Paré et mov. de sa portion de laquelle 
somme elle a esté paiée et satisfaicte, et de laquelle obligation 
je l'ay deschargée et descharge par ceste présente, ensemble 
je confesse qu'elle m'a aussi mis ès mains deux sentences 
obtenues par ledict deffunt sieur Paré k rencontre dudict 
Choisnin, données par le prévost de Paris ou son lieutenant, 
avecq autres pièces et proceddures faictes à l'encontre de de 
Mérault d'Arenne pour avoir paiement de ladicte somme 
Lxvi escuz, VI solz, x deniers, portée par ladicte obligation, 



3l6 AMBROISE PARÉ 

par devant le prévost de l'Hostel du Roy, ensemble iaceddule 

et promesse faicte par icelluy Choisnin. 

Au profit de feu mondit seigneur Paré de ladicte somme de 

Lxvi escuz, VI solz, x deniers, desquelles pièces et proced- 

dures j'ay aussi deschargé et descharge madicte sœur et tous 

autres. Faict à Paris le huictième jour de novembre mil V*= 

quatre vingtz quinze. 

Signé : Rousselet. 

Au dos est écrit : 

Acquit de mon frère Rousselet pour les affaires de d'Arenne 
et de Choisnin 1595. 

(Archives du château de Paley.) 



XLIII 

159b. — 17 Août, 

VISITE ET PRISÉE D'uNE MAISON SISE A PARIS, RUE GARANCIÈRE, 

APPARTENANT A FRANÇOIS ROUSSELET. 

ET ATTENANTE A LA MAISON DE LA VEUVE DAMBROISE PARÉ. 

De l'accord, consentement et à la requeste de noble homme 
François Rousselet, conseiller et controolleur général de la mai- 
son de la Royne, nous Jehan Martin juré du Roy en l'office de 
maçonnerie et voier général de la terre et seigneurie de St-Ger- 
main des Prez terres et seigneuries, et Loys Fournier, maistre 
maçon à Paris, le xvii" jour du moys d'aoust mil cinq cens 
quatre vingtz et seize, sommes transportez en et au dedans 
d'une maison sizeau faubourg Saint Germain cy après déclarée 
audit sieur Rousselet appartenant, pour illecq veoir. priser et 
estimer combien d'argent comptant pour une fois paier vault 
ladicte maison, laquelle maison nous avons veue et visitée, 
prisée et estimée, en la présence dudit sieur Rousselet, le tout 
et ainsi qu'il ensuit. 

Premièrement, une maison size audit Saint Germain, rue 
Garancière, ayant yssue à la rue du Fossoieur, appliqué à ung 
corps d'hostel, sur ladicte rue Garantière appliquée au rez de 
chaussée, cave dessoubz, une chambre carrée au dessus et 
une en galletas, ung petit grenier au dessus, une visz hors 
œuvre, une porte chartière, ung petit appentil et fosse de 



AMBROISE PARE 



privé dans la première court ; une aultre court où il y a ung 
édifice apliqué à une cuisine, ung petit grenier au dessus cou- 
vert en comble, ung puis dans ladicte court, ung jardin der- 
rière, ung petit corps d'hostel sur la rue du Fossoieur appliqué 
au rez de chaussée à une sallette, une chambre en galletas et 
ung petit grenier au dessus, une montée dans œuvre, une 
petite court joignant ung puis et ung petit appentil à privé, 
tenant d'une part à Madame Paré, d'autre et à feu Monsieur 
de Fosseuze, et par devant sur ladicte rue de Garantière et par 
derrière à ladicte rue du Fossoieur, prisée à la charge du cens 
seullement la somme de cinq cens trente-troys escuz ung tiers 
d'escu pour une fois payé, cy, . . V'' xxxiii écus i tiers. 

Ce que certifions estre vray, tesmoing nos seings cy mis, 
les an et jour que dessus. Ainsi signé Martin et Fournier. 

Collation des présentes a esté foicte à son original seing et 
entier en escripture et signature par les notaires du Roy nostre 
Sire en son Chastellet de Paris, ce faict, rendu ce premier jour 
de septembre mil V'" quatre vingtz seize. 

(Signe) : Le Camus, de Sainct-Leu, 

Au dos est écrit : 

Rapportz des maisons de la succession de feu M. Paré. 
(Archives du château de Paley.) 



XLlY 

ibib. — i8 Juillet. 

DONATION MUTUELLE ENTRE HENRI SIMON, RECEVEUR GÉNÉRAL 
DES FINANCES A PARIS ET ANNE PARÉ, SA FEMME. 

Par devant Jehan Chappellain l'aisné et Claude Le Vasseur, 
notaires garde nottes du Roy nostre Sire en son Chastellet de 
Paris soubzsignez, furent présens en leurs personnes noble 
homme Henry Simon, conseiller du Roy, recepveur général 
de ces finances à Paris, et damoiselle Anne Paré, sa femme, 
de luy suffisamment authorisée en ceste partye, demeurans à 
Paris rue des Prouvaires, parroisse Saint Eustache, lesquelz 
considérans l'amitié qu'ilz ce portent l'ung à l'aultre, le soing 
et dilligence que chascun d'eulx a pris et prend journellement 
pour acquérir et conserver quelques biens qu'il a pieu à Dieu 
leur prester en ce monde, et désirans, suivant ce qu'il leur est 
permis par la coustume de ceste ville de Paris, à ce que le 
survivant d'eux deulx ait meillieur moyen de s'ayder et 
subvenir en ses necessittez le reste de ces jours, eux gratiffier 
l'ung d'eux l'autre en recognoissance des courtoisies et bons 
offices qu'ils ont receuset recoipvent journellement et espèrent 
recepvoir l'ung de l'autre tant qu'ils viveront et seront con- 
joinctz ensemble par mariage, pour ces causes et autres à ce 
les mouvans , joinct qu'ilz n'ont à présent aulcuns enffans, 
de leurs bons grés et bonnes volontez, sans aulcune contrainte, 



320 AMBROISE PARE 

recognurent et confessèrent, et par ces présentes recognoissent 
et confessent avoir faict, firent et font par ces présentes grâce 
mutuelle, don esgal et réciproque l'ung d'eulx à l'autre, de 
tous et chascuns leurs biens meubles et conquestz immeubles 
qu'ils auront et posséderont au jour du deceds du premier 
mourant d'eux deulx, pour en jouir par ledict survivant en 
usuffruict sadicte vie durant, suivant au désir et conformé- 
ment à la coustume de cestedicte ville de Paris. Et pour faire 
insinuer ces présentes au greffe dudit Chastellet de Paris et 
partout ailleurs où il appartendra, lesdictes partyes ont faict 
et constitué leur procureur le porteur auquel ils ont donné 
plain pouvoir et puissance de ce foire et en requérir acte, 
promettans, etc, obligeans, etc renonceans, etc. Faict et passé 
en l'hostel desdictz sieur Simon etdamoisellesa femmeà PariS;, 
susdéclarée, l'an mil six cens seize, le lundy après midy, dix 
huictiesme jour de juillet, et ont lesdictz sieur et damoiselle 
Simon signé la minutte des présentes demeurée vers ledict Le 
Vasseur, l'ung desdictz notaires soubzsignez. Signé, Chappel- 
lain et Le Vasseur. Et plus bas, a esté mis et escript l'insinua- 
tion ainsy qu'il s'ensuit : 

L'an mil six cens seize, le mercredy vingtiesme jour de juillet, 
le présent contrnct de don mutuel a esté apporté au greffe du 
Chastellet de Paris et icelluy insinué, accepté et eu pour agré- 
able aux charges, clauses et conditions y apposées et selon que 
contenu est par icelluy, par Pierre Muret, porteur dudict con- 
tract, et comme procureur de noble homme, Henry Simon, 
conseiller du Roy, recepveur général de ces finances à Paris, 
et de damoiselle Anne Paré, sa femme, dénommez audict pré- 
sent contract . lequel a esté enregistré au présent registre, 
soixante et douziesme volume des insinuations dudict Chas- 
tellet. suivant fordonnance, ce requérant ledict Muret oudict 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 021 

nom, qui de ce a requis et demandé acte, à luy octroyé et 
baillé ces présentes tant pour servir audict sieur Simon qu'à 
ladicte damoiselle sa femme en temps et lieu ce que déraison. 
(Archives Nationales, Y. 137. fol. 126.) 



XLY 

1617. — 14 Avril. 

DONATION d'une MAISON SISE A LA VILLE DU BOIS, PRÈS MONT- 

LHÉRY, FAITE PAR HENRI SIMON, RECEVEUR GÉNÉRAL DES 

FINANCES, ET ANNE PARÉ SA FEMME, AU PROFIT DE CATHERINE 

PARÉ, SŒUR DE LADITE ANNE. 

Par devant Thomas Vassetz et Guillaume Janot, notaires 
garde nottes du Roy nostre sire au Chastellet de Paris, soubz- 
signez, furent présens en leurs personnes noble homme 
Henry Simon, conseiller du Roy, recepveur général de ses 
finances à Paris, etdamoiselle Anne Paré, sa femme, de luy suffi- 
samment authorisée pour faire. et passer ce qui s'ensuit, demeu- 
rant à Paris, rue des Prouvères, paroisse Sainct-Eustache, les- 
quelz de leurs bons grez et libres volontez, sansaulcune force ne 
contraincte, mais de leur propre mouvement et certaine science, 
ainsy qu'ilz disoient, recognurent et confessèrent avoir donné, 
ceddé, quicté. transporté, délaissé, et par ces présentes don- 
nent, ceddent, quictent, transportent et délaissent du tout des 
maintenant à tousjours par donnation faicte entre vifz, pure, 
simple et irrévocable, et promectent garantyr de tous empes- 
chemens quelconques, à damoiselle Catherine Paré, sœur de 
ladicte damoiselle Anne Paré, icelle damoiselle Catherine Paré, 
femme de noble homme Claude Hedelin, conseiller du Roy, 
lieutenant général civil et criminel au duché de Nemours et 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 32.3 

chastelnye de Chasteaulandon. ladicte damoiselle Catherine 
Paré absente, ledict sieur Hedeiin à ce présent et acceptant 
pour elle, ses hoirs et aians cause à Fadvenir, et par laquelle 
neanmoings il promect pour plus grande validité des présentes 
les faire accepter et approuver par sadicte femme, une maison, 
pressoir, terres, vignes, bois, saulçaye, rentes fontieres et consti- 
tuées, le tout dépendant de ladicte maison, assis au village de la 
Ville du Boys, près le Montlehery, sans aulcune chose en excep- 
ter, retenir ny réserver en aulcune sorte et manière que ce soit, 
le tout ausdictz donnateurs apartenant tant du propre de ladicte 
damoiselle An.ne Paré que au moyen de l'eschange ûiicte 
entre lesdictz sieur Simon et sa femme, d'une part, et lesdictz 
sieur Hedeiin et sa femme, d'autre, par devant Leomon et Le 
Camus, notaires au Chastellet de Paris, le unziesme jour de 
febvrier mil six cens dix, et autres acquisitions du depuis 
faictes par lesdictz donnateurs audict lieu de la Ville-du-Bois 
et es environs, touttes iesdictes choses données, ainsy qu'elles 
se poursuivent et comportent, de plus ample déclaration des- 
quelles ledict sieur Hédelin pour ladicte damoiselle, sa femme, 
s'est tenu pour comptant pour les bien sçavoir et cognoistre. 
d'aultant qu'il en apartenoit une moyctié h. ladicte damoiselle 
Catherine Paré, comme héritière de feu M'' Ambroise Paré, 
père desdictes damoiselles, lesdictz lieux en la censifve des 
seigneurs dont ilz sont tenus et chargez envers eux de telz 
cens et charges fontieres qu'ilz peuvent debvoir, pour desdic- 
tes choses données jouir par ladicte damoiselle donnataire et 
les siens de son costé et ligne, et pour sortir nature de propre 
à ladicte damoiselle. Cestz don, cession, transport et délaisse- 
ment faictz à la charge desdictz cens et charges fontieres, sy 
aulcunes y a, et à la réservation faicte par lesdictz donnateurs 
de l'usuffruict et jouissance desdictes choses données pendant 



324 AMBROISE PARE 

leur vye, se constituant les tenir et posséder durant icelle à 
tiltre de précaire soubz le nom et au proffict de ladicte damoi- 
selle donnataire et des siens, consentans lesdictz sieur et da- 
moiselle donnateurs que après leur déceds ledict usuffruict 
soit réuny et consolidé à la propriété desdictes choses données, 
et oultre pour la bonne amour et affection que lesdictz don- 
nateurs ont et portent à ladicte damoiselle Catherine Paré, leur 
seur, et parce que ainsy a esté leur bon plaisir et volonté de 
ce faire, par condition toutesfois, que s'il y a enffans vivans 
desdictz sieur et damoiselle donnateurs ou de Tung d'eulx lors 
de leur déceds, la présente donnation n'aura lieu. Et pour 
faire insinuer ses présentes en tous lieux que besoing sera et 
en requérir acte lesdictes partyes ont faict et constitué leur 
procureur irrévocable le porteur des présentes, sans que la 
présente donnation puisse déroger au contract de transaction 
cejourdhuy passé entre les partyes par devant les notaires 
soubzsignez, car ainsi, promectant, etc., obligeant, etc., 
renonçant. Faict et passé en la maison où est à présent logé 
ledit sieur Hedelin, dicte rue aux Febves,(i)le vendredy après 
midy, quatorzeiesme jour d'avril, l'an mil six cens dix sept. Et 
ont signé en la minutte des présentes avecq lesdictz notaires 
suivant l'ordonnance, ladicte minutte demeurée vers et en la 
pocession dudict Janot, l'ung d'iceux notaires, signé Vassetz 
et Janot. Et au bas a esté mis et escript l'insinuation ainsy 
qu'il s'ensuit : 

L'an mil six cens dix sept, le vendredy dix neufiesme jour 
de may, le présent contract de donnation a esté apporté au 
greffe du Chasteliet de Paris, et icelluy insinué, accepté et eu 
pour agréable aux charges, clauses et conditions y apposées 
et selon que contenu est par icelluy, par M'' Jehan Colinet, 

(i)Rue située dans la Cite, aujourd'hui disparue. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 325 

porteur dudict contract, et comme procureur de noble homme 
Henry Simon, conseiller du Roy, recepveur général de ses 
finances à Paris, et de damoiselle Anne Paré, sa femme, don- 
nateurs, et de noble homme Claude Hedelin, conseiller du 
Rov, lieutenant général civil et criminel au duché de Nemours 
et chastellenye de Chasteauiandon, et de damoiselle Cathe- 
rine Paré, sa femme, ladicte damoiselle Catherine Parc, don- 
nataire, tous dénommez audict présent contract, lequel a esté 
enregistré, ensemble l'acte d'acceptation cv après transcripte 
au Lxxiir' volume des Insinuations dudict Chastellet suivant 
l'ordonnance, ce requérant ledict Colinet. oudictnom. qui de ce 
a requis et demandé acte, à luy octroyé et baillé ses présentes 
tant pour servir et valloyr ausdictz sieur et damoiselle Simon, 
donnateurs, que ausdictz sieur Hedelin et à ladicte damoiselle 
Catherine Paré, sa femme, donnataire, en temps et lieu ce 
que de raison. 

(Archives Nationales, Y. i^8. fol. 88 v'^.) 



XLYI 

1617. — 23 Avril. 

RATIFICATION PAR CATHERINE PARÉ DE LA 

DONATION d'un domaine A LA VILLE DU BOIS PRÈS MONTLHERY, 

FAITE A SON PROFIT PAR ANNE PARÉ SA SŒUR ET 

HENRI SIMON, MARI DE LADITE ANNE. 

A tous ceulx qui ses présentes lettres verront, Pierre Mar- 
chant, garde du scel royal aux contractz de la prévosté et chas- 
tellenye de Nemours, salut. Sçavoir faisons que par devant 
Pierre Bertrand, notaire royal et tabellion juré esdictes prévosté 
et chasteilenye. fut présente damoiselle Catherine Paré, femme 
de noble homme et sage M'- Claude Hedelin, conseiller du 
Roy. lieutenant général civil et criminel au baillage et duché 
de Nemours et chasteilenye de Chasteaulandon, demeurant 
audict Nemours, dudict sieur Hedelin, son mary, à ce pré- 
sent, suffisamment auctorisée, ladicte authorité par elle eue et 
prise pour agréable, laquelle en la présence dudict sieur Hedelin 
son mari et soubz ladicte authorité, après lecture à elle faicte 
mot après autre par ledict juré, présences des tesmoings cy 
après, de certain contract de don, cession, transport et délais 
à elle faict par noble homme Henry Simon, conseiller du Roy, 
recepveur général de ses finances à Paris, et damoiselle Anne 
Paré, sa femme, sa sœur, demeurant à Paris rue des Prou- 
vères, paroisse Saint-Eustache, d'une maison, pressoir, terres, 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 327 

vignes, bois, saulçaye, rentes foncières et constituées, le tout 
dépendant de ladicte maison, assis au village de la Ville du 
Bois près le Montlehéry, sans aulcune chose en excepter, re- 
tenir, ny réserver en aulcune sorte et manière que ce soit, le 
tout ausdictz donnateurs appartenans, tant du propre de la- 
dicte damoiselle Anne Paré que au moyen de l'eschange 
faicte entre lesdictz sieur Simon et sa femme, d'une part, et 
lesdictz sieur Hedelin et sa femme, d'autre, par devant Léau- 
mont et Le Camus, notaires au Chastellet de Paris, le unzeies- 
me jour de febvrier mil six cens et dix, et autres acquisitions 
du depuis faictes par lesdictz donnateurs audict lieu de la 
Ville du Bois et es environs, lesdictes choses données, ainsy 
qu'elles se poursuivent et comportent, suivant qu'il est plus 
au long déclaré audict contract, et aux charges, reserves et clau- 
ses y portées, passé par devant Thomas Vassetz et Guillaume 
Janot, notaires et garde nottes du Roy nostre Sire au Chas- 
tellet de Paris, le quatorzeiesme jour d'avril présent mois et 
an, et lequel contract et tout le contenu en icelluy elle a dict 
bien sçavoir et entendre, a de son bon gié et bonne volonté 
ledict contract loué et approuvé, le loue et approuve, et les 
don, transport et délais à elle faictz par icelluy contract accep- 
té et accepte par ses présentes ausdictes charges, réserves et 
clauses y portées, pour elle, ses hoirs et aians cause ; et pour 
faire insinuer ledict contract de donnation et lesdictes pré- 
sentes en tous lieux que besoing sera et en requérir acte, 
ladicte damoiselle Catherine Paré à ladicte authorité a faict et 
constitué son procureur irrévocable le porteur dudict contract 
de donnation et desdictes présentes, promectans icelles dictes 
présentes avoir et tenir pour agréables sans jamais y contre- 
venir en aulcune manière, soubz l'obligation de ses biens 
qu'elle a pour ce obligé et renonceant à touttes choses à ce 



328 AMBROISE PARÉ 

contraires. En tesmoing de quoy, nous, garde dessusdict, au 
rapport dudict juré, avons fliict sceller ses présentes dudict 
scel, qui passées furent audict Nemours en l'hostel dudict 
sieur Hédelin, le mardi vingt cinqiesme jour d'avril mil six 
cens dix sept, es présences de honorable homme et sage, 
M'' Pierre Poisson, advocat en Parlement à Paris, demeurant 
à Nemours, et Gilles Janvier, clerc audict Nemours, tesmoins 
qui ont avecq lesdictz sieur Hedelin, damoiselle Catherine 
Paré, sa femme, et notaire, signé la minutte des présentes, 
suivant l'ordonnance. Signé Bertrand, notaire. Et au bas a 
esté mis et escript l'insinuation ainsi qu'il s'ensuit: 

L'an mil six cens dix-sept, le vendredi dix neufiesme jour 
de may, le présent acte d'acceptation a esté apporté au greffe 
du Chastellet de Paris, et icelluy insinué, accepté et eu pour 
agréable, aux charges, clauses et conditions y apposées et 
selon que contenu est par icelluy, par M'' Jehan Collinet, por- 
teur dudict contract, et comme procureur de noble homme 
Claude Hédelin, conseiller du Pioy, lieutenant général civil et 
criminel au duché de Nemours et chastellenye de Chas- 
teaulandon, et de damoiselle Catherine Paré, sa femme, tous 
dénommez audict présent acte, lequel a esté enregistré, en- 
semble la donnation cy dessus transcripte, au présent registre 
Lxxiii*' volume des Insinuations dudict Chastellet, suivant l'or- 
donnance, ce requérant ledict Collinet, oudict nom, qui de ce 
a requis et demandé acte, à luy octroyé et baillé ses présentes 
tant pour servir et valloyr audict sieur Hedelin que à ladicte 
damoiselle Catherine Paré, sa femme, en temps et lieu ce que 
de raison. 

(Archives Nationales, Y. 158. fol. 89. v°.) 



XLVII 

LETTRE DE CATHERINE PARÉ A SON NEVEU, M. DE CLERBOURG. (l) 

Monsieur mon neveuf. 

Je ne scay si vous ferais mieux chez vous que Ion na faict 
séant, car Ion na faict q'unne fille. Sela nanpesche pas que la 
couchée (2) ne se porte bien et quelle nay bu se soir a voz 
bonne grasse et a la fille que vous atandez, car datandre un 
filz, ces trop de presompetion. Consoliez vous de bonne 
hoeure, et ne croyez pas fiire mieux que voz parans. Se la 
nanpeschera pas que je ne vous remersie de la courtoisie que 
vous avez faicte à mon filz, et tout mon regret est de ne 
pouvoir man revengé par quelque occasion. Nous avons eu 
du malheur cette anné de navoir pu vendre noz vins en 
Gastinois comme aux autre année, mais les marchant qui 
ont trouvé assez de vin autour de Paris ne se sont pas chargez 
plus loing, et Ion croy qu'il fouit avoir passience jusque 
a laPentecoute, et en se temps la nous aysairons de satisfaire 
à vostre courtoisie. Se pendant faiste moy l'honneur de me 
croyre 

Monsieur mon neveuf 

Vostre très affectionnée tente et servente 
C. Paré. 

(i) Neveu de Catherine du côté de son mari. 
(2) Michelle Hedelin. 



33o 



AMBROISE PARE 



Madamoiselle ma nièse et vous, trouverais les baise mains de 
toute la généalogie sans oublier monsieur Capperon. 

A Monsieur, Monsieur de Clerbourg, 
à St-Denys. 

(Archives du château de Paley). 



XLVIII 

165 1. — i*^"" Septembre. 

CONVENTION FAITE PAR CATHERINE PARÉ AVEC SON FILS 
ANNE HÉDELIN, AU SUJET DE LA TENUE DE SA MAISON. 

Ce jourdhuy premier jour de septembre mil six cent cin- 
quante un, nous soussignez avons ûiict ce traicté qui ensuit : 
c'est à scavoir que moy Catherine Paré ne désirant plus tenir 
le mesnage et pour vivre en repos, j'ay promis à mon fiz 
pour la pension de moy et de ma fille et d'une servante, la 
somme de deux cens livres par an, moyennant quoy mon 
fiz sera quitte de son logement comme estant entré dans le 
prix de ladicte pension, ce que moy Hédelin ay accepté, sans 
préjudice du compte à faire entre nous. 

Faict double cedict jour premier septembre 1651. 

Signé : Catherine Paré ; Anne Hédelin. 

Au dos est écrit : Compte et quittance de la mère de M. le 
lieutenant général. 

(Archives du château de Paley.) 



XLIX 

ibôo. 

MÉMOIRE DE CE aUI A ESTÉ DESBOURSÉ POUR LES OBSECQUES DE 
FEUE MADAMOISELLE LA LIEUTENANTE GÉNÉRALLE LA MÈRE. (l) 

Premièrement a esté donné une pièce de trente solz portée 
à l'offrande de la première messe basse dicte à son intention 
le jour de son décez, cy, xxx sols. 

Au menuisier pour le cercueil, nu livres x sols. 

Aux sonneurs qui ont sonné le glas et enterrement, faict la 
fosse et recarellé icelle, mesme tendu le dueil avec les be- 
deaux, six livres, cy, vi livres. 

A Nicolas Rivière, premier bedeau pour ses peines , tant 
pour la chapelle qu'a tendre le dueil et annoncer l'enterre- 
ment, XL sols. 

A Clausse. second bedeau, xxx sols. 

Aux porteurs de torches et poueles et aux pauvres , six 
livres seize sols, cy, vi livres xvi sols. 

Plus à Robert Guineau, v sols. 

Item, a esté payé audit Nicolas Rivière quarante solz pour 
avoir tendu le dueil avec aultres dans l'église des Récollectz 
le jour du service qui fut faict à l'intention de ladicte def- 
funte en ladicte église des Récollectz et pour avoir annoncé 
ledict service, cy, xl solz. 

(i) Catherine Paré, mère d'Anne Hédelin, lieutenant-général. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 333 

Audict Clausse, xxx solz. 

Aux sonneurs qui ont porté les paremens et aydé à tendre 
le dueil, quarante solz, cy, xl solz. 

Somme xxix livres un sol frayée et desboursée par Monsieur 
le lieutenant général. 

Plus a esté baillé aux pauvres après ledict service faict aux 
Récollectz. Lvii solz. 

(Archives du château de Paley.) 



L 

1(369. — '2 Octobre. 

ARRÊT DU CONSEIL PRIVÉ MAINTENANT LA SAISIE 

DE DEUX CHEVAUX FAITE SUR ANNE HÉDELIN, PETIT-FILS 

d'aMBROISE PARÉ. 

Sur la requeste présentée au Roy en son Conseil par Fran- 
çois Paulmier, marchant, demeurant à Fontainebleau conte- 
nant qu'aiant esté estably commissaire en 1661 de deux che- 
vaux saisys sur Anne Edelin, lieutenant au bailliage de 
Nemours, à la requeste du nommé Villemereux en vertu d'ar- 
rest du Parlement du 25 octobre 1661 pour prétendus dom- 
mages et intérests en quoy ledit Edelin auroit esté condamné 
envers ledict Villemereux. le supliant ayant rendu lesdicts 
chevaux audict Edelin sur son indamnité, estant venu à Paris 
faute d'en faire la représentation, auroit esté emprisonné en 
la Conciergerie du Pallais, le xxxi dudict mois d'octobre, com- 
me apert de l'escroue, et pour avoir liberté de sa personne 
auroit consiné la somme de 500 livres, à quoy lesdicts che- 
vaux auroient esté estimez, es mains de Leboursier, greffier 
de la Conciergerie, à la délivrance de laquelle le supliant se 
seroit oposé, lequel Le Boursier auroit depuis vuidé ses mains 
en celles de Huby, huissier au Parlement en vertu de prétendu 
arrest obtenu par ledict Villemereux audict Parlement, le su- 
pliant ayant poursuivy Edelin pour la restitution de ladicte 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 335 

somme de 500 livres au Conseil et pour ses dommages et 
intérests, en conséquence de l'instance qui y estoit pendante 
entre lesdicts Edelin et Villemereux, arrest contradictoire 
seroit intervenu le xxx*^ décembre 1664, par lequel l'instance 
auroit esté retenue, et ce pendant que lesdicts soo livres con- 
sinée par le supliant lui seroient rendue et restituée, à ce 
faire lesdits dépositaires contrains par corps, le supliant auroit 
fait faire commandement audict Le Boursier de luy restituer 
ladicte somme par luy consinée en ses mains, lequel auroit 
fait responce l'avoir déposée en celles dudict Huby, auquel Huby 
le supliant auroit fait commandement de luy délivrer icelle 
somme en vertu du susdict arrêt le x" septembre dernier, qui 
auroit esté refusant de la délivrer, auroit fourny sa response 
que ledict Villemereux estoit deceddé et qu'il y avoit plusieurs 
opositions et saisyes entre ses mains à la requeste des créan- 
ciers dudit Villemereux, qu'il luy falloit des prétendus frais de 
garnison et ainsy qu'il ne pouvoit délivrer lesdicts deniers, ce 
qui est une fuitte recherchée par ledict Huby pour ne point dé- 
livrer ladicte somme de 500 livres au supliant qui n'a aucun 
intérest si Villemereux a des créanciers ou non; mais ledict su- 
pliant qui a consiné ladicte somme pour une chose en laquelle 
il n'estoittenu ny obligé, ayant soufferi: de grands dommages 
et intérests par le moien dudict emprisonnement, et d'autant 
plus que par ledict arrest contradictoire il est ordonné que ladicte 
somme luy sera rendue et restituée, c'est pourquoy icelluy 
supliant a esté obligé d'avoir recours à Sa Majesté, càce qu'il 
luy plaise ordonner que sans avoir esgard à la responce dudict 
Huby ny à toutes les opositions et saisyes par luy alléguées, 
qu'il sera contraint et par corps a rendre et restituer audict su- 
pliant ladicte somme de 500 livres et sans frais. Veu ladicte 
requeste, ledict arrest contradictoire dudict jour 30 décem- 



33é AMBROI5E PARÉ 

bre 1664, ensemble le commandement fait audict Huby ledict 
jour de septembre dernier et sa responce, ouy le raport du 
sieur Colbert, commissaire à ce député. 

Le Roy en son Conseil, ayant aucunement esgard à la re- 
queste, a ordonné et ordonne que l'arrest contradictoire du 
Conseil du 30 décembre 1664 sera exécuté selon sa forme et 
teneur et en conséquence que la somme consignée es mains 
dudict Huby sera rendue au supliant à sa caution juratoire, à 
ce faire ledict Huby dépositaire contrainct par toutes voyes, 
mesme par corps, nonobstant les oppositions et saisies men- 
tionnées en la response au commandement faict audict Huby 
le lo*^ septembre dernier, et pourveu qu'il n'y ayt autres op- 
positions et saisies postérieures audict arrest, quoy faisant 
ledict Huby en demeurera bien et valablement deschargé, 
sauf à iceluy Huby à se pourveoir pour ses frais de garde, op- 
position et saisie, mesme de contraincte, si aucuns il en con- 
vient, ainsy et contre qui il advisera bon estre et défenses au 
contraire. 

Signé : Seguier, Colbert, De Mesgrigny, De Contes. 
Du XII octobre 1669 à Paris. 

(Archives Nationales, V''^ 558.) 



NOTES ADDITIONNELLES 



RECUEILLIES PENDANT L IMPRESSION. 



P^Jge 25. — Nicole de Lavernot et iMarguerite Seirot sa femme marient, 
le 2 décembre irrg, leur fille I\ïarie avec Pierre Bellier, conseiller au 
Châtelet de Paris. Ils lui donnent 5ooo livres t. et ses habits, estimés 
341 livres 17 sols 6 deniers. Leur autre fille, Marguerite, épouse, le 26 mai 
1571, François Moynier, receveur des tailles à Couloramiers. (Archives Na- 
tionales, Y. 106. fol. 394, et Y. 122. fol. 294.) 

Page 40. — Barnabe Le Vest, chirurgien juré, bourgeois de Paris, avait 
épousé Marie Roze, décédce avant le 5 novembre i566. (Archives Natio- 
nales, Y. 3467. fol. 337.) 

Page 46. — Guillaume Du Bois, chirurgien ordinaire du Roi et juré à 
Paris, et Opportune Répichon, sa femme, se font une donation mutuelle, le 
12 décembre ï5-5. (Archives Nationales, Y. 117. fol. 5i v".) 

Page 60. — Pierre Le Fcvre, médecin ordinaire du Roi et de Philippe 
de Montespedon, duchesse de Beaupréau, reçoit de cette dame, le 23 jan- 
vier 1575, 6000 livres t. en récompense de ses services pendant neuf ans. 
(Archives Nationales, Y. 110. fol. 118.) 

Page 62. — Marie Pezou, femme de Pierre Pigrav, reçoit, le i5 janvier 
1579, de Jacques Aronde, lieutenant au bailliage de Chelles, une donation 
pour elle et ses enfants. (Archives Nationales, Y. 120. fol. 188. vo.) 

Page 75. — Jacques Guillemeau, demeurant rue de la Verrerie, paroisse 
Saint-Jean en Grève, et Marguerite Malartin, sa femme, marient, le 11 jan- 
vier 1598. leur fille Marguerite avec Jacques Marchant, chirurgien à Paris, 
fils de Guillaume Marchant, maître barbier chirurgien de cette ville, demeu- 
rant au carrefour de la Croix-Neuve, paroisse Saint-Eustache, et de Mar- 
guerite Rousseau, sa femme. Parmi les témoins figurent, Nicolas Jabot, 
docteur eu médecine, et Ascanius Guillemeau, apothicaire épicier, bourgeois 
de Paris. (Archives Nationales, Y. 137. fol. 33. V.) 

P^gs 77- — Donation faite le 23 juillet i586, à Léonard Botal, par Chris- 
tophe de Couppe, valet de chambre du Roi, et mari de la sœur ainée de 
Léonard, du revenu viager des biens par lui acquis en Provence, par l'aide 
et faveur dudit Botal. (Archives Nationales, Y. 128. fol. 23.) 



338 AMBROISE PARÉ 

Page 84. — Marc Miron consent, le 3i mars 1587. au mariage de Jeanne 
Aliron, sa fille, veuve de Jean Proche, valet de chambre du Roi, avec 
Pedro Rossel, écuyer, capitaine entretenu pour le Roi en la marine, demeu- 
rant à Paris, près le Moulin à Vent, paroisse Saint-Eustache. (Archives 
Xationalcs, Y. 129. fol. 144. v".) 

Page 92. — Le 6 octobre 1675, contrat de mariage de André de Malle- 
zieu, chirurgien du Roi et juré à Paris, fils de feu Estienne de Mallezieu, 
chirurgien à Paris, et de Denise Paul, avec Marie Chaufflard, fille de feu 
Jean Chaufflard, marchand drapier. (Archives Nationales, Y. 117. fol. 820.) 
Page 100. — Le 24 juin i573, contrat de mariage de Claude Rebours, 
docteur régent en la Faculté de Paris, avec Marguerite Pezou, veuve de 
Pierre Paleroy, drapier, bourgeois de Paris. Celle-ci fit son testament le 
!! février i58o. Ils habitaient alors la rue Troussevache. (Archives Natio- 
nales, Y. 114. fol. 304, et Y. 121. fol. 3.3o. V.) 

Page 104. — Nicolas Ellain, né à Paris en i534, reçu docteur le 16 jan- 
vier 1571, deux fois doyen de la Faculté de Médecine, s'occupa activement 
des intérêts de l'Ecole. Il fut taillé deux fois, et mourut l'ancien des 
Écoles, le 3o avril 1621, deux ans après son fils, médecin comme lui. Il 
demeurait au Parvis Notre-Dame. 

Page 107. — Bonaventure Granger, docteur régent, demeurant au Petit 
Cloître, paroisse Sainte-Opportune, et Nicole Le Caron, sa femme, se font 
une donation mutuelle, le i3 janvier i5o2. (Archives Nationales. Y. i23. 
fol. 307.') 

Page 117."— Ysaac Brunet. fils de Marguerin Brunet, barbier chirurgien à 
Paris, et de ^Marguerite Cappelier, d'abord barbier, bourgeois de Paris, 
puis chirurgien ordinaire du Roi, demeurait place de Grève. Il épousa, le 
22 mars 1579, Marguerite Le Voyer, veuve de Nicolas Angot, barbier chi- 
rurgien et bourgeois de Paris. Parmi les témoins figurent Euverte Arragon, 
docteur régent. Supplice Geoffroy, barbier chirurgien, et Marie Bénard, 
barbier chirurgien. Marguerite Le Vover avait une fille nommée Jeanne 
Angot, qui épousa Bertrand Cordier, huissier à la Chambre des Comptes 
à Paris, le 17 mai 1598. (Archives Nationales. Y. 120. fol. 3i5. V, et Y. 
137. fol. 119.) 

Page 117. — Ysmaël Lambert, fils de Nicole Lambert, valet de chambre 
et chirurgien ordinaire du Roi, et de Marguerite Moriset, fut lui-même 
valet de chambre et chirurgien ordinaire du Roi et du cardinal de Lor- 
raine, et juré à Paris. Il épousa Perrette Cramoisy, à laquelle il fit, le 
21 février 1576, une donation mutuelle. Le 19 août 1574, il fut témoin du 
mariage de son frère, Nicolas Lambert, licencié en la faculté de médecine 
de Paris, avec Marie Belut. Ces deux époux se firent une donation mutuelle 
le 4 mai i575. (Archives Nationales, Y. 116. fol. 18.". Y. 116. fol. ;69. Y. 117. 
fol i3i.) 

Page i53. — Le 17 juillet 15^5, confirmation d'une donation faite le 
18 avril 1537. par Albert Salviati, bourgeois de Paris, à Jérôme de Varade, 
de tous dépens, dommages et intérêts adjugés audit Salviati par arrêts du 
Parlement, contre Nicole Le Clerc, curé de Saint-André des Arts, comme 
héritier de Marguerite Le Clerc, sa sœur, veuve de Jacques Cottier, et 
contre Jacques Le Clerc, dit Cottier, grand rapporteur en la Chancellerie 
de France. (Archives Nationales, Y. 91. fol. 83.) 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 33g 

Page i53. — Le 21 juin i543, Jean Verrier fait donation à son fils Jean, 
des terres de Viilemarlin, des grandes et petites Poislces, delà Ilonville et 
de Tirepeinc, des bois d'Ardilliéres. de deux moulins à eau proche l'abhaye 
de Moriguy, prés d'Etampes. (Archives Nationales, Y. 81;. fol. 3i.) 11 était 
encore premier chirurgien le i"' septembre i558. 

Pag^e 154. — Donation faite le !j février 1541, par Pierre de la Maison, 
chirurgien et valet de chambre du Roi. à Archambault de I\Iorel. avocat en 
Parlement, et à Nicole Semelle, sa femme, de divers héritages au territoire 
de La Chesne, provenant de son conquêt fait pendant son mariage avec 
feue Nicole Saclet. (Archives Nationales, Y. 83. fol. 40.) 

Page i56. — Raphaël de Tallenis, sieur de la Maizière, docteur en mé- 
decine, et médecin ordinaire du duc de Vendôme, reçoit, en mars i554, 
des lettres de noblesse. (Archives Nationales. Zia. 528.) 

Page i56. — Philippes Cabriani, médecin ordinaire de la Reine, de 
i574 à i58g, puis, de Henri III, demeurant rue des Fossés Saint Germain, 
près les Quatre lils Henri, fait, le 4 janvier i58i, une donation à son ser- 
viteur Boucault, natif de Lagny sur Marne, et, le 3o décembre i587, de- 
meurant Cloitre Saint-Honoré. une autre donation au même. (Archives 
Nationales, Y. 122. fol. 255- v°, et Y. 129. fol. 407. v.) 

Page i5g. — Paolo de Pavoli. né à Menaggio, sur le lac de Côme 
(Brambilla, Storia dellc scoperlejtsico-nic.iico-analomico-china-giche, etc., 
t. III, p. 140.) 

Page 192. — Le 10 juillet 157!!, Jean d'Amboise et dame 3Iarie Fro- 
maget, son épouse, marient leur fils aîné François, avocat en Parlement, 
avec Marie Boart. fille de François Boart, procureur, et de Radegonde 
Desforges. Parmi les témoins étaient Jacques d'Amboise, frère du marié, 
bachelier en chirurgie, qui épousa plus tard Louise Desportes, et Jacques 
Maran, docteur en médecine. (Archives Nationales, Y. 120. fol. 20. v".) 

Page 206. — Michel Vaterre, médecin ordinaire de Charles IX et de 
Henri III, et premier du duc d'Alençon, fut anobli en novembre 1573. 
(Archives Nationales, Zia. 52^).) 

Page 242. — Saint Ardoin, de Pise, a composé un traité des poisons 
[niitulé : De venenis, â miiltis hactenus desideraliiin opus. Bâle, i5i8-i562, 
in-folio, à la suite duquel on trouve un traité des poisons de Ponzetti. 

Page 2-().— François Brigard. médecin de Charles IX et de Henri III, 
doyen de la Faculté en i558, mourut le 4 septembre 1679. 

Page 27O. — .Martin II Akakia, fils de Martin I"', docteur régent, 
occupa le premier la chaire de chirurgie au Collège royal, en 1574, et 
mourut en i588, âgé de 49 ans. Sa sœur Marie, épousa Jean Cartier, con- 
trôleur du magasin à sel, à Paris ; leur fille, Isabelle Cartier, se maria le 
4 juin 1575 avec Mathurin Charton, procureur au Châtelet de Paris; les 
témoins furent : Jacob Akakia, docteur en droit; Jean Akakia, seigneur 
de la Batte ; Pierre Thouzet, docteur régent ; Àlartin II Akakia, son 
oncle, etc. (Archives Nationales, Y. 116. fol. 455.) Alartin III. son fils, fut 
aussi professeur de chirurgie au Collège royal, et mourut le 12 février 
1604. 



APPENDICE 



JULIEN LE PAULMIER 

Julien Le Paulmier, dit P.ilm.irius, naquit dans le Cotentin 
en i520, d'une noble et ancienne famille, ainsi que l'attestent 
les archives de l'église de Coutanccs, et les chartes de l'ab- 
baye de Sainte-Marie de Montebourg (i) pour Tannée i25i. On 
lit, en effet, dans les premières : Joannes Palmerius tenet 
unum feodum apud Bardrevillam (2) iinde débet cxercitum, de 
equitatu , et, dans les secondes : VI idus novembns, Andres 
le Paulmier, miles, et ejus iixor. centum octo bussellos fru- 
menti dédit in pitanciis. (3) Julien quitta de bonne heure la 
maison paternelle, et, après avoir obtenu le grade de docteur 
en médecine en l'Université de Caen, vint à Paris où il se fit 
recevoir maître ès-arts, en iSqS, et s'inscrivit à la Faculté de 
médecine. 

Bachelier le 12 mars iSSq, il fut, le 10 février i556, admis à 
passer l'examen pour la Ucence qu'il subit avec éloges le 27 du 
même mois. Le 10 novembre suivant, il reçut le bonnet de doc- 
teur sous la présidence de M<^ Vincent Mustel (4) remplaçant 
Marin Simon, absent. SLk jours après, il soutint sa thèse pas- 

(i) Ch.-l. de cant, arr. de Valognes (Manche), avait une abbaye de 
Bénédictins, fondée en 1080 par Guillaume le Conquérant. 

(2) Baudreville ? iîaWena villa, canton de la Haye du Puits, arr. de 
Coutances (Manche). 

(3) Etienne JMorin. — Jacoti Palmerii Grentemesnillœi vil.i, dans 
Grœciœ antiqux descriptio. 

(4) Docteur régent, recteur de l'Université le 5 décembre i535, doyen de 
la Faculté de médecine en 1544-1546, mort le 22 août 1679. 



342 AMBROISE PARÉ 

tillaire et, le 3 décembre, présida, hors rang, sa première thèse 
quodlibétaire. 

Pendant quatre années. Le Paulmier fut chargé d'un service 
de malades à THôtel-Dieu de Paris, fonctions qu'il remplit 
encore durant un an, en i56o, lors d'une épidémie de peste dans 
laquelle il contracta cette maladie dont il se guérit en sept jours 
par des remèdes sudorifîques. (i) 

Elève particuUer de Fernel, il suivit ses leçons pendant dix 
ans, et signa en qualité de témoin, le 23 avril i553, le testament 
de ce célèbre médecin (2) qui lui légua ses livres et ses manus- 
crits. (3) 

Peu après, il épousa Gabrielle Passart, (4) et se livra dès lors 
à l'étude et à la clientèle. Obligé de fuir à cause de sa religion, 
— il était protestant, — il fut rappelé à la suite de l'édit royal, 
dit de Pacification, rétabli, le 4 février 1564, dans son ancien 
état, et admis à la présidence et aux grands émoluments. (5) 

Le 8 mai delà même année, par devant M" Brigrand et Go- 
guier, notaires du roi à Paris, Julien Le Paulmier et Gabrielle 
Passart, sa femme, firent donation à Antoine Carrelier, hérault 
d'armes de France du titre de Bourgogne, d'une maison, cour 
et dépendances assis à Paris rue Saint-Martin, où était sur le 
portail l'image Saint-^Iartin, audit sieur Le Paulmier apparte- 
nant par suite de l'adjudication à lui faite sur maître Hubert Le 
Fèvre et autres, à charge de payer le cens et autres rentes fon- 

(1) Le Paulmier, Bref discours de la peste. Epitre dédicatoire, - - et De 
febre pestilenti, cap. XXII dans De mortis contagiosis. 

(2) Goulin. Méin. litt. critiq. philolog. etc. 

(3) Gui Patin. Lettre à C/t. Spon, du 28 mars 1643. 

(4) Sa sœur, Françoise Passart, avait épousé Mathias Maretz, maitre 
orfèvre, bourgeois de Paris; le 4 décembre iSjg, elle fit donation à son 
fils, Jean Maretz, de tous ses droits en la succession de feue demoiselle 
Gabrielle Passart, femme en son vivant de M" Julien Le Paulmier, pour 
que ce fils pût mieux continuer ses études. 

(5) Commentaria FacuUatis Mcdicinx Pari.wnsis, t. VI. 



APPENDICE 348 

cicrcs, plus une rente de iod livres tournois à .M" Jacques Ar- 
roger, avocat en la cour de Parlement. (1) 

Le Paulmicr avait une nièce, nommée Guillcmette. Le 12 
avril 1567, par devant AL^ Brigrand et Goguier, notaires, hono- 
rable femme, Gabrielle Passart, épouse de M*^ Julien Le Paul- 
mier, docteur-régent en la Faculté de médecine en TUniversité 
de Paris, donna, en faveur du mariage de noble homme Nicolas 
Pajot, trésorier et paveur de la compagnie de M. de Chaulnes, 
avec Guillemette Le Paulmier, nièce dudit Julien, la somme 
de 6000 livres tournois pour être payée par les héritiers de 
ladite Passart après son décès. (2) Le même Jour, Julien Le 
Paulmicr fit, de son côté, donation à sa nièce de la somme de 
deux mille ecus d'or, de la moitié de tous ses acquêts, et de 
tous les deniers comptants trouves au jour de son décès, à des 
conditions semblables. (.3j 

En 1569, il pubUa à Paris, chez Guillaume de Nyverd, impri- 
meur ordinaire du Roi et libraire en la cour du Palais, le 
Traictc de la n.iture et eu rat ion des ptayes de Pistolle. Har- 
quebousc et autres bastonsà feu, ensemble les remèdes des com- 
bustions et bruslures externes et superficielles, in-8'^ de 57 ft'. 
plus 2 pages de titre, 6 d'épitre et 5 de table ; et, la même 
année, à Caen, chez Pierre Philippe, parut une autre édition 
in-4'^ de 79 p. et 3 ff. pour le titre et la dédicace. On sait que 
ce livre, dédié à Jacques de Matignon, fut l'occasion d'une 
grande querelle avec Ambroise Paré que nous avons rapportée 
ailleurs. (4) 

Après la Saint-Barthélémy, Charles IX épuisé par des veilles 
excessives, se trouva réduit à un état dont ses médecins ne pou- 
vaient le tirer ; Le Paulmier parvint à le guérir. Au mois de 

(1) Voir plus loin picce I. 

(2) Voir plus loin pièce IL 

(3) Voir plus loin pièce III. 
Cl) Voir plus haut, page 7.'. 



.)44 AMBROISE PARÉ 

mai i574, ce dernier accompagna le maréchal de Matignon aux 
sièges de Saint- Lô et de Domfront. 

Devenu veuf, et n'ayant point d'enfants, Julien Le Paulmier 
épousa, le 6 juillet 1674, noble damoiselle Marguerite de Chau- 
mont (i) née en i554, femme de grand mérite, et appartenant 
comme lui à la religion réformée. Montaigne, si avare d'éloges, 
la vante beaucoup dans une lettre qui nous a été conservée. (2) 
Le Paulmier suivit ensuite en qualité de médecin le duc d'An- 
jou, frère de Charles IX, dans son expédition des Pays-Bas, et 
le soigna pendant une grave maladie dont il fat atteint à Dun- 
kerque (3). Au mois d'avril 1578, il fat inscrit au nombre des 
médecins du duc d'Alençon, position qu'il conserva jusqu'à 
la mort de ce prince. (4) 

Ces voyages multipliés ne l'empêchaient point de poursuivre 

{\) J.xcobi Palmcrii Grcutcmesnillœi viLy. 

(2) Cette lettre a été publiée pour la première fois en 1724, dans l'édi- 
tion des Essais donnés par Pierre Coste, qui a ajouté les annotations sui- 
vantes: « L'original écrit de la propre main de Montaigne est à présent 
dans la bibliothèque d'un savant magistrat, ancien président des échevins 
d'Amsterdam, M. Gérard Van Papenbrock, qui a plus de mille lettres des 
plus savants hommes de l'Europe depuis deux siècles. M. Pierre Morin, 
fils d'Etienne Morin, mort ministre et professeur en hébreu à Amsterdam 
m'a procuré une copie très exacte de cette lettre au bas de laquelle il a 
trouvé ces mots écrits par M. Papenbrock : Est maniis Michaelis de 
Montaigne, scripsit i588. « 

Cette lettre est ainsi conçue : ■• Madamoiselle, mes amis sçavent que dez 
l'heure que ie vous eus veue, ie vous destinay un de mes livres : car ie 
sentis que vous leur aviez faict beaucoup d'honneur. Mais la courtoisie de 
Monsieur Paulmier m'oste le moyen de vous le donner, m'ayaut obligé 
depuis à beaucoup plus que ne vault mon livre. Vous l'accepterez, s'il 
vous plaist, comme estant vostre avant que ie le deusse : et me ferez cette 
grâce de l'aymer ou pour l'amour de luy ou pour l'amour de moy ; et ie gar- 
deray entière la debte qui iay envers Monsieur Paulmier pour m'en re- 
vencher si ie'puis d'ailleurs par quelque service. » 

(3j Vo ir plus loin pièce VI. 

' ■. '.ï-'d r;iii nationale, fonds français, vol. 7,854, Officiers de la 
maison de François, duc d'Alençon. 



APPENDICE 045 

SCS travaux. En 1678, il publia chez Du Val à Paris, son traité 
De inorbis: contagiosis, ouvrage qui eut trois éditions. 

Pendant cinq années, il resta attaché au maréchal de Ma- 
tignon, lequel, partant pour La Fère, au mois de juillet i58o, 
Tenvova au château de Torigny (i) pour donner des soins à la 
duchesse et à ses enfants pendant son absence. (2) 

Cette même année i58o, parut à Caen chez P. Le Chande- 
lier, le 'Bref discours de la préservation et curalion de la 
jjeste, petit in-8" de 4 feuillets et 29 pages. Cet opuscule, sou- 
vent présenté comme une traduction faite par Jacques de 
Cahaignes des deux livres publiés dans le traité De morbis 
contagiosis, n'est qu'un résumé écrit pour quelques amis 
désireux de se prémunir contre cette maladie. Une seconde édi- 
tion fut imprimée à Angers, chez Anthoine Hernault, 1584, pe- 
tit in-8" de 3i feuillets. Quelques recettes ont été ajoutées à la 
fin pour compléter le volume, 

A son retour à Paris, le maréchal de Matignon le présentai 
Henri III qui le nomma son médecin ordinaire avec le titre de 
conseiller. Le Roi l'envoya ensuite à Château-Thierry pour voir 
son frère gravement malade. Voici en quels termes un auteur 
du temps rapporte ce fait : « Si tost que Quasimodo fut passé 
en la dite année 1684, je m'en allay droict à Paris où je séjour- 
nay quelques jours pour apprendre au vray Testât de la maladie 
dudit sieur duc d'Alençon que je fus adverty par gens qui le 
sçavoient des médecins Lefebvre et Paumier, envoyez par la 
reine sa mère à Chàtcau-Thierri pour juger de l'issue de son 
mal qui avoient fait rapport qu'il n"en réchapperoit poinct. » (3) 

(i) Ch.-l. de canton, sur la Vire, arr. de Saint-Lô (Manche). Son châ- 
teau, rasé en 1845 par Edouard III, fut réédilié, et repris en 1418 par les An- 
glais auxquels le connétable de Richemond l'enleva en 144g. Vers la fin du 
xvi^ siècle, le maréchal de Matignon en fit construire un autre beaucoup 
plus beau dont une partie sert aujourd'hui d'Hôtel-de-viile. 

(2) Bref discours de la peste. Epitre dédicatoire. 

(3) Michel de la Ilugueric, Meniuires, t. II. p. 272. 



346 AMBROISE PARE 

Le 26 septembre i585, Julien Le Paulmier, docteur régent en 
la Faculté de médecine, demeurant rue de la Verrerie, paroisse 
Saint-Merry, acheta, de dame Philippe de Naillac, veuve de 
M. de Beauveau, et femme de mcssire Claude Barjot, chevalier, 
seigneur de .AIoussy-Barjot, du grand et petit Rencée, châtelain 
de Launay-Brevezey, conseiller du Roi en son conseil privé, et 
président en son grand conseil.demeurant à Saint-Germain-des- 
Prés-lez-Paris, paroisse Saint-Sulpice, la baronnie, terres et 
seigneuries de Vendeuvre (i) et Grentemesnil, (2) assises en la 
paroisse de Vendeuvre, baiUiage de Caen, vicomte de Falaise, 
consistant en plein fief de haubert, avec toute justice, maisons 
seigneuriales et pourpris, droits de présentation à l'église et à 
la chapelle de Vendeuvre, rentes de toutes sortes, bois, taillis, 
terres, prés, plants, herbages, moulins à blé, four à ban, 
etc. tant en ladite paroisse que dans celles de Grizy, Pons et 
environs ; cette terre relevait de M. de Crèvecœur, sieur du 
Hallot, et le fief de Grentemesnil, du Roi. Le prix de cette ac- 
quisition était de huit mille trois cent trente-trois écus soleil 
un tiers, plus deux cents écus soleil pour les épingles de la 
venderesse,dont moitié fut payée comptant le 26 octobre i585, 
par les mains de damoiselle ^larguerite de Chaumont, épouse 
de Le Paulmier. (3) 

Au mois de décembre suivant, le Roi, en considération des 
services qu'il avait rendus tant à l'armée, aux sièges de 
Saint-Lô et de Domfront et ailleurs, qu'à son frère le duc 
d'Alençon et d'Anjou, lors de la grande maladie qu'il essuya à 
Dunkerque, accorda la noblesse avec le titre d'écuyer à son 

(i) Commune du canton de Coulibœuf, arr. de Falaise, (Calvados), sur 
la Dive. 

(2) Grand-raénil, canton de Saint-Pierre-sur-Dives, arrondissement de 
Lisieux (Calvados), autrefois, Grentemesnil, Greutemaisnilium, dans 
Orderic Vital. — C'est un quart de haubert assis à Vendeuvre, qui s'étend 
à Saint-Brix-de-Grizy et environs. — (Arch. Xat. P. 864, n" ii5.) 

(.3) Voir plus loin pièce V. 



APPENDICE 347 

amé et féal maître Julien Le Paulmicr, sieur de Vendeuvre et de 
Grentemesnil en la vicomte de Falaise, Fun de ses conseillers 
et médecins ordinaires, pour lui et ses descendants, avec les 
armoiries timbrées désignées dans ses lettres -patentes (i). 
Malgré les représentations de ses cousins Guillaume Le Paul- 
mier (2), conseiller et chambellan de Henri III, et Nicolas 
Le Paulmier, seigneur de {Vcuilla' ï), et aumônier du Roi, 
qui craignaient que celte récente élévation ne nuisit à Tancien- 
neté de leur noblesse, Julien accepta, voulant, comme Caton, 
ne devoir qu'à lui-même sa propre illustration (3). 

Sa mauvaise santé l'engagea à venir se fixer à Caen avec sa 
femme, son fils Jean et ses deux filles. Il y visita quelques 
malades chez lesquels l'accompagnait son élève Jacques de 
Cahaignes (4). Bientôt, sa femme lui donna un second fils. 
Sentant approcher le terme de sa grossesse, elle se rendit à 
une maison de campagne de son père située près de Sainte- 
Barbe-en-Auge (5), à dix milles de Caen, et, le .5 décembre 1587, 

(i) Voir plus loin pièce VI. •— Ces armoiries sont d'azur, à 3 palmes 
d'argent, posées 2 et i. 

(2) Guillaume eut un lils, Jean-Baptiste Le Paulmier, président de la 
chambre des comptes de Marseille. Celui-ci avait épousé Marguerite 
Andria, de la famille des ducs d'Andria, province de Bari, au royaume de 
Naples, et en eut une fille qui se maria avec Louis Forbin d'Oppède, d'une 
maison noble de Provence. 

(3) Jjc. Palm. Grcntcin. vil a. 

U) Professeur de médecine et recteur de l'Université de Caen, naquit 
dans cette ville en 1548, et y mourut en 1612. Outre son Elogiorum civium 
Cadomenshim Centuria prima, dont M. de Blangy vient de donner une 
traduction, deux brochures sur l'eau d'IIébccrevon, et quelques discours, 
il a publié plusieurs ouvrages de médecine, entre autres Brevis facilis- 
qiie mctliodtts curandarum febriuin, Caen 1616, in-8". Dans un manuscrit 
autographe appartenant à la bibliothèque de Caen, Cahaignes dit qu'il a 
traduit en français pour ceux qui n'entendent pas le latin, le traité de 
Le Paulmier, De lue venereJi, et que Roussel a fait des vers pour cette 
traduction que nous n'avons pu rencontrer. 

(5) Prieuré de chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin, fondé sur 
la Dives dès io55 par Odon Stigand et approuvé en 1060 par Guillaume le 
Conquérant. En 112!!, K. de Tancarvillc ratifia les donations de ton beau- 



348 AMBROISE PARÉ 

elle y mit au monde Jacques, qui prit le nom de Grentemesnil. 

Complètement guéri par son séjour en Normandie, Le Paul- 
mier fit un voyage à Paris où Marguerite de Cliaumont, sa 
femme, fut marraine le ig avril i588, en l'église Sainte-Made- 
leine de la Cité (i). Attribuant à l'usage du cidre le rétablisse- 
ment de sa santé, il publia chez Guillaume Auvray, rue Saint- 
Jean-de-Beauvais, De vino et pomaceo libri duo, in-S" de vi et 
76 ff. dont Jacques de Cahaignes fit paraître l'année suivante 
une traduction amplifiée, chez Pierre Le Chandelier, à Caen, 
intitulée : Traité du vin et du sidre, ïn-Q" de iv et 87 ff., à la 
fin de laquelle on trouve une correspondance du traducteur avec 
Jean Riolan et Guillaume Lusson, médecins de Paris. Quelques 
exemplaires contiennent en outre une ode de Pierre Gondouin 
adressée à Julien Le Paulmier, et placée en tête du volume. 
Outre les ouvrages ci-dessus, il avait publié un choix de con- 
sultations de son maître Fernel, insérées dans l'édition de ses 
œuvres complètes de 1587. 

Le 5 décembre i583. Le Paulmier mourut d'apoplexie à 
Caen, et fut inhumé dans l'église de Vendeuvre, dont il était 
seigneur. Gui Patin nous apprend qu'il avait amassé cinquante 
mille écus (2). Sa veuve, fixée dans cette commune, lui survécut 
jusqu'en iSgg. 

frère Stigand, et le prieure fut alors institué. En u86, ù Bur-le-Roi, 
Henri II confirma toutes les donations faites à Sainte Barbe. Sous l'admi- 
nistration de Robert de la Ménardière, chantre de la Sainte-Cliapelle et 
abbé de Barbery, ce prieuré fut réuni aux Jésuites de Caen, en vertu d'une 
bulle du 20 décembre 1607, confirmée par lettres-patentes du 6 avril lOio. 
On voit encore des vestiges des bâtiments dans une ferme située à 
Mézidon, arrondissement de Lisieux. 

(i) Ancienne synagogue située rue de la Juiverie, changée en église en ii83, 
après Texpulsion des Juifs, et démolie au commencement de la Révolution. 

(2) Lettre à Ch. Spon, édition Réveillé-Parise, tome I., lettre 1645. 
Comme à tant d'autres, ce médecin satirique lui prodigue les injures les 
plus violentes à cause de sa parenté avec Pierre Le Paulmier, partisan de 
l'antimoine et des remèdes chimiques ; mais, dans le procès intenté à ce 
dernier, l'avocat-général Servin déclare que la Faculté tenait la mémoire 
de Julien pour très honorable. 



APPENDICE 349 

De ses deux lils, raîiic, Jean, baron de Vendcuvrc, passa 
sa jeunesse à la Cour, et fut chambellan de Henri de Bourbon, 
prince de Condé. Il épousa, le 14 juillet 1602, Marie de Ber- 
nières, fille de Jean de Bernicres de Fontenai, seigneur de 
\'aux, et d'Anne du Chesne. La plus grande partie de sa vie 
s'écoula à Vendeuvre où il mourut en 1648, laissant sept en- 
fants dont trois fils. L'ainé épousa, le 5 mars i633, demoiselle 
Anne Cordouen, fille du chevalier de Membray, et de demoi- 
selle de Beaumanoir. Guillaume, le second, devint maréchal 
de camp. Jacques, le plus jeune, né à Vendeuvre en décem- 
bre 1624, fut brigadier des armées du Roi, chevalier de Saint- 
Louis, et sieur de Vendeuvre. Ce dernier a produit une infi- 
nité de petits vers et de billets galants, et a raconté quelques- 
uns des quarante-huit sièges ou batailles auxquels il a assisté. 
On lui attribue la Relation de la guerre de Flandres en l'année 
1667, Paris, Claude Barbin, 1668, in-12. Avec Conrart, il revit la 
version surannée des psaumes de Clément Marot et de Théodore 
de Bèze, puis, en i685, il abjura le protestantisme entre les mains 
de Daniel Huet. Il mourut le i3 avril 1702, à l'âge de 77 ans. Son 
oncle Jacques, sieur de Grentemesnil, lui avait légué ses biens ; 
les héritiers de la femme de ce dernier réclamèrent deux rentes, 
Tune de cinq cents, l'autre de trois cents livres : le bailli de 
Caen, par sentence du 8 juillet 1670, leur donna gain de cause. 
Jacques de Vendeuvre en appela. Marie Moysant, veuve de 
Nicolas de Baucquemare et Esther Le Seigneur, créancières de 
Jean et de Thomas Samborn, deux des héritiers de Marguerite 
Samborn, anticipèrent Jacques sur ledit appel en la Chambre des 
enquêtes du Parlement de Rouen, et Jeanne et ALarie Samborn, 
autres héritières, Tanticipèrent en la grande Chambre du même 
Parlement, d'où conflit de juridicuou. Sur la requête de Jacques 
de Vendeuvre, le Roi renvoya les parties au parquet des gens 
du Roi du Parlement de Rouen, le 12 juin 1671 (i). 

(i) Archiv. Xat. V. rP.o. 



35o AMBROISE PARÉ 

Les trois filles aînées de Jean étaient mariées : Hélène, la 
dernière, épousa Etienne Morin, savant critique et orientaliste, 
né à Caen, paroisse Saint-Jean, le r^' janvier làzS. Après avoir 
été quinze ans ministre protestant ci Saint-Pierre-sur-Dives et 
à Saint-Sylvain, celui-ci remplit les mêmes fonctions à Caen 
pendant vingt ans. Réfugié à Amsterdam après la révocation 
de redit de Nantes, il y fut ministre de l'église Wallonne, et y 
professa les langues orientales jusqu'à sa mort arrivée le 5 mai 
1700. Outre la vie de Samuel Bocliart qu'il assista dans ses 
derniers moments, et celle de Jacques Le Paulmier, qui nous 
a beaucoup servi pour la rédaction de cette notice, il a publié 
des dissertations latines sur des sujets de l'antiquité sacrée 
et profane. 

Le second lils de Julien, Jacques Le Paulmier, chevalier, 
seigneur de Grentemesnil, dit Palmerius, s'instruisit dans les 
lettres et les sciences. Il étudia à Rouen, à Paris, à Sedan, à 
Orléans, servit en 1620 dans les rangs des Hollandais contre 
l'Espagne, puis entra en i635 en Lorraine, à la tète d'une com- 
pagnie de cavalerie sous les ordres du duc de Longueville. En 
1648, Jacques perdit son frère avec la veuve duquel il demeura 
à Vendeuvre jusqu'à la mort de celle-ci ; il se retira alors à 
Caen où il épousa Marguerite Samborn, riche Anglaise d'une 
bonne famille, qui mourut en i663. Au commencement de l'an- 
née 1659, il se fit tailler à Paris par le célèbre Colot qui lui en- 
leva neuf gros calculs ; il dut encore subir la même opération 
l'année suivante. Au mois d'août i66g, sa santé s'altéra tout à 
fait, et après un an d'horribles souffrances, il mourut à Caen, 
d'une néphrite calculeuse, le i^'' octobre 1670, âgé de près de 
83 ans. 

Jacques Le Paulmier fut, avec Moisant de Brieux, l'un des 
fondateurs de l'Académie de Caen. Ses ouvrages sont nom- 
breux ; voici les principaux : Exercitationes in optimos fere 
autores grœcos, Leyde, in-^^ 1668, réédité à Utrecht en 1694. — 
Grœcix antiqux dcscriptio, Leyde, 1678, in-q^, ouvrage ina- 



APPENDICE ODI 

chevé, cl publié par ]'lt. Moiin. — Philopatris, manuscrit, 
février 164'j, à la bibliothèque nationale de Paris. — Dialogue 
des Danphi/is sur la naissance du Dauphin, en grec, Caen, 
Maurice ^'von, 1662. — Apologie pour Lucain contre Vir- 
gile, en latin, L.eyde, 1704, in-o" — Eloge de Cl. Sarrau. — 
Des poésies grecques, latines, françaises, italiennes, espagnoles, 
parmi lesquelles un poème grec sur la Chasse de la bécasse, 
dédié à Samuel Bochart. — Des notes géographiques publiées 
dans un recueil d'anciens géographes, Leyde, 1700, in-4". — etc. 
Julien Le Paulmier avait un neveu nommé Pierre, médecin 
d'un esprit distingué auquel son goût prononcé pour la chimie 
attira des querelles fréquentes avec la Faculté. Né à Coutances, 
en i568, il vint étudier la médecine à Paris et, le 7 avril iSço, 
après avoir justifié de son temps d'études et produit ses lettres 
de grade, il fut reçu bachelier. Le 18 Janvier iSçS, il passa, 
sous la présidence d'Antoine Quiquebeuf, la thèse quodlibé- 
taire : Est-ne hydrargyrus luis venereœ alcxipharmacuni? 
Negat. Le 3o mai suivant, il soutint, devant Henri de Monan- 
iheuil, la thèse suivante dédiée à Jean de la Rivière, premier 
médecin du roi de France et de Navarre : Purganl-ne medica- 
menta suhstantiœ similitudine? Afjirm. Quelques mois après, 
il fut nommé médecin de THôtel-Dieu; on lit. en effet, dans 
le IX'' registre des délibérations de cet hôpital, à la date 
du 6 mars iSgô : « W Pierre Paulmyer, licencié en la Faculté 
de médecine, reçu médecin de THôtel-Dieu, moyennant 
200 livres de gages par an et 100 livres de pension (1). » Bien 
qu'on lui en donne ici le titre, il n'était cependant pas encore 
licencié; admis le 8 avril à l'examen dit « particulier, » il obtint 
la licence le 21 du même mois. 

Le 28 août iSgô, il passa sa vespjrie sous Jean Hautin. 
Il subit deux fois l'épreuve du doctorat, soutint sa thèse pas- 
tillairc le .S décembre, et le 5, présida la thèse extra ordincm 

(i) Bricle. Collection Je docii/iieiits pour servir â Vliistoire des Iiôpilaii.x de 
Paris, 1882, t. I, p. 27. 



352 AMBROISE PARE 

suivante présentée par Pierre Guénault, du Mans : Sunt-ne 
duo generationis primordia, semen et sanguis maternus? 
Affirm. Le 4 novembre 1600, la Faculté le nomma lecteur en 
pharmacie. 

Partisan déclaré des remèdes chimiques, Pierre Le Paulmier 
fît aux apothicaires, Tannée suivante, des leçons que la Faculté 
jugea contraires à sa dignité et à la doctrine d'Hippocrate et 
de Galien. Défenses lui furent faites de continuer, sous peine 
d'être rayé de la liste des docteurs. Le Paulmier fil une réponse 
pubuée sous le nom d'Honoré Garnier, compagnon, demeu- 
rant en chambre. Cité devant le Parlement le 5 décembre 1597, 
la Cour lui défendit de poursuivre son enseignement (i). 
Le 3o de ce mois, il fut président d'une thèse défendue par 
Martin Akakia : An à capitis traumate oppositœ partis con- 
vulsio Icthalis? Affirm. 

Cependant, il continuait ses rapports avec les chimistes et, 
le i3 août i6o3 il reconnut, devant l'Ecole, avoir fréquemment 
consulté avec Quercetan (2) pour lequel il avait une grande 
estime, et soutint l'utilité de la médecine spagirique. La Faculté 
répondit qu'aucun docteur ne pouvait faire de médecine avec 
Quercetan, la spagirique étant pleine d'inepties et de men- 
songes. Elle décida que, le 27 août. Le Paulmier viendrait 
rendre compte de sa conduite devant l'assemblée des méde- 
cins. 

Le jour dit, ce dernier avoua ses relations avec Quercetan 
qui, d'ailleurs, était médecin du Roi, et déclara qu'il ne voulait 
rien entreprendre contre la Faculté. Celle-ci lui remit sa faute et 

(i) Commciilaircs de Li Facultc Je médecine, t. X, fol. .36, y" et 3". 

(2) Joseph Du Chesne, dit Quercetanus, ne dans l'Armagnac, sieur de la 
Violette, seigneur de Morencé et de Lysérable, conseiller et médecin de 
Henri IV, fut reçu docteur à Bàle vers iSyS. Partisan de l'antimoine et des 
préparations chimiques, il eut à soutenir des luttes avec la Faculté, et a 
été fort décrié par Gui Patin. Il mourut à Paris en 1609, et a laissé de nom- 
breux ouvrages. 



APPENDICE 



353 



l'engagea ù s'abslcnir désormais. Le 18 octobre, Le Paulmicr, 
ainsi que tous les docteurs, prêta serment de n'avoir plus 
aucun rapport avecles spagiristes (i). 

Il présida, le 11 mars 1604, la thèse cardinale de Simon de 
Cubes : An omnia subliinaria liomini mcdicamentiim? Affirm. 
Le i5 septembre i6o5, Georges Arbaud le choisit pour pré- 
sider sa thèse quodlibétaire : An arthritis ab omni hiimore? 
Affirm. 

Entraîné par ses convictions, il publia un livre intitulé : 
Lapis p/iilosophicus dogmaticorum, quo paracelsista Liba- 
viiis î'esiifHitur, Scholœmedicœ Parisiensis judiciiim de Chy- 
micis decLiratiir, ('ensnra in adullcria et fraudai parachy- 
miconim deffcndititr, asserto venv Alchemiœ honore. Paris, 
chez David Douîceur, 1608, in-u°. Le privilège est du 17 dé- 
cembre 1608. Dans cet ouvrage, dédié au cardinal du Perron, 
il attaquait et défendait Libavius (2), soutenait que la chimie 
est une partie de la pharmacie, vantait l'antimoine que la 
Faculté avait condamné par décret du 3 août i565, et préco- 
nisait une préparation d'or potable avec laquelle il avait guéri 
une femme atteinte de la lèpre, dont il rapporte l'observation 
à la fin du volume. 

Le 24 janvier 1609, Nicolas Ellain signala à l'Ecole ce livre 
récent comme étant rempli d'erreurs et d'impostures. Trois 
docteurs, Barthélémy Perdulcis, François du Port, et Jean 
Riolan, furent désignés pour l'examiner et en rendre compte. 
Cité devant la Faculté quatre jours après, Le Paulmier pré- 
senta sa défense. La censure avec inscription sur les registres 
fut prononcée contre cet ouvrage indigne de voir le jour, et 

(i) Commentaires, t. IX. 

(2) André Libavius, né à Halle en Saxe, professa l'histoire et la poésie à 
léna, et fut nommé en i6o5 directeur du jrymnase de Cobourg, où il mou- 
rut en i6i6. Médecin et chimiste, il a publié de nombreux ouvrages où, a 
côté d'erreurs ridicules, se trouvent d'utiles découvertes eu chimie. Il a 
conseillé la transfusion du sang. 

23 



354 AMBROISE PARÉ 

contre son auteur. On décida que, dans le délai de six mois, 
celui-ci abjurerait ses erreurs et désavouerait son livre dans 
une nouvelle publication, faute de quoi, il serait rayé de la 
liste des docteurs régents ; qu'en attendant, il serait privé de 
tous les émoluments. Le Paulmier répondit qu'il se confor- 
merait à cette décision qui lui fut signifiée le i6 mars, en la per- 
sonne de Catherine Baudry, sa servante. 

Mais, dix jours après, il fit paraître un nouveau livre inti- 
tulé : Laiirus palmaria fugans ventancum fiilmcn cyclopum 
a/iquot, falso Scholx Parisicnsis nominc evulfratiim, in li- 
brum Pétri Palmarii doctoris medici Parisiensis. Lutetiae. 
martis 26, anno Domini 1609, in-8". Dans cet ouvrage, 
dédié aussi au cardinal du Perron, archevêque de Sens, il 
répond aux cinquante-trois objections des censeurs. La 
Faculté prononça encore la censure contre ce libelle, qu'elle 
déclara plein de fard, de fraudes, d'impostures et de men- 
songes. Mais déjà, Le Paulmier avait interjeté devant le Parle- 
ment un appel comme d'abus bientôt transformé en simple 
appel. Il assigna à son tour les docteurs régents et nommé- 
ment le doyen comme auteur de la censure, et fit citer dix 
médecins favorables à sa cause (i). 

Le 6 juillet 1609, l'affaire vint devant le Parlement. Philippe 
Piètre, frère du médecin Simon Piètre, plaida pour la Facul- 
té; Gago pour le doyen; Richelet défendit Le Paulmier; l'avocat- 
général Servin parla au nom du procureur-général; le médecin 
Claude Charles, gendre de Simon Piètre, fut chargé par le 
doyen de soutenir la doctrine de l'Ecole et de défendre le 
décret. 

On reprocha à Le Paulmier : 1" d'avoir composé un nou- 
veau médicament à l'aide du feu dit « philosophique; » 
2" d'employer des poisons en médecine; 3" d'user de l'or 
potable avec lequel il prétendait avoir guéri une ladresse; son 
Launts n'était point palin.Trij, sed fan.ific.i. etc. 
(i) Commenl.rircx, t. X. fol. 25i, v" et suiv. 



APPENDICE 355 

Enfin, fut rendu l'arrct suivant : « La Cour a mis et met 
Tappellation dont est question au néant, sans amende ni 
dépens, ordonne que ce dont est appelé sortira son eflet, et 
met les parties hors de cour. Fait en Parlement, le 6'' jour de 
juillet 1609 (i). 1) 

Cela n'était pas fait pour raccommoder Le Paulmier avec 
l'irascible compagnie; il persista dans ses opinions qu'il regar- 
dait avec raison comme vraies et, à partir de ce moment, ne 
prit plus aucune part aux actes de la Faculté. Il mourut le 
17 janvier 1610, âgé de 42 ans, d'une attaque d'apoplexie sur- 
venue, suivant Gui Patin, auprès de ses fourneaux, pendant 
une opération chimique (2). Il ne paraît pas avoir été marié. 
Pierre Le Paulmier eut une clientèle étendue, et demeurait rue 
Saint-Antoine. Après sa mort, les livres et les papiers qu'il 
avait hérités de son oncle furent achetés par Turquet de 
Mayerne (3) qui les utilisa pour ses publications. 



(i) Actio)is notables cl pl.iidoyerx de Serviu, Paris. 1640, in-fol. — 
Plaidorc... en 1.7 cause d'un ntuniné messirc Pierre Paulmier, docteur en 
médecine, etc. 

(2) Synopsis. Cette d;ite est peut-être celle de son inhumation ; on lit, 
en effet, dans le Journal de VEstoile : 

« Le Vendredi iS"^ (Janvier 1610) moururent à Paris deux médecins l'ung 
nommé Le Moyne, et l'autre Paumier. tous deux estimés très habiles et 
très experts en leur art, que j'honore. » 

(.3) Théodore Turquet de ^Liyerne, baron d'Aubonne, en Suisse, né à 
Genève le 28 septembre iï~2, docteur de Montpellier, médecin par quar- 
tier de Henri IV, en 1602, et de Louis XIII, premier médecin de Jacques P"" 
et de Charles P"'' rois d'Angleterre, mourut à Chelsea le i5 mars i655. 



i564 — 8 Mai. 

JULIEN LE PAULMIER, DOCTEUR EN MÉDECINE, ET GABRIELLE 

PASSART, SA FEMME, FONT DONATION A ANTOINE CARRELIER, 

HÉRAULT d'armes DE FRANCE, DU TITRE DE BOURGOGNE, 

d'une MAISON SISE A PARIS, 

RUE SAINT-MARTIN , EN LA CENSIVE DE SAINT-MERRI, 

ET PORTANT POUR ENSEIGNE LIMAGE SAINT-MARTIN. 

Furent présens en leurs personnes, maistre Julien Paulmier, 
docteur régent en la Faculté de médecyne en l'Université de Pa- 
ris, et Gabrielle Passart, sa femme de luy auctorisée, lesquelz 
confessèrent et confessent, en la présence des notaires soubzsi- 
gnez comme en jugement, avoir donné, ceddé, quicté, transporté 
et délaissé en pur don irrévocable faict entre vifz du tout, dès 
maintenant à tous jours et oultre pour plus grande seuretté du- 
dict don, promectant, chascun pour le tout, sans division ne dis- 
cution, renonçant aux bénéfices de division et ordre de discution, 
garentir de tous troubles et empeschemens générallement quelz- 
conques à noble homme Antlioine Carrelier, hérault d'armes de 
France dutiltre de Bourgongne, à ce présent et acceptant, pour 
luy, ses hoirs et ayans cause, une maison, court, lieulx et appar- 
tenances assis à Paris, rue Sainct-Martiu où est sur le portail 
l'image Sainct-Martin. audict sieur Paulmier appartenant au 
moien de l'adjudication à luy faicte par décret de licitation ou 
Chastellet de Paris sur maistre Hubert Le Fèvre et autres, 
ainsi qu'il est plus à plain contenu et déclairé es lectres de la- 
dicte licitation et adjudication, lesquelles lectres, pour plus 
grande seuretté de garentie, ledict sieur Paulmier a baillées au- 
dict sieur Carrelier. Ladicte maison en la censive des chéve- 
cier, chanoines et chappitre de l'église Sainct-Médéricq à Paris 



APPENDICE 3h7 

Cl chargé des cens et rentes foncières et antiennes que ce peult 
debvoir, lesdictes parties sur ce interpellées n'ont peu quant à 
présent déclarer, chargé oultre ladicte maison de cent livres 
tournois de rente envers maistre Jacques Arroger, advocat 
en la court de Parlement: pour de ladicte maison joir, faire et 
disposer par ledict donnataire, ses hoirs et en faire et disposer 
comme de sa propre chose, vray et loyal acquest. Cest don, 
cession et transport faict/. ausdictcs charges et oultre pour le 
bon amour que lesdictz donnateurs ont et dient avoir audict 
donnataire et parce que tel est leur plaisir de ainsi le faire. 
Transportans etc., dessaisissans etc., voullans procureur 
le porteur etc., donnans povoir etc. Et pour insinuer la 
présente donnation en jugement et partout ailleurs où il appar- 
tiendra, lesdictz donnateurs et donnataire ont faict et constitué 
leur procureur yrré vocable le porteur de ces lectres auquel ilz 
ont donné puissance de ce faire et en oultre. tout ce que au cas 
apartiendra. 

Promectant etc., obligeant chascun pour le tout sans division 
ne discussion, renonçans, etc. mesmement ausdictz bénéfices de 
division et ordre de discution, la dicte femme aux droictz et 
bénéfices de Véleyan, Divadrien, et à l'Autenticque Si qua mulicr, 
et à elle déclaircz et donnez à entendre par lesdictz notaires 
estre telz que une femme ne se peult obliger pour autruy, mes- 
mes pour son mary, sans avoir expressément renoncé ausdictz 
bénéfices. 

Faict et passé Fan mil cinq cens soixante quatre, le lundy huic- 
tiesme jour de may. Ainsi signé : Brigrand et Goguyer. 

Et au doz est escript l'insinuation ainsi qu'il s'ensuict : 

L'an mil cinq cens soixante quatre, le jeudi dix-huictiesmc 
jour de may, le présent contract de donnation a esté apporté 
au greffe du Chastellet de Paris et icelluy insinué, accepté et 
eu pour agréable aux charges y apposées par maistre Pierre 
Langloix comme porteur dudict contract et procureur de noble 
homme maistre Julien Paulmier et Gabrielle Passart, sa femme, 



358 AMBROISE PARÉ 

donnateurs, et de noble homme Anthoine Carrelier, doimataire, 
y dénommez de l'autre part. Lequel a esté enregistré au présent 
registre des insinuations dudict Chastellet suyvant l'ordonnance, 
ce requérant ledict Langloix, oudict nom, qui de ce a requis et 
demandé acte à luy octroie et baillé ces présentes pour servir 
et valloir ausdictz donnateurs et donnatairo en temps et lieu ce 
que de raison, et après, rendues. 

(Archives nationales Y. io5. fol. io6.) 



II 
i567 — 12 Avril. 

GABRIELLE PASSART, FEMME DE JULIEN LE PAULMIER, DOCTEUR 

EN MÉDECINE, DONNE A NICOLAS PAJOT, 

TRÉSORIER ET PAYEUR DE LA COMPAGNIE DE M. DE CHAULNES, 

SIX MILLE LIVRES TOURNOIS, A CAUSE DU MARIAGE 

DUDIT PAJOT AVEC GUILLEMETTE LE PAULMIER , SA NIECE. 

Honnorable femme Gabrielle Passart, femme de noble homme 
maistre JuUien Le Paulmier, docteur régent en la Faculté de 
médecine en l'Université de Paris, confesse, en faveur du ma- 
riaige d'entre noble homme Nicolas Pajot, trésorier et payeur de 
lacompaignye de monsieur de Chaulnes, et Guillemette Le Paul- 
mier, niepce dudict maistre JulUen Le Paulmier, et lequel mariaige 
autrement n'eust esté faict, avoir donné et par ces présentes 
donne en pur don audict Pajot, à ce présent et acceptant, la 
somme de six mil livres tournois, laquelle somme ladicte 
Passart veult estre payée par ses héritiers après son décez sur 
tous et chascuns ses biens meubles, acquestz et conquestz 
immeubles qui luy appartiendront au jour de son dict trespas, 
et icclle somme prinse par icelluy Pajot sur iceulx, avant toutes 
autres choses et veult ladicte Passart la présente donnation 



APPENDICE OOg 

valloir en la meilleure forme que faire se peult, soyt par dispo- 
sition entre vifz et irrévocable que autre disposition ayant 
traict à mort, à la charge que sy du mariaige dudict Pajot et 
deladicte Guillcmette Le Paulmier y avoit enfFans, dont néanl- 
moins ledict Pajot joyra sa vye durant à sa caution juratoire, et 
où il n'y auroit enôans, ladicte somme retournera au prouffict 
de qui il plaira à ladicte Passart pour en joyr après la mort 
dudict futur espoux. Et le cas advenant que ledict Pajot 
dcceddast auparavant ladicte future espouze, ladicte somme de 
six mil livres tournois sera employée en propres pour lesdicts 
enflfans comme dessus, et du revenu en joyront lesdicts enffans 
et non ladicte Paulmier. Et pour insinuer la présente donnation 
lesdictes parties ont faict leur procureur irrévocable le porteur 
de la présente. Promettant etc., obligeant etc., renonçant etc. 

Faict l'an mil cinq cens soixante sept, le douziesme jour 
d'apvril, signé Brigrand et Goguier et au bas est cscript : Enre- 
gistré par Goguier. Et au doz a esté mis et escript l'insinuation 
ainsi qui s'ensuict. 

L'an mil cinq cens soixante huict, le mecredi septiesme jour 
de juillet, le présent contract de donnation a esté apporté au 
greffe du Chastellet de Paris et icelluy insinué, accepté et eu 
pour agréable aux charges et conditions y apposées parmaistre 
Jaques Favier comme procureur de honnorable femme Gabrielle 
Passart, donatrice, et par noble homme Nicolas Pajot en per- 
sonne, donataire dénommés oudict contract de donnation, lequel 
esté enregistré au présent registre xxiiif volume des insinuations 
dudict Chastellet de Paris suivant l'ordonnance, ce requérant 
ledict Favier oudict nom, et ledict Pajot donataire, qui de ce 
ont requis et demandé acte à eulx octroyé et baillé ces présentes 
pour servir et valloir à icelluy donataire en temps et lieu ce 
que de raison. Et après ce ont esté lesdictes lectres rendues 
audict Pajot. 

(Archives Nationales, Y. 109 fol. ig.) 



III 

i567 — 12 Avril. 

DONATION PAR JULIEN LE PAULx^lIER DE 2O0O ECUS D'oR ET DE 

LA MOITIÉ DE TOUS SES ACQUÊTS AVEC TOUS DENIERS 

GOMPTANS TROUVÉS AU JOUR DE SON DÉCÈS, A GUILLEMETTE 

LE PAULMIER, SA NIECE, 

EN FAVEUR DE SON MARIAGE AVEC NICOLAS PAJOT. 

L"aii mil cinq cens soixante unze, le treiziesme jour de 
novembre, fut par nous, notaires ou Chastellet de Paris 
soubzsignez, extraict du contract de mariaige passé par devant 
Brigrand et Goguier. aussy notaires, le douziesme jour d'avril 
mil cinq cens soixante sept, entre Nicolas Pajot et Guillemette 
Le Paulmier, sa femme, ce qui s'ensuict. 

Et pour à icelluy parvenir, ledict M<^ Jullian Paulmier a pro- 
mis donner et bailler ausdicîz futurs espoux dedans le jour de 
leurs espouzailles, la somme de deux mil escus d'or soleil, 
avec ce, habiller ladicte Guillemette, sa niepce, honnestement, 
selon son estât. En faveur aussi duquel mariaige ledict Le 
Paulmier a donné et donne à ladicte future espouze, pourveu 
que du mariaige de luy et de Gabrielle Passart, sa femme, n'y 
ayt enfans au jour de la dissolution de leurdict mariaige, la 
moictié de tous et chascuns ses acquestz et conquestz immeu- 
bles, à quelque valleur et estimation qu'ilz se puissent monter 
et où ilz soient scituez et assis, sans aucuns en réserver, avec 
tous et chascuns les deniers comptans qu'ilz seront trouvez luy 
appartenir au jour de son dict trespas, et lesquelz deniers 
comptans seront emploiez en propre pour ladicte future espouze 
et les siens. Desquelz biens dès maintenant comme pour lors 
et dès lors, comme dès maintenant ledict sieur Paulmier oudict 
cas faict don, cession et transport irrévocable de entre vifz à 



APPENDICE 36 1 

icclle future espouzc, et lequel don, hors mis lesdictz deux mil 
escus, sera propre à ladicte future espouze et aux cnffens qui 
viendront dudict futur mariaige après le trespas de ladicte future 
espouze; duquel don ledict futur espoux jouira sa vie durant 
semblablement, s'il survit sans enffens ladicte Guillemettc, et 
s'il n'y avoit enffens d'icelluy mariaige lors de la dissolution 
d'icelluy, les choses données, hors mis lesdictz deux mil escus, 
retourneront aux héritiers dudict seigneur Paulmier après le 
décedz desdictz futurs espoux. Et sy aujour de la disso!utii:n 
du mariaige desdictz seigneur Paulmier et ladicte Gabriellc 
Passart, sa femme, y avoit enfant, ledict don demeurera nul, 
hors mis lesdictz deulx mil escus soleil, et au lieu de ce, icelluy 
Le Paulmier a donné et donne ausdictz futurs espoux, aussy en 
pur don irrévocable la somme de cinq cens livres tournois de 
rente à prandre chascun an sur tous et chascuns ses biens et 
sur chascune partie et portion d'iceulx après son trespas, 
racheptable de six mil livres tournois. Pareillement a esté 
accordé que sy ledict Pajot décedde auparravant ladicte future 
espouze sans enffens dudict mariaige, que les donnations sus- 
dictes sont et demeurent nulles, au Heu desquelles ledict 
seigneur Paulmier donne et laisse à sadicte niepce deux cens 
livres tournois de rente, pour en jouir par elle en proprietté, 
incontinant après le trespas dudict seigneur Paulmier, soict 
qu'il y ayt enfans ou non de luy et de ladicte Passart, et iceulx 
deux cens livres tournois de rente avoir et prandre généralle- 
ment sur tous ses biens, racheptable de deux mil quatre cens 
livres tournois. Et pour insinuer le présent contract en juge- 
ment et partout ailleurs où il appartiendra, lesdictes parties ont 
faict et constitué leur procureur irrévocable le porteur de ces 
lettres, auquel ilz ont donné puissance de ce faire. Signé 
Goguier et Gaudicher, et à la fin dudict contract a esté mis et 
escript l'insinuation ainsy qu'il s'ensuict : 

L'an iS/i, le g'- jour de décembre, les présentes ont esté 
apportées au greffe du Chastellet de Paris et icellcs insinuées, ac- 



302 a:\ibroise paré 

ceptées et eus pour agréables aux charges et conditions y appo- 
sées par M'-^ Guillaume Bruneau, comme procureur de Nycolas 
Pajot et de Guillemette le Paulmier,sa femme, dénommez en ces 
dictes présentes, lesquelles ont été enregistrées au présent 
registre, xxvif vol. des insinuations dudict Chastellet suyvant 
l'ordonnance, ce requérant ledict Bruneau oudictnom, qui de ce 
a requis et demandé acte, à luy octroie et baillé ces présentes 
pour servir et valloir ausdictz Pajot et Guillemette Le Paul- 
mier, sa femme, en temps et lieu ce que de raison. 

(Archives Nationales, Y. 112. fol. i5o.) 



IV 



ETAT DE LA MAISON DE MONSEIGNEUR FRANÇOIS, DUC D ALENÇON 

DEPUIS i562 jusqu'en 1584. 

Médecins : 

Michel Vaterre, premier, à 800 livres. 

Jehan Mazille, hors en 1570. 

Léonard Botal, au lieu de Mazille, en iSjo. 

Jehan Bernard, en 1576, h. en i583. 

M. Chifflier, en 1576, h. en 1578. 

Loys Le Bègue, en 1576. 

Nicolas Helhn, en 1576, h. en i583. 

Jehan Asselineau, en 1576, h. en i583. 

Jehan Boutault, dit le Gravier, en 1576. 

Drouet, en 1576, h. en i583. 

Gardette, en 1576, h. en i583. 

Jehan Le Roy, en 1576, h. en i583. 

Du Pont, en 1576, h. en i583. 

Jehan Bernard d'Issoudun, en 1576, h. en i583. 

D'Alibourg, en 1576, h. en i583. 



APPENDICE 363 

ViolletLe, en iS'/6, h. en i5(">3. 
De la Bistrade en avril 1678, h. en i583. 
Paulmier en avril 1578, h. en i583. 
Jehan Joyau, en avril 1578, h, en i583. 
François Ronnier, en avril 1.578, h. en i583. 
Albert Le Fèvre, en avril 1678, h. en i583. 
Honore Penna, en avril 15/8, h. en i583. 
Alexandre Campaige, en avril 1578, h. en i5o3. 
Eaverte d'Aragon, en avril 1678, h. en i583. 
Briiman, en avril 1578, h. en i583. 
Guillaume de Baillou, en avril 1578, h. en i583. 
Philippes Hérault, en avril 1578, h. en i583. 

(Bibliothèque nationale, fonds français, 7853.) 



i585 — 26 Septembre. 

ACQUISITION PAR JULIEN LE PAULMIER, DOCTEUR REGENT EN LA 

FACULTÉ DE MEDECINE DE PARIS, DES BARONNIE, 

TERRES ET SEIGNEURIES DE VENDEUVRE ET GRENTEMESNIL 

EN NORxMANDIE, A LUI VENDUES PAR PHILIPPE DE NAILLAC, 

FEALME DE CLAUDE BARJOT, PRESIDENT DU GRAND CONSEIL. 

A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, Anthoine 
Duprat, chevalier de Tordre du Roy, seigneur de NantoiUet, etc., 
garde de la prcvosté de Paris, salut. Sçavoir faisons que par de- 
vant Nicolas Lenoir et Jehan Losson, notaires du Roy nostre sire 
en son Chastellet de Paris, soubzsignez, fut présente en sa per- 
sonne dame PhiHppes de Naillac, femme et espouse aucto- 
risée par justice au reffuz de messire Claude Barjot, chevalier, 
seigneur de Moussy Barjot, du Grand et Petit Rencée, chas- 
tellain de Launay, Brevezey, conseiller du Roy en son conseil 



304 A3IBR0ISE PARÉ 

privé et président en son Grand Conseil, demeurans à Sainct- 
Germain des Prez lez Paris, grand-rue dudict lieu, parroisse 
Sainct Sulpice, laquelle voluntairement recognut et confessa 
avoir vendu, ceddé^ quicté, transporté et délaissé, et par ces 
présentes vend, cedde, quitte, transporte et délaisse du tout, 
dès maintenant, à tousjours, a promis et promect garentir 
envers et contre tous de tous troubles et empeschemens géné- 
rallement quelconques, à noble homme M^ Jullien de Paulmier, 
docteur régent en la Faculté de médecine en l'Université de 
Paris, demeurant rue de la Verrerie, près et parroisse Sainct- 
Médéricq, à ce présent, acceptant, achepteur et acquesteur 
pour luy, ses hoirs et aians cause au temps advenir la ba- 
ronnie, terres et seigneuries de Vendeusvre et Gratemesnil à 
ladicte dame appartenans, scitués et assizes en la parroisse 
dudict Vendeuvre, païs de Normandie, bailliage de Caen, 
viconté de Falaize, consistant en plain fief de haulbert, avec 
toute justice, maisons seigneurialles et pourpris, droict de 
présentation aux bénéfices de l'église parrochial dudict lieu de 
Vendeuvre et de la chappelle dudict lieu, vaccation advenant, 
droictz de reversion par Hgnée extainctc ou- confiscation, rentes 
en deniers, grains, œufz, poulies, chappons, rehefz, trei- 
zeiesmes, boys de haulte fustaie et tailliz, terres labourables et 
non labourables, prez, plantz, herbaiges, moulins à bled, four 
à ban et toutes autres appartenances et deppendances quelz- 
conques, deubz et estans tant en ladicte parroisse de Ven- 
deuvre que es parroisses de Grisy et Pons et ailleurs es envi- 
rons, sans aucune chose en excepter, retenir, ne réserver, et 
tout ainsy que ladicte dame et le feu sieur de Beauvau, son 
premier mary, et leurs fermiers et recepveurs en ont joy, icelle 
baronnie, terre et seigneurie de Vendeuvre tenue et mouvante 
en plain fied de haulbert de monsieur de Crèvecœur, sieur 
du Hallot, et le fief de Gratemesnil, du Roy, et chargées 
des droictz et debvoirs seigneuriaulx et féodaulx, quand le cas y 
cschet, selon la coustume du heu, et franc et quictc de tous 



APPENDICE 



365 



lesdiciz droictz de tout le temps passé jusques àhur, pour des 
dictes terres, seigneuries de Vendeuvre et Gratemesnil, leurs 
dictes apartenances et deppendances quelzconques joir par 
ledict sieur achepteur, sesdictz hoirs et aians cause, et en faire, 
ordonner et disposer, comme de chose à eulx apartenante par 
vray et loyal acquest, et en prendre à leur proffict tous les 
Iruictz et revenuz de ceste présente année mil cinq cens quatre 
vingtz cinq. Ces vente, cession et transport faictz moyennant 
la somme de huict mil trois cens trente-trois escus sol. ung 
tiers du principal, et deux cens escus sol. pour les espingles 
de ladicte dame, que pour ce ledict sieur achepteur en a 
promis, sera tenu, promect et gaige bailler et paier à ladicte 
dame venderesse en sa maison audict Sainct- Germain des 
Prez lez Paris, ou au porteur de ces présentes lettres pour 
eulx en ceste manière, sçavoir est, la somme de quatre mil 
escus sol. dans ung moys prochain venant, et le surplus mon- 
tant quatre mil cinq cens trente trois escus ung tiers, sy tost et 
incontinant que lesdictes terres et seigneuries auront esté adju- 
gées par décret audict sieur achepteur, lequel décret, pour plus 
grande seureté, ladicte dame venderesse a promis et sera tenue 
faire faire à ses despens, et faire vuider et cesser toutes oppo- 
sitions qui pourroient sur ce intervenir dedans ung an prochain 
venant, et ou dedans ledict temps d'un an ledict décret ne 
pourroyt estre entièrement faict, parfaict et délivré, et lesdictes 
oppositions vuidées, en ce cas ledict sieur achepteur a promis, 
sera tenu et promect de paier à ladicte dame le profhct et inte- 
restz de la dicte somme de quatre mil cinq cens trente trois 
escus ung tiers qui restera h paier, comme dict est, au denier 
douze, jusques au parfaict paiement d'icelle somme. 

Et pour cest effect sera tenu ledict sieur Paulmier d'enchérir 
ladicte terre, à la charge toutesfois que sy l'enchère est moindre 
que ladicte somme de huict mil cinq cens trente trois escus ung 
tiers qu'il en a promis, il sera tenu néantmoins de paier ladicte 
somme entière et aussy ou par importunité d'enchérisseurs il 



366 AMBROISE PARÉ 

estoyt contrainct d'enchérir lesdictes terres et seigneuries à 
plus hault pris que lesdittz huict mil cinq cens trente trois escus 
ung tiert, il ne sera néantmoings tenu en paier ny consigner 
autre ny plus grande somme, et le surplus demeurera à son 
proffict, duquel surplus icelle dame luy faict don par ces pré- 
sentes. Et sera tenue et promect icelle dame venderesse 
bailler et délivrer audict sieur achepteur tous et chascuns les 
papiers de rentes, censiers et terriers, actes de réception en foy 
et hommaiges, adveuz, dénombremens et toutes autres lettres 
tiltres et enseignemens concernans lesdictes terres et seigneu- 
ries, apartenances et deppendances d'icelle qu'elle a et peut 
avoir par devers elle, et ce, dedans trois moys prochains venans. 
Et sy sera tenue et promect ladicte dame venderesse acquicter 
et garentir ledict sieur achepteur de tous reliefz, treizeiesmes et 
autres droictz et proffictz de fief, en quoy icelluy achepteur 
pourroyt estre tenu et que on luy pourroyt demander à cause et 
par le moien de la présente vendition et dudict décret ; et par- 
tant et moyennant ce, ladicte dame a ceddé et transporté, cedde 
et transporte audict sieur achepteur, ce acceptant comme des- 
sus, tous droictz de propriété, fondz, seigneurie, possession, 
droictz, noms, raisons tant rescindans, rescisoires que autres 
générallement quelzconques qu'elle a et peut avoir, prétendre et 
demander ores et pour l'advenir en et sur lesdictes terres et 
seigneuries de Vendeuvre et Gratemesnil, leurs dictes aparte- 
nances et deppendances quelzconques, et pour et à Toccasion 
d'icelles, et s'en est desmise, dessaisie et devestue, desmect. 
dessaisist et devest du tout es mains desdictz notaires, comme 
en droict jugement pour, au nom et au proffict dudict sieur 
achepteur, sesdictz hoirs et aians cause, voulant, consentant et 
expressément accordant que par vertu des présentes icellui 
achepteur, sesdictz hoirs et aians cause en soient receuz en foy 
et hommaige, et demeurent saisiz, vestuz, mis et receuz en 
bonne et suffisante saisine et possession par les seigneurs et 
de qui il appartiendra, et néantmoings pour ce faire consentir 



APPENDICE 367 

et accorder estre faict, a faict et constitué son procureur géné- 
ral, spécial et irrévocable le porteur desdictes présentes, auquel 
elle a donné et donne pouvoir et puissance de ce faire et tout ce 
que au cas sera requis et nécessaire. A ce faire vint et fut pré- 
sent ledict sieur messire Claude Barjot, dessus nommé, lequel a 
eu et a la présente vendition et tout ce que dessus pour agréa- 
ble, consent et accorde qu'elle sorte son plain et entier eflfect, et 
en ce faisant pour et avec ladicte dame Philippes de Xaillac, sa 
femme, et luy seul et pour le tout sans division, ne discution. 
renonçant aux bénéfices de division, ordre de droict et discution, 
a promis et promect garentir de tous troubles et empeschemens 
générallement quelconques audict sieur de Paulmier ce accep- 
tant, lesdictes terres et seigneuries de ^'endeuvre et de Grate- 
mesnil, leurs apartenances et deppendances. Et pareillement 
s'est ledict sieur président Barjot obligé et oblige à faire faire 
le décret desdictes terres et seigneuries, et de faire et accomplir 
toutes les autres clauses et charges susdictes pour icelle dame 
son espouse et de faire garder et entretenir le présent contract 
par ladicte dame son épouse à tousjours, laquelle dame a pro- 
mis et promect de ne s'aider du droict de mariage encombre, 
porté par la coustume de Normandie, à laquelle coustume pour 
ce regard ladicte dame a dérogé et renoncé, déroge et re- 
nonce par ces présentes. Et pour l'efifect et exécution du contenu 
en ces présentes et deppendances les parties ont esleu et esli- 
sent leurs domicilies perpétuelz et irrévocables et ceulx de leurs 
hoirs et aians cause en leurs dictes maisons, oîi elles sont res- 
pectivement demeurantes, ausquelz lieux elles veuUent, consen- 
tent et accordent que tous commandemens. sommations e^ 
autres actes et exploictz de justice qui y seront pour ce contre 
elles et chascune d'elles respectivement faictz vallent et soient 
de tel efifect, force et vertu, comme sy faictz avoient esté parlant 
à leurs propres personnes et vraiz domicilies, nonobstant muta- 
tion de détempteurs et propriétaires desdictes maisons esleues 
pourleursdictz domicilies. Car ainsy aestéaccordé entre lesdictes 



368 AMBROISE PARÉ 

parties Promisrent oultre lesdictes parties par leurs foy 

et serment pour ce par elles baillées et jurées.... ces présentes 
avoir et tenir pour bien agréables 

En tesmoing de ce, nous à la relation desdictz notaires, 
avons faict mectre à ces dictes présentes le scel de ladicte pré- 
vosté de Paris qui faictes et passées furent doubles avant midy 
en la maison desdictz sieur et dame Barjot, Tan mil cinq cens 
quatre vingtz cinq, le jeudy vingt sixiesme jour de septembre. 
Et ont icelles parties signé la minutte de ces dictes présentes. 
Ainsy signé : Lusson et Lenoyr. 

Le dimanche treizeiesme jour d'octobre mil cinq cens quatre 
vingtz cinq, yssue de la messe parochial de Vendeuvre, lecture 
a esté faicte publicquement du contract cy dessus escript pour 
estre notiffié, ainsy qu'il est accoustumé, par moyM^ Martin Le 
Herre, prebstre, vicaire dudict lieu et parroisse de Vendeuvre 
aiant célébré le service cejourdhuy, es présences de noble 
homme Maurice de Beaureperre, s'' de Pierrelîcte, M''' Anthoine 
et Richard dictz Voisné, Phlipin Premier, Pierre Baril, Jacques 
et Marin dictz Heribel, Phlipot Voisné, François du Soir, Denis 
Gendar, Raoullin le Villain, Philippes Le Herre, Guillaume 
Preoir, Richard Baril, honnorable homme Guillaume l'Herre et 
Jacques le Pauthonier, de laquelle lecture Robert Manchon, 
procureur dudict sieur Paulmier, qui icelle requist pour ledict 
sieur, dont lettre luy a esté accordé. En tesmoing de quoy, moy 
dict Le Herre, vicaire, j'ay signé ce présent pour valloir quïl 
appartiendra, le tout certiffié estre vray. Ainsy signé : 
M. Le Herre. 

Fut présente en sa personne dame Phihppes de Naillac, 
femme et espouse et auctorisée par justice au refïuz de mes- 
sire Claude Barjot, chevalier, sieur de Moussy Barjot, con- 
seiUer du roy en son privé conseil, nommé au contract de 
vente, dont la minutte est cy dessus escripte, laquelle arecognu 
et confessé avoir eu et receu de noble homme, M^ JuUian de 
Paulmier, aussy nommé audict contract, absent, par les mains 



APPENDICE 369 

de damoisellc Margucrittc de Chaiimont, sa femme, à ce pré- 
sente et acceptante, la somme de quatre mil cscus sol., que 
ledict sieur Paulmier estoit tenu bailler et paier à ladicte dame 
de Moussy, dans le jour de demain vingt-sixiesme du présent 
mois, pour les causes et ainsy qu'il est contenu audict con- 
tract, de laquelle somme de quatre mil escus, qui paiée, 
comptée, nombrée et délivrée a esté par ladicte damoiscUe 
Paulmier à ladicte dame de Moussy en la présence dcsdicts 
notaires, en seize cens soixante neuf escus sol., quatre cens 
soixante unze pistolletz, soixante trois escuz de roy, deux cens 
quatre vingtz trois ducats Henriz, en frans et demys trois cens 
dix huict escuz, en quartz six cens escuz, et en testons et mon- 
noie, cinq cens quatre vingtz dix huict escuz et demy, le tout 
bon, dont ladicte dame de Moussy s'est tenue et tient pour 
contente et en a quicté et quicte lesdictz sieur et damoiselle 
Paulmier et tous autres. Faict et passé après midy en la maison 
de noble homme, M'' Denis Boutillier, advocat au Grand Con- 
seil, assize rue du Baptouer, l'an mil cinq cens quatre vingtz 
cinq, le vendredy vingt cinquiesme jour d'octobre, et ont signé 
en la minutte. Ainsy signé : Lusson et Lenoir, et au dessoubz 
Sève, le xxx'^ octobre mil V iiii^'' v, et sellées en lacs de soye de 
cyre vert. Et en fin de ce que dessus, a esté mis et escript l'in- 
sinuation, ainsy que s'ensuyt : 

L'an mil cinq cens quatre vingtz cinq, le mercredy tren- 
teiesme et pénultime jour d'octobre, le présent contract portant 
donnation a esté apporté au greffe du Chastellet de Paris et 
icelluy insinué, accepte et eu pour agréable, aux charges, 
clauses, conditions et selon que contenu est par icelluy, par 
M'' Jacques Foucquet, comme procureur fondé de procuration 
à ce expresse à luy passée par devant deux notaires dudict 
Chastellet, par dame PhiUppes de Naillac, femme et espouse 
auctorisée par justice au refifuz de messire Claude Barjot, che- 
valier, sieur de Moussy Barjot, du Grand et Petit Rencée, chas- 
tellain de Launay Brevezey, conseiller du Roy en son conseil 



070 AMBROISE PARÉ 

privé et président en son Grand Conseil, demourant à Sainct- 
Germain des Prez lez Paris, donatrice, et encore comme pro- 
cureur de noble homme M'' Jullien de Paulmier, docteur régent 
en la Faculté de médecine en l'Université de Paris, donataire, 
dénommez en cedict présent coutract et procuration, lesquelz, 
ensemble l'acte de notification faicte à Vendeuvre le dimanche 
treizeiesme jour des présentz moys et an, signé M. Le Herre, et 
l'acte portant quictance devant transcript ont esté enregistrez 
au présent registre quarente-deuxiesme volume des Insinuations 
dudict Chastellet, suyvant l'ordonnance, ce requérant ledict 
Foucquet esdictz noms, qui de ce a requis et demandé acte à 
luy octroie et baillé ces présentes pour servir et valloir aus- 
dictes parties en temps et lieu ce que de raison. 

Suit la teneur de la procuration donnée le 25 octobre i585, 
par dame Phihppes de Xaillac à M" Jacques Foucquet, pour 
l'insinuation du contrat de vente ci-dessus. 

(Archives Nationales, Y. 127. fol. 166, v".) 



VI 

i535 — Décembre. 

LETTRES DE NOBLESSE POUR JULLIEN LE PAULMIER SIEUR DE VEN- 
DEUVRE ET DE GRATTE-.MÉN'IL, MÉDECIN ORDINAIRE DU ROY. (l) 

Henry, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Polloigne 
à tous présens et advenir salut. Comme il soit très décent et 
convenable que les personnes de mérite et de louable vye qui, 
par eflfect aiment et suivent la vertu, s'employent au service de 

(1) Les lettres patentes ci-dessous ne sont, comme l'indique le dernier 
(i) paragraphe, qu'une copie faite sur une transcription. 

Comme la plupart des documents de la Cour des Aides, l'original a été 
détruit lors de l'incendie du Palais de justice en 1776. 

Les magistrats de la Cour, désireux de reconstituer leurs archives. 



APPENDICE 371 

nous et de la chose publique de nostre royaulnic, soient, eulx 
et leur postérité honnoréz et illustrez de privilèges et préroga- 
tives condignes à leurs vertus et services, alin que, se voyant 
ainsi rémunérez, ils soient plus enclins et mciisà y continuer et 
persévérer de bien en mieub:, et les autres, à leur exemple, à 
les imiter et suivre de faire de semblable en espérance de par- 
venir et atteindre à tels honneurs et dignités, scavoir faisons 
que, nous, considérant les louables vertus et mérites qui sont 
en la personne de nostre amé et féal maistre Jullien Le Paul- 
mier, sieur de Vendeuvre et de Grattemesnil en la vicomte de 
Falaise, Tun de nos conseillers et médecins ordinaires et de 
feu nostre très cher et très amé frère le duc d'Anjou et d'Alen- 
çon et la grande suffisance et expérience qu'il a en son estât, les 
bons, agréables et recommandables services qu'il nous a par 
cy devant fait en iceluy tant en l'ai-mée et siège de Saint- Lo et 
Domfront, soubz nostre cousin le sieur de Matignon, maréchal 
de France, que ailleurs, sans qu'il en ait eu aucune récompense, 
et aussi à notre dict feu frère lors de la grande maladie qu'il 
eut estant à Dunkerque où ledit Le Paulmier rendit un extrême 
soin et debvoir, ainsi que nous avons esté deuement assertioréz, 
comme les bons services qu'il fait continuellement de sa per- 
sonne avecq grand travail, vigilance en l'exercice et pratique de 
la médecine en ceste nostre bonne ville de Paris au grand con- 
tentement de nous et du publicq, que lui qui a tous jours vescu 
noblement est demeuré digne envers nous d'estre honoré de 
telle grâce et préhéminence qu'elle soit à lui et sa postérité 
revergné {sic) de perpétuel honneur et rémunération, ce que 
désirant libéralement user envers luv et le gratifier en tout ce 

tirent rechercher de tous cotés les arrêts et lettres patentes qui leur man- 
quaient. Ils firent appel à tous ceux qui pouvaient en avoir des expéditions, 
et purent ainsi rétablir, mais en partie seulemeut, leur collection. L'un des 
éléments les plus précieux de cette reconstitution furent ces registres de 
copies qu'avaient autre/ois compilés d'anciens conseillers à la Cour des 
Aides, et qui se trouvaient en la possession de leurs descendants. Les ar- 
moiries indiquées dans ce document comme jointes à la pièce font défaut. 



072 AMBROISE PARE 

qu'il nous sera possible ù ce qu'il ait toute occasion de persé- 
vérer de bien en mieulx sesdicts services ; 

Nous, pour ces causes et autres bonnes et justes considéra- 
tions à ce nous mouvans, avons iceluy maistre JuUien Le Paul- 
mier et ses enfans et postérité, soient mâles ou femelles, naiz 
et à naître en loyal mariage et ung chacun d'eulx annobli et 
annoblissons du tiltre et honneur de Noblesse et d'Ecuyer, dé- 
coré et décorons de nostre propre mouvement, grâce spécialle 
et authorité royale par ces présentes, voulans que en tous leurs 
actes, lieulx et endroictz en jugement, ilz soient tenus, censéz 
et réputéz pour nobles et puissent porter le titre d'Ecuyer, at- 
teindre et recepvoir tous honneurs, prérogatives et préémi- 
nences que ont accoustumé attaindre et recepvoiret dont jouis- 
sent et usent gentilshommes et gens nobles extraits de noble 
lignée, et comme tels puissent acquérir et aussi posséder tous 
fiefs et arrière-fiefs, terres, possessions et héritages nobles de 
quelque qualité qu'ilz soient et iceulx ensemble ceulx qui sont 
ja advenus et escheus et pourront eschoir cy après, compecter 
et appartenir, tenir, posséder et en jouir tout ainsi que s'ils 
estoient extraits de race d'ancienneté noble, et sans que à pré- 
sent ou pour le tems à veiiir ils soient ou puissent estre con- 
traints à vuider leurs mains desdictz fiefs, arrière-fiefs, terres 
possessions et héritaiges nobles ou de partie d'iceulx, ne pour 
raison de ceste nostre présente grâce payer à nous ou à nos 
successeurs aulcune finance ou indempnité de laquelle, à quel- 
que somme, valleur et estimation qu'elle se puisse monter, nous 
avons audit Le Paulmier, en faveur que dessus, fait et faisons 
don par ces présentes signées de nostre main, et oultre lui 
avons et à sa postérité permis et permettons qu"il puisse et leur 
soit loisible prendre et porter en toutes assemblées et partout 
où bon leur semblera les armoiries timbrées telles qu'elles sont 
cy empreintes et insculpées, tout ainsi que ont acoustumé faire 
les autres nobles de nostre dit Royaulnie, pays, terres et sei- 
gneuries de nostre obéissance. 



APPI-XDICE 373 

Si donnons en mandement à noz améz et féaiilx conseillers 
les gens tenans nostre Chambre des Comptes et court des Aydes 
à Paris, court des Aydes et Chambre de nos Comptes en Nor- 
mandie, trésoriers généraulx de France y establi, baillis, sénes- 
chaulx ou leurs lieutenans, esleuz et controUeurs sur le fait de 
nos aydes et tailles et à tous nos autres justiciers et officiers et 
à chacun d'eulx, si comme il appartiendra, que de nos présens 
anoblissement, grâces, permissions, dons et octroy et de tout 
le contenu en ces dittes présentes ils fassent, souffrent et lais- 
sent jouir et user plainement, paisiblement, perpétuellement et 
à toujours ledit maistre Jullicn Le Paulmier et sa ditte postéri- 
té néz et à naître en loyal mariage, cessant et faisans cesser tous 
troubles et empeschemens, au contraire, lesquelz si fais, mis ou 
donnez estoient, le mettent ou fassent mettre incontinant et sans 
delay à pleine et entière délivrance et au premier estât et deu , 
car tel est nostre plaisir ; nonobstant que la valleur de la ditte 
finance ne soit cy aultrement spéciffiée ne déclairée, que tels 
dons ne deussent estre faits, passez, allouez, ne vériffiéz que 
pour kl moitié ou le tiers, les ordonnances tant antiennes que 
modernes faites sur Tordre et distribution de nos finances et 
apport des deniers d'icelles en nos coffres du Louvre, nonobs- 
tant aussi et sans avoir esgard à nostre édit fait sur les anno- 
blissemens donné à Paris au mois de juin mil cinq cens soixante- 
seize, déclarations et ordonnances depuis par nous faites en 
l'assemblée généralle des trois estats de nostre rovaulme tenue 
en nostre ville de Blois et les réponses que nous avons faites 
sur les requestes et remonstrances des trois estats de nostre 
province de Normandie, à quoy nous avons, pour ce regard 
seulement et sans tirer à conséquence ne v préjudicier en 
aultres choses, dérogé et dérogeons ensemble aux dérogatoires 
des dérogatoires y contenus et à quelques autres édits, ordon- 
nances, restrinctions, mandem.ens, defFenses, lettres et choses 
à ce contraires. 

Et afin que ce soit chose ferme et stable et ù toujours, nous 



374 AMBROISE PARÉ 

avons fait mettre nostre scel ausdittes présentes, sauf en autres 
choses nostre droit et Taultruy en toutes. 

Donné à Paris au mois de décembre Tan de grâce mil cinq 
cens quatre vingt cinq et de nostre règne le douziesme. Signé : 
Henry, et sur le reply ; par le Roy : Pinard. Visa. Scellées sur 
lacs de soye rouge et verte du grand scel de cyre verte. 

Et est encore escript. 

Expédiées et registrées en la Chajnbre des Comptes du Roy 
nostre sire au registre des chartes de ce tems, oy sur ce le pro- 
cureur général dudict seigneur, moyennant cent escus d'or 
soleil payez par l'impétrant à maistre Noël Wasse, recepveur 
général des finances estably à Paris, par sa quittance du jour 
d'huy. Fait au bureau de l'ordonnance de Messieurs, le cin- 
quiesme jour de septembre mil cinq cens quatre vingt six. 
Signé: Hacqueville. 

Plus est escript. 

Enregistrées en la Cour des Aydes à Paris, oy sur ce le pro- 
cureur général du Roy, suivant l'arrct donné en icelle ce jour 
d'huy dix septiesme jour de septembre mil cinq cens quatre 
vingt six. Signé : Poncet. 

Collationné par nous conseiller commissaire nommé par la 
Cour, sur le premier volume, page 522, d'un manuscrit en trois 
volumes fait par M. Boulin, conseiller en la Cour et prettépar 
M. le marquis de Paulmy, pour être rétablies au greffe des mi- 
nutes de la Cour conformément aux déclarations du Roy du 
onze mars mil sept cens soixante-seize et quinze aoust mil 
sept cens soixante et dix-sept, enregistrées en la Cour les 
onze mars mil sept cens soixante seize, et quinze aoust 
mil sept cens soixante dix-sept, et aux arrêtés de la Cour des 
vingt-un mars et vingt quatre avril mil sept cens soixante 
seize et dix huitiesme novembre mil sept cens soixante et dix 

huit. 

(Signé) Nègre des Rivières. 

(Archives Nationales Zia. 53o.) 



ANTOINE PORTAIL 

Ce que l'on sait de la vie de Portail se réduit à fort peu de 
chose ; aucun biographe ne s'en est occupé, et nous aurions 
peut-être imité cette réserve si son alliance et ses relations 
avec Paré ne nous avaient engagé à publier les documents que 
nous avons recueillis sur sa famille. 

Né dans le Béarn vers i53o, Antoine Portail vint, à la suite 
de Jeanne dWlbret, étudier à Paris où il se fit recevoir barbier 
chirurgien. En i55c3, il se trouvait en cette qualité au siège de 
DouUens, dans Farmée royale (i). Vers cette époque, il épousa 
Jacqueline de Prime, fille de Méry de Prime, juré vendeur de 
vins, demeurant rue de l'Hirondelle, et sœur de Louis de 
Prime, cousin de Jeanne Paré (2). Ce mariage fut l'origine de 
ses relations avec le célèbre chirurgien. Son titre de barbier 
ne l'empêcha pas d'être attaché à la suite de Henri II dont il 
était, dès lors, chirurgien ordinaire (3) ; il n'avait encore que 
ce titre modeste quand, au mois de mai i56i, il pansa Paré 
qui venait de se fracturer la jambe, et lorsque son habileté à 
pratiquer l'opération delà saignée le fit mander, dit-on, auprès 
de Charles IX, auquel il piqua le nerf (4). Cet accident ne di- 
minua pas la faveur du Roi auprès duquel il se trouva à 
Plessis-lez-Tours le 3 octobre 1669 (5). S'étant fait recevoir 
maître chirurgien juré, il devint chirurgien ordinaire de 
Charles IX, et fut continué dans cette fonction par Henri III à 
la suite duquel il quitta Paris le i3 mai i588, et qu'il assista 
lorsqu'il fut frappé par Jacques Clément. Le duc d'Angoulème 
rapporte en ces termes les soins que donna au royal blessé 

(1) Paré, t. III, p. 722. Vny.igc du cwnp d'Amiens. 

(2) Voir plus loin, pièce III. 
(.3) Parc, t. III, p. 722. 

(l)Devaux. Index funereiis, 17.11, in-i" p. 5ig. 

(5) Paré, t. IIl, p. 725. Voyage de la, balaillc de Moncunluur. 



376 A.MBROISE PARF: 

«Portail, son premier chirurgien (1), lequel sondant sa playe, 
comme il estoit fort expérimenté, mais d'un esprit prompt, ne 
put s'empescher de dire en latin à un de ses compagnons 
nommé Pigré, et au médecin Le Febvre, qu'il croyoit que le 
boyau estoit percé. Ils résolurent qu'il lui falloit bailler un 

lavement; il ne le rendit qu'à moitié, le reste s'estant 

estendu dans le ventre par la fente qui estoit faite à l'in- 
testin » (2). Il fit l'autopsie du Roi avec les médecins et les 
chirurgiens présents à l'armée ; il est à remarquer que Pigray, 
plus ancien en titre, piqué probablement de n'avoir pas été 
chargé de cette opération, n'y assista pas (3). Son origine 
béarnaise fit choisir Portail par Henri IV' qui le nomma son 
premier chirurgien. Le 3i octobre i5g2, il toucha pour ses 
gages de ce mois trente-six écus, dix sols tournois (4), et 
l'année suivante, trois cent cinquante ecus pour l'année entière, 
ainsi qu'on le voit dans un compte de la maison du Roi pour 
l'année iSgS, reproduit plus loin (5). 

Portail avait perdu avant le 27 décembre 1694, sa femme 
dont il eut six enfants. Lui-même mourut, suivant Peyrilhe, 
le 20 avril 1607; cette date est fausse, car il était encore premier 
chirurgien en 1608. Le Roi l'anoblit avec le titre d'écuyer; ses 
armoiries étaient : d'azur, semé de fleurs de lys d'or à la vache 
d'argent brochante, accolée, clarinée, accornée et membrée 
d'or, couronnée de gueules. François Martel (6) lui succéda 
en qualité de premier chirurgien. 

(1)11 n'était que chirurgien ordinaire; le premier chirurgien était 
Ambroise Paré. 

(2) Mémoires du duc d'AngouUme, Collect. ^Michaud, t. XI, p. 65. 

(3) Rapport du corps mort du roy Henri III, le 3 août iSSg, dans 
Œuvres de chirurgie de Guillemeau, iSgS, in-fol. 

(4) Différents mélamjes pour l'histoire des médecins, mss., à la Bibl. de la 
Fac. de Méd. de Paris, t. II, p. ."^41. 

(5) Voir plus loin, pièce II. 

(6) François Martel, chirurgien par quartier de Henri I\' en i593 et 
encore en 1608, (Arch. Nat. KK. i5o, f i5, v", et i5i f'> 20,) suivit ce Roi 
dans diverses campagnes, et devint son premier chirurgien, charge qu'il 



APPENDICE 377 

Les enfaiils de Poruiil furent : 

I. Paul I, né vers i56o, reçu conseiller au Parlement le 18 juin 
i586;il demeurait rue de la Mortcllerie. Après la mort des Guises, 
il fut conduit à la Bastille le ig janvier 1689 par Jean Le Clerc. 
Il épousa, le 27 décembre 1694, demoiselle Justine Le Pileur, 
fille de Thomas Le Pileur, sieur de Chatou, (i) Bailly (2) et 
Serris (3), et de Justine de Livres qui lui apporta, entre autres 
la terre de Bailly. Paul eut en dot dix mille écus. Ils eurent 
trois enfants : Louis, sieur de Montesson, Paul II et Justine, 
qui épousa Antoine de Rancher, sieur de la Foucaudière, con- 
seiller au Parlement de Paris. Paul I, encore conseiller le 3 
mai 1622, n'existait plus à la date du 2 janvier 1623, et mourut 
avant sa femme, décédée le 22 août 1643. (4) 

Paul II, conseiller au Parlement le 3 mars 1623, et auteur 
de quelques Mazarinades, épousa Antoinette Le Bossu, dont il 
eut : 

Paul III, seigneur de Chatou, conseiller au Parlement le 
2 septembre 1661, mort en 1736 conseiller de la Grand Cham- 
bre. Il avait épousé demoiselle de Barbezières de Cheme- 
rault. 

II. Jeanne, l'ainée des filles d'Antoine Portail, épousa, le 4 
mai 1584, Louis Belle, conseiller du Roi au Chàtelet et rece- 
veur du taillon de la généralité de Paris, auquel elle apporta en 
dot trente mille livres. Elle était morte avant le 26 juin 1600, 
laissant cinq enfants : Louis, Claude, Robert, Catherine et 
Michelle. 



occupait également sous Louis XIII en 1612, (Arch. Nat. KK. 197, i'" 29. 
Ses ouvrages ont été publiés avec la Chirurgie rationnelle de Philippe de 
Flesselles, Paris, i635, in-i:. 

(1) Comm. canton de 8t-Germain-en-Layc, arr. de Versailles, (Seine- 
ct-Oise). 

(2) Comm. canton de Alarly-le-Roi, arr. de Versailles (Seine ct-Oise). 

(3) Comm. canton de Crccy, arr. de .Meaux (Seine-et-Maruc). 
(1) Archives Nationales. V. 1^,071. 



378 AMBROISE PARÉ 

III. Antoine II, deuxième fils d'Antoine Portail, contrôleur et 
procureur du Roi en la sénéchaussée, siège présidial et prévôté 
du Mans, mourut en 1627. Il eut de Marie de Courvoisier, deux 
enfants : Françoise, mariée à Claude d'Epinoy, et François, 
conseiller au Chàtelet et maître des Comptes, qui épousa Anne 
Hotman, fille de Timoléon, seigneur de Fontenay, trésorier 
de France. Ceux-ci eurent un fils, Antoine III, écuyer, conseil- 
ler au Parlement le 3o avril 1657, conseiller honoraire en 1707, 
mort le 10 juin 1718, âgé de 82 ans. Il épousa, en 1662, Marie 
Madeleine le Nain de Tillemont, dont il eut plusieurs enfants 
parmi lesquels, Antoine IV, seigneur du Vaudreuil (i) et de 
Chatou. Né le 18 mars 1674, successivement avocat du Roi au 
Chàtelet, conseiller au Parlement avec dispense d'âge le 27 
décembre 1696, avocat général, président à mortier, puis, 
premier président du Parlement le 1 3 novembre 1724, il entra le 
28 décembre de la même année à l'Académie française où il 
succéda à l'abbé de Choisy, et mourut le 3 mai 1736. C'était, 
dit Barbier, (2) un magistrat d'une très belle figure pour représen- 
ter, gracieux, d'une politesse infinie pour tout le monde et de 
beaucoup d'esprit. Il avait épousé, le 28 avril 1699, Rose 
Madeleine Roze, fille de Louis, seigneur de Coye et du Vau- 
dreuil, conseiller au Parlement de Metz et secrétaire du cabinet 
du Roi. Il en eut : 

1° Louise Madeleine Antoinette, née le i5 juillet 1701, mariée 
en février 1722 à Victor Pierre François de Riquet, comte de 
Caraman, mestre de camp du régiment de Berry cavalerie, puis 
lieutenant général des armées du Roi, petit-fils de l'auteur du 
canal du Languedoc. 

2° Antoine Nicolas, né le 17 juillet 1702, conseiller au Parle- 
ment avec dispenses d'âge et de parenté le 4 décembre 1722, 
mort, non marié, de la petite vérole, le 20 juin 1723. 

(1) Hameau de la commune de St-Eticnnc du Vauvray, canton et arr. 
de Louviers, (Eure). 

(2) Journal. — Paris. 1817. I. p. 2i3. 



APPENDICE 379 

3" Nicole Marie, morte fille. 

4" Jean Louis, seigneur du Vaudreuil, baron de Bouille, 
seigneur engagiste du domaine de Carentan, né le 26 novem- 
bre 1705, président à mortier le 14 août 1726; il épousa, le 17 
mai ijù2, Marthe Antoinette Aubery de Vastan, fille unique de 
Félix, marquis de Vastan, en Berry, prévôt des marchands et 
conseiller du Roi, née le i3 mai 1720. Mariée à douze ans et 
très jolie, elle eut une conduite fort légère, qui amena en 
1744 sa séparation. Un ordre du Roi l'obligea, en avril 1746, 
de se retirer au couvent des Filles du Calvaire (i). Elle en sor- 
tit après la mort de son mari, et mourut le 11 avril 1781, rue 
Poissonnière. De son mariage était née, le 9 mai 1788, Marie 
Jeanne Antoinette qui épousa, en 1755, Louis Gabriel, marquis 
de Conflans d'Armcntières. maréchal de camp en 1770, lequel 
fut député de Rouen aux États-généraux en 1789. 

Le président Jean-Louis vivait encore en 1768. M"»^ de Genlis 
qui, à cette époque, alla passer quelques jours au château du 
\'audreuil où Ton s'amusait beaucoup, le dépeint comme un 
vieillard plein d'esprit, de gaieté et de bonté. (2) 

Madeleine Roze, femme du premier président, nullement 
jolie, et âgée de 47 ans, fut atteinte de la petite vérole au mois 
de juin 1726. Lambert de Thorigny, neveu du prévôt des mar- 
chands, conseiller au Parlement, âgé de 40 ans, et son amant 
depuis quinze ans, vint s'enfermer avec elle et contracta sa 
maladie dont il mourut au bout de cinq jours, quoi qu'il l'eût 
déjà eue. La première présidente vécut jusqu'au 21 mai 1766(3), 

IV. Adrien, ne en 1570, seigneur de Fresneau, avocat, puis 
conseiller au Parlement le 3o juillet 1.599, ^on le i3 dé- 
cembre i636, à Tàge de 66 ans, fut inhumé en l'église Saint- 
Jean en Grève. Le 12 février 1602, son père lui donna 
4.000 livres pour vivre chez lui, rue du Figuier, paroisse de 

(1) Arch. Xat. Y. i33o3. 

(2) Mémoires, — t. II. p. 69. 

(3) Arch. Xat. Y. 1 102O. 



38o AMBROISE PARÉ 

Saint-Paul (i). Adrien avait épousé en premières noces, Jeanne 
de Rémy, et en second lieu, le i8 août i6i5, Claude Ama- 
riton, tille de M" Jean Amariton, avocat en Parlement, et de 
feue demoiselle Charlotte Véron. La future apportait la terre de 
Fresneau, estimée So.ooo livres, et 34.000 livres en maisons, 
rentes, etc. (2) 

De sa deuxième femme, Adrien eut François, secrétaire et 
maître d'hôtel du Roi, mort en 1679. Il avait épousé Hélène de 
Masparault, d'où deux enfants : François, tué à Candie, et 
Gabriel, conseiller au Parlement de Paris le 2 janvier 168 1, 
mort en i6g3. 

V. Anne, née en 1576, épousa Thomas Le Pileur, né la 
même année qu'elle, contrôleur de la chancellerie, conseiller, 
notaire et secrétaire du Roi. Par acte du 27 décembre 1594, 
passé par devant M^ Prime, notaire, Antoine Portail donna à sa 
fille dix mille écus. Le futur apportait les terres de Chatou et 
de Montesson (3). Privés d'enfants, ils se firent, le 19 jan- 
vier 1596, une donation mutuelle de tous leurs biens; leur 
demeure était alors rue des Jardins, paroisse de Saint-Paul. 
Le 8 octobre 1612, Anne fit son testament auquel elle ajouta un 
codicille le 16 octobre 1622. Son mari avait acquis le fief de 
Malnoue (4). Le 10 septembre 1619, Thomas le Pileur fit dona- 
tion à Anne Bailly de 8.000 livres tournois assignées sur la 
terre de Chatou, « en faveur de l'assistance, secours et bien- 
veillance que ladite demoiselle a rendus à sa femme — Anne 
Portail, — depuis trois ans qu'elle est malade (5). » Le scellé 
d'Anne est daté du 22 août 1643 (6), 

(i) Arch. Nat. Y, 141 fol. 23, v». 

(2) Arch. Nat. Y. i56 fol. .358, v«. 

(3) Comm. (Seine-et-Oise), cant. d'Argcnteuil, arr. de Versailles. 

(4) Malnoue, ou N.-D. de Footel, abbaye de tilles de l'ordre de Saint- 
Benoit, dans la Brie, diocèse de Paris, à deux lieues S.-O. de Lagn}", 
fondée en 1129. — Gallia Chrisliana. 

(5) Arch. Nat. Y. 160 f. 3i8. 
(5) Arch. Nat. Y. i;B:i. 



APPENDICE 38 I 

VI. Marguerite, encore mineure en iSgS, entra en religion 
l'an 1601. Le 22 février de cette année, Antoine Portail, premier 
chirurgien du Roi, fit donation de trente-trois écus un tiers de 
rente annuelle et perpétuelle au couvent des Filles-Dieu de 
Paris, pour l'entrée en religion de sa fille Marguerite (i). 

Au mois de mars i5g5, Portail habitait la rue des F'ossés- 
Saint-GermaiD-FAuxerrois (2). Il avait amassé, à la ville et à la 
cour, une grande fortune. Dans les comptes de l'Epargne, et 
dans ceux de la maison du Roi, il est fréquemment fait men- 
tion de sommes qui lui sont octroyées en dehors de ses gages. 
En i58i, le Roi lui fit don, tant eu considération de ses ser- 
vices que pour avoir pansé et médicamenté plusieurs pages 
d'honneur du sieur Cibilot. son fou, et Guy (3), gouverneur de 
ce dernier, et avoir fourni des onguents et autres drogues, trois 
cent cinquante écus, dont cinquante pour sa récompense ordi- 
naire du service par lui fait durant le quartier de janvier (4). 
Il étabht sa famille dans le Parlement où elle occupa longtemps 
des fonctions élevées. Portail n'a pas laissé d'ouvrages. 



I 

i58i — 1584. 

DONS FAITS PAR LE ROI A ANTOINE PORTAIL. 
l58l. 

A Anthoine Portail, chirurgien ordinaire du dit sieur, la somme 
de 35o escuz dont il a esté assigné en la recepte générale de 

(1) Arch. Xat. Y. 140 f». 32. 

(2) Voir plus loin, pièce IV. 

(3) Guy de La Groue, neveu de Loys de La Groue, surnomme la Farce, 
gouverneur de Thony, fou de Henri II et de Charles IX. 

(4) Bibl. Xat. fonds franc. 26i58, pièce 143. 



382 AMBROISE PARÉ 

Rouen sur les deniers tant ordinaires qu'extraordinaires d'icelle 
dudit quartier de juillet prochain dont sa Majesté luy a faict 
don tant en considération de ses services que pour avoir pansé 
et médicamenté durant le quartier de janvier dernier plusieurs 
paiges d'honneur dudit sieur Cibilot, son fol et Guy son gou- 
verneur, et avoir par luy fourny d'unguens et autres drogues à 
ce nécessaires, en ce comprins 5o écus pour sa récompense 
ordinaire du service par luy faict à icelle en sondit estât durant 
ledict quartier de janvier, et luy donner meilleur moyen de 
continuer sesdits services. cy 35o écus. 

(Bibliothèque Nationale, fonds français, 26i58, pièce 143, 
fol. 96.) 

i582. 

A Anthoine Portail, chirurgien ordinaire dudit sieur, la somme 
décent escuz sol. dont sa Majesté luy a fait don pour sa récom- 
pense ordinaire du service par luy faict en sondit estât durant 
les quartiers de janvier et avril de la présente année, à raison de 
5o écus par quartier. 

(Ibidem, fol. 119.) 

1584. 

A Anthoine Portail, chirurgien ordinaire du Roy, la somme 
de 3oo escuz à lui ordonnée pour son remboursement de 
pareille somme qu'il a fournye par l'exprès commandement de sa 
Majesté tant en l'achapt de plusieurs drogues,médicaments et au- 
tres choses nécessaires pour la guérison de plusieurs personnes 
qu'il a pensées, tant paiges, lacquais que serviteurs domestiques 
de la maison dudit seigneur, que a dispense ledit trésorier d'en 
faire apparoir. 

(Ibidem, fol. i36. v^.) 



Il 

iSgS. 

ÉTAT DE LA MAISON' DU ROI HENRI IV. 

Premier médecin : 
M. Jehan Aillcboust (i). 400 écus. 

Médecins ordinaires : 

M-^ Dortoman (2) . 
M'- Du Jon (3). 



(i) Jean Ailleboust, d'Ailleboust, Daliboux, Dalibourg, car on le trouve 
sous ces divers noms, fils de Pierre Ailleboust, d'Autun, médecin ordinaire 
de François I"^"", mort le 21 août i53i, naquit à Autun, et fut reçu docteur 
en médecine à l'Université de Bâle. Il exerçait à Sens où il publia en 
i582 l'observation célèbre d'un enfant pétrifié, et demeuré vingt-huit ans 
dans le sein de sa mère. Obligé de fuir à cause de sa religion, il figure en 
i586 sur une liste de protestants réfugiés à Montbéliard. (A. Tuetej-. 
Les Allemands en Frajice.) Médecin du duc François d'Alençon, de 1576 à 
i583, il devint en 1590 conseiller et premier médecin de Henri IV. Riolan 
rapporte qu'un jour le Roi l'ayant envoyé auprès de Gabrielle d'Estrées 
qui était malade, lui demanda de ses nouvelles. — Elle s'en tirera bien, 
répondit le médecin, mais on ne peut la saigner avant qu'elle soit à mi- 
terme. — Que signifie > dit le Roi, je ne lui ai rien fait ; vous êtes un mé- 
chant homme. Henri IV raconta tout à sa maîtresse qui fit empoisonner 
le médecin, et accoucha en sou temps de César de Vendôme. Cette anec- 
dote est controuvée ; Ailleboust mourut en juillet i5g4. Sa veuve, Mar- 
guerite Mesnager, toucha six moix des gages de son mari, du i"^"" janvier 
au 3i juillet lEgS. Il fut remplacé, comme premier médecin, par Ribbit de 
la Rivière. 

(2) Nicolas Dortoman, né à Arnheim, province de Gueldre, fut reçu doc- 
teur à Montpellier en 1572, succéda en 1574 à Antoine Saporta, fut premier 
médecin ordinaire de Henri IV, de 1090 à iSgS et mourut en 1596 à Paris. 
Son neveu Pierre fut professeur à Montpellier. 

(.3) Premier médecin ordinaire de Henri IV, après Dortoman en irçS, puis 
médecin sans quartier, fut aussi attaché à Louis XIII. 



384 AMBROISE PARÉ 

M^ Du Laurens (i). 
Me Jehan de TOrme (2). 

Autres médecins serrant par quartier 

Janvier, Février et Mars. 

M" Jehan Regnard (3). 
M-^ Jehan Héroard. 

Apvril. May et Juing. 

M'- Jacques Le Roy (4). 
M*^^ Pierre de Rempéroux. 

Juillet, Août et Septemb}-e. 

M^ Le Tellier (5). 266 écus 

M" Pierre Bertrand. 266 écus 

Octobre, Novembre et Décembre. 

M^ Estienne Du Four. 266 écus 

Me Pierre Caillart. 266 écus 



266 


écus 


2 


tiers, 


266 


écus 


2 


tiers 


266 


écus 





tiers. 


266 


écus 


2 


tiers 



2 tiers. 
2 tiers. 



2 tiers. 
2 tiers. 



Autres îuédecins qui n'ont point de quartier : 

Me Claude Cabannes. C écus. 

Me Claude Maillart (6). 66 écus 2 tiers. 

(i) Neveu d'Honoré Castellan, né à Arles, vint étudier à Montpellier en 
i583, succéda à Joubert en i586, fut premier médecin ordinaire du Roi de 
i5q5 à 1606, et premier de la reine Marie de Médicis de 1601 à 1606. Nommé 
alors premier médecin de Henri IV, il mourut le 16 août 1609. 

(2) Né à Moulins en 1547, docteur à Montpellier en 1577, il vint à Paris 
où il fut nommé médecin de Henri IV en 1606, premier de Marie de Mé- 
dicis, de 1606 à 1619, puis médecin de Louis XIII. Retiré dans sa ville 
natale, il y mourut, dit-on, le 14 janvier 1687. 

(3) Médecin de Henri III en 1584, de Henri IV et de Louis XIII, jusqu'en 
i6i5. 

(4) Médecin de Henri III en 1079, premier de la reine Louise de Lorraine 
en juillet de la même année, et médecin de Henri IV jusqu'en 1597. 

(5) Durand Le Tellier, remplacé en 1606 par son fils Simon. 

(6) Médecin de Henri IV et de Louis XIII. 



APPENDICE 



385 



Appothiciires qui serviront six mois 
et entretiendront leur chariot : 
Janvier et Apvril. 
François Pelletier. 
Raimond La Livre. 



33o ecus I tiers. 
333 écus I tiers. 



Juillet et Octobre. 

François des Bonshommes. 
René Truchon. 



333 écus I tiers. 
333 cens 1 tiers. 



Apothicaire distillateur qui n est point obligé 
à Ventretenement du chariot : 



Thomas Guenault. 

Prem icr ch irurgien 
A^ Anthoine Portail. 

Ordinaire : 
W Pierre Pigray. 

Autres chirurgiens servant par quartier 
Janvier. Février et Mars. 

M-^ Pierre Le Gendre. 

M'' Théodore Guichardière. 

Apvril, May et Juing. 

W Jehan Lavernot. 
M*-' Nicolas Pouget. 

Juillet, Aoust et Septembre. 
W Jacques d'Amboise (i). 



200 ecus. 



ODO ecus. 



333 écus r tiers. 



C écus. 
C écus. 



C écus. 
C écus. 



C écus. 



(i) Troisième fils de Jean d'Amboise, qu'il remplaça comme chirurgien 
du Roi. Abandonnant la chirurgie, il se fit recevoir docteur eu médecine 
à Paris en 1094, et fut élu recteur de l'Université la même année. L'Estoile 
rapporte qu'il succomba le 3o août 1606, lors d'une épidémie pendant 
laquelle son fils mourut. Devaux place sa mort le 5 août. Il avait épousé 
Louise Desportes. 



386 AMBROISE PARÉ 

M'^' Guillaume Loyseau. 

Octobre, Novembre et Décembre. 

M'^ François Martel. 
M^- Jacques Guillemeau. 

Autres, chirurgiens sans quartier : 
M*^ Fabien Gardet (i). 

Renoucurs servant six mois. 
Janvier et Apvril. 
xM'^ Nicolas Le Bailleul. 

Juillet et Octobre. 
W Jehan Tahureau. 

Barbiers vallelz de chambre ordinaires : 

Pierre Le Gendre. 
Cosme Foubert. 
Henrv Foubert. 



C écus. 



C écus. 
C écus. 



C écus. 



C écus. 



C écus. 



C écus. 
C écus, 
C écus. 



Barbiers de la Chambre servant si.v mois : 

François Lyon. C écus. 

Jozias Mortras. C écus. 

(Archives Nationales. K. K. i5o. fol. 14-15.) 



(i) Fabien Gardé, de Lyon, mort le 9 mai 1616. 



III 

i594 — 27 Décembre. 

CONTRAT DE MARIAGE DE THOMAS LE PILEUR, CONTRÔLEUR DE 

l'audience de la CHANCELLERIE DE FRANCE, ET d'aNNE 
PORTAIL, FILLE d'aNTOINE PORTAIL, PREMIER CHIRURGIEN DU ROI. 

Par devant les notaires du Roy au Chastelet de Paris soubz 
signez furent présens en leurs personnes noble homme An- 
thoine Portail, conseiller du Roy et son premier chirurgien, ou 
nom et comme stipuUant en ceste partye pour damoiselle Anne 
Portail, fille de luy et de feue dame Jacqueline de Prime, sa 
femme, ladicte damoiselle Anne Portail à ce présente et de son 
consentement d'une part, et noble homme. M"" Thomas de Pi- 
leur, le jeune, conseiller, notaire et secrétaire du Roy et con- 
troUeur de l'audience de la chancellerye pour luy et en son nom, 
d'autre part, lesquelles partyes de leurs bon grez et bonnes 
volontez recognurent et confessèrent en la présence, parl'advis, 
conseil et délibération des personnes cy après nommées, assa- 
voir, de noble homme M<^ Thomas de Pileur, l'aysné, sieur de 
Chatou, Bailly et Serris, et damoiselle Justine de Livre, sa 
femme, père et mère dudit Thomas Pileur le jeune, de messire 
Nicolas le Clerc, conseiller du Roy en sa court de Parlement 
et président es Requestes du Palais, amy de ladicte damoiselle 
Anne Portail, noble et saige monsieur M-^' Hardouyn Foucher, 
sieur de la Feullée. conseiller du Roy en ladicte court de Parle- 
ment, beau frère dudit sieur Pileur le Jeune, à cause de damoi- 
selle Valentine Pileur sa femme, noble homme monsieur M" 
Bertrand Soly, aussy conseiller en ladicte court de Parlement, 
amy dudit sieur Pileur, noble homme M" Robert Belle, conseil- 
ler du Roy au Chastelet de Paris, alyé de ladicte damoiselle 
Anne Portail, et honnorable homme Loys de Prime, marchant 



388 AMBROISE PARÉ 

et bourgeois de Paris, oncle maternel de ladicte damoiselle 
Portail, avoir faict, feisrent et font ensemble les traicté de ma- 
riage, accordz, douaire, promesses et convenances qui ensui- 
vent pour raison du mariage qui au plaisir de Dieu sera de brief 
solempnisé en Saincte Eglise, desdictz sieur Pileur le Jeune et 
damoiselle Anne Portail. C'est assavoir que ledict sieur Portail 
a promis et promect donner et bailler par nom et loy de ma- 
riage ladicte damoiselle Anne sa fille audict sieur Pileur le Jeune 
qui l'a promis et promect prendre à sa femme et espouze et 
icelluy mariage soUempniser en Saincte Eglise dedans le plus 
brief temps que comodément faire ce pourra et qu'il sera advisé 
entre eulx, leurs dictz parens et amys, pour estre ungs et com- 
mungs ensemble en biens meubles, acquestz et conquestz im- 
meubles qu'ilz feront pendant et constant ledict futur mariage 
selon la coustume des ville, prevosté et viconté de Paris. En 
faveur duquel futur mariage ledict sieur Portail a promis et pro- 
mect donner et bailler ausdictz futurs espoux en advancement 
d'hoirie dedans la veuille de leurs espouzailles la somme de dix 
mil escus, assavoir, six mil escus sol. en deniers comptans et 
le surplus en mil livres de rente sur particuliers que ledict sieur 
Portail garentira, fournira et fera valloir, de laquelle somme de 
dix mil escuz en demourera ung tiers ameubly ausdictz futurs 
espoux. Et de la somme de six mil escus en deniers contans a 
esté stipullé qu'il en sera prins la somme de quatre mil cinq 
cens escus, pour laquelle ledict sieur Pileur père a délaissé et 
transporté, délaisse et transporte audict Pileur le Jeune son 
filz, ledict estât et office de controlleur de l'audiance de la 
Chancellerye, duquel il est japourveu, pour des gaiges d'icelluy 
joyr des à présent et en entier en exercice et entière jouyssance 
du jour de Pasques prochainement venant, pour estre icelle 
somme de quatre mil cinq cens escuz employé à Facquict des 
debtes dudit sieur Pileur père, selon Testât qui en sera par luy 
baillé et spéciallement de celles desquelles la terre de Bailly 
se trouverra charçrée. et les deux tiers Je ladicte somme de 



APPENDICE 389 

dix mil escus seront propres à ladicte future cspouze et aux 
siens, comme aussy tout ce qui luy esclierra d'immeubles par 
succession, donnation ou autrement, et ne pourront estre les- 
dicts mil livres de rente racheptez sans appeler au rachapt 
ledict sieur Portail père ou le plus proche de ses héritiers après 
son décedz... Et moiennantce, ledict estât et office de secrétaire 
et controlleur de Taudiance demourera et appartiendra propre 
audict futur espoux, lequel futur espoux a doué et doue la fu- 
ture espouze de la somme de deux cens escm de rente en 
douaire préfix rachcptable de la somme de deux mil quatre cens 
escus. Et de la part dudict futur espoux, lesdictz sieur et damoi- 
selle Pilcur père et mère en faveur dudict mariage ont donné et 
donnent ausdictz futurs espoux aussy en advancement d'hoirye 
les terres et seigneuryes de Chatou et Montesson avec le port 
et passaige, justice liaulte, moienne et basse, appartenances et 
deppendances sans aulcune chose en excepter, retenir, ne réser- 
ver fors Tacquisition faicte par ledict sieur Pileur du sieur de 
Verdilly audict lieu de Montesson, pour desdictes terres et ap- 
partenances joyr par lesdictz futurs espoux du jour de la con- 
sommation dudict mariage, et à ceste fin leur en fournira dedans 
ledict jour les tiltres et enseignemens. Et a este accordé que le 
survivant desdictz futurs espoux aura et prendra par préciput et 
avant partaige au jour de la dissolution dudict mariage, de ses 
habitz, bagues et joyaulx, livres, armes et chevaulx jusques à 
la somme de cinq cens escus sol., ou ladicte somme à son 
choix, réciproquement sera au choix et option de la future es- 
pouze de renoncer à la communaulté ou icelle prendre... 

Et pour l'asseurance des conventions susdictes demeurent 
tous et chacuns les biens dudict futur espoux affectez et obligez 
et ypotecquez, mesmes lesdictes terres et seigneuryes de Cha- 
tou et de Montesson que lesdicts damoiselle Pileur père et 
mère ont promis garentir et faire valloir jusques à ladicte somme 
de dix mil escus. 

Ce fut feict et passé double en la maison desdicts sieur et da- 



ogO AMBROISE PARÉ 

moiselle Pileur après mydy le vingt septième jour de décembre 
mil cinq cens quatre vingtz et quatorze, et ont lesdictz sieurs 
Pileur père et filz. Portail, damoiselle Justine de Livre, et da- 
moiselle Anne Portail, signé la minutte des présentes estant par 
devers et en la possession de Prime Tun des notaires soubz- 
signez 

Ledict sieur Pileur le Jeune et damoiselle Anne Portail de 
luy auctorizée en tant que faire le peult confessent avoir receu 
dudict sieur Portail père la somme de mil escus sol. en quart 
d'escu à eulx baillée, présens les notaires soubzsignez sur et 
tant moings des six mil escuz en deniers contans. promis don- 
ner en faveur dudict mariage. 

Ledict contrat insinué le lo avril i595. 

(Archives Nationales, Y. 134. fol. 218. v".) 



IV 

iSgS — 28 Mars. 

Donation faite par Antoine Portail, preauer chirurgien du 
Roi a ses enfants Adrien et Marguerite Portail, d'l*ne 

SO.\L\IE de dix mille ECUS A CHACUN, REPRESENTANT LEURS 
droits A LA SUCCESSION DE LEUR .^lERE. 

Par devant Jehan Lusson et François Croiset, notaires du 
Roy nostre sire en son Chastellet de Paris, soubzsignez, fut 
présent en sa personne noble homme Anthoine Portail, con- 
seiller du Roy et premier chirurgien de sa Majesté, demeurant à 
Paris, rue des FossezSainct-Germain,parroisseSainct-Germain- 
TAuxerrois, lequel a déclaré et déclare que depuis le décès de 
feue dame Jacqueline de Prime, vivant sa femme, il a donné 
en mariage à noble homme maistre Paul Portail, son filz aisné, 
conseiller du Rov en sa court de Parlement, M"^ Anthoine 



APPENDICE 391 

Portail, son second filz, conseiller et procureur du Roi 
en la séneschaussée, siège présidial et prévosté du Mans, 
et à damoiselle Anne Portail, sa seconde fille, femme de 
noble homme M<= Thomas de Pileur le jeune, conseiller, notaire 
et secrétaire du Roi et controlleur de l'audience de la chancel- 
lerie de France, à chacun d'eux la somme de dix mil escus 
soleil pour tout le droict successif à eux appartenant à cause de 
ladicte defFuncte leur mère jusques à la concurrence de ce qu'il 
se monte, et le surplus en advancement de la succession future, 
lesdictes sommes fournies, sçavoir est : audict M" Paul Portail, 
troys cens trente trois escus ung tiers d'escu de rente, qui se- 
ront déclarez au contract de sa cession et transport que ledict 
Anthoine Portail père en fera, et loffice de conseiller en Par- 
lement dont iceluy maistre Paul est pourveu, avec la survi- 
vance que ledict Portail père a tousjours estimée et entend es- 
timer la somme de six mil escuz estant, comme il est prest de 
le faire valloir ladicte somme en luy rendant lesdictz office et 
survivancepourlesquelz iceluy Portail père a financé auxpartyes 
casuelles six mil escuz d'une part, comme appert par quic- 
tance du vingt huictiesme septembre mil cinq cens quatre-vingtz 
cinq, signé Sublet, cent huict escus d'autre, par quictance signée 
Lhoste du dernier jour dudict mois, et six cens escuz d'ung 
autre part, comme le contient autre quictance du vingt sep- 
tiesme febvrier mil cinq cens quatre vingtz sept, aussy signée 
Sublet, revenant ensemble lesdictes troys parties à la somme de 
six mil sept cens huict escuz. Et quand ausdictz M" Anthoine 
et Anne Portail, ladicte somme de dix mil escus a esté fournie 
à chacun d'eux selon et ainsy qu'il est amplement porté par les 
contractz de leurs mariages. Et voulant à présent ledict sieur 
Portail père égaller M*' Adrian Portail son tiers filz, advocat en 
ladicte court, majeur de vingt cinq ans, à ce présent et acceptant 
pour luy, ses hoirs et ayans cause, et damoiselle Margueritte Por- 
tail, aussy sa fille mineur et dont il est tuteur, absente, M'' Pierre de 
Prime, procureur au Chastellct de Paris, son subroge tuteur, aussy 



392 AMBROISE PARÉ 

présent, stipulant et acceptant pour ladicte mineur, ses hoirs et 
ayans cause, leur a donné, ceddé, transporté, quicté et délaissé, 
et par ces présentes donne, cedde, quicte, transporte et délaisse 
les choses déclarées cy après, assavoir, audict M^ Adrien, la 
somme de quatre mil escuz d'une part et quatorze cens soixante 
deux escuz soleil d'autre, audict sieur Portail père deue par 
messeigneur et dame les duc et duchesse de Nivernois. et 
qu'ilz sont condemnez luy paier avec le proffict d'icelles au de- 
nier douze par sentence donnée de leur consentement par mes- 
sieurs des Requêtes du Pallais seeans à Tours, dattéc du quin- 
zeiesme jour de juing mil cinq cens quatre vingtz unze ; item, 
quatre cens vingt six escus vingt troys solz quatre deniers, à 
prendre sur lesdictz proffitcz d'icelles deux sommes; item, huict 
vingtz-six escus deux tiers de rente deubz par lesdictz seigneur 
et dame de Nevers et transporté audict sieur Portail père par 
noble homme François Garrault, seigneur des Gorges, le 
huictiesme janvier mil cinq cens quatre vingtz treize par devant 
Philippes Bouchereau, notaire royal à Chartres, signée Gabierge 
tabellion dudict Chartres, auquel est attachée ladicte constitution 
dattée du troisiesme octobre mil cinq cens quatre-vingtz-neuf, 
signée Ludovico Gonzaga, Henriette de Cleves, contresignée 
Dufour et celée en placart de cire rouge ; item, cent unze escus 
vingtz six sols huict deniers tournois, à quoy montent les deux 
tiers d'une année d'arrérages de ladicte rente cscheue le dernier 
jour de décembre mil cinq cens quatre vingt treize, et quanta 
l'autre tiers, il est rabatu suivant lettres du Roy. Item, mil escuz 
aussy deubz par lesdictz seigneur et dame de Nevers et trans- 
portés audict sieur Portail père par dame Diane de la Marty, dame 
de Sagonne, le vingt troisiesme jour d'octobre mil cinq cens 
quatre vingtz treize, par devant Thibault et Lemoyne, notaires à 
Mantes ; item, cinquante escus de rente restant de plus grande 
rente deue par les sieurs et dame de Richelieu, comme le con- 
tient certain contract du premier jour du mois d'octobre mil 
cinq cens quatre vingt-deux, passée par devant Denis Chante- 



APPENDICE 393 

merle et Jehan le Camus notaires audict Chastcllet de Paris. 
Item, quatre cens escuz deubz par messire Florimond du Puy, 
chevalier, sieur de Vatan, comme appert par sa promesse signée 
de sa main du quinziesme jour de janvier mil cinq cens quatre 
vingtz quatorze, toutes lesdictes rentes et parties dessus décla- 
rées revenans à ladicte somme de dix mil escus ceddée audict M" 
Adrian Portail. Et pour fournir pareille somme à icelle damoi- 
selle Marguerite, kiy est ceddé et transporté la somme de cinq 
cens escus de rente audict sieur Portail père constituée dès le 
premier jour de febvrier après midy rail cinq cens quatre vingtz 
cinq, par devant Maheut et Bergeron, notaires audict Chastellet 
de Paris, par feuz noble homme Jehan Allaraant, vivant sieur 
dû Chastellet et de Guepean, Claude Aubry, quand il vivoit no- 
taire et secrétaire du Roy. Claude la Vistoutte et Jacques Pa- 
rent, vivans bourgeois de Paris, et par Nicolas Parent aussy 
secrétaire du Roy, chacun pour le tout sans division ne dis- 
cution. Item, douze cens cinquante escuz, par messire Jehan 
d'Escars, sieur de la Vauguyon et Claude de Fontaines, homme 
d'armes de la compagnie dudict seigneur, pour les causes 
contenues en certaines lettres obligatoires dattées du dixiesme 
jour de mars mil cinq cens soixante dix neuf, signées Car- 
rel et Bricquet et que lesdictz sieurs de la Vauguyon et de 
Fontaines sont condemnés paier avec le proffict au denier 
douze, par sentences desdictes requestes du Palais du dixiesme 
jour de may mil cinq cens quatre vingtz sept, signée Formaget. 
Item, la somme de huict cens vingtz escus en deux partyes par 
ledict sieur de la Vauguyon seul deues, comme appert par 
deux obligations, l'une passée à Senlis, dattée du vingt qua- 
triesme jour de janvier cinq cens quatre vingtz unze, si- 
gnée Bataille et Germain, montant quatrecens huict escus 
ung tiers, et l'autre quatre cens douze escus et demy, dat- 
tée du unzeiesme jour de juing cinq cens quatre vingtz 
neuf, passée à Bloys, signée Peltereau, lesquelles deux sommes 
ledict sieur de la Vauguyon est aussy condemné paier avec le 



094 AMBROISE PARÉ 

proffict par autre sentence desditcz sieurs des Requestes, du 
douzeiesme jour de juing cinq cens quatre vingtz douze ; 
item, quatre cens soixante troys escus ung tiers à prendre sur les 
proffictz deubz par lesdictz sieurs de la Vauguion et de Fon- 
taines, à cause desdictes troys sommes dessus dernières décla- 
rées. Item, quatre cens soixante six escus deux tiers, deubz de 
reste des arrérages d'icelle rente constituée par lesdictz Parent 
et consors escheuz jusques audict dernier douze de décembre 
mil cinq cens quatre vingtz treize, toutes déductions faites. 
Item, quatre vingtz trois escus ung tiers de rente vallant deux 
cens cinquante livres, appartenant audict sieur Portail père par 
déclaration de noble homme ^b Lois Besle, son gendre, con- 
seiller du Roy et receveur général du talion en la généralité de 
Paris, du seizeiesme novembre cinq cens quatre vingt dix, 
signée Prestecelle notaire à Tours, et à luy constituez le di- 
xiesme jour de janvier avant midy mil cinq cens quatre vingtz 
neuf par devant de Bricquet et Marchant, aussy notaires audict 
Châstelet de Paris, assignée sur la recepte généralle de Paris, 
lesdictes rentes et sommes de deniers ceddés à icelle Margue- 
rite, revenans et montans ensemble à ladicte somme de dix 
mil escuz, pour d'icelles choses ainsy ceddées que dict est 
ausdictz M'' Adrian et Marguerite Portail joir, faire et disposer 
par eux et chacun d'eux respectivement comme de leur propre 
et à eulx appartenant, ce pour tous lesdictz droictz successifs à 
à eulx et chacun d'eulx advenuz et appartenant par le décès de 
ladicte deffuncte, leur mère, jusques à la concurrance de ce 
qulls se montent, et le reste en advancement de la succession 
future qui leur pourra escheoir par le décès dudit sieur Portail 
leur père. Cestz don, cession et transport faictz pour les causes 
susdictes à la rétention de TusuiFruict et joissance précaire des- 
dictes rentes la vie durant d'iceluy Portail père, voulant que 
après son décès, ledict usuflfruict soit réuny et consolidé avec 
la propriété au proftict desdicts M*" Adrian et Marguerite Por- 
tail ses enfants et de chacun d'eux respectivement, sans quela- 



APPENDICE 395 

dicte jouissance leur puisse préjudicier, et ncantmoins dès à 
présent s'est iceluy Portail père dessaisy desdictes rentes, con- 
sentant quMIz en soient saisiz et vestus par qui et ainsy qu'il 

appartiendra 

Faict et passé double en Testude de Croiset, Tung desdicts 
notaires soubzsignez, le mardy vingt huictiesme jour de mars 
après midy, Tan mil cinq cens quatre vingtz quinze, et ont les- 
dictz sieur Portail père, M^ Adrian Portail et de Prime signé la 

minutte avec lesdictz notaires suivant l'ordonnance 

(Archives Nationales, Y. 184, fol. 347. v.) 



i5g5 — iG Juillet. )_ 

TRANSPORT DE 333 ECUS UN TIERS DE RENTE, ETC., FAIT PAR 

ANTOINE PORTAIL PREMIER CHIRURGIEN DU ROI, A SON 

FILS PAUL PORTAIL, EN CONSIDERATION DE SON 

MARIAGE AVEC JUSTINE DE PILEUR. 

Par devant Pierre de Rossignol et René Contesse, notaires 
du Roy nostre sire en son Chastelet de Paris, soubzsignez, fut 
présent en sa personne noble homme M« Anthoine du Portail 
conseiller et premier chirurgien du Roy, demeurant à Paris 
rue des Fossez et paroisse de Sainct- Germain de TAuxerrois, 
d'une part, et noble homme et saige, monsieur M'' Paul du 
Portail son fils, conseiller du Roy en sa court de Parlement à 
Paris, demeurant rue du Figuier, paroisse Sainct- Paul, et 
damoisellc Justine de Pileur, sa femme, de luy auctorizée 
d'aultre, disans que par le contract de mariage d'entre ledict 
sieur du Portail filz et damoiselle Justine de Pileur, sa femme, 
le vingtz septième jour de décembre dernier, signé Prime et 
Contesse, l'un des notaires soubzsignez, ledict sieur du 



3g6 AMBROISE PARÉ 

Portail auroit donné en advancement d'hoirye et successions à 
sondict fîlz, Toffice de conseiller en la court, duquel il estoit 
et est pourveu avec la survivance d'icelluy, et trois cens trente 
trois escus ung tiers sur particulliers, du contenu auquel con- 
tract reste à fournir par ledict sieur du Portail père lesdictz 
trois cens trente trois escus ung tiers de rente, d'une part, et 
deux cens cinquante escus pour une fois, d'autre, pour les 
réparations de Bailly, pour à quoy satisfaire, iceluy sieur du 
Portail père a transporté et transporte par ces présentes aus- 
dictz sieur du Portail, son fîlz, et sa femme, ce acceptans en 
la présence de noble homme, M<^ Thomas de Pilleur, secrétaire 
du Roy, et damoiselle Justine de Lyvres, sa femme, trois 
cens trente trois escus ung tiers de rente en quatre partyes, 
sçavoir est, cent escuz constituez par noble homme M*^ Philip- 
pes Dupuys, sieur de Sainct Vallerien, conseiller du Roy en sa 
court de Parlement, et damoiselle Anne de Harlay, sa femme, 
avec M<= Guy Dampmartin advocat en ladicte court sur les heri- 
taiges et moyennant la somme de douze cens escus que les- 
dictz sieurs et damoiselle vendeurs et constituans en auroient 
confessé avoir eu et receu de vénérable et discrette personne 
M^" Jacques de Castro, maître es arts en l'Université de Paris, 
es espèces, selon et ainsy qu'il est à plain déclaré es lettres de 
constitution de ladicte rente de ce faictes et passées par 
devant Jehan Brigrand et Robert Foucard, notaires audit Chas- 
tellet, dattées du dix huictiesme jour d'aoust mil cinq cens 
soixante neuf, duquel de Castro ledict M'= Anthoine du Portail 
auroit et a eu le droict par transport et déclaration passée par 
devant deux notaires dudict Chastelet, le 27*^ jour desdictz moys 
d'aoust et an iSôg, signée Peron etGaudicher, attaché ausdictes 
lettres, avec quatre pièces escriptes en cahier de parchemin, la 
première desquelles est unes lettres de sentence données 
audict Chastelet au proffict dudict sieur du Portail père allen- 
contre de messire Jehan de Harlay, chevalier, seigneur de 
Ctcy, gentilhomme ordinaire de la chambre, et noble homme 



APPENDICE .)Q7 

Jehan Dauvet, seigneur de Rieux et de Torcy en Brye, héri- 
tiers à cause de leurs femmes, desdictz defFunctz sieur de Sainct- 
Vallerian et sa femme, le samedy aô^jour de janvier mil cinq 
cens quatre vingtz cinq, signée Drouart ; la seconde sont unes 
lettres de tiltre nouvel et recongnoissance de ladicte rente 
passées par lesdictz sieurs de Cesy et sa femme, ou procureur 
pour eulx le g-' jour de mars i586, signées Moreau et Davoust; la 
troisiesme est ung brevet dudict Chastelet de Paris passé par 
devant deux notaires d'icelluy lesdicts neufieme jour desdictz 
m.oys de mars et an V*^ IIII" six, signé desdictz .Moreau et 
Davoust, par lequel appert ledict sieur du Portail père avoir 
consenty que lesdictz sieur de Cesy et Rieulx et leurs femmes 
pussent disposer du sort principal et arréraiges de 3oo livres 
tournois de rente faisans partye de plus grande rente que 
ledict deffunct sieur de Saint Vallerien auroit droict de prendre 
sur rhostel de ceste ville de Paris : et la quatrième sont une 
autres lettres aussy de tiltre nouvel et recongnoissance d"icelle 
rente par ledict sieur de Rieulx, passée en son nom à cause de 
damoiselle Jehanne Dupuis, son espouze, audict sieur du 
Portail le vingt cinquième jour de juing mil cinq cens quatre 
vingtz cinq, signé desdictz Moreau et Davoust. 

Item, cent escus de rente audict sieur du Portai! père apparte- 
nant comme ayant droict de noble homme Zacarye Gaudart, sieur 
de la Source, bourgeois de Paris, par transport passé par devant 
Desnotz et Mahieu, notaires audict Chastelet, le dix neufieme 
jour de juing mil cinq cens soixante et dix huit, auquel sieur 
Gaudart ladicte rente fust vendue et constituée par hault et 
puissant seigneur messire Henry d'Albret, chevalier, sieur et 
baron de Myossens, noble et scientificque personne Raphaël de 
Taillinyz escuier, sieur delà Maiziere, noble homme M"" Michel 
de Pomereu, sieur de la Bretesche Sainct-Nom, et ledict sieur 
du Portail père en et sur les héritaiges et biens soubz la facul- 
té de rachapt et movenant la somme de douze cens escus qu"ilz 
en avoient confessé avoir reçeu dudict sieur Gaudart es espèces, 



398 AMBROISE PARÉ 

selon et aiiisy qu'il est à plain déclairé esdictes lettres passées 
par devant Pierre de Bricquet et Jehan Marchant le septième 
jour de février audict an mil cinq cens soixante dix huict. 

Item, soixante six escus deux tiers de rente constituez par 
hault et puissant seigneur messire Jehan d'Escars, chevallier 
de Tordre du Roy, prince de Carency, seigneur de la Vauguyon, 
M*^ Jehan Chaseaud, procureur fiscal dudict sieur de :1a Vau- 
guyon en la terre et seigneurye de Roussine, et ledict sieur du 
Portail père à honnorable homme Loys de'Prime, marchant bour- 
geois de Paris, par lettres de constitution de la dicte rente 
faictes et passées par devant lesdicts Brigrand et Foucquard, le 
douzième jour d'octobre mil cinq cens soixante quinze, duquel 
de Prime icelluy sieur du Portail a eu le droict par transport et 
déclaration de ladicte rente passé par devant lesdictz Brigrand 
et Foucquard lesdictz jour et an. 

Item, et soixante six escus deux tiers aussy de rente audict 
sieur du Portail père venduz et constituez par defFunct hault et 
puissant seigneur messire François d'O vivant chevalUer, sei- 
gneur dudict lieu d'O, et messire Charles d'O, abbé des églises 
et abbayes Sainct Estienne de Caen et de Sainct JulUen de 
Tours, et sur les héritaiges et biens et moyenant le somme de 
huict cens escus que lesdicts sieurs d'O en auroient receu du- 
dict sieur du Portail père es espèces selon et ainsy qu'il est à 
plain contenu et déclairé es lettres de constitution de ladicte 
rente de ce faictes et passées par devant lesdicts de Bricquet et 
Marchant le vingtième jour de febvrier mil cinq cens quatre 
vingtz-quatre. Et outre transporté comme dessus ausdictz sieur 
du Portail son filz et sa femme les arréraiges escheuz depuis le 
premier jour de janvier dernier passé à cause desdictes rentes, 
les originaulx desquelles avec autres pièces mentionnées cy 
dessus ledict sieur du Portail père a baillé et dellivré ausdictz 
sieur du Portail, son filz et sa femme ce jourd'huy, dont quic- 

tance 

Ce transport faict pour les causes que dessus, mesmes pour 



APPENDICE 3g9 

demeurer par icelluy sieur père du Portail quicte envers lesdictz 
sieurs du Portail, son filz et sa femme, lesquelz Font quicté et 
quictent desdict/. 333 escus ung tiers de rente à lui donnez par 
ledict contract de mariage, ensemble desdictz 25o escus qu'il 
auroit promis, comme dict est, pour lesdictes réparations de 
Bailly, par ledict contract de mariage et ce, moyenant pareille 
somme de 260 escus que ledict sieur du Portail père a baillé 
et payé ausdictz sieurs de Pileur Taisné, Portail conseiller 
et sa femme, qui icelle somme ont prise et retenue pour em- 
ployer, ainsy qullz promectent faire, ausdictes réparations de 
Baiily 

Laquelle rente de trois cens trente trois escus ung tiers avec 
ledict estât de conseiller et survivance d'icelluy ledict sieur du 
Portail père a baillé et baille à sondict filz pour la somme de 
huict mil escus et ce pour tout le droict successif mobillier et 
immobillier qui luy peult compecter et appartenir, compecte et 
appartient en la succession à luy advenue et escheue par le 
décedz et trespas de defFuncte dame Jacqueline de Prime, sa 
mère, au jour de son décedz femme dudict sieur du Portail 
père, etjusques à la concurence de ce que ledict droict suc- 
cessif se trouverra monter, et le surplus sur la succession 
future dudict sieur du Portail père et en advancement d'icelle, 
même ladicte somme de 25o escus cy devant declairiez pour 
lesdictes réparations de Bailly, car ainsy le tout a esté dict, 
convenu et expressément accordé entre lesdictes partyes. 

Faict et passé double en la maison dudict sieur de 

Pileur l'aisné, à Paris, rue Pavée, paroisse Sainct Paul, le 
lundy après mydy dixième jour de juillet Tan mil cinq cens 
quatre vingtz quinze. Et ont lesdictz sieurs du Portail père et 
fils, Pileur, damoiselle Justine de Livres et Justine de Pileur 
signé en minutte des présentes avec lesdictz notaires sus- 

nommez 

(Archives nationales, Y. i35. fol. r.) 



VI 

i6i2 — 8 Octobre. 

TESTAMENT d'aNNE PORTAIL 

Au nom du Père, du Filz et du Saint Esprit, 

Je, damoiselle Anne Portail, saine de corps et d'entende- 
ment, recongnois avoir par ces présentes fait mon testament... 
comme il s'ensuict : 

... Item, je veulx et ordonne incontinant l'heure de ma mort, 
Ton face eslargir hors des prisons de ceste ville ung prisonnier 
tenu pour argent et mis en liberté, lui enjoignant de prier Dieu 
pour le soullagement de mon ame. 

... Item, j'ay eslu ma sépulture au lieu où le sieur de Chatou 
mon mary se fera enterrer. 

Item, le jour de mon enterrement, je désire qu'il soit chanté 
cent messes, sy faire ce peult, ou le landemain, assavoir à ma 
paroisse, 35 ; en la chapelle monsieur Saint-Claude à Saint An- 
ihoine, 5; aux Bons Hommes, lo; et aux quatre Mendians 
chacun lo pour prier Dieu pour me pardonner mes peschez ; et 
dix à l'égUse de l'Ave ]\Iaria. 

Item, je veulx et ordonne que durant Tannée de mon decedz 
il soit faictung anuel, et qu'il soit achepte des ornemens d"une 
chappelle de velours noir pour le célébrer honnestement.... et 
l'annuel finy, je donne lesdits paremens à l'égUse de Chatou 
pour servir à notre chapelle à ladite église. 

Item, je donne le jour de mon enterrement, à cent pauvres, 
à chacun ung pain de deux solz et ung sol en argent, desquelz 
en sera pris douze à qui l'on donnera à chacun une robbe pour 
assister à mon convoy et enterrement, et prier Dieu pour moy. 

... Item, je donne aux pauvres prisonniers des basses fosses 
du Grand et Petit Chastellet, Fort l'Evesque et Conciergerye, 



APPENDICE 401 

à chacun endroict soy cinquante livres, et à Thospital des fem- 
mes veufves de Saint Germain des Prez où est ma mère nou- 
rice, la somme de cent livres pour prier Dieu pour moy. 

Item, je donne à l'église de Chatou la somme de cinquante 
livres pour faire ung service complet, Tannée de mon trespas, 
le jour madame Saincte Anne. 

Item, je donne à Anne d'Eaubonne, ma fillolle et servante, 
la somme de 3oo livres pour ayder à lapourveoir.... 

Item, je donne à Marguerite Fraguier, ma fillolle, fille de M. 
Fraguier, au cas quelle demeure au monde, et sy elle decedde 
ou soit relligieuse, à sa sœur Marie Fraguier, la somme de 
1,200 livres... 

Item, je donne à Ysabeau Morgant, veuve de Jaques Marye, 
et après sa mort, à Marguerite Marie, fîUolc de ma sœur la 
relligieuse, la somme de 100 livres pour luy estre propres. 

Item, à Claude Bordier, ma fillolle, 60 livres ; 

A Nicolle, ma servante de chambre, i5o livres ; 

Aux serviteurs et servantes, tant à nostre maison de Paris 
que à celle de Chatou, 100 livres, et à chascun, un habit de 
deuil. 

Item, je prie ledit sieur de Chatou, mon mary, que aupara- 
vant son decedz, syla tapisserie de Flandre de Fistoire de Judic 
et le ciel de serge bleue en broderye de fruictz par bandes, se 
trouve encores en nature, de les donner après son decedz, 
assavoir la tapisserye, à la religion des Filles Dieu où est ma 
sœur la religieuse, et le ciel, à ma niepce Catherine Belle, 
comme aussy je prie mes donnataiies cy après nommez de faire 
le semblable aussy de leur part. 

Item, je veulx et ordonne que tous les susdits fraiz fune- 
raux... ensemble les susdits legs... soient pris et payez sur le 
quart de mes propres à moy (avec prière à son mari de faire 
les avances de fonds nécessaires). 

Item, je donne à ma niepce Catherine Belle tout ce que l'on 
luy pourroit demander pour sa pention depuis qu'elle est avec 

26 



402 AMBROISE PARE 

moy, et aussy deux anneaux qui sont venus de sa mère, qui 
sont les deux diamentz que je porte ordinairement, avec le 
chappellet de cornaline blanche ainsy qu'il est. 

Item, je donne et lègue par donnation testamentaire et irré- 
vocable au cas que je n'aye point d'enfFans au jour de mon 
decedz, à M'- Louys Belle, mon nepveu, pour l'amytic que je 
luy porte à cause de damoiselle Jchanne Portail, ma sœur, 
tous et chacuns mes biens meubles, acquetz et conquetz im- 
jiieubles... 

Geste donnation faicte à la charge toutesfois et non autre de 
laisser jouyr le sieur de Chatou mon mary de l'usufFruict sa vye 
durant de tous mes susdicts meubles, acquetz et conquetz im- 
meubles... 

Et pour l'assurance de Tamytié grande que m'a tousjours 
portée ledit sieur de Chatou, mon mary... je le supplye affec- 
tueusement de voulloir accepter la charge et exécution de ce 
mien testament... 

Et où ledit Louys Belle, mon nepveu viendroit à decedder 
je veulx que ce que je luy ay donné revienne et appartienne à 
mon nepveu Claude Belle, son frère, aux mêmes charges et 
conditions..., et où arriveroit la mort dudit sieur Chatou, mon 
marv, sans avoir accomply mondit testament, je nomme en sa 
place ledit Louys Belle, et après sa mort ledit Claude Belle, 
son frère, à la charge de prendre pour assistement et conseil 
M*^ Jacques de Prime, advocat, mon cousin, sans lequel il ne 
pourra rien faire, et pour récompense de sa payne, il luy sera 
payé la somme de douze cens livres... 

En tesmoing de quoy j'ay escript et signé de ma propre main 
et saing manuel dont j'ay accoustumé signer cedit mien testa- 
ment... ce huictieme jour d'octobre mil six cens douze. Signé, 
Anne Portail. 

Aujourdhuy datte de ces présentes est comparue par devant 
les nottaires et garde nottes du Roy nostre Sire en son Chaste- 
let de Paris soubsignez, damoiselle Anne Portail, femme de 



APPENDICE 400 

Thomas de Pilleur, escuyer, seigneur chastelain de Chatou et 
du tief de Malenouc, conseiller et secrétaire du Koy et control- 
leur général des guerres, demeurant ;\ Paris, rue des Jardins, 
parroissc Sainct Paul, laquelle a dict, déclaré, recongneu et 
confessé avoir escript et signé son testament et ordonnance de . 
dernière volonté en la forme et manière qu'il est cy dessus 
escript, qu'elle veult et entend estre accomply..., dont elle a 
requis acte... Ce fut faict, passé, recongneu et déclaré en la 
maison de ladicte damoiselle sus déclarée, Tan mil six cens 
douze, le dix septième jour d'octobre après midy.... 

Le présent testament contenant deux feuilletz escripts avec le 
présent feuillet à demy escript a esté déposé es mains de Du- 
chesnel'un des notaires soubzsignez par ledit sieur de Chatou y 
nommé, en la présence et du consentement de M-^ Adrien Por- 
tail, conseiller du Roy en sa court de Parlement de Paris, da- 
moiselle Justine de Pileur, veuve de feu M'^ Paul Portail, vivant 
conseiller du Roy en ladicte court, tuteur des enfans mineurs 
d'ans dudict deffunct et d'elle. M" Paul Portail aussy conseiller 
du Roy en ladicte court, M'^ Anthoine Portail, conseiller du 
Roy et correcteur en sa Chambre des comptes. M'' Louys Belle, 
prieur de Rouvres, et M'^ Jacques de Prime, conseiller et pro- 
cureur du Roy es eaues et forestz de la prévosté et viconté de 
Paris, et de A^' Jehan Fraguier, advocat en Parlement, pour en 
estre dellivré expédition à qui il appartiendra, dont ledit sieur 
de Chatou a requis acte. 

16 Octobre 1622. 

Codicille. 

Fut présente en sa personne damoiselle Anne Portail, femme 
de Thomas de Pilleur, escuyer, sieur de Chatou... demeurant 
à Paris rue Sainte Croix de la Bretonnerye parroisse de Sainct 
Jehan en Grève, gisant au hct mallade, saine toutes fois de 
pensée, mémoire et entendement, laquelle a dict après avoir par 



404 AMBROISE PARÉ 

elle veu et leii son testament... qu'elle désire présentement y 
augmenter et diminuer par forme de codicille, a nommé et dicté 
ausdicts notaires ce qui s'ensuict : 

Premièrement, pour les 3oo livres qu'elle a donnez et léguez 
par son dict testament à Anne d'Eauboune, attendu qu'elle n'est 
plus à son service depuis six ans, et à présent est maryée, elle 
neluy donne que cent livres seullement, et les deux autres cens 
livres, elle les donne, moictyé au couvent des Filles Dieu, en 
faveur que sasœury est religieuse, et l'autre moityé au couvent 
de l'Ave Maria... 

Item, pour les 1200 livres qu'elle adonnez à Marguerite Fra- 
guier, pour ce que elle estoit lors fille et est à présent maryée,... 
révocant ledit don pour la moityé, et les autres 600 livres, elle 
les donne et lègue à M^ de Prime, son cousin, procureur du 
Roy, pour la bonne amityé et assistance qu'il luy a faict pen- 
dant sa malladye... 

Item (révoque le don de i5o livres fait à Nicole sa servante 
et le transporte à Catherine Ménestrel, sa servante de chambre.) 

Item, pour ce que par sondict testament elle avoit priéledict 
sieur de Chatou, sondict mary, de donner après son decedz à 
Catherine Belle, sa niepce, ung ciel de serge bleue par bandes, 
avec deux diamentz et ung chappellet de cornaline blanche et 
marqué d'or, d'aultant que lors de sondit testament, ladite 
Belle estoit demeurante avec elle, et est rendue religieuse au 
couvent d'Hierre y a plus de sept ans, et ledit ciel ne seroit 
convenable à sa profession ; et, au regard des diamentz dict 
qu'elle luy a donné le plus grand d'iceulx y a long temps, comme 
aussy luy auroit donné ledit chappellet de cornaline marqué 
d'or, lorsqu'elle fist sa profession audit couvent d'Hierre ; et 
oultre luy donne et lègue la somme de deux mil Hvres, et sy 
luy remect et quitte sa pention pendant six ans qu'elle a de- 
meuré avec elle avant qu'elle fast religieuse... 

Item, donne et lègue à Michel Baudrand, commis dudit sieur 
de Chatou, sondit mary, la somme de 600 Uvres, affin de le 



APPENDICE 405 

rendre plus soigneux et affectionné aux affaires dudit sieur de 
Chatou, et de ne quitter ne habandonner son servàce. 

Item, elle donne et lègue à Anne Bailly pour l'affection qu'elle 
luv porte depuis qu'elle est demeurante avec elle, 600 livres (à 
charge de donner 100 livres à Philippe Regnard, pauvre enfant 
lîlleul de la testatrice.) 

Item, donne et lègue cà Robert Belle, son nepveu, religieux, 
pour l'amityé qu'elle luy porte, la somme de deux cens livres... 

Item, donne et lègue à M. le curé de Sainte Opportune pour 
l'assistance qu'il luy a faict pendant sa maladie, la somme de 
3oo livres. 

Item, à Marj-e Boissard, pour l'amityé qu'elle lui porte, 3oo 
livres. 

Item, donne et lègue à M. Bignon, prestre de Saint Jehan, 
son confesseur ordinaire, la somme de soixante livres pour 
l'assistance et payne qu'il a prises pendant la malladye de la- 
dite damoiselle.... 

Item, déclare ladite damoiselle qu'elle auroit ordonné par 
sondit testament que où le sieur M«" Louys Belle, son nepveu, 
viendroit à decedder, qu'elle vouUoit et entendoit que le don 
qu'elle luy avoit faict par ledit testament revint et appartint à 
Claude Belle, son frère, (également choisi pour exécuteur tes- 
tamentaire) Et d'aultant que ledit Claude Belle est à présent 
déceddé, elle a nommé etchoisy en sa place ledit sieur de Prime 
pour exécuteur dudit testament et présent codicille après le de- 
cedz desditz sieurs de Chatou et Louys Belle qu'elle a choisiz 
et nommez pour exécuteurs d'iceulx testament et présent codi- 
cilles. Et où arriveroit le decedz dudit Louis Belle, son nepveu, 
auquel par ledit testament d'icelle damoiselle testatrice, elle luy 
avoit donné tous ses biens... icelle damoiselle testatrice veult 
et ordonne que ledit don et legs qu'elle luy a faict retourne au 
proftît dudit sieur de Prime... à condition de donner à ladite 
Catherine Belle, religieuse, 5o livres de rente viagère, et pareille 
rente audit Robert Belle, religieulx. 



4o6 AMBROISE PARÉ 

Ce fut faict, dicté, nommé par ladicte damoiselle Anne Por- 
tail ausditz notaires et à elle leu et releu par l'un d'iceulx no- 
taires, l'autre présent en sondict hostel sus-déclaré avant midy 
Tan mil six cens vingt deux, le dimanche seiziesme jour d'otobre, 
et a ladicte damoiselle Anne Portail, signé ce présent codicille 
qu'elle a retenu et n'a vouUu estre gardé minuttc et depuis et 
le treziesme juin mil six cens vingt trois mis entre les mains de 
Bergeron, l'un des notaires soubzsignez pour garder pour mi- 
nutte... 

(Archives Nationales. Y. 164. fol. i5 et suiv.) 



INDEX 



A 

ABATIA, 3o6. 
AÉTIUS, 23o. 
AILLEBOUST, 302, 383. 

AKAKiA, i53, i58, 276, 3o6, 
339, 352. 

ALENçoN (Le duc d'), 344, 
.345. — Ses médecins. 302. 

AMBOiSE (Jacques d'), 117, 
276, 339, 385, 

AMBOiSE (Jean d',) 84, 188, 
192, 207, 276, 339, 385. 

ANNEBAUT (d'), 20. 

ANTHOINE, 208. 

ARAGON, 338, 363. 

ARBAUD, 353. 

ARXOULLET (Alliy), 52, 181. 

ARNOULLET (Christophe), 52. 

ARNOULLET (OHve), 52, l8o. 
ARNOUX, l3o. 

ARSCHOT (Le duc d'), 72. 

ASSELINEAU, 302. 
AUBERT, l88, 191, 198, 207. 
AUBIGNAC (d'), 123, I24, 125. 
AULU-GELLE, 24O. 
AVOYXES (d'), 193, 207. 



B 



BACHELIER, II7. 

BAiLLou (de), 363. 

BANDELLO, 237. 
BAXGE, 159. 

BARBIERS (La communauté 
des), 22. 

BASso.MPiERRE ( Christophe 
de), 70. 



BASSo.'^ipiERRE (Le maréchal 
de), 71. 

BAUDET, 106. 
BAUDRY, 354, 
BAUTRU, l3, 92, 96, 249, 

254. 

BAZIX, 114, 290. 

BEAUMONT, 73. 

BÉGIN, 9, l3, l5, 16, 17, 

3o, 40, 114, 119. 

BELLANGER, I9I, 206, 2l5, 

3o6. 

BELLE, 377. 

BÉRAN (de), 3o6. 

BÉRENGER DE CARPI, 244. 
BERNARD, 362. 
DERNIÈRES (de), 349. 
BERTRAND, 384. 
BOAISTUAU, 245. 
BIDAULT, 277. 
BORDIER, 33, 80, 95. 
BOTAL, 77, 78, 205, 21 5, 

3o5, 337, 362. 

BOULLAiE (Marie), 8i, 98, 
102, io3, 209, 265. 

BOULLAiE (Robert), 81, 209. 

BOURBON (Antoine de), 37. 

BOURBON (Charles de), 20. 

BOURGES (de), Voyez bur- 
GENSis (Louis). 

BOURGOGNE (Collège de), 88. 

bourgoing, 3o5. 

BOUSSAR, l55. 
BOUTAULT, 362. 
BOUTEROUE, 8l, Io3, 2O9, 

265. 

BOUVOT, 122. 
BRANTO.ME, 79. 



408 INDEX 

BRASSAVOLE, 246. 
BRIGARD, 84, 276, 3o5, 339. 

BRiou (Catherine), 56. 
BRiou (Hilaire de), 82, q6, 
210, 254, 3o8. 

BRissAC (de), 21, 25. 

BRISSON, 92, 249. 
BROUET, 206, 3o5. 
BRUMAN, 363. 
BRUNET, 117, 338. 
BRUSQUET, 36. 
BURGENSIS (Louis] 

i58. 
BURGENSIS (Simon 

2l5. 

c 






l52, 

,190, 



CABANES, 084. 

CAHAiGNEs (de), 345, 347, 

348. 

CAiLLART (Etienne), 8i, 210. 
CAiLLART (Pierre), 384. 

CAMPARDON, 3, 10. 
CAMUS, 98. 

CAMUSAT, 67, 68, 208. 
CARDAN, 233. 
CARON, 57. 

CARRELIER, 342, 356. 
CASTELLAN, 63, 66, 69, l56, 
191, 2l5. 
CASTRES (de), 154, 159. 
CAVRiANi, i56, 3o5, 339. 

CÉRAUNIES, 76. 
CHAALIS, I05. 

ciiAMPiER, 86, 363. 

CHAPELAIN, 5i, 60, 63, 66, 

68, i53, 190, 2i5. 

CHARBONNEL, I08. 

CHARLES (Claude), 354. 
CHARLES (Pierre), loi. 
CHARLES IX, 83, 344. — Ses 
médecins, 206, 21 5. 

CHAUMONT (de), 344, 348. 

CHAUVELIN, 88, 91, 249, 261, 

252. 



CHÉREAU, 8, o5. lOI. 
CHEVAL, 45, 40, 48. 
CHIFFLIER, 362. 

CHIRURGIENS (La Confrérie 
des), 3o. 

CHOiSNiN (François), 119, 
012, Ji5. 

CHOISNIN (Gilles), 119, 3 12. 

CHOISEL, 23, 144. 
CHOPPIN, 92, 249. 
CHRESTIEN, l56, I9I. 
CIBILOT, 38 1 . 
CLERBOURG (de), 329. 

CLÉRET (Etienne), 23, 34, 
56, 178, 307. 
CLÉRET (Marguerite), 23, 56. 
CŒciLius, 240. 

COINTERET, 62, 84, I05. 
COLIGNY, 79. 
COLOMBIER, 28. 

coLOT, le fils, 208. 
coLOT (Laurent), 63, 78, 
189, 192, 208, 277. 

COLUMBO, 234. 
COMPÉRAT, IIO. 
CORDELLE, 25 1. 
CORMEILLES EN PARISIS, IO9, 
278. 

COURTIN, 86, 100. 

CRABBE, l52, l58, 191, 21 5. 

CROZON, 25l. 

CUBES (de), 353. 

D 

DAiGUE (Benoist), 207, 277. 
DAiGUE (Pierre), i53, 159, 
189, 192. 

DALÉCHAMPS, 223. 
DAMBRESCHE, l59. 

DAMviLLERS (Le siègc de), 
36. 

DANIMY, 84. 
DAUBRAY, lOI. 
DAVID, 16, 29, 160. 



INDEX 



409 



DELAULXE, I4, l5. 
DES BONSIIOMiMES, 385. 
DES IIAYES, 36. 
DES IIAYES, 154. iSg. 
DES JARDINS, l53. 

DESNEUx (François), iSç. 
DESNEUX (Nicolas), 46, 48, 
189, 192, 2o3, 277. 

DE VAUX, 108, 118. 
DIONNEAU, 84. 
DIOSCORIDE, 233. 
DOIROX, 249. 
DOREAU, 289. 
DORTOMAX, 383. 
DOULLEXS, 5o. 

DROL'ET, médecin, 302. 

DROUET (Louis), 24, 27, 144. 
DU BARTAS, l32. 

DU BOIS (Guillaume), 46, 47, 
48, 69, 84, 95, 207, 337. 

DU BOIS (Jacques), 21, 223, 
2.D0. 

DU ciiESXE, Voyez querce- 

TAX. 

DU FOUR, 275, 304, 384. 

DU jox, 383. 

DU LAUREXS, 384. 
DU PERRON, 353, 354. 
DU POXT, 362. 
DU PORT, 353. 
DUPRAT, 112, 217, 293. 
DURET, 84, 216, 276, 3o6. 
DUVAL, 99. 



ELBEUF (d'), 94. 

ELL.\ix, 104, 338, 353, 302. 

ERMENONVILLE, I05. 
ESPINAC (d'), 118, 

ESTE (Anne d'), 53, 93, 129. 

ESTIENNE, 234. 

ESToiLE (de r), 14, i5, 119, 
.385. 

ÉTA.MPES (d'), 26. 



EU (Le comte d'), 62. 

EUSTACIIE, 84. 



FABRY, l56, 191, 206, 21 5, 
304. 

FARGES (de), 64. 

FÉLIX, 66. 

FERNEL, l58, 234, 342, .348. 

FERRAND, 2o6, 2l6, 304. 

FESSAC (de), 207, 216, 276, 
3o5. 

FIGUIER, 8, 56, 94. 
FLESSELLES (de), I9I, 2l5. 
FOREST fils, II 5. 

FOREST (François), 114, 296, 
3oi. 

FOUBERT (Cosme), 208, 276, 
386. 

FOUBERT (Henri), 276, 386. 

FOURGONXEAU, 24. 

FOURNiER (Charles), 35, 102, 
264. 

FOURXiER (Claude), 289. 

FRAXCO, 63, 78. 

FRANÇOIS i-^"". — Ses méde- 
cins, l52. 

FRAXçois II. — Sa maison 
médicale, 190. 

FRÉMOXT, i55. 

FRIPPET, 207. 

FRO.AL^GER, l59. 

G 

GAGO, 354. 

GAIGNARD, 45, 46, 48. 
GAIRAULT (de), 193. 
GALOPPE, 92. 
GARBIER, 36. 

GARDE (de la), 71. 

GARDÉ, 386. 
GARDETTE, 302. 
GARNIER, 352. 



410 INDEX 

GAUDIX, 84, 206. 216, 243, 
304. 

GAUGUIER (du), 37. 

GAULTHIER, l5g, 193. 

GAULTIER (Claude), 65, 201, 
204. 

GAULTIER (Denis), 66, ii3. 
GAULTIER (Jean), 65, 199, 
201, 204. 

GAULTIER (Léonard), 14. 

GESNER, 245. 

GILBERT, chirurgien, 60. 
GILBERT (Jean), 208. 
GILBERT (Thomas), 159, 193. 

GODEFROY, l59, I93. 
GOMMARD, 52, 181. 
GOUARD, 277. 
GOUEVROT, l52, l58. 
GOULIN, 118. 

GOURDON (de), 226. 

GOURGOURON, 261, 263, 27 1. 
GOURMELEN, 89, IIO, III, 
241, 252. 

GRANDIS, 276, 3o6. 
GRANGER, IO7, 338. 
GRENTEMESNIL, 345, 346, 363. 
GRÉVIN, 242. 
GUÉAU, 59, 196. 
GUÉNAULT, 385. 
GUÉRIN, 86. 

GUÉVARRE (de), l56. 

GUICTIARDIÈRE, 385. 

GUiLLEiAiEAU (Ascauius), 337. 

GUiLLEMEAU (Jacques), 75, 
84, 95, io3, 104, io5, 108. ii3, 
ii5, 117, 276, 297, 337, 386. 

GUILLEMIN, 3o6. 

GUI-PATIN, I05, IIO, 342, 

348, 355. 

GUYON, 87, 90. 



H 

iiAAG (Les frères), 8, 27, 
54, ii3. 



HARDY, 114, 296. 

IIAULTIN, 100, I05, 121, 

35i. 

HAVRE (Le marquis d'), 72 . 

HÉDELiN (Anne), 124, i25, 
126, 33 i, 334. 

HÉDELIN (Catherine), 128. 

HÉDELIN (Catherine- Au- 
guste), 127, 129. 

HÉDELIN (Claude), 8, 122, 
123, 124, 129, 322, 326. 

HÉDELIN (Claude), 127. 

HÉDELIN (François), Voyez 
d'Aubignac. 

HÉDELIN (François), 127. 

HÉDELIN (Geneviève), 128. 

HÉDELIN (Henri), 127. 

HÉDELIN (Jacques), 122. 

HÉDELIN (Jacques), 127. 

HÉDELIN (Jeanne), 128. 

HÉDELIN (Louis), I26, I27. 

HÉDELIN (Louise), 128. 

HÉDELIN (Madeleine), 128. 

HÉDELIN (Marie), 128. 

HÉDELIN (Michelle), 127,329. 

HENETZ (de), i52, i58, 188, 
190, 2l5. 

HENRI II, 5i, — Sa maison 
médicale, i58, 188. 

HENRI III, — Sa maison mé- 
dicale, 117, 275, 304. 

HÉROARD, 3o5, 384. 

HÉRON, 100. 

HÉRY (Thierry de), 22, 28, 
63, 78. 

HESDIN, 40. 
HORBECK, 14. 
HOTEL-DIEU, 45. 

HUBERT (Christophe), 276, 
3o5. 

HUBERT (Le T)^), l3. 

HUBERT (Richard), 57, 62, 
70, 86, 207. 
HUE, Voyez henetz. 
HUREPOix (La rue du), 59. 



I 



IVELIX, 208. 



J 



JACQUART, 104. 

JAL, 7, 17, 2-, 33, 54, 79, 

80, 81, 84. 94, 96, 99, lOI, 

108, Il3, Il5, no, 120, 122, 

12g, i3o. 

JOUBERT. 77, 304. 



JOYAU. 364. 



L 



LA BisTRADE (de), 363. 
l'arbalestrier, 95. 
la charonne, 121. 

LACUKA, 75. 

LA PÈRE EX TARDENOIS, 49. 

LAFILLÉ, 84, 276, 3o5. 

LA FOREST (de), i53, i58. 
LA GROUE (de), .38 1. 

LA GUESLE (de), 92. 

LA HALLE (de), 193, 207. 

LA LIVRE, 335. 

LALLEMANT (Antoinette), loi . 
LALLE.MANT (Etienne), 54. 
LALLEMANT (François), 55. 
LALLEMANT (Jean), 10 1. 

LALLEMANT (Marie), 10 1. 

LA >LAIS0N (de), 154, 159, 

339. 

LAMBERT (Jean), 169, 207. 

LAMBERT (Nlcole^. 54, 70, 

84, 338. 

LAMBERT (Ysmacl). 117,276, 
.•)o8. 

LAMER, 100. 

LA MOTTE (de), 154, 159. 193. 
LA MOTTE-AU-BOIS, 4I. 
LANGE. 75, 244. 
LANGLOIS, 45, 46, 47, 48. 

LANGUE (Jérôme de), ii6, 

117,277. 



INDEX 411 

LA NOUE (Mathurin d^). 48, 
116, 159. 

LARCHER, l55. 

LA RIVIÈRE (Etienne de), 23, 
42, 45, 46, 47, 48, 58, 144, 

188, 192. 

LA RIVIÈRE (Jean de;, 109, 

278. 

LA ROCHE SUR YON (de), 20, 

60, 64, 94. _ , . .- 

LA RUE (Antoine de), .id, 
3oB. 

LA RUE (Pierre de), .35, 102, 
265. 

LA VACHE, maison, 32, 82, 
83, 98, 120, 129, 171, 211, 260, 
271, 3o8, 314. 

LAVAL (de), 26. 

L.WERNOT (Jean de). 117, 
207, 276, .385. 

LAVERNOT (Louis de), 154. 

LAVERNOT (Nicole de). 25, 
58, 154, i59, 188. 191, 337. 

LA VILLE DU BOIS, II4, 129, 
322, 326. 

LE BAILLEUL , l'aîné , 207, 

275. . 

LE BAILLEUL, le jeune, 207, 
277, 386. 

LE BAILLIF, IU- 
LE BÈGUE, 362. 
LE BOURG-HERSENT, l3. 
LE BRUN (Louis), 47, 48, III. 

LE BRUN (Nicolas), 46, 47, 

48, 

LE CAUCHOIS, 157. 

LE CHANTRE, 84, 2O7, 2l6, 
.304. 

LE CH.ARRON (Jean), 92. 

LE CHARRON (Le marquis), 
128. 

LE CHARRON (La marquise), 
9, 128, i33. 

LE CLER, 193. 
LE COCQ, 107. 



412 



INDEX 



LE COMTE. 104. 

LE FÈVRE (Albert), 363. 

LE FÈVRE (Pierre), 60, 66, 
84, io5, i56, 206, 2i5, 244, 
276, 804, 3o5, 337, 345, 376. 

LE FORT, I05. 

LE GAY, 48, q5. 

LE GENDRE, 385, 386. 

LE GRAND (Antoine), 277. 

LE GRAND (Nicole), 191, 207, 

2i5, 3o5. 

LE -MESNIL MADAME RENCE, 
102. 

LE NAIN, 275, 3o5. 
LE NOIR, 102, 265. 
LÉON l'africain, 232. 
LÉONIDES, 23 1. 

LE PAULMiER (André), 341. 
LE PAULMIER ( Guillaume ) 
347. 
LE PAULMIER (Guillaumc) 

349. 

LE PAULMIER (Guillemette) 
343, 358, 36o. 

LE PAULMIER (Hélène), 35o 

LE PAULMIER (Jacques), 349 

LE PAULMIER (Jean), 341. 

LE PAULAUER (Jean), 349 
35o. 

LE PAULMIER (Jcan-Baptiste) 
347. 

LE PAULMIER (Julien), 9, 75 
76, 78, 83. 341, et suiv, 356 
358, 36o, 363, 370. 

LE PAULMIER (Nicolas), 847 
LE PAULMIER ( PieiTe ), 848 

35 1 et suiv. 

LE PAULMIER DE GRENTEMES 

NIL, (Jacques), 348. 349, 35o 
LE PETIT (Louis Marie), 127 

128. 
LE piLEUR (Justine), 377,395 
LE PILEUR (Thomas), 38o 

387. 

LE POGGE, 229. 



LE PRESTRE, l54, l59. 

LE ROY (Jacques), chirur- 
gien, 66, 192, 208. 

LE ROY (Jacques), médecin, 
275, 304, 384. 

LE ROY (Jean), 362. 

LE TELLIER, 38^. 

LE VERRIER (Jean), i53, 159, 
339. 

LE VERRIER (Pierre), 192. 

LE VEST (Barnabe). 43, 44, 
45, 46, 47, 48, 337. 

LEVESTZ, 92. 
LES BONS-IIO.ALMES, 58. 
LES TOURNELLES, 5o. 
LIBAVIUS, 353. 
LICORNE, lOO, I06, 107. 
LIÉBAUT, 99. 

LiENiN (de). 44, 45, 46. 47. 

L0R.ME (de), 384. 

LORRAINE (Le cardinal de), 

71- 

LORRAINE (Charles de), 64. 
LORRAINE (François de), 28. 
LOYSEAU, 386. 

LUSSON, 99, 100, 348. 
LUziÈRE (de), 206, 216, 276, 
3o5. 

LYON, 386. 

M 

MAFFEl, 233. 

MAGGI, 75, 'J';^. 

MAILLART, 384- 

MALEZIEU, 92, III, 249, 338. 

MALG.\IGNE, 7, l3, 18, 21, 

79, 87, 89,95, 116, 117, l3l. 

MALNOUE, 38o. 

MANSFELD (Charles de), 94. 
MANSFELD (Pierre Ernest de), 
70, 72, 94. 

MARCHANT, 121, OÔJ. 
MARESCIIAL, 96, 102, I08, 

114, 255, 264, 297. 



MARESCOT, 99, 104. 
MARIXELLO, 236. 
MARTEL, 376, 386. 
MARTIGUES (de), 4I . 

MARTIN ^Didier), loi, 102, 
114, 265, 297. 
MARTIN (Gaspard), 16, 56. 
MARTIN (Jean), 100. 
MARTIN (Loys), 3o8. 
MARTIN (Marguerite), 289. 

.^L\SPAROT, 102, 265. 
MATIGNON (de), 340, 344. 
345. 

MATTHIOLE, 236. 
MAUCLER, 'Jô. 
MAUREVEL, 79. 

MAYERNE (de), 355. 

MAZELiN (Antoine'i, 32, 33, 
54, 171, 174. 

MAZELIN (Charles). ii3. 

MAZELIN (Jean), 23. 

MAZELIN (Jeanne), 23, 27, 
34, 81, loi, 143, 147, 194. 

MAZILLE, 84, 191, 206, 21 5, 
304, 362. 

MÉDicis (Catherine de), 52. 
— Ses médecins, i56. 

MEIMAC, 125. 
M EN ANDRE, 24O 
MÉRAIS, l56. 
MÉRAULT, 363. 

MESTREAU (Jean), 33, 58. 
MESTREAU (René), 83, 255. 
METZ (Le siège de), 35, 38. 

MEUDON, 33, 34, 35, 173, 

289. 

MEUDON (Le cardinal de), 
00, 04, 178, 179. 

MICHEL, 17. 
MIGNON, 16. 166. 

MILLET (Denis), 21 5. 
MILLET (Guillaume), i52, 
i58, 190, 2i5. 

MILLET (Louis), 190, 2l5. 
MILLON, 86. 



INDEX 410 

MiRON (François), i58, 190, 

2l5. 

MiRON (Marc), 84, io5, 206, 
2x5, 275, 3o5, 338. 

MOISANT DE BRIEUX, 35o. 
MONANTHEUIL (de), 95. 
MONCONTOUR, 6g. 

MONSEIGNEUR, frère du 
Roi, 69. 
MONSIEUR, frère du Roi, 86. 

MONTAIGNE, 344. 
■ MONTEJAN (de), 20. 

MONTESPEDON (de), 20, 64, 

94, 337. 

MONTGOMERY (de), 5o. 

MONTiioux (de), i58. 

MONTIGNY (de), 189. 
MONTLIIÉRY, II4, I29. 
MONTMORENCY (de), 49, 53, 

68. 
MORiN, 341, 35o, 35 1. 

MORMOREL, 48. 
MORTRAS, 386. 
MOUCIGOT, 96, 254. 

MOURON (de), io5. 

MOUSSEY, lOI. 
MOYEN, 78. 
MUMIE, 100, 106. 
MUSTEL, 341. 



N 

NAUQUIER, 16, l63. 

NAVARRE (Le roi de), 60. 
NAViÈRES (Anne de), 108. 
NAViÈRES (Etienne de), 102, 
108, 265. 

NEMOURS, 122. 

NEMOURS (Le duc de). Voyez 
SAVOIE (Jacques de). 

NESTOR, 57. 

NEUFViLLE (de), 17, 55, 96, 

218. 

NisMES (Jean de), A'oyez le 

VERRIER. 



414 



INDEX 



o 



OLAUS MAGNUS, 2.33. 
OLIVIER, l58, 190, 2l5. 



PAINTRET, i54, i5g. 
PAjoT, 86, 843^ 358, 36o. 

PALEY, 8, 124, l33, 146, 214, 

o o /i n Ct '^ o 00 000 

014, 010, 010, 000, 001, 000. 
PALissY (Bernard), 85. 

PAPON, 232. 

PARÉ (Ambroise), Sa nais- 
sance, i3. — Son âge, i3, iig. 
— Sa famille, i5, i6. — Ses 
études, i8. — Séjour à Angers, 
i8. — Il entre à THôtel-Dieu 
de Paris, i8. — Départ pour 
le Piémont, 20. ^ Combat du 
Pas-de-Suse, 20. — Retour à 
Paris, 21. — Dîner chez Syl- 
vius, 21. — Il est reçu maître- 
barbier, 22. — Son premier 
mariage, 23. — Ses autogra- 
phes, 24, 253. — Départ pour 
Perpignan, 25. — Il est atteint 
d'hématurie, 25. ■ — Il soigne 
M. de Brissac, 25. — Va au 
camp de Maroilles, 25. — 
Voyage en Bretagne, 26. — 
S'arrête à Vitré, 26. — Dona- 
tion à sa femme, 27. — Se 
rend à Landrecies, 27. — 
Naissance de son fils Fran- 
çois, 27. — Part pour Bou- 
logne, 28. — Publication de 
La méthode dd traicter les 
playes dliacqiicbutes, 28. — 
Etudes anatomiques, 28. — 
Publication de la Briefve col- 
lection de r administration 
anatomique, 28. — Il conserve 
le corps d'un supplicié, 29, 
io6. — Donation à son neveu 



Bertrand, 29. — Lettre au 
même, 3i. — Acquisition de 
la maison de La Vache, 02. — 
et de biens à Meudon, 33. — 
Il part pour Metz, .35. — Pre- 
mier emploi de la ligature des 
artères à Damvillers, .36. — 
Va à Chàteau-le-Comte, 37. — 
Est nommé chirurgien ordi- 
naire du Roi, 38. — Voyage à 
Metz, 38. — Seconde édition 
des Playes dliacquelmtes, 40. 
Siège de Hesdin ; il est fait 
prisonnier, 40. — Il est reçu 
maître chirurgien, 48. — Se 
rend à la Fère, 49. — A Doul- 
lens, 49. — Mort de Henri 11, 
5i. — Donation à Olive Ar- 
nouUet, 52. — Il témoigne 
dans le procès de Françoise 
de Rohan, 52. — Naissance 
d'Isaac ; sa mort, 54. — Dona- 
tion à sa nièce Jeanne, 55. — 
Naissance de sa fille Catherine, 
56. — Mort du roi François 
II, 56. — Pubfication àeVAna- 
tomie universelle, Sj. — Il se 
fracture la jambe, 58. — Il est 
nommé premier chirurgien du 
Roi, 58. — Concession à 
Guéau, 5g — Pubfication de 
La méthode eu rative des playes 
de tête, 60. — Siège de Rouen, 
60. — Il est empoisonné, 60. 

— Voyages à Dreux, au Havre, 

62. — Publication des Dix 
livres de la chirurgie, 62. — 
Il accompagne Charles ix dans 
son voyage à travers la France, 

63. — Il est mordu par une vi- 
père, 64. — Donation à Gaul- 
tier, 65. — Il va à Moulins, 66. 

— Soigne Charles ix, 66. — 
Querelle avec les chirurgiens, 
66. — Panse le connétable de 



Montmorency, 68. — Il a eu 
la peste, 69. — Publication du 
Traie té de la peste, 6g. — Va 
à Tours, 6g. — Voyage en 
Flandre, 72. — Les Cinq 
livres de chirurgie, 74. — 
Apologie contre Julien Le 
Paulmier, 75. — Soigne Coli- 
gny> 79- — Sa religion, 7g. — 
Les Deux livres de chirurgie, 
80. — Mort de sa femme, 
Jeanne Mazelin, 81. — Son 
second mariage, 81. — Dona- 
tion à sa nièce Jeanne. 83. — 
Fait Fautopsie de Charles ix, 
84. — Est nommé premier 
chirurgien et conseiller de 
Henri m, 84. — Il marie sa 
servante, 84. • — Voyage à 
Nancy, 85. — Il suit les con- 
férences de Bernard Palissy, 
86. — Première édition de ses 
Œuvres complètes, 86. — Pro- 
cès avec la Faculté, 87. — 
Son Mémoire, 8g. — Nais- 
sance de sa fille Anne. g3. — 
Naissance de son fils Am- 
broise, g4. — Attaques des 
chirurgiens, g5. — Mort du 
jeune Ambroise, g6. — Il ma- 
rie sa nièce Jeanne, g6. — 
Naissance de sa fille Marie, g8. 

— Deuxième édition des Œu- 
vres complètes, gg. — Nais- 
sance de Jacqueline, loi. — 
Naissance de Catherine 11, 101. 

— Mariage de Catherine v^-, 
loi. — Edition latine des 
Œuvres complètes, io3. — 
Attitude de la Faculté, 104. — 
Discours de la licorne, 106. 

— Nouvelles attaques, 107. 
■ — Réplique à la response 
contre le discours de la li- 
corne, 107. — Naissance de 



INDEX 41.-) 

son fils Ambroise, 108. — 
Donation à Jean de la Rivière, 
log. — Attaques de Gourme- 
len. iio. — Quatrième édition 
des Œuvres complètes, 110. 

— Apologie, 1 10. — Discus- 
sions avec son gendre, 112. 
— Testament d'Ambroise Paré, 
ii3. — Sa rencontre avec l'ar- 
chevêque de Lyon, 118. — 
Mort d' Ambroise Paré, 118. 

— Sa sépulture. 118. — Sa 
succession, i [4, i ig, 120, 12g. 

— Ses maisons, 5g, 172, 317, 
12g. — Indications bibliogra- 
phiques. i3i. — Ses portraits, 

14, 100. 

PARÉ (Ambroise), g4, 96. 

PARÉ (Ambroise), 108. 

PARÉ (Ambroise). officier, 
i.3o. 

PARÉ (Anne), g3, ii3, 120, 
121, 12g, 3ig, 322, 326. 

PARÉ (Antoine), 33, ii3, 
171, • — i3o. 

PARÉ (Bertrand), 16, 2g, 3o, 
3i, i3o, 160. 

PARÉ (Catherine i.), 8, .33, 
56, 81, loi, 192, log, 112, 
ii3, 12g, i3o, 264, 281. 

PARÉ (Catherine 11.), 33, 
loi, ii3, 122, — Son auto- 
graphe, 123, — 124, 12g, 322, 
.J26, 02g, 001, 302. 

PARÉ (Catherine, sœurd'Am- 
broise), 16. 

PARÉ (Charles), 33. 

PARÉ (Charles), i3o. 

PARÉ (Etiennette), 17. 

PARÉ (François), 27, 28. 

PARÉ (Isaac), .54. 

PARÉ (Jacqueline), loi. 

PARÉ (Jean), barbier, 16, 
18, 2g, 3o, 160. 

PARÉ (Jean), cofFretier, 16, 



4l6 INDEX 

17, 55, 59, 96, i63, 166, 169. 

PARÉ (Jean), père d'Etien- 
nette, 17, i3o. 

PARÉ (Jeanne), 17, 55, 56, 
83, 96, 97, 114, ii5, 194, 
217, 254, 260, 270. — Sa 
signature, 274 — , 296. 3oi, 375. 

PARÉ (Marie), 98. 

PARÉ (Maurice), i3o. 

PARIS (de), 172, 3o8. 

PAS-DE-susE (Combat du), 
20. 

PASSART (Françoise), 342. 

PASSART (Gabrielle), 342. 
343, 356, 358, 36o. 

PAUL d'eGINE, 23o. 

PAULMiER (François), 126, 
334. 

PAULY, 129. 

PAULY, (Paul de), Voyez 
Pavoli. 
PAVOLi (Paul de), 159, 339. 

PELLETIER, 275. 385. 

PENA, 86, 363. 

PÉPIN, i88, 190, 206, 21 5, 

275, 3o6. 

PERCY, 17. 
PERDULCIS, 353. 

pÉRiER (Barbe), i6, i66. 

PÉRIER (Catherine), i6, i63. 

PÉRIER (Claude), 59, 196. 

PÉRIER (François), 16, 59, 
169, 196. 

PÉRIER (Marie), 16, 17, i63, 
166, 169. 

PEYRILHE, 8, 43, 119, 376. 
PHILIPPES, 17. 
PICART, 64, 85. 

PIÈTRE (Philippe), .354. 
PIÈTRE (Simon), 79, 84, 104, 

276, 3o6, 354. 

PIGRAY, 62, 69, 78, I05, 

ii5, 117, 276, 337, 376, 385. 

PINEAU (du), 157. 
PINGUET, 102, 265. 



PLESSIS-LEZ-TOURS, 69, 375. 
PLINE, 23l. 
POCIIART, 159, 192. 

poissY (Jean de), 154. 

PONZETTI, 242, 339. 

PORTAIL (Adrien), 379, 390. 

PORTAIL (Anne), 38o, 387, 
400. 

PORTAIL (Antoine i), 9, 5o, 

57,66, 69, 78, 102, ii5, 117, 

208, 265, 276, 375 et suiv. 
38i, 385, 387/390, 395. 

PORTAIL (x\ntoine 11), 378. 

PORTAIL (Antoine m), 378. 

PORTAIL (Antoine iv), 378. 

PORTAIL (Jeanne), 377. 

PORTAIL (Marguerite), 38 1, 
390. 

PORTAIL (Paul l), O-J^J, 395. 
PORTAIL (Paul II), 377. 

PORTAIL (Paul m), Ù-J^J. 

POUGET, 385. 
POULLET, 108. 

PRÉCONTAL (de), 193, 208, 
276. 

PRÉCONTAT, Voyez Précon- 
tal. 

PRIME (Catherine de), 34. 

PRIME (Jacqueline de), 375, 
387, 390. 

PRIME (Jeanne de), 23, 27, 
56. 

PRIME (Louis de), 56, 102, 
265, 375, 386. 

PRIME (Méry de), 23, -33, 
144, 307, 375. 

PRIME (Odo de), 23, 144. 

PRIME (Pierre de), 391. 

a 

QUERCETAN, 352. 
QUIQUEBEUF, I02, 265. 
QUINQUEMPOIX, 103. 



R 

RABELAIS, 21, 35. 
RAMART, l52, l58. 
RAVENIER, 159, 193. 
RAYXARD, 275. 
REBOURS, 100, 104, 338. 
REGNARD, 276, 3o5, 384. 

REMPÉROux (de), 384. 

RENGEAA, l59. 

RÉTY (de), 67. 

RIIINGRAVE (Le), 70. 
RICIÏELET, 354. 
RIGAULT, 121. 
RIOLAN fils, 348, 353. 

RiOL.\N (Jean), 49. 

RIOLLET, 17. 
ROGEAULT, l54. 
ROGER, 22. 

RiQUET (de), 378. 

ROHAN (Françoise de), 52,53. 
54, i85. 

ROHAN (René de), 24, 25, 
26, 28, 29, 35, 36, 52. 

RONDELET, 234. 

RONNIER, 363. 

RONSARD, l32. 

ROSTAN DE BINOSQUE, 5o, 57. 

ROUSSEAUX (des), 188, 190, 

2l5. 

ROUSSELET (Barbe), loi. 

ROUSSELET (Catherine), ii3. 

ROUSSELET (CliarleS;, ii3. 

ROUSSELET (Dcnis), ri3. 

ROUSSELET (Etienne), ii3. 

ROUSSELET (Florentin), u3. 

ROUSSELET (François), loi, 
102, io3, 112, ii3, 114, 119, 
120, 129, 264, 281, 293, 296, 
309, 3io, 3i2, 3i5, 317. 

ROUSSELET (Henri). ii3. 

ROUSSELET (Jacqueline), 8i, 
82, 83, 93, 98, 119, 120, 122, 
209, 281, 3i2, 3i8, 322. 



INDEX 417 

ROUSSELET (Jacqucs), 81, 

99, 102, 209. 

ROUSSELET ( Marguerite ) , 
ii3. 
ROUSSELET (Nicolas), Il3. 

ROZE, 9, 3o. 

ROZE (Madeleine;, 378. 379. 

RUZÉ, 154. 



SAINT-ANDRE DES ARTS, 27. 
SAINT- ARDOIN, 242, 339. 

SAiNT-cô.ME (La communau- 
té de), 3o, L'église de — 44. 

SAINT-GER3IAIN (de), 3l. 
SAINT-GERiAIAIN-LE-VIEIL, 122. 
SAINT-LAURENT, 49. 
SAINT-NICOLAS, 37. 
SAINTE-BARBE-EN-AUGE, 347. 
SAINTE-MADELEINE, 348. 

s.ALON (de), 53, i56, i86. 

SAMBORN, 349, 350. 
SANCHE, l55. 
SANGUIN. 179. 

SAVOIE (Charles de), 94. 

SAVOIE ( Emmanuel - Phili- 
bert de), 41, 49. 

SAVOIE .( Jacques de ), 53, 
g3, i85. 

SAVONAROLE, 228. 
SAXON, 233. 
SÉGLTER, 98, 106. 

SERviN, 348, 354, 355. 
SIMON (Henri), 96, 120, 
121, 129, 254, 319, 322, 326. 
SIMON (Marin), 341. 

SIRET, 69. 

soMUYN (Nicolas au), 208. 

SURDHAULT, 96, 255. 

sYLvius, Voyez Du Bois 
(Jacques). 
SYNOPSIS, 104. 



4ii 



INDEX 



T 



TAHUREAU, iSq. 189, I92, 

208, 276, 386. 
TALENis (de), i56, 339. 
TAUREAU, Voyez Tahureau. 

THOMAS, 208. 

TiLLET (Anne du), 54. 
TiLLET (Marie du], g8. 
TILLET (Séraphin du), 54. 

TORIGNY, 345. 

TOURNAN, 38. 

TREW, 74. 

TROIS MAURES (Les), 69. 

TROIS MORES (Les), 33, 59, 
171, i85, 194. 196, 307. 
TRUCiiON, 275 335. 

TUETEY, 10, 383. 

TURQUET, Voyez Mayerne 
(de). 

u 

URSiNs (Jouvenel des), io5. 

V 

VAIGNART, 84. 
VALLÉE, 14, l5. 

VALOIS (de), 84, 85. 
VARADES (de), i53, i58, 190, 
206. 21 5, 252, 275, 3o4, 338. 



VARRON, 240. 
VASSÉE. 234. 

VATERRE. 84, 206, 21 5, 275, 
304, 339, 302. 

VAUDELOX, 117, 289. 
VAUDEVILLE (de). 4I. 
VAUGEOIS, 277. 
VENDEUVRE, 345, 346, 348, 

349, 363. 
VERRIER, Voyez Le Verrier. 

VÉSALE, 5l, 57. 

VIART, 96, 97, 98, 102, 108, 

113, 114, 254. 260, 270. 

VIGNOIS, 275, 304. 

VIGNY (de), 253, 274. 

viGOR (Giraultl, 84, 216, 
304. 

VIGOR (Regnault), 85, i56, 
206, 275. 

VILLAUME, 17. 

viLLEMEREux (de), 126, 334- 

VILLENEUVE (de), 27. 

vioLAixES (de), 244. 

VIOLLETTE, 363. 



w 



WIER, 235. 



Y 

YNARD, 46, 47. 48. 



1 



Page 

Page 

Page 

Page 
moires, 

Page 26 

Page 29 
donna plus 

Page 3o 
Came. 

Pasfe 



Note 

Note 2, 

Note 3, 
5. 

Note 2, épouse de, lisez épous.i. 

ligne 21, St-Michel , ajoutez la maison quil 
tard à sa nièce Jeanne. 

Note 2, à Ventrée de Véglise, ajoutez de Saint- 



Page 
Page 
Page 



64 

O r 



Page 

Mores. 
Page 
Page 
Page io3 
Page 1 10 
Page 116 
Page 120 
Page 128 

pension. 
Page i53 
Page 180 

nièce. 
Page 180 
Page ï8o 
Page 242 
Pasfe 288 



ERRATA 

ligne g, procédures, lisez proceddures. 



Philippes, lisez Philippe, 
dliarquebutes, lisez dliacquebutes. 
VieilleviUe, V. 5. lisez Vieilleville, Mé- 



gote 
Note 
Note 
Note 
licrne 



du Gaugnier, lisez du Gauguier 
Martigncs, lisez Martigues. 
i'jSt, lisez 75(9/. 
Philippes, lisez Philippe. 
Des Trois Maures, lisez Des 



Trois 



Note 3, Philippes, lisez Philippe. 

ligne i3, quatorze ans, lisez treize ans. 

ligne I, Bouterue, lisez Bouteroue. 

Note recontré, lisez rencontré. 

Note 2, Vallois, lisez Valois. 

ligne 4, Jacqueline Paré, Visez la veuve de Paré. 

Note I, pour la pension, lisez pour éteindre la 

Supprimez la note 2. 

Note, d'abord, lisez j/rès ce//e qu'il donna à sa 

Note, situé, lisez située. 

Note, ;'«e Saint-Séverin, lisez n^e <ie /a Huchette. 

Note 2, Ponzetta, lisez Ponzetti. 

ligne 22, liei' jyr(?5e«/, lisez du présent. 



Imp. du Fort-Cané, S'-Dizier (H"-Marne), 19, chaussée d'Antin, Paris. 2.0'i8 



lAIPRIMERIE 

DU FORT-CARRÉ 

A 

SAIXT-DIZIER 

HAUTE-MARNE) 



Sftë 



es. 



R 

507 

P3L4 



Le Paulmier, Claude Stephen 
Ambroise Paré 



Biological 
& Médical 



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